Manifestant pendant les protestations au Brésil en juin 2013. Photo : bcayres.flickr.cc

Coupe du Monde 2014 : le Brésil est sous tension

Les policiers brésiliens sont en grève ce mardi pendant deux jours. Au cœur de la grogne : le manque de moyens alloués pour la sécurité lors de la prochaine Coupe du Monde. Une protestation qui intervient dans un climat tendu autour de la tenue du prochain mondial, entre manifestations, sondages défavorables et violences entre supporters.

Manifestant pendant les protestations au Brésil en juin 2013. Photo : bcayres.flickr.cc
Manifestant pendant les protestations au Brésil en juin 2013. Photo : bcayres.flickr.cc

Depuis ce mardi, les policiers fédéraux brésiliens sont en grève pour protester contre le manque de moyens alloués pour assurer la sécurité lors de la prochaine Coupe du Monde qui se tiendra du 12 juin au 13 juillet 2014. Ils revendiquent également une augmentation de salaire dans un pays en panne de croissance après la crise financière mondiale. 6ème au classement mondial du PIB, grâce à une forte croissance économique entamée dans les années 60, le Brésil a subit les conséquences de la crise financière mondiale : en 2012, l’inflation de presque 6% entraîne une diminution du pouvoir d’achat.

En juin 2013, pendant la Coupe des Confédérations – sorte de répétition générale du Mondial – des milliers de personnes descendent dans les rues des villes importantes du pays suite à l’augmentation du ticket de transport à Sao Paulo pour dénoncer le manque d’infrastructures du pays concernant les transports, l’éducation, la santé. Alors que dans le même temps, la FIFA somme le pays de terminer les travaux des équipements destinés à accueillir la Coupe du Monde : le divorce est consommé entre le pays du football et la FIFA. Le mouvement de contestation gagne du terrain et nombreuses sont les pancartes qui fustigent les exigences de la FIFA et le coût des dépenses (11 milliers d’euros). Le peuple en colère réclame des moyens.

Manifestants en juin 2013 contre les dépenses liées à l'organisation du Mondial. Photo : bcayres.flickr.cc
Manifestants en juin 2013 contre les dépenses liées à l’organisation du Mondial. Photo : bcayres.flickr.cc

Le week-end dernier, un millier de personnes a manifesté à Sao Paulo

Le 6 février 2014 à Rio de Janeiro, une manifestation contre l’augmentation du coût des transports entraine la mort d’un caméraman. Cette tragédie émeut le pays et témoigne du climat de tension sociale qui y règne. Les mouvements de contestation n’ont pas cessé : le week-end dernier, un millier de personnes a manifesté à Sao Paulo contre l’organisation de la Coupe du Monde. Des affrontements ont eu lieu entre la police et certains groupes de protestataires, issus notamment des mouvances anarchiques. Le mouvement de rejet de la Coupe du Monde gagne du terrain au Brésil depuis l’été dernier.

« Pas de Coupe du Monde ! »

En atteste le lancement d’un site Internet dont le but est de mobiliser le peuple contre la tenue de la compétition sportive : « Pas de Coupe du Monde ! » était l’un des slogans martelés le week-end dernier. C’était le mot d’ordre en juin : il l’est encore aujourd’hui, la situation du peuple ne s’étant pas améliorée, tandis que les sommes dépensées pour le Mondial et non pour les infrastructures publiques continuent de faire polémique. La mobilisation regagne du terrain, quelques jours seulement après la visite de Sep Blatter, le patron de la FIFA. En compagnie de la présidente Dilma Roussef, il a réaffirmé sa confiance dans le pays organisateur.

 

Au pays du football, la FIFA et la Coupe du Monde n’ont pas bonne presse

Une rencontre qui intervient quelques jours après la réalisation d’un sondage par, Datafolha (institut brésilien de statistiques) dont le résultat n’est pas à l’avantage de la FIFA : si les manifestations, soutenues à 81% en juin 2013, ne le sont plus qu’à 52%, la population brésilienne se déclare aujourd’hui franchement contre l’organisation du Mondial (38% des personnes interrogées alors qu’il n’était que 10% en juin dernier). Au pays du football, la FIFA et la Coupe du Monde n’ont pas bonne presse. Les autres chiffres du sondage sont sans appel : 75% des sondés pensent que les dépenses colossales engagées sont inutiles et pour 80,2% d’entre eux des investissements dans la santé et l’éducation auraient été préférables.

Une violence que l’état, les clubs et la police fédérale ne parviennent pas à diminuer

Reste un dernier problème à régler, et non des moindres : la violence dans les stades. Tristement réputé pour ses affrontements entre supporters en marge des matchs de football, le championnat brésilien ne parvient pas à endiguer la violence dans les stades ou en dehors, en marge des rencontres. Des images choquantes ont fait le tour du monde en décembre 2013, montrant, dans des tribunes, des bagarres ultra-violentes entre deux groupes de supporters. Le week-end dernier, un homme de 34 ans, supporter de Santos, est décédé suite à une agression à coups de barre de fer par des fans de Sao Paulo. Une violence que l’Etat, les clubs et la police fédérale ne parviennent pas à diminuer. La grève des policiers relance la polémique sur la sécurité, dans un pays où les stades en manquent cruellement. Il reste quelques mois pour résoudre les problèmes… ou parvenir à les masquer le temps d’une Coupe du Monde ?

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