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PSG–OM / OM-PSG : les Clasicos importants

Tribune du Parc des Princes. Photo : psgmag.net.flickr.cc
Tribune du Parc des Princes. Photo : psgmag.net.flickr.cc

Ce match entre le PSG et l’OM est surnommé le Clasico par les médias, en référence au terme espagnol qui désigne la rencontre entre le Real Madrid et le Barca. Si la rivalité sportive entre les deux clubs français n’est apparue que vers la fin des années 1980, orchestrée par leurs présidents, il n’en reste pas moins une rivalité entre les deux villes, incarnant l’antagonisme Paris – Province. Ces rencontres sont particulières dans une saison : retour sur les Clasicos marquants.

9 août 1985 : le PSG vers son premier titre
Après une saison 84-85 ratée, Gérard Houllier est nommé entraîneur du PSG. Paris s’impose à domicile contre l’OM, 2-0. Le club remporte pour la première fois le titre de Champion de France, emmené par Luis Fernandez, Dominique Rocheteau, Joël Bats ou Safet Susic.

28 octobre 1989 : le lob de Waddle
Bernard Tapie, le président marseillais, recrute l’anglais Chris Waddle, auteur de ce lob magnifique qui permet à l’OM de s’imposer au Vélodrome contre le PSG 2-1. Marseille décroche le titre cette saison-là, le deuxième de suite. Pas le dernier.


OM-PSG 1989-90 : Le lob de Waddle par olympiquedemarseille

22 mai 1993 : un clasico chaud bouillant
C’est le match du titre pour l’OM, quelques jours avant sa victoire en Coupe d’Europe. C’est également l’un des clasicos les plus chauds de l’histoire : mauvais gestes, altercations, provocations sur et en dehors du terrain. Mais également du jeu et un but superbe de Basile Boli. L’OM s’impose 3-1 face au PSG de l’époque des Guérin, Roche, Lama et Weah.

9 novembre 1997 : le show Ravanelli
Ce PSG de l’ère Canal entraîné par Ricardo Gomez est dans une mauvaise passe à l’automne 1997. L’OM, entraîné par Rolland Courbis a bonne mine et se déplace au Parc des Princes dans de bonnes dispositions, 4ème du championnat. Les Marseillais l’emportent 1-2 grâce à un penalty inscrit par Laurent Blanc en fin de match, sifflé par l’arbitre après que l’attaquant de l’OM Ravanelli est tombé dans la surface de réparation. Une décision très contestée car le contact est inexistant. Ravanelli est accusé de simulation et cette victoire est entachée encore aujourd’hui de la polémique autour du penalty souvent jugé injustifié.

4 mai 1999 : l’OM perd le match… et le titre
Le PSG conclut une saison ratée par une victoire au Parc des Princes 2-1 contre son meilleur ennemi marseillais. L’OM, en course pour le titre, ne parvient pourtant pas à se défaire d’une équipe parisienne moyenne qui ne joue et n’espère plus rien de cette saison 1998-1999. Après avoir ouvert la marque grâce à Florian Maurice, les Marseillais concèdent un but de Marco Simone puis de Bruno Rodriguez.

9 mars 2003 : le festival Ronaldhino
L’équipe parisienne entraînée par Luis Fernandez ne réalise pas une bonne saison et ne fait pas mieux que le milieu de tableau. En déplacement au Vélodrome pour affronter un Olympique de Marseille qui terminera 3ème, le PSG sauve sa saison en battant son adversaire 0-3, avec un festival du brésilien Ronaldhino.

25 avril 2004 : le reflet d’une bonne saison parisienne
Entraîné par Vahid Halilhodžić, le PSG réalise une très bonne saison 2003-2004 qu’il termine à la 2ème place derrière l’Olympique Lyonnais. L’arrivée de Pedro Miguel Pauleta en provenance de Bordeaux n’y est pas pour rien. L’OM, malgré un effectif composé de Barthez, Drogba ou Marlet, connaît en revanche une période de creux et ne fera pas mieux que la 7ème place en Championnat. Le PSG l’emporte 2-1 avec un superbe but de Pauleta face à l’OM, entraîné alors par un certain José Anigo.

