A la fois si proche et si loin…

L’euphorie aura été de courte durée. Elle aura au moins eu le mérite de redonner de l’espoir aux Français. Oui, la France a été, l’espace de quelques jours, en tête du groupe I des qualifications de la Coupe du Monde 2014. Et oui, malgré la défaite 0-1 face à l’Espagne hier soir, les Bleus ont livré une prestation encourageante. Mais elle a également montré quelques carences qu’il s’avère essentiel de rectifier, en vue de possibles barrages en fin d’année qui s’annoncent ô combien compliqués.

Vendredi dernier, la victoire française face à la Géorgie conjuguée à la déconvenue de l’Espagne face en Finlande avait nourri des motifs d’espoir chez les supporters tricolores avant le choc de ce groupe I.

Hier, l’entame de match a vite remis les pendules à l’heure. Les Espagnols se procurent une première occasion dès la 4ème minute avec une frappe non cadrée de Xavi. Au fil des minutes, les Espagnols montent en régime. Dans le même temps, les Français tentent de suivre avant tout les consignes tactiques de Deschamps : être solidaire, défendre bas et exploiter toutes les opportunités en contre-attaque. Le match est rythmé mais il y a peu d’occasions à se mettre sous la dent. Il faut attendre la 39ème minute pour voir la première, et la plus grosse, occasion du côté tricolore : sur une belle ouverture de Valbuena, Ribéry profite de l’inattention de Piqué pour se retrouver seul face à Victor Valdes, qui détourne la frappe du munichois. La première période finalement se termine par un score nul et vierge.

La seconde période reprend sur les mêmes bases avec une Espagne toujours aussi dominatrice. Alors que la défense française est de plus en plus friable, Monreal, intenable pendant ce match, déborde Jallet et sert Pedro qui n’a plus qu’à pousser le ballon au fond des filets. 1-0 pour l’Espagne. Après cette ouverture du score, la tendance s’inverse. Les Français tentent tant bien que mal de revenir sur leurs adversaires. Ils prennent le jeu à leur compte, se procurent des occasions mais la finition n’est pas au rendez-vous. L’ultime occasion en fin de match d’Evra sur un coup-franc de Valbuena n’y changera rien : l’Espagne s’impose 1-0 et retrouve la première place du groupe.

Au final, la France a notamment péché par un manque d’efficacité face au but. Alors que l’idée de départ était de mettre à profit toutes les contre-attaques, les frappes françaises n’ont que très rarement inquiété la défense française. Et encore une fois, Karim Benzema a déçu. Egal à lui-même, le madrilène s’est encore une fois fait discret. Il ne s’est procuré aucune occasion franche et n’a pas vraiment influé sur le jeu de l’Equipe de France. Préféré à Giroud, Benzema est encore une fois sorti sous les huées du public du Stade de France.

Ribéry a sans doute été le meilleur français sur la pelouse. Toujours aussi remuant sur son côté gauche, il a eu le mérite de se procurer les meilleures occasions et de provoquer la défense adverse.

Petite éclaircie au milieu de terrain : Paul Pogba a encore montré qu’il fallait compter sur lui en Equipe de France. Capable de se projeter très vite vers l’avant, il s’est montré très volontaire entre un Matuidi éreinté et un Cabaye tout juste remis de sa blessure. Ses deux cartons jaunes écopés en moins de deux minutes en fin de match sont les seules taches d’ombre, que l’on mettra sur le compte de l’inexpérience, à signaler sur sa prestation.

Les latéraux français ont vécu un véritable calvaire hier soir. Le but espagnol est symbolique de leur prestation : le parisien Jallet manque son interception et laisse un boulevard au latéral Monreal qui n’a plus qu’à centrer pour un Pedro curieusement libre de tout marquage après une énième faute de concentration d’Evra. Peu d’apport sur les phases offensives, dépassés par les attaques espagnoles, ils auront tout intérêt à montrer un autre visage lors de leur prochain match avec les Bleus.

La France au final a été auteur d’un match plein d’abnégation et d’envie. Mais lors des matches à venir, il sera nécessaire de passer à la vitesse supérieure. Didier Deschamps doit trouver des tauliers sur le terrain, des joueurs qui soient capables de faire la différence et de porter l’équipe dans des situations compliquées. Hier soir, les Bleus ont cruellement manqué d’un leader. Ribéry, auteur d’un très bon match, semble pas avoir les capacités pour endosser ce rôle. Doit-on encore espérer d’un Benzema qu’il soit le leader de l’équipe ? Pogba, auteur de deux prestations prometteuses avec l’EDF, n’est qu’un bleu parmi les Bleus… La dèche a décidément du pain sur planche. Surtout si la France, en cas de barrages, n’est pas tête de série au tirage au sort.

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