Archives de catégorie : Marquage à la culotte

Antoine Griezmann : en route vers la Coupe du Monde au Brésil

Récompensé pour son excellent début de saison avec la Real Sociedad, le milieu offensif français figure dans l’équipe-type de la mi-saison en Liga. Antoine Griezmann est un profil atypique dans le paysage des joueurs français. Portrait d’un espoir qui pourrait bien prétendre à une place dans le groupe de 23 qui ira à la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

Antoine Griezmann en mars 2010. Photo : Ketari.flickr.cc
Antoine Griezmann en mars 2010. Photo : Ketari.flickr.cc

A 22 ans à peine, Antoine Griezmann réalise un excellent début de saison 2012/2013 avec son club espagnol, la Real Sociedad. Titulaire dans l’équipe-type de la mi-saison, il a inscrit 12 buts en 17 matchs (sans être positionné à la pointe de l’attaque) derrière Cristiano Ronaldo et Diego Costa et devant Lionel Messi. Griezmann cartonne cette saison et confirme ses bonnes performances de la saison passée en Liga. Une récompense pour ce jeune espoir dont le début de carrière a été marqué par les nombreux refus des clubs français : petit gabarit, le jeune mâconnais effectue plusieurs essais avec des clubs de Ligue 1. Sans succès, aucun ne le retiendra. Pas assez baraque et puissant.

En Espagne, Griezmann impressionne et gagne sa place de titulaire

La Real Sociedad le remarque à l’occasion du tournoi de Paris lors d’un match contre l’AS Saint-Etienne au sein de laquelle il faisait un essai. Il a 13 ans. Deux semaines plus tard, Antoine Griezmann, petit milieu offensif technique, signe à la Real Sociedad, découvre seul un pays, une langue, une culture et la Liga, friande de ce genre de milieux intelligents. Il fait ses débuts professionnels dans le championnat espagnol en 2009 et inscrit son premier but lors de sa première titularisation. Lors de la saison 2011/2012, il joue 38 matchs, marque 8 buts et distille 3 passes décisives : de l’autre côté des Pyrénées, il impressionne et gagne sa place de titulaire.

Griezmann a affirmé sa volonté de rester avec son club jusqu’à la fin de la saison

Son début de saison 2013/2014 à la Real Sociedad tonitruant a réveillé les grands clubs européens : Chelsea serait sur les rangs pour le recruter, le PSG aurait jeté un œil sur l’international espoir et depuis la blessure de Falcao en Coupe de France, certains l’envoient à Monaco. Pour l’heure, Griezmann a affirmé sa volonté de rester avec son club basque – club qui l’a formé et lui a donné sa chance – jusqu’à la fin de la saison : « Je veux finir ma saison ici. Partir en hiver, ce ne serait pas une bonne idée ». Le jeune mâconnais semble promis à un bel avenir, dans un grand club d’Europe : ça devrait bouger lors du prochain mercato d’été.

« J’ai fait une connerie, j’assume. On apprend de ses erreurs et là, j’ai bien retenu la leçon. »

Sa carrière internationale est à reconstruire : titulaire en équipe de France Espoirs en 2011 lors des matchs de barrages pendant les qualifications pour l’Euro Espoirs 2013, il fait partie du « groupe des 5 » qui se paie une virée nocturne du Havre à Paris la nuit précédent le match retour contre la Norvège. Les Bleuets perdent le match et ne se qualifient donc pas pour l’Euro 2013. Il est suspendu par la Fédération Française de Football de toute sélection nationale jusqu’au 31 décembre 2013. La sanction est donc levée aujourd’hui et Griezmann a fait part de ses regrets après sa sortie de route : « J’ai fait une connerie, j’assume. On apprend de ses erreurs et là, j’ai bien retenu la leçon. »

« Au sortir de sa suspension, c’est un joueur susceptible de pouvoir intégrer le groupe France. » (Didier Deschamps)