5 mars 2006 : les minots montent à Paris
Ce PSG-OM se déroule sur fond de polémique : pour protester contre un manque de sécurité pour les supporters marseillais, le président marseillais de l’époque, Pape Diouf, décide d’envoyer 5 jeunes joueurs de CFA2 et 6 remplaçants comme titulaires pour le Clasico. Et ça paie : les Marseillais accrochent les Parisiens – bien ternes – en tenant le 0-0. Une polémique qui n’amuse pas le diffuseur Canal + et le président de la Ligue, Frédéric Thiriez, mais qui reste dans l’histoire pour la polémique plus que pour le jeu.

7 octobre 2012 : Gignac contre Zlatan
Pour la 8ème journée de Ligue 1, le PSG d’Ancelotti se déplace au Vélodrome en favori. Le match se résume à un duel entre Zlatan, l’attaquant suédois du PSG qui enchaîne les buts comme des perles et André-Pierre Gignac le Marseillais. 2 buts chacun, et 2-2 à la fin du match. Mais deux perles de Zlatan, qui réussit à faire taire le Vélodrome.

La Coupe du monde des clubs : plus de 50 ans d’histoire

Bayern Munich – Raja Casablanca ! Décidément, la Coupe du monde des clubs réserve toujours son lot de surprises : le TP Mazembe finaliste en 2010, Corinthians vainqueur de la dernière édition face au grand Chelsea… Avant d’aborder cette finale pour le moins déséquilibrée, petit retour en arrière sur le parcours tumultueux de cette compétition. Amateurs de sang, vous allez être servis !

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Corinthians, dernier vainqueur de la compétition (Crédits : Wikimedia Commons)

Le football n’échappe pas aux rêves de grandeur de l’être humain et à son besoin irrépressible de se comparer à autrui. La Coupe du Monde a ainsi été créée en 1928 pour consacrer la plus grande nation du ballon rond. En l’espace de quelques éditions, cette compétition est vite devenue l’un des évènements sportifs les plus importants au monde. Alors forcément, les clubs ont vite emboîté le pas d’un tel succès.

Pas de compétition intercontinentale de renom avant 1960

Mais avant même la création d’une compétition officielle, quelques tournois amicaux avaient déjà vu le jour depuis le début du XXe siècle. L’éphémère Trophée Sir Thomas Lipton (deux éditions en 1909 et 1911), qui réunissait des équipes d’Angleterre, de Suisse, d’Italie et d’Allemagne, est considérée comme la toute première coupe du monde des clubs. La Copa Rio ou encore la Pequeña Copa del Mundo (Petite coupe du monde des clubs en espagnol) ont ensuite tenté, tant bien que mal, de s’affirmer sur le plan international mais aucune d’entre elles n’a réellement réussi à s’affirmer aux yeux des supporteurs de football.

La presse elle-même, gagnée par cette frénésie, se prête à ce jeu. Le lendemain de la victoire en match amical des Wolverhampton Wanderers, champion d’Angleterre 1954, face au Budapest Honvéd de Puskás, le Daily Mail proclame modestement l’équipe anglaise « championne du monde des clubs. » Un titre honorifique vivement contesté par Gabriel Hanot, journaliste de l’Equipe, qui en profite pour soumettre une proposition qui va faire date : « L’idée d’un championnat du monde, ou tout au moins d’Europe des clubs […] mériterait d’être lancée. » Quelques mois plus tard, la Coupe des clubs champions européens est créée.

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Le Daily Mail et la modération, une grande histoire d’amour

La Coupe intercontinentale, délaissée par la FIFA

C’est finalement en 1960 qu’aura lieu la première compétition de clubs à une échelle transcontinentale. Née de la volonté d’Henry Delaunay, secrétaire de l’UEFA et déjà l’un des artisans de la Coupe du monde, la Coupe intercontinentale oppose le vainqueur de la Coupe des clubs champions européens au tenant de la Copa Libertadores, pendant sud-américain de la compétition européenne. Constituée de deux matches se déroulant dans les enceintes respectives, la Coupe intercontinentale est départagée, en cas d’égalité, par un dernier match décisif sur terrain neutre.

