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Foot et politique

Certains aiment à clamer haut et fort que la politique doit rester en dehors du sport. C’est oublier un peu vite qu’elle s’est de nombreuses fois immiscée dans les petites affaires du ballon rond, et ce d’une multitude de manières. Plongée au cœur de deux univers, si différents et pourtant si liés.

LA COUPE DU MONDE DE 1978 EN ARGENTINE

La France s’interroge à l’approche du Mondial 78 en Argentine : la junte militaire du général Vidéla est au pouvoir depuis 2 ans. Un régime de terreur règne contre les opposants, les politiques de gauche, les syndicats, les nonnes, les prêtres, leurs amis, les juifs et les « rouges ». Un collectif s’organise et des intellectuels français appellent au boycott de la Coupe du Monde. La population de l’Hexagone semble peu concernée par les tortures et les nombreux assassinats et les politiques ne relaient pas les messages lancés par le collectif. Malgré la tentative d’enlèvement du sélectionneur français Michel Hidalgo et de sa femme, les Bleus iront en Argentine pour disputer la compétition. De son côté, l’un des meilleurs joueurs de l’époque, le hollandais Johan Cruijff décide de ne pas s’y rendre et boycotte le Mondial.

L’EQUIPE DE FOOTBALL DE PALESTINE

C’est un symbole qui dépasse le monde du sport. L’équipe de Palestine de football a joué en 1993 son premier match international contre le Variétés Club de France composé d’anciennes gloires des Bleus. En 2008, elle joue à Jérusalem son premier match international à domicile, contre la Jordanie. Tout un symbole – politique – pour une région du monde qui ne connaît pas ou peu de périodes sans conflits depuis plus de 50 ans.

CHAUDS LES DERBYS !

Deux équipes, une ville. Voilà un derby. Si l’on y mêle la politique, certains deviennent très chauds, souvent bouillants, quelque fois même violents.
Eu Europe, les principaux derbys mettant la politique au cœur de leur rivalité opposent la Lazio et ses groupes de supporters auto-proclamés fascistes dans le passé, à l’AS Rome, républicaine ; l’Atletico Madrid attachée à la République d’Espagne au Real Madrid, le club des royalistes.
Le plus célèbre se joue en Ecosse et oppose les Celtics au Rangers. Le Old Firm, ainsi surnommé, est marqué par un antagonisme autant religieux que politique : les Rangers sont soutenus par les protestants, fidèles à la Couronne d’Angleterre, les Celtics sont catholiques et proches de la communauté irlandaise.

LE PSG, LE PRINCE, LE PRESIDENT

C’est une petite fable en trois actes.
Acte 1 : le président français, Nicolas Sarkozy entretient des relations privilégiées avec le chef d’état du Qatar et l’invite en 2007 au premier défilé du 14 juillet de son mandat. Dès 2008, la France offre aux qataris un régime fiscal particulier d’exonération et les exempt d’ISF pendant les cinq premières années de leur séjour sur le sol français. Forcément, ça motive.
Acte 2 : Nicolas Sarkozy sait le PSG au plus mal financièrement et à la recherche de repreneurs fortunés. Il sait aussi que Michel Platini, président de l’UEFA, n’est pas franchement disposé à donner sa voix pour l’organisation de la Coupe du Monde au Qatar en 2022. Qu’à cela ne tienne : on organise un dîner à l’Elysée, le 23 novembre 2010, en présence de l’ancien international français et du cheikh Tamim, fils du chef de l’état qatari. Michel votera pour le Qatar.
Acte 3 : les négociations entre les propriétaires américains du PSG et le cheikh stagne. Le président du PSG est reçu à l’Elysée, pour faire part des difficultés du club et des négociations. Elles aboutissent finalement quelques mois plus tard lorsque QSI (Qatar Sports Investments) rachète 70% du club parisien.

LE MATCH USA-IRAN

Plus qu’un match de football, la rencontre entre les Etats-Unis et l’Iran à Lyon lors de la Coupe du Monde 1998 en France fut un moment de diplomatie important dans l’histoire des deux pays. Les relations, profondément distendues par des différents et incidents comme la prise d’otage de l’ambassade américaine en Iran, se réchauffent avec l’élection de Khatami en 1997. Le match se tient dans une ambiance plutôt pacifiste, sur le terrain comme en dehors, même si quelques manifestations anti-américaines isolées éclatent en Iran, dans la banlieue de Beyrouth et à Lyon. La FIFA décide de désigner la journée du match comme celle du fair-play et les deux équipes posent unies pour une photo d’avant-match restée dans l’histoire.

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