Il s’est remis au travail et grâce à ses performances en Liga et sa rigueur, son nom revient souvent pour intégrer la liste des 23 pour le Mondial 2014. En novembre dernier, Didier Deschamps, le sélectionneur de l’Equipe de France a déclaré : « Il est décisif. Il inscrit beaucoup de buts et fait marquer aussi. Au sortir de sa suspension, c’est un joueur susceptible de pouvoir intégrer le groupe France. » Si certains ne lui pardonnent toujours pas son erreur en Espoirs, à l’image du consultant et ancien gardien de but Grégory Coupet qui ne souhaite pas le revoir sous le maillot des Bleus, force est de constater que ses qualités techniques, son efficacité devant le but et sa faculté à jouer aussi bien au milieu que sur les côtés pourraient bien l’envoyer à la prochaine Coupe du Monde. Une belle seconde chance.

Etude de Kasami

Ce weekend, la Premier League a encore été le théâtre de quelques gestes de grande classe. Il y a eu le but de Wilshere samedi avec Arsenal, à la conclusion de redoublements de passes à faire pâlir les admirateurs du tiki-taka barcelonais. Hier, c’est l’ombre de Van Basten qui a plané sur la pelouse de Selhurst Park. Alors que Fulham est mené 1-0, Pajtim Kasami décide de faire parler la poudre et marque un but qui fait déjà le tour de la toile, de YouTube à Videa.hu.

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« C’était mieux que ce que vous pensez. Il a contrôlé le ballon de la poitrine et l’a envoyé dans la lucarne opposée. Le but de Marco [Van Basten] est bien différent. Vous ne pouvez pas comparer les deux buts mais celui de Kasami est plus beau ». En maniant la contradiction à son paroxysme, l’entraîneur de Fulham, Martin Jol, ne tarit pas d’éloges à l’égard du milieu suisse. On peut comprendre son enthousiasme. Kasami a inscrit hier le genre de buts que l’on voit que trop rarement. Exit les frappes écrasées et les CSC. A la 19ème minute de jeu, le Suisse, sur une passe en profondeur de Sascha Riether, s’emmène le ballon de la poitrine à l’intérieur de la surface puis crucifie le gardien adverse d’une sublime volée qui échoue dans le petit filet opposé. Le tout du coin extérieur droit de la surface de réparation. En l’espace de quelques secondes, le Suisse sort de son anonymat pour sauver son entraîneur d’une éviction qui semblait inéluctable.

Originellement cantonné à un rôle de milieu défensif pouvant même dépanner en défense centrale, Kasami a su étoffer son volume de jeu au fil du temps pour jouer un cran au-dessus sur le terrain. Rompu au championnat britannique, le Suisse semble désormais posséder toutes les qualités d’un joueur polyvalent. Au point d’inscrire ce magnifique but du pied droit, lui le gaucher de formation.

Et pourtant, Kasami a eu une formation pour le moins chaotique. A seulement 21 ans, le Suisse a déjà un pedigree digne des plus grands bourlingueurs. Quel joueur peut se targuer, à seulement 16 ans, d’avoir déjà évolué dans trois équipes comme le Grasshopper, Liverpool et la Lazio ? Joueur ardemment courtisé donc dès son plus jeune âge… Et pour cause, il fait partie de cette génération suisse, vainqueur de la Coupe du Monde U17 2009 en compagnie des Seferović, Xhaka et Rodriguez.

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Comment expliquer alors qu’il ait autant voyagé à un si jeu âge ? La faute sans doute à quelques péchés de jeunesse. A la Lazio par exemple où il privilégiait l’école buissonnière aux terrains d’entraînements italiens. Conséquence, le club romain le libère et c’est finalement au Bellinzone, modeste club helvétique, que Kasami fait ses débuts professionnels en janvier 2010. Il n’y restera que six mois : il est aussitôt acheté par Palerme, toujours friand de joueurs jeunes et prometteurs. L’occasion pour lui de se frotter aux joutes européennes en Europa League avec plusieurs titularisations à la clé. Mais là encore, il a la bougeotte. Après seulement un an passé en Sicile et 20 petites apparitions, il est acheté par Fulham en 2011 et garni ainsi le contingent suisse, déjà composé de Senderos et Frei.

