Le "mur jaune" de supporters du Borussia Dortmund, après une victoire contre Nuremberg 4-0 le 5 décembre 2009. Photo : Peter Fuchs.flickr.cc

La « culture foot » made in Bundesliga

Le ballon rond, c’est plus qu’un sport en Allemagne : des spectateurs qui se déplacent en masse chaque week-end, un sport qui suscite l’enthousiasme des plus petits aux plus grands, des clubs historiques érigés en véritables institutions. Zoom sur un championnat historique, populaire et aimé.

Le "mur jaune" de supporters du Borussia Dortmund, après une victoire contre Nuremberg 4-0 le 5 décembre 2009. Photo : Peter Fuchs.flickr.cc
Le « mur jaune » de supporters du Borussia Dortmund, après une victoire contre Nuremberg 4-0 le 5 décembre 2009. Photo : Peter Fuchs.flickr.cc

L’histoire de la Bundesliga est à l’image de celle de l’Allemagne : tourmentée. Il faut attendre 1963 pour voir le championnat Outre-Rhin s’organiser tel qu’il est aujourd’hui. Après l’ère des Fédérations régionales qui eut cours sous le régime nazi puis sous les occupations américaines, françaises et anglaises, le championnat devient une série nationale unique. La première journée de l’histoire a lieu le 24 août 1963 (75 ans après le championnat anglais, 30 ans après le championnat français). Si l’histoire politique et géopolitique de l’époque a contraint les instances à s’organiser tardivement, le football n’en reste pas moins un sport populaire et majeur dans le pays. La première journée de Bundesliga draine 327 000 personnes dans les stades.

Le football fut autre chose qu’un simple sport : l’occasion de redevenir quelqu’un aux yeux du monde

Une popularité constatée dès 1954 et la victoire de l’équipe nationale en Coupe du Monde en Suisse. Cet épisode – resté célèbre dans l’histoire sous le nom du « miracle de Berne » – marque le retour de l’Allemagne sur la scène internationale. Alors muselée par les puissances mondiales, suite à la défaite de 1945, et sommée de se repentir après les atrocités commises par le régime nazi, l’Allemagne n’avait connu aucun miracle. Or, contre la Hongrie de l’époque, l’une des meilleures équipes du monde, il en fallait un pour l’emporter. L’Allemagne gagne 3-2. Si le pays succombe à l’effervescence, il ne sait pas comment réagir, entre nécessité de se faire discret et triomphe national à fêter. Ce fut l’occasion de célébrer une victoire, loin de la politique, de la dictature nazie, de l’occupation du pays. Le football alors fut autre chose qu’un simple sport : l’occasion de redevenir quelqu’un aux yeux du monde. L’achat de télévisions explosa à la fin de l’année 1954. S’en suivirent alors de grandes victoires sur la scène mondiale et un intérêt croissant pour le ballon rond : l’Allemagne fut championne du Monde en 1974, 1990 et championne d’Europe à trois reprises (72, 80 et 96). Ces victoires furent décisives et primordiales dans le succès de la Bundesliga.
Les épopées des clubs allemands ont également contribué à attirer les foules : l’imprenable Borussia VfL Mönchengladbach vainqueur en Bundesliga et en Europe, le Bayern Munich multiple champion d’Allemagne et victorieux en Europe trois années de suite (74, 75, 76). Les meilleurs joueurs du pays jouent en Bundesliga (même si dans les années 1980, ils s’exportent plus). Les foules se pressent donc pour voir les victoires sur le carré vert.

La Bundesliga fait le plein chaque week-end

C’est là une tendance qui ne change pas : les stades en Allemagne sont remplis, chaque week-end. Les spectateurs sont au rendez-vous et cette effervescence est le signe que la Bundesliga intéresse, voire passionne. Au premier rang des clubs qui font le plein : le Borussia Dortmund (99,8% de remplissage sur l’ensemble de la saison 2012-2013). Surnommé le « mur jaune » (en référence à une marée humaine de supporters de jaune vêtus), le stade est réputé pour offrir la plus belle ambiance en Europe. Idem à Munich (99,8% également). Si les résultats sont au rendez-vous pour ces deux clubs, ce n’est pas le cas pour Schalke 04, le Werder Brême ou Francfort, alors même que leur taux de remplissage sont de respectivement 99, 95,9 et 93%. Avec la Premier League, la Bundesliga fait le plein chaque week-end. Preuve que le football est plus qu’un sport.

L’Allemagne compte 6 millions de licenciés, alors que la France en compte un peu moins de 2 millions en 2012. Le football est le sport numéro 1, que l’on pratique à tout âge et dans toutes les classes sociales. Depuis 2006, il se revendique également comme un vecteur d’intégration (à l’image de ce que fut France 98 et l’émergence d’une France Black-Blanc-Beur) et son équipe nationale en est le reflet avec les jeunes joueurs issus de l’immigration turque.

Les clubs allemands, plus que de simples clubs de football

Le respect de l’institution est enfin au cœur de la culture foot allemande. Les clubs sont plus que de simples clubs de football : ils sont respectés pour leur histoire, leur passé, leurs idéologies (lutte contre le racisme et l’homophobie pour certains) et ne s’effacent jamais devant une individualité, aussi prestigieuse soit-elle. Le respect s’impose à tous et les supporters se retrouvent alors dans ce sentiment d’appartenance qui transcende l’individu. Ainsi naissent spontanément et souvent des mouvements de solidarité, pour aider un club supporté et ils arrivent également que des clubs s’aident mutuellement. Cette ferveur n’est pas l’apanage des grosses équipes. Comme en Angleterre, certains clubs des divisions inférieures sont également très supportés et réunissent de nombreux spectateurs dans leur stade.

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