Premier vainqueur face au Peñarol, le Real Madrid devient très vite la cible de critiques de la part des hautes sphères de la FIFA. En cause, le statut de « champions du monde » que les Madrilènes se sont eux-mêmes attribué. Il n’aurait aucune valeur au titre que cette compétition ne concerne que deux continents et non le monde entier ! Les champions des autres confédérations ne sont en aucun cas représentés dans ce tournoi qui est considéré comme une simple série de matches amicaux par la FIFA. Si la fédération internationale voit cette compétition d’un mauvais œil, c’est surtout pour une autre raison. La même année, la FIFA a donné son aval à la création d’une autre compétition, l’International Soccer League, qui a lieu aux Etats-Unis et qui réunit des clubs d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Mal lui en a pris, la Coupe intercontinentale prend vite le pas sur sa consœur en s’inscrivant comme un évènement incontournable dans le paysage footballistique, notamment après le premier sacre retentissant des Os Santásticos de Pelé avec Santos en 1962.

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Pelé, époque sans viagra (Crédits : Wikimedia Commons)

Seringues et sabre, cocktail explosif de la Coupe intercontinentale !

Cette renommée sera de courte durée. La compétition perd quelque peu de sa superbe en 1966, année lors de laquelle la fédération brésilienne interdit à sa sélection nationale et aux clubs de participer aux compétions internationales. Des désaccords avec la CONMEBOL (fédération sud-américaine de football) mais surtout des agressions à répétition de leurs adversaires en Coupe du Monde et en Copa Libertadores ont eu raison de la fédération brésilienne. Une violence également décriée par les Britanniques : le troisième match décisif de la Coupe intercontinentale 1967, qui oppose les Argentins du Racing Club aux Ecossais du Celtic, dégénère en duels accrochés et brutaux. Six joueurs, deux du côté argentin et quatre du côté écossais, se font expulser dont un joueur du Celtic qui profite du pandémonium ambiant pour rester sur la pelouse. Symbole d’un match qui perd les pédales, l’arbitre paraguayen se fourvoie et expulse Bobby Lennox au lieu de son coéquipier John Clark. Alors que l’ailier quitte le terrain, son entraîneur Jock Stein lui intime l’ordre de rester sur la pelouse. Il est finalement contraint d’abandonner ses coéquipiers… conduit par un policier muni d’un sabre ! Les Argentins, vainqueurs 3 buts à 2 de la « Bataille de Montevideo », seront escortés vers leur vestiaire sous les hués des supporteurs locaux.

L’édition 1969 entre le Milan AC et les Argentins d’Estudiantes est tout aussi violente. Le match retour à La Bombonera se transforme rapidement en traquenard pour les Milanais, accueillis comme il se doit par les sud-américains : café bouillant versé sur les joueurs à leur entrée sur la pelouse, agressions de joueurs argentins à coups de… seringues ! Et c’est sans compter sur les multiples duels musclés. L’Argentin Nestor Combin a vécu un véritable cauchemar pendant ce match. Considéré comme un traître par ses compatriotes pour avoir revêtu la tunique de la sélection nationale française et pour jouer dans un club étranger, le buteur du Milan AC est loin de recevoir un traitement de faveur par ses adversaires du jour. Frappé au visage par Poletti, au nez et aux pommettes par Ramon Aguirre Sanchez, Combin est contraint par l’arbitre de revenir sur la pelouse, après seulement quelques minutes de repos sur le bas-côté. A son retour, il s’évanouit en plein match et quitte définitivement les siens sur une civière. Le calvaire ne s’arrête pas là pour Combin. Encore inconscient, il est arrêté par la police pour s’être dérobé au service militaire. Il finira sa nuit en cellule mais sera tout de même vainqueur de la Coupe intercontinentale : le Milan perd 1-2 sur la pelouse argentine mais remporte le trophée à la faveur d’un match aller remporté 2 buts à 0. A la suite de cette prestation consternante, et sur demande expresse du dictateur argentin Juan Carlos Onganía, plusieurs joueurs d’Estudiantes seront suspendus dont Poletti, banni à vie.