Pour sa première saison à Londres, le jeune suisse doit se contenter de quelques entrées en fin de matches. Difficile de se faire une place au milieu des Dempsey, Dembélé ou encore  Murphy. Il est donc prêté en cours de saison suivante à Lucerne pour engranger du temps de jeu. Pari gagnant pour Fulham : l’été dernier, le joueur revient en pleine possession de ses moyens pour enfin jouer les premiers rôles au sein de l’équipe londonienne. Depuis son but victorieux inscrit sur la pelouse de Sunderland lors de la première journée de championnat, Kasami ne quitte plus le onze de départ, avec 7 titularisations en 8 journées. Devenu un pion essentiel, le jeune milieu a même connu les joies de la sélection nationale, lors de la victoire face à la Slovénie le 15 octobre dernier. Qualifiée pour la prochaine Coupe du Monde, la Suisse sera sans aucun doute l’un des épouvantails en juin prochain. Mais le voyage au Brésil se fera sans doute sans lui, tant le milieu de sélection nationale est fourni. En attendant, il se contentera peut-être d’un transfert chez un grand. Certains l’envoient déjà vers la Juventus…

Mitrović, petite perle des Balkans

S’il y a bien un joueur dont les Bleuets devraient se méfier ce soir lors de la finale de l’Euro U19 face à la Serbie, c’est bien Aleksandar Mitrović. Déjà sélectionné chez les A, l’attaquant du Partizan Belgrade figure parmi les plus grands espoirs des Aigles blancs. Portrait d’un joueur comparé à Balotelli, aussi bien pour son comportement extra-sportif que pour son talent hors-norme.

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West Coast ! (Crédits : Telegraf.rs)

« Avec cette qualification pour la finale de l’Euro U19, nous sommes désormais entrés dans l’histoire du football serbe ». Au sortir de la demi-finale remportée aux tirs aux buts face au Portugal, Aleksandar Mitrović mesure bien l’ampleur de l’évènement. Les jeunes serbes ont en effet la possibilité de ramener un trophée au pays, une première depuis la médaille d’or des Jeux Olympiques de 1960. Une première récompense aussi pour un pays qui existe en tant que tel, et non sous la dénomination de Serbie-Monténégro, que depuis 2006.

18 ans et déjà un des meilleurs joueurs du championnat serbe

Au Partizan Belgrade depuis l’âge de 11 ans, c’est avec le club de Teleoptik, alors en seconde division, que le jeune serbe de 17 ans fera ses débuts sous forme d’un prêt en 2011-2012. 7 buts inscrits en 25 matches avec le club filial, des prestations suffisamment convaincantes pour qu’il signe son premier contrat professionnel avec le club de la capitale en fin de la saison.

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Quelqu’un a le 06 de son coiffeur ? (Crédits : Kurir-info.rs)

Lors de la saison suivante, en 2012-2013, Mitrović intègre l’équipe première du Partizan, championne de Serbie depuis 2006. A seulement 18 ans, il devient très vite un élément indispensable des Noirs et Blancs. En compagnie de son compère Lazar Marković, autre jeune prometteur transféré au Benfica depuis, Mitrović forme une paire d’attaquants redoutables et complémentaires en SuperLiga. Avec dans le rôle de pourvoyeurs de caviars, le néo-lisboète et dans celui de finisseur, Aleksandar Mitrović. Mesurant un bon mètre 89, le Serbe mise tout sur son physique et le jeu aérien. Et ça marche. Auteur de 10 buts en 25 matches en SuperLiga la saison passée, il devient le premier joueur de l’histoire du championnat serbe à atteindre la barre de la dizaine à seulement 18 ans. Et ce n’est pas tout ! Mitrović a également eu le mérite cette même saison d’inscrire au moins un but dans chacune des compétitions disputées avec son club (Ligue des Champions, Ligue Europa, SuperLiga, Coupe de Serbie), de remporter la SuperLiga avec le Partizan, qui était au coude-à-coude avec l’Etoile Rouge jusqu’aux dernières journées, et de figurer dans l’équipe-type du championnat. Tout ça à seulement 18 ans !

