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Coupes du Monde : la long story / les années 60

Garrincha, Eusébio, Charlton… Les deux mondiaux de la décennie 1960 sont éblouis par des joueurs, rentrés depuis dans la légende. Le fougueux Brésil éclabousse le monde entier de son talent et l’Angleterre, inventeur du football, remporte enfin le titre mondial, sur fond de polémique.

Garrincha enflamme le Mondial.

Chili 1962 : La Seleção entre dans la légende (30 mai – 18 juin 1962)

Equipes présentes : Hongrie, Italie, Espagne, RFA, Angleterre, Union Soviétique, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Suisse, Mexique, Brésil, Chili, Argentine, Colombie, Uruguay.

Le groupe le plus relevé du tournoi réunit l’Italie, le Chili, la RFA et la Suisse. Le début de la compétition est marquée par un match d’une violence rare entre l’Italie et le Chili : l’engagement physique des équipes défensives s’éloignent du jeu tourné vers l’attaque des éditions précédentes. Le Chili se qualifie pour la suite de la compétition aux dépens de la Squadra Azzura.
La voisine Argentine ne parvient pas à atteindre pour les quarts de finale, tandis que l’Angleterre poursuit sa route. Mais face au Brésil – sans Pelé, blessé depuis le 1er match – l’équipe anglaise ne peut rien, dominée par les sud-américains et un Garrincha déchaîné. En demi-finale, la Seleção élimine le Chili, pays hôte, malgré un gros soutien populaire, grâce à deux buts, de Garrincha et Vavà. Le 17 juin 1962, en finale, la Tchécoslovaquie ouvre le score mais ne peut rien face aux talents des brésiliens. Malgré une équipe vieillissante (9 des 12 joueurs étaient en Suède), le Brésil remporte la Coupe du Monde pour la deuxième fois de son histoire, tout comme l’Uruguay et l’Italie.


Angleterre 1966 : Victoire et polémiques (11 – 30 juillet 1966)

Equipes présentes : France, Portugal, Angleterre, RFA, Union Soviétique, Italie, Espagne, Bulgarie, Hongrie, Suisse, Mexique, Brésil, Argentine, Uruguay, Chili et la Corée du Nord.

Pour protester contre un processus de qualifications jugé injuste, les pays africains déclarent forfaits pour cette 8ème édition. La nation anglaise, elle, vibre au rythme du football, grâce aux caméras de la BBC décidée à ne pas perdre une miette de la compétition.
Le Portugal est parvenu à se qualifier pour la 1ère fois. La Corée du Nord représente l’Asie et écrit une page de l’histoire des Coupes du Monde. Cette nation, dont la légitimité n’est pas reconnue par l’Angleterre, fait une entrée timide dans le tournoi : défaite contre l’Union Soviétique et match nul contre le Chili. Le 3ème match du tour préliminaire est décisif pour la qualification. Mais il est de taille : il s’agit d’affronter l’Italie, double championne du monde. La discipline et la rigueur de la Corée du Nord ont raison du talent italien (1-0). La Squadra Azzura sort du tournoi par la petite porte. La Corée du Nord suscite l’enthousiasme en Angleterre, même si le parcours s’achève en quart de finale contre le Portugal, certes mal engagé dans le match (mené 3 à 0 après 25 minutes). Eusébio, l’attaquant portugais, fait parler sa classe en marquant un triplé décisif pour la qualification en demie.
L’Angleterre chez elle est intraitable – certains diront même que l’arbitrage fut en la défaveur de ses adversaires – : elle élimine l’Argentine en quart de finale (dans un match qui ne brille pas par son « fair play » et le respect de l’adversaire), met fin au parcours portugais grâce à 2 buts de Bobby Charlton en demi. La finale se joue le 30 juillet à Wembley devant 94 000 spectateurs, contre la RFA, de retour au plus haut niveau. Le match est accroché : 2 partout à la fin du temps réglementaire. A la 100ème minute, la frappe de George Hurst s’écrase sur la barre puis rebondie sur la pelouse. Les arbitres accordent le but, le ballon ayant, selon eux, franchi entièrement la ligne. Les protestations allemandes n’y changent rien et les joueurs de la RFA se portent alors vers l’attaque, s’exposant au contre de l’Angleterre à la 120ème minute qui marque par l’intermédiaire de Hurst. L’Angleterre remporte sa première et unique Coupe du Monde, entachée d’un doute qui perdure encore aujourd’hui…