Wembley, nouveau jardin français

On ne pourra pas reprocher à Blanc de manquer d’ambition : avec cinq joueurs à vocations offensives (Nasri, Gourcuff, Malouda, Valbuena et Benzema), et un M’Vila en « fausse sentinelle », l’équipe de France est définitivement en quête de séduction. Après une Coupe du Monde catastrophique, il est nécessaire de regagner les faveurs de l’opinion populaire, et pour cela, rien de mieux que la vérité du terrain. Alors qu’on attendait Malouda ou Abidal, c’est finalement Hugo Lloris qui hérite du capitanat. Une juste récompense pour le gardien lyonnais, au comportement irréprochable, qui est sans doute le meilleur footballeur français à l’heure actuelle.

En face, on retrouve une Angleterre amoindrie, mais non moins dénuée de talents. On surveille notamment la prestation de la « petite » perle venue tout droit de Newcastle : Andy Caroll. Ce colosse, véritable poison pour les défenses de la Premier League, est LE test à ne pas manquer pour la charnière française.

La France ouvre très vite le score après un quart d’heure de jeu, sur un somptueux une-deux entre Benzema et Malouda. Sur cette action, c’est l’explosivité de Benzema qui met à mal la défense anglaise, et notamment leur gardien Foster, qui n’est pas exempt de tout reproche sur ce but. Ça va vite, trop vite pour les anglais. La première période est acquise à la cause française. Nasri est sur sa lancée d’Arsenal, véritable accélérateur de jeu, en compagnie d’un Malouda virevoltant, qu’on avait perdu sur les pelouses de l’Olympiastadion en 2006. La réaction se fait attendre du côté anglais. Gerrard tente bien de prendre les rênes du jeu, mais il ne possède plus la grinta d’antan. Ses coéquipiers ne font à peine mieux.

En deuxième période, Sakho remplace Méxes, incertain avant le match. Le néo-international répond lui aussi présent, dès son premier ballon, avec une superbe intervention sur Gerrard. De bon augure pour l’avenir. 55ème minute : Sagna profite d’un Gibbs aux abois pour adresser un excellent centre, que convertit un Valbuena qui, encore une fois, a été transparent. Malgré ce but, on ne peut s’empêcher de penser qu’un Remy apporterait bien plus sur le flanc droit de l’attaque. Passons… A 2-0, le match semble plié, Laurent Blanc en profite pour faire tourner. Gourcuff sort au profit de Hoarau. Le lyonnais réitère ce soir une prestation que l’on voit de plus en plus du côté de Gerland, à savoir une prestation correcte. Doté de capacités techniques indéniables, il pêche par sa faculté à ralentir le jeu, un défaut d’autant plus visible que l’autre dépositaire du jeu, Samir Nasri, brille par sa rapidité d’exécution.

Les anglais peuvent remercier Crouch et ses grandes échasses de leur donner un peu de baume aux cœurs en fin de match, car la prestation britannique est plus qu’inquiétante. Entre des latéraux débordés et un milieu de terrain sans créativité, ils ont de nombreux soucis à se faire. Néanmoins, les anglais peuvent se consoler en se disant que les tauliers de l’équipe manquaient à l’appel sur la pelouse de Wembley. La France a montré ce soir qu’elle peut envisager un avenir radieux. Néanmoins, si Laurent Blanc décide de conserver ce schéma tactique, il a tout intérêt de remettre Alou Diarra en véritable sentinelle, en lieu et place d’un M’Vila, qui semble être déjà redescendu de son petit nuage. Avec le milieu bordelais, l’ambition française aura assuré ses arrières…

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