Son premier but lors du derby éternel (17/11/2012)

Le Balotelli serbe ?

Autant dire que le gamin n’a pas tardé à être convoqué chez les A. Meilleur buteur des U19 serbes avec 7 buts inscrits en 10 matches lors des qualifications pour l’Euro, Mitrović a connu sa première sélection, et titularisation, avec la sélection nationale lors d’un match de qualification pour la Coupe du Monde 2014 face à la Belgique en juin dernier. Seulement quelques heures après avoir bataillé avec la charnière Van Buyten-Kompany, on retrouvait Mitrović affronter la Suisse lors du deuxième match du tour Elite, dernière phase de qualifications pour l’Euro U19, provoquant ainsi une vive polémique au pays.

Et c’est loin d’être sa première. Mitrović est en effet un joueur qui ne laisse pas indifférent. Surnommé « Balotelli » par ses coéquipiers en club, il a pâti pendant plusieurs d’une réputation pour le moins sulfureuse, notamment pour ses nombreux tatouages et ses coupes de cheveux toutes plus extravagantes les unes que les autres. Désormais, Aleksandar Mitrović préfère arborer la boule à zéro, signe d’un joueur enfin mature ?

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Ses coupes de cheveux, c’est comme le rap : c’était mieux avant (Crédits : Prelistavanje.rs)

Mitrović, ardemment suivi par Anderlecht depuis quelques semaines, sera assurément le Serbe à suivre ce soir sur la pelouse du stade de Marijampole. Et si la Serbie était amené à se qualifier pour le prochain Mondial au Brésil, il pourrait bien être une des révélations de cette compétition. Car entre la retraite de Kezman et les vieillissants Žigić et Pantelic, Aleksandar Mitrović a une véritable carte à jouer à la pointe de l’attaque de la sélection nationale. Espérons juste qu’il ne se perde pas pendant plusieurs années comme alter ego Balotelli…

Nelson Oliveira, enfin un successeur à Pauleta ?

Auteur d’une dernière saison pour le moins moyenne avec le Deportivo la Corogne, Nelson Oliveira débarque du côté du Stade Rennais, prêté avec option d’achat par Benfica. Le jeune attaquant lusitanien aura à cœur de confirmer tous les espoirs placés en lui en vue de la prochaine Coupe du Monde 2014.

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Présentation du joueur (Crédits : StadeRennais.com)

Sept ans maintenant. Sept ans que le Portugal se cherche un digne successeur de Pauleta. Nuno Gomes et Liedson commencent à se faire vieux, Helder Postiga et Hugo Almeida sont loin du niveau international, le replacement de Cristiano Ronaldo en pointe ne porte pas ses fruits… Tous les regards lusitaniens se tournent alors vers Nelson Oliveira. Annoncé comme le futur buteur que tout un pays attend, le natif de Barcelos éprouve pourtant des difficultés à confirmer son talent au niveau professionnel.

Pisté par les plus grands dès son plus jeune âge

Après avoir fait ses classes dans le modeste club local de Santa Maria, Nelson Oliveira rejoint en 2003 les rangs du Sporting Braga, club phare de la région. Ses prestations chez les Minhotos ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd : à seulement 15 ans, il refuse des avances de Porto, du Sporting ou encore de Chelsea et garnit l’équipe de jeunes du Benfica Lisbonne, son équipe de cœur.

