Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc

Le Bayern, ce géant d’Europe

Les Munichois se sont adjugés hier à Wembley la 5ème Ligue des Champions de leur histoire, en battant leur meilleur ennemi, le Borussia Dortmund qui n’a pas démérité. Plus qu’une belle victoire du Bayern, cette Ligue des Champions 2012-2013 consacre le triomphe du football allemand.

Retour sur le match
Les deux clubs allemands ont offert au public une finale de qualité et pleine d’indécision, laissant planer le suspens jusque dans le temps réglementaire. La première période s’achève sur un score nul et vierge, certes, mais la qualité technique et collective des deux équipes étaient au rendez-vous. Le Borussia démarre à fond : 20 premières minutes oppressantes des noirs et jaunes, bien décidés à presser haut les munichois. Jamais pendant cette saison, les bavarois n’auront été aussi malmenés et il s’en est fallu d’un excellent Neuer pour garder les buts inviolés. Mais physiquement en-dessous de l’ogre munichois, le Borussia a considérablement baissé de rythme ensuite, laissant la liberté à Robben de s’offrir deux belles occasions sans concrétiser. Des ratés qui à ce niveau, auraient pu se payer cher.
Il faut attendre la 60ème minute pour que Mandzukic ouvre le score sur un bon travail de Ribéry et un centre tendu superbe de Robben. Le Borussia trouve le courage d’égaliser, grâce à un penalty inscrit par Gundogan sur une faute de Dante dans la surface. On pense alors aux prolongations, mais c’est oublier un peu vite que ces munichois sont intraitables : une défense de Dortmund à la rue sur une fixation de Ribéry qui talonne pour Robben. Le néerlandais inscrit le second but à la 89ème minute et envoie le Bayern chercher sa 5ème victoire en C1, après celles de 1974, 1975, 1976 et 2001.

L’institution Bayern
La devise du Barça pourrait s’appliquer au Bayern Munich : Plus qu’un club… le club de Munich est une institution et elle passe avant tout. Avant les exigences des joueurs, avant les volontés des entraîneurs. Eux passent, le Bayern Munich reste : rigueur financière, discipline, respect dans les tribunes. Le président, Uli Hoeness, ancien joueur de l’équipe pendant 9 saisons et ancien manager du club pendant 30 ans (!) a imposé cette stabilité et cette exigence de respect aux joueurs : Philippe Lahm, Bastian Schweinsteiger, Franck Ribéry sont dans l’équipe depuis plusieurs saisons. Mario Gomez, serial buteur, accepte sans broncher de rester sur le banc car prédomine la réussite de l’équipe et le choix de l’entraineur avant une réussite personnelle. Outre le jeu superbe pratiqué par l’équipe cette saison, le titre de champion d’Allemagne acquis très facilement et cette belle victoire européenne, Munich montre que dans les grands clubs, c’est l’institution qui prédomine. La preuve : l’entraîneur, Jupp Heynckes, a tout gagné, en sachant déjà depuis quelques mois qu’il sera remplacé cet été par Pep Guardiola.

Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc
Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc

Le triomphe du football allemand
En face, il y avait sur la pelouse de Wembley, un adversaire bien méritant : le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp. Une équipe composée de jeunes joueurs hyper-talentueux, d’internationaux allemands que l’on reverra l’an prochain au Mondial 2014. Mario Götze, le meneur de jeu qui s’en va rejoindre Munich, n’était pas sur la pelouse et son absence a certainement fait défaut à Dortmund. Battu sans qu’il y ait de contestation possible (1), le Borussia aura eu le mérite de poser des problèmes au Bayern et de réaliser une saison de grande qualité en pratiquant un jeu technique, collectif et agréable. Un stade plein à craquer à chaque rencontre de Bundesliga et l’une des plus belles ambiances d’Europe : une image du football que l’on aime voir. Tout comme la haie d’honneur des joueurs de Munich à ceux de Dortmund et le respect que dégageaient après la rencontre les acteurs les uns envers les autres. La finale d’hier a consacré un beau champion, un digne perdant et surtout, le retour du football allemand parmi les plus grands du monde.

(1) Si ce n’est deux faits de jeu qui auraient pu changer le cours de la partie : une expulsion de Dante possible et un carton jaune à Ribéry non distribué pour un coup de coude indiscutable sur un adversaire.

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