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Nestor Combin et le plus beau jour de sa vie (Crédits : Wikimedia Commons)

Pour les clubs européens, cette dernière édition est synonyme de point de non-retour. Plusieurs vainqueurs de la Coupe des clubs champions européens déclinent l’invitation, laissant la participation aux finalistes de la coupe européenne : l’Ajax en 1971, le Bayern en 1974… Elle est même annulée en 1975 après avoir essuyé le refus des deux finalistes de la Coupe des clubs champions européens. Les années passent et la compétition ressemble de plus en plus à une farce sportive. Elle touche le fond en 1979, quand à peine 5 000 supporteurs suédois sont présents dans les travées du Malmö Stadion lors du match aller entre l’Olimpia et Malmö.

Alors que la compétition sombre lentement dans l’anonymat le plus complet, l’UEFA et le CONMEBOL décident de prendre les choses en main et engagent une entreprise de marketing britannique chargée de trouver une solution viable. Toyota, en pleine campagne de sponsorisation de compétions sportives, flaire le bon coup commercial et devient le partenaire privilégié de la Coupe intercontinentale, renommée Toyota Cup à partir de 1980. L’entreprise nipponne impose également de nouvelles règles : les clubs européens sont forcés de participer à cette compétition, sous peine de procès intenté à la fois par la fédération européenne et par le constructeur automobile ; la compétition se déroule lors d’un seul match organisé au Japon. Les dirigeants européens, qui n’ont pas manqué de manifester leur scepticisme à l’égard d’une compétition délocalisée dans un pays « exotique », donnent finalement leur accord après une augmentation substantielle des primes de participation par Toyota.

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La Toyota Cup (Crédits : Wikimedia Commons)

La Coupe du monde des clubs FIFA ? Merci Berlusconi !

Après plusieurs décennies de réprobation, la FIFA s’intéresse à cette compétition aux juteuses opportunités économiques en 1993. C’est un certain Silvio Berlusconi, alors président du Milan AC, qui soumet l’idée d’un championnat du monde des clubs lors d’une réunion du comité exécutif de la FIFA à Las Vegas. La fédération internationale passe de la parole aux actes en 2000 avec la première organisation de la Coupe du monde des clubs au Brésil. Initialement prévue en 1999, cette première édition, qui réunit huit équipes des six confédérations internationales de football, est remportée par les Corinthians de Dida aux tirs au but face au Vasco de Gama. Emballée par l’engouement médiatique et les retombées économiques, la FIFA prévoit une seconde édition l’année suivante en Espagne. Celle-ci sera finalement annulée à quelques mois de son ouverture après la faillite du partenaire marketing International Sport and Leisure. Après une nouvelle tentative d’organisation avortée en 2003, la FIFA et l’UEFA, le CONMEBOL et Toyota s’entendent pour fusionner la Coupe intercontinentale avec la Coupe du monde des clubs à partir de 2005.

 

Composée aujourd’hui des six champions des fédérations continentales et d’un club du pays organisateur, la compétition a toujours été remportée soit par une équipe sud-américaine soit par une équipe européenne. Ce dimanche, une victoire du Raja, galvanisée par son public, serait une première pour le continent africain.

Everton-Liverpool : Mersey Paradise

Il y a des derbys qui sentent la poudre dès l’entrée au stade. Il y en a d’autres qui sont fabriqués de toutes pièces par les médias. Et il y a le derby entre Liverpool et Everton. Surnommé le friendly derby (le derby amical), ce match entre les deux grands clubs de Liverpool transgresse tous les codes d’une rivalité classique. Portrait d’une rivalité pas comme les autres.

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A chaque Merseyside derby (du nom du fleuve, la Mersey, qui traverse la ville), c’est la même chose. Que ce soit à Goodison Park, stade d’Everton F.C, ou à Anfield, antre de Liverpool F.C, on y retrouve des tribunes bigarrées dans lesquels le bleu côtoie volontiers le rouge. Symbole d’une rivalité qui déchire des familles, des amitiés sans pour autant les briser. Oui, à Liverpool, il n’est pas rare d’y voir des supporteurs des Reds et des Toffees dans une même fratrie. Cette rivalité dépasse tout simplement tous les clivages inimaginables.