Chez les Encarnados, Nelson Oliveira est régulièrement surclassé et enfile les buts comme des perles. Doté d’un gabarit avantageux, l’attaquant portugais est également capable de prendre les espaces et étonne par sa conduite de balle et sa technique. L’archétype de l’attaquant moderne en somme. Mais sans doute encore un peu tendre pour jouer les premiers rôles au sein d’une des équipes phares de la Liga, Oliveira est prêté pendant six mois au Rio Ave en janvier 2010. L’occasion de s’aguerrir mais également de faire ses débuts professionnels. Malheureusement pour lui, les prestations ne seront pas au rendez-vous : 10 matches joués pour aucun but inscrit. La saison suivante, la direction lisboète le prête à nouveau, cette fois-ci au Paços de Ferreira. Là encore, son aventure chez les Castors est loin d’être fructueuse avec quatre petits buts marqués.

Ballon d’argent de la Coupe du Monde U20 en 2011

Il faut attendre la fin de la saison pour voir le talent de Nelson Oliveira se révéler aux yeux de tous lors de la Coupe du Monde des moins de 20 ans organisée en Colombie. Pendant cette compétition, il porte la jeune équipe portugaise à bout de bras jusqu’en finale qu’il perd 3 buts à 2 face au Brésil d’Oscar et de Coutinho. Néanmoins, avec 4 buts inscrits lors de cette compétition, il remporte tout de même le trophée de Ballon d’argent (synonyme de deuxième meilleur joueur du tournoi).

Fort de cette aventure avec les U20, Nelson Oliveira est conservé par Jorge Jesus et le Benfica lors de la saison suivante, en 2011-2012. Au milieu des Oscar Cardozo, Javier Saviola et Rodrigo, difficile pour lui de se faire une place au soleil. Alors qu’il doit se contenter de bouts de matches en championnat, le jeune attaquant connait son moment de gloire en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, lorsqu’il scelle la qualification des siens en inscrivant un dernier but fatidique lors du match retour face au Zenit. Seulement 3 buts inscrits au total sur cette saison mais un premier trophée dans sa jeune carrière avec un titre de champion du Portugal qui sauve ainsi une nouvelle année en demi-teinte.

Pourtant, c’est lors de cette même année que Nelson Oliveira connait les joies de la sélection nationale. Paulo Bento, alors à la tête de la Seleçcao et miné par un réel manque de talents offensifs en pointe, décide de faire appel au jeune attaquant qui joue pour la première fois avec le Portugal lors d’un match amical face à la Pologne en février 2012. Le conte de fée continue jusqu’à l’Euro 2012 lors duquel Bento le fait entrer en jeu à quatre reprises. Il ne peut empêcher l’élimination des siens en demi-finales face à l’Espagne, futur vainqueur du tournoi.

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Allemagne – Portugal (Euro 2012) (Crédits : WikiMedia – CC)

Désireux d’engranger du temps de jeu, Nelson Oliveira est une nouvelle fois envoyé en prêt en 2012-2013. Cette fois-ci, il franchit la frontière et intègre le Deportivo la Corogne, équipe du bas de tableau de la Liga espagnole. Après des débuts prometteurs avec un but marqué dès la première journée, le Portugais déchante vite et est cantonné à un rôle de remplaçant pendant la majeure partie de la saison, notamment barré par Riki et son compatriote Pizzi, auteur de 8 réalisations et qui vient de signer au… Benfica. 30 matches disputés pour 4 pauvres titularisations et 2 buts, le Portugais ronge une nouvelle fois son frein sur le banc de touche.

Difficile de juger Nelson Oliveira. A maintenant 21 ans, le Portugais est indéniablement doué. Mais il tarde à éclore au haut niveau. Quoiqu’il arrive, ce transfert, sous forme de prêt, s’apparente comme un pari pour le Stade Rennais. Philippe Montanier, lui, semble sûr de son coup et n’y va pas par quatre chemins lors de la présentation du joueur hier après-midi : «  C’était notre priorité (…) C’est un joueur prometteur et complet : il va vite et prend les espaces. Il est techniquement très bon, mais il est aussi athlétique. » On va le croire : la dernière fois qu’un Portugais est venu en France après avoir joué au Depor’, c’était un certain Pedro Miguel Pauleta…

Aymeric Laporte, le futur des Bleus en défense ?

