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Didier, je t’aime, moi non plus

Deux victoires. C’est le bilan rachitique du début de saison marseillais. Et comme à chaque fois, l’entraineur Didier Deschamps est considéré, par les supporters, comme le principal responsable. A tort, ou à raison ?

Deschamps a bien raison : « Venir gagner ici, après ce qu’on a connu, c’est une très bonne chose.» Après la 2ème victoire de la saison face à l’Olympiakos en Ligue des Champions mardi dernier, on peut dire que l’OM revient de loin. Auteur d’un début de saison catastrophique, l’important était bel et bien de gagner pour l’équipe phocéenne. « Peu importe la méthode, c’est le résultat qui compte », pourrait presque dire le coach olympien. A l’image d’un Mourinho, la « Desch » base, avant tout, son travail sur la victoire. En 2010, Deschamps a notamment misé sur l’enthousiasme d’une victoire en Coupe de la Ligue pour remotiver ses troupes, et ensuite empocher un titre de champion de France.

« Joue-la comme Barça »

Mais cette année, la donne est différente. Cédant sûrement aux sirènes des adeptes du beau jeu, de la mode barcelonaise, mais aussi de critiques émanant de certains supporters olympiens, le champion du monde a tenté d’instiguer ses joueurs à pratiquer un jeu plus alléchant : « Didier Deschamps a mis l’accent sur le jeu collectif. Beaucoup d’exercices à l’entraînement sont basés sur la conservation du ballon, le jeu en une touche, en triangle. C’est un projet de jeu qui lui tient à cœur mais il y a des risques et on les vit en ce moment, c’est-à-dire, moins de solidité. C’est aussi perturbé par quelques erreurs individuelles. Il y a une envie d’aller vers l’avant que l’on paye le prix fort » affirmait son adjoint Guy Stéphan, il y a encore quelques semaines.

Nouvelle philosophie de jeu, alibi douteux ?

L’intention est certes louable, mais est-ce la seule explication valable à ce marasme olympien ? N’est-il pas plus sensé de pointer du doigt un mercato famélique ? Jusqu’à aujourd’hui, aucune des six recrues estivales n’a véritablement convaincu. Pire, on parle même d’erreur de casting à propos d’Alou Diarra, symbole d’un recrutement raté. Déjà priorité de l’entraineur marseillais l’année dernière, l’international français, arrivé pour 5 millions d’euros cet été, est sans doute la plus décevante des recrues phocéennes. Inexistant sur le terrain, on se demande encore comment l’OM a pu recruter un joueur qui brille par sa transparence depuis maintenant deux ans.

Deschamps ou l’Optimisme

Malgré cela, l’Olympique de Marseille reste, aux yeux des observateurs, un des favoris pour la course au titre. Mais pour que la Canebière vibre à un 10ème titre de champion de France, Didier Deschamps a tout intérêt à revenir à ses fondamentaux, et arrêter de se voiler la face : il ne peut pratiquer une philosophie de jeu attrayante avec un tel effectif. L’équipe marseillaise souffre de carences dans la technicité et l’intelligence de jeu criantes, à l’image d’un Gignac brouillon ou encore d’un Kaboré quidam. A la tête d’une équipe dont les « vrais » joueurs de foot se comptent sur les doigts d’une main, Deschamps s’est sans doute vu trop beau.

Néanmoins, une remontée au classement est encore envisageable. Pour cela, il devra faire preuve de pragmatisme, qui lui a si bien réussi jusque-là, en revenant à un système se basant, avant tout, sur les qualités athlétiques de son équipe. Au grand dam des amoureux du beau jeu…

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