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Géographiquement tout d’abord. Les deux stades des clubs rivaux, seulement séparés par un parc, se situent à moins de deux kilomètres l’un de l’autre. Everton, premier club de football de Liverpool créé en 1878, a d’ailleurs été la première équipe à évoluer sur la pelouse d’Anfield. Exaspéré par le prix de plus en plus exorbitant demandé par le propriétaire du stade de l’époque John Houlding, les sociétaires d’Everton FC décident de déménager, en 1892, dans le stade voisin, Goodison Park, qu’ils rachètent pour quelques milliers de pound. Houlding, voyant son stade se vider, décide donc de créer son propre club qu’il veut d’abord nommer … Everton Athletic ! Il essuie finalement un refus de la ligue de football anglaise et décide ainsi de l’appeler Liverpool F.C ! La rivalité peut enfin commencer.

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Alors qu’un derby comme l’Old Firm en Ecosse cristallise les tensions religieuses du pays, avec les catholiques du Celtic Glasgow d’un côté et les protestants des Glasgow Rangers de l’autre, il semble bien plus compliqué d’en dire de même pour le Merseyside derby. Pourtant, dans les années 50 et 60, Everton était souvent identifié comme le club catholique de la ville. Et pour cause, le club avait à l’époque recruté plusieurs célèbres joueurs irlandais et catholiques comme Tommy Eglington ou encore Peter Farrell. L’équipe des Reds, quant à elle, avait d’abord refusé en 1979 de recruter Ronnie Whelan, autre irlandais catholique, provoquant ainsi une vive polémique qui sera de courte durée puisqu’il est finalement enrôlé dans l’équipe quelques mois plus tard. Plus de simples conjectures que de faits réels et avérés, l’antagonisme en place dans la ville liverpuldienne ne s’explique par une dichotomie religieuse.

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Il en va de même pour les critères politiques, économiques ou sociaux. Il est ainsi impossible d’établir des indices précis et incontestables expliquant l’appartenance d’un supporteur à un des deux clubs. L’affiliation ne peut s’expliquer que par un caractère aléatoire : une transmission de père en fils par exemple voire une adhésion à un club en fonction des résultats de celui-ci. Liverpool est un cas à part dans une Angleterre profondément ancrée dans une « culture foot ».

Et logiquement, cela se ressent lors des matches. Les amoureux des confrontations sulfureuses et agressives ne seront pas servis avec le friendly derby. On oublie les hooligans les plus virulents de la Perfide Albion. Ici, le respect règne entre les deux équipes, aussi bien dans les tribunes que sur le terrain. A titre d’exemple, de 1902 à 1932, les deux clubs partageaient le programme distribué avant les matches. Un comble pour deux clubs rivaux ! Cette fraternité se manifeste même jusque chez les fans. Après le drame d’Hillsborough en 1989 qui a causé la mort de 96 personnes, les supporteurs des deux clubs ont fait front ensemble face au Sun qui menait à l’époque une ligne éditoriale outrancière et mensongère sur les supporteurs de Liverpool F.C. qu’ils jugeaient responsables de ce terrible accident. Depuis lors, Everton commémore chaque année en compagnie de son club rival ce triste anniversaire, symbole d’un ville unie et soudée dans l’horreur. L’entente entre les deux clubs n’a pourtant pas toujours été aussi cordiale. Après l’accident du Heysel en 1985, autre drame qui a marqué Liverpool F.C, tous les clubs anglais ont été bannis de toutes compétitions européennes pendant trois ans, causant notamment l’ire des supporteurs d’Everton, furieux de se voir exclure d’une compétition à cause d’un événement dans lequel ils ne sont même pas impliqués. Une colère qui ne se dissipera finalement qu’avec le drame d’Hillsborough…

