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Un coréen à Manchester United

Il est chez les Red Devils depuis 2005. Contre toute attente, il s’y est imposé. Park Ji-Sung, joueur emblématique de la sélection nationale, est à Man. Un’ comme un poisson est dans l’eau. De Séoul aux Pays-Bas et de Manchester à l’Afrique du Sud : l’itinéraire d’un petit coréen devenu grand.

Papa Park avait peur que fiston soit trop petit. Quelques verres de jus de grenouille plus tard, Ji-Sung est devenu le plus grand joueur coréen de l’histoire à 29 ans. Une rue à son nom à Suwon, sa ville d’origine, une chanson en son honneur au PSV Eindhoven, un surnom flatteur donné par les supporters de Manchester U., une distinction de meilleur homme du match par deux fois à la Coupe du Monde 2010 et un début de saison qui permet au club de Sir Alex de ne pas sombrer. Peu misaient sur Park quand il a posé ses valises en Angleterre. Aujourd’hui, il met tout le monde d’accord : dans le système manchunien, autant que dans sa sélection, il est indispensable.

Park Ji-Sung projette de devenir professeur de sport. En attendant, en 1999, il débute sa carrière de footballeur au Japon, dans le club de Kyoto Sanga FC. Du haut de ses 19 ans, il séduit dés sa première saison et en 2000 rejoint la sélection nationale. Guus Hiddink prend la tête de l’équipe de Corée du Sud afin de préparer le Mondial qui s’y tiendra en 2002, conjointement avec le Japon. Le coach hollandais emmène son équipe en demi-finale contre l’Allemagne : une performance pour un pays d’Asie. Park marque contre le Portugal. A 20 ans. A l’heure de retourner au PSV Eindhoven, Guus Hiddink ramène Ji-Sung dans ses valises. Un début en Europe plutôt réussi : s’il n’est titularisé qu’à 8 reprises lors de sa première saison, il joue en revanche 28 matchs la deuxième, plante 7 buts et réalise surtout quelques performances sur la scène européenne qui font parler de lui. Les supporters qui n’auraient pourtant pas parié sont alors séduits : une chanson lui est dédiée. Milieu de terrain offensif, Park a des qualités essentielles qui constituent les bases de son jeu : l’intelligence, la discipline, la vivacité et l’endurance. Sir Alex Ferguson sent le coup et le fait signer à Manchester United en 2005 pour 4 ans et 6 millions d’euros.

Quand il arrive chez les Red Devils, les supporters et les observateurs sont sceptiques. Park, ce n’est pas Cristiano Ronaldo ni Messi : pas autant de gri-gris, pas autant de dribbles, pas autant de buts. Park, ce n’est pas le football spectacle : c’est simple, juste mais efficace. Les premiers temps ne sont pas évidents pour le coréen. Mais Fergie n’en démord pas et cela finit rapidement par payer : il est aligné pour les matchs de Ligue des champions importants, parce qu’il est capable d’appliquer rigoureusement sur le terrain les ordres du coach. Prendre les espaces, sentir le jeu et savoir précisément où se positionner : c’est le truc de Ji-Sung. En 2006-2007, il revient dans l’équipe à la mi-saison après une longue blessure. Manchester United remporte le championnat et Park est un acteur important du sacre. Milieu de terrain ou attaquant, il convient parfaitement au système du coach en 4-3-3, grâce à sa force de percussion et la justesse dans la dernière passe. Pour ne rien gâcher, il est capable de défendre s’il faut soulager l’équipe grâce à son endurance remarquable, d’où son surnom qui résonne dans les travées d’Old Traford : « Three lung Park » (« Trois poumons »). A Manchester, il se sent bien et progresse : « Je me suis amélioré à pas mal de niveaux en les côtoyant. En jouant avec les meilleurs du monde et sous l’égide du coach, je suis devenu plus mûr physiquement, techniquement et tactiquement également ».

Il a réussi sa Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, même si la Corée du Sud s’est arrêtée en huitième. De retour dans son club, il semble depuis le début de saison avoir passé un nouveau palier. Si Manchester réalise un début de saison assez moyen, le coréen reste confiant. De grands joueurs sont partis ces dernières années : Tevez et Ronaldo en tête. Pour autant, il ne doute pas : « Il est certain qu’ils ont laissé un grand vide, mais je pense que les nouveaux joueurs ont travaillé dur pour le combler. Et je suis persuadé que Manchester United est désormais une équipe plus forte. » Rien que ça. L’écossais Fletcher s’est imposé la saison dernière comme un cadre indispensable. Cette saison, ce pourrait être celle de Park. Hier, il a marqué les 2 buts de son équipe contre Wolverhampton Wanderers. Manchester United, ultra-décevante, peut le remercier. Il a sauvé son club d’une possible défaite et s’est imposé comme un leader, dans le jeu et dans l’état d’esprit. Cette saison pourrait bien être celle du coréen de Manchester qui a désormais le coach et le public manchunien dans sa poche. Rentré dans l’histoire du football coréen, il pourrait rentrer dans celle de Manchester United. A 29 ans, ce n’est pas rien.

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