Pendant que Varane se révèle aux yeux du grand public du côté du Real Madrid, un autre défenseur central français pointe le bout de son nez en Espagne. Du haut de ses 19 printemps, Aymeric Laporte représente le futur de l’arrière-garde de l’Athletic Bilbao. Et des Bleus aussi, avec lesquels il débute le championnat d’Europe U19 aujourd’hui face à la Géorgie. Portrait d’un des leaders de cette sélection.

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Premier français à jouer à Bilbao depuis Lizarazu

Quinze années se sont écoulées depuis les derniers faits d’armes d’un Français sur la pelouse de San Mames. En l’espace d’une seule saison – 1996-1997 – Bixente Lizarazu avait rallié le public à sa cause avant de s’envoler vers la Bavière et le Bayern Munich. Aujourd’hui, c’est au tour d’un autre Français de s’attirer les faveurs des travées de la Catedral del fútbol. Aymeric Laporte, au cours de la saison dernière, s’est progressivement installé au sein de l’équipe titulaire basque. Comme Lizarazu, Laporte est basque. Et comme Lizarazu, il est gaucher. Mais la comparaison s’arrête ici. Aymeric Laporte, c’est avant tout un défenseur central de près d’un mètre 89. Un bon gaillard comme on dit.

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C’est au SU Agen, club de sa ville natale et plus connu pour sa section rugby que pour son équipe de football, que Laporte fait ses gammes dès l’âge de cinq ans. Il enchaîne ensuite avec le sport-études de Miramont-la-Guyenne qu’il intègre à douze ans puis rejoint les rangs de l’Aviron Bayonnais à quatorze ans. Sa jeune carrière prend une nouvelle tournure en 2009. Alors qu’il représente la sélection d’Aquitaine dans le cadre d’un tournoi amical organisé à Bilbao, il tape dans l’œil de l’Athletic qui lui propose d’intégrer son centre de formation. A seulement 15 ans, il décide de franchir le pas, et la frontière pyrénéenne malgré un appel du pied des Girondins de Bordeaux. Sans doute un peu trop tôt pour lui : les joueurs étrangers issus de l’Union Européenne recrutés avant l’âge de 16 ans ne peuvent pas jouer de compétitions officielles. Il ronge donc son frein pendant quelques mois, se contentant de Lezama, centre d’entraînement du club.

Titulaire à l’Athletic dès ses 18 ans

Après plusieurs saisons d’apprentissage au sein de l’équipe réserve et à Baskonia, club amateur et affilié, il fait enfin ses débuts professionnels en novembre dernier avec une titularisation en Europa League face au Kyriat Shmona. Dès lors, le Français ne quitte plus le groupe professionnel. Il faut dire que Laporte peut remercier le caractère sulfureux de son entraîneur Marcelo Bielsa : Amorebieta, habituel titulaire et capitaine de l’équipe, refuse de renouveler son contrat qui arrive à échéance à la fin de la saison pour partir libre. Un comportement qui ne passe pas avec « El Loco Bielsa » : le Vénézuélien est renvoyé sur le banc des remplaçants jusqu’à la fin de la saison, en compagnie de Fernando Llorente, autre cadre mis au ban.

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Doté d’un gabarit pour le moins imposant (1,89m pour 85kg), Laporte est un défenseur difficile à bouger pour les attaquants adverses. A l’image de son compatriote Raphaël Varane, il a l’avantage de présenter un profil différent des autres défenseurs tricolores. A l’aise balle au pied et toujours soucieux de relances propres et justes, Aymeric Laporte détonne dans cette masse de joueurs à la technique approximative.

Nul doute que Francis Smerecki, sélectionneur de l’Equipe de France U19, comptera sur lui dans cette campagne européenne. Loin d’être le Français le plus médiatique, aux côtés des Rabiot, Martial ou encore Mendy, Aymeric Laporte a une véritable carte à jouer en Lituanie. Au plus grand bonheur des supporteurs basques et français.