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Le Merseyside derby est définitivement un des rendez-vous incontournables du football anglais : 194 matches disputés jusqu’à présent dont le premier ayant eu lieu lors de la saison… 1894–95 ! Les plus grandes légendes d’Everton et de Liverpool ont toutes marqué de leur empreinte cette rencontre phare du championnat britannique : Dixie Dean pour le premier, Ian Rush ou Steven Gerrard pour le second. Elles se sont aussi bien distinguées par des buts que par des duels plus âpres et acharnés, dirons-nous…

Les deux clubs ont également établi un record de longévité toujours en cours : depuis la saison 1962-1963, la confrontation entre les deux clubs de Liverpool est le seul derby à encore se jouer en Premier League sans discontinuité. Ni les Manchester City-Manchester United, les Tottenham-Arsenal ou encore Chelsea-Fulham n’ont réussi pareil exploit.

Au-delà de la simple rivalité entre les deux clubs, la ville de Liverpool se distingue également par sa suprématie sur le championnat anglais. Avec 27 titres de champions cumulés, Liverpool dépasse Londres et Manchester comme la ville la plus titrée en Angleterre. Une prouesse pour une si petite ville… Alors, du football, de la bonne musique et de l’amour à revendre… Le friendly derby serait-il la recette miracle d’un succès assuré ?

 

Les plus belles épopées européennes des clubs français

Peu de victoires finales mais de belles épopées : l’histoire des clubs français en Coupes d’Europe est marquée par de beaux parcours qui ont imprégné l’imaginaire collectif des supporters et des fans et construit l’histoire du football hexagonal. Retour sur ces épopées européennes qui ont enflammé le pays.

Le stade de Reims

1956 voit la première édition d’une coupe européenne : la Coupe des clubs champions européens. Le Stade de Reims, à l’époque surnommé « le grand Reims », y atteint la finale qui l’oppose au Real Madrid. Les français perdent 4 à 3 après avoir mené 2-0, au terme d’un match épique. Raymond Kopa, alors leader de l’attaque rémoise, quitte la Picardie ensuite pour rejoindre le Real Madrid.
3 ans plus tard, le Stade de Reims se hisse de nouveau en finale et y rencontre… le Real Madrid, avec Kopa en attaque. L’issue sera la même pour le « grand Reims ».

La finale 1956

L’AS Saint-Etienne

On se souvient de la chanson et de la ferveur qui régnait à cette époque : les Verts ont séduit l’Hexagone lors des coupes d’Europe 1975 et 1976. Demi-finalistes, défaits contre le Bayern de Munich en 1975, l’AS Saint-Etienne a l’occasion une année plus tard de prendre sa revanche contre les Bavarois, en finale cette fois à Glasgow, après un parcours impeccable. Mais l’Histoire retiendra les « poteaux carrés » et la nouvelle défaite. Rocheteau, Curkovic, Santini, les frères Revelli, Janvion ou encore Jean-Michel Larqué n’ont jamais remporté de trophées européens mais restent dans les mémoires les vrais et fameux Verts, ceux qui pratiquaient un jeu agréable, léché, efficace et qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire du club.

Le but de Rocheteau contre le PSV Eindhoven, en prolongation de la demi-finale retour en 1976

L’OM

C’est l’épopée qui a le plus marqué les esprits, puisque victorieuse. Pour la première fois, un club français s’impose sur la scène européenne. En 1993, l’équipe emmenée par Basile Boli (auteur du but en finale), Di Meco, Sauzée, Boksic, Deschanps, Voller, Dessailly, Barthez ou encore Abedi Pelé, atteint une seconde finale européenne contre le Milan AC. Proche de l’exploit deux ans plutôt, les olympiens avaient échoué en finale contre l’Etoile rouge de Belgrade et ils sont bien décidés à l’emporter cette fois, contre une équipe italienne largement favorite. A la 43è minute, Basile Boli inscrit un but rageur de la tête et fait de Marseille le premier champion d’Europe français.

Le but de Boli en finale contre le Milan AC

Le PSG

Le PSG se hisse par deux fois en demi-finale de la Ligue des champions et échoue contre la Juventus en 1993 et contre le Milan AC en 1995. Mais les parcours ont laissé de grands souvenirs de football, marqués par l’effervescence autour du club et des matchs dont on se rappelle encore : le 4-1 infligé au Real Madrid de Butragueno, les victoires contre le Bayern de Munich ou encore l’élimination du FC Barcelone. Cette génération a enflammé le parc des Princes, Rai, Guérin, Ginola, Kombouaré, Valdo et surtout Weah en tête. En 1997, le club atteint la finale de la coupe d’Europe des vainqueurs de coupes, mais échoue contre Barcelone, après avoir éliminé Galatasaray et Liverpool.

Extrait du documentaire sur l’histoire du PSG et la victoire contre le Real Madrid

L’AS Monaco

C’est l’épopée française la plus récente en coupe d’Europe. L’AS Monaco, emmenée par son entraîneur Didier Deschamps, atteint la finale de la Ligue des Champions en 2004, après avoir battu et de belles manières, le Real Madrid de Zidane, Figo et Beckham, ou encore le Chelsea de Lampard, Desailly et Cole. Le collectif monégasque s’entend à merveille sur et en dehors du terrain et les joueurs prennent du plaisir. Des scores fleuves, des buts : Giuly, Rothen, Prso, Morientes, Evra y croient jusqu’au bout, mais sont battus en finale face au FC Porto, d’un certain José Mourinho.

L’excellent et long reportage de Canal Plus sur l’épopée de l’ASM.

Pour le pire et le meilleur

Si cela déplait, tant pis, mais c’est une évidence : le football est un sport humain, avec tout ce que cela comporte. Des moments de grande mansuétude, de classe et de gentillesse, ou des coups de sang, des actes violents et des tricheries bien utiles, comme dans la vie. Mauvais gestes, petites bagarres, injustices et un peu de fair play : le meilleur et le pire du football, en quelques leçons. Leçon n°1 : ces satanés mauvais gestes, qui restent gravés longtemps…

Leçon n°1 : LES MAUVAIS GESTES

LE COUP DE TETE DE ZIDANE.
175,1 millions de téléspectateurs étaient devant leur poste ce dimanche 9 juillet 2006. L’un des plus grands joueurs de l’histoire tirait sa révérence en finale de Coupe du Monde. France-Italie, les meilleurs ennemis du monde faisaient combat égal. A la 107ème minute, Zidane répond à une provocation du défenseur italien Materrazzi en lui infligeant un coup de tête, resté célèbre. Le 4ème arbitre voit l’action sur son écran vidéo et prévient le central. 2 minutes d’incertitude puis carton rouge. Fin de carrière tragique, comme pour rappeler que le Dieu Zidane n’était qu’un homme…

L’AFFAIRE CANTONA.
C’est certainement l’un des mauvais gestes les plus médiatiques de l’histoire du football. 25 janvier 1995 : Manchester United se déplace chez l’équipe de Crystal Palace. Cantona écope d’un carton rouge. En sortant du terrain, insulté par un supporter adverse, il tente un coup de pied façon «kung fu» puis termine le travail aux poings. 9 mois de suspension, 120 heures de travaux d’intérêt général et une phrase en conférence de presse, restée mythique, sur des mouettes, des pêcheurs et des chalutiers.
http://www.youtube.com/watch?v=u-WmfTIRUWY

LE TRAUMATISME SCHUMACHER.
Dans la chaleur sévillane, la France rencontre la RFA en demi-finale du Mondial. Ce 8 juillet 1982, les Bleus ont l’occasion d’atteindre la première finale de leur histoire. En seconde période, Genghini se blesse, Patrick Battiston rentre en jeu. Après une première occasion, il est lancé dans la profondeur par Platini. Le gardien du but allemand, Harald Schumacher, sort sans se préoccuper du ballon et envoie Battiston au tapis. Le choc est violent. Le joueur français, inconscient, est évacué sur une civière. La faute n’est pas sanctionnée et le ballon rendu aux allemands. Les Bleus perdent ce match épique lors des tirs aux buts. L’agression et l’injustice sont restées un traumatisme dans l’imaginaire populaire français, jusqu’à aujourd’hui…
http://www.youtube.com/watch?v=coSfMSUSVPI&feature=related

A suivre…