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Ligue 1 : ça sent la fin

Les choses se précisent en Ligue 1, à 6 journées de la fin de la saison : retour sur un week-end de championnat décisif pour le classement final.

La fin du duel pour la 1ère place

Monaco regarde dans le rétro, à défaut de lorgner sur la 1ère place, promise au PSG. 13 points d’avance pour les parisiens, quasi-champions et surtout hyper-tranquilles. Après leur victoire 3-0 contre Reims ce week-end, aucune équipe n’a les moyens d’aller leur disputer la victoire finale.

Monaco, 2ème de Ligue 1, devance Lille de 6 points, grâce à sa victoire contre Nantes, pas déméritante, mais inefficace devant le but. Les joueurs de Ranieri s’accrochent à la place qualificative pour la Ligue des Champions. Lille peut encore revenir, mais il faudra faire un sans-faute et attendre un faux pas monégasque.

La 3ème place, très convoitée

Même si le LOSC est toujours le mieux positionné, notamment grâce à 5 points d’avance sur Saint-Etienne et 9 sur Lyon, il n’est toujours pas assuré de terminer 3ème. Aux joueurs de Girard d’enchaîner des performances régulières jusqu’à la fin de la saison : c’est dans les cordes de l’effectif lillois.

La fin de saison sera donc compliquée pour les Verts de Galtier, incapables de faire mieux que le match nul contre Nice ce week-end, alors même qu’ils restaient sur une belle victoire dans le derby contre Lyon la semaine dernière. C’est l’histoire de Sainté : louper la marche dès qu’elle se rapproche.

L’OL ne démérite pas : après la défaite contre la Juventus Turin en Europa League, les joueurs de Garde ont trouvé l’énergie nécessaire pour aller gagner à l’extérieur contre Valenciennes qui lutte pour le maintien. 100ème but de Gomis en Ligue 1, 20 buts cette saison : pas si mal pour un joueur si critiqué à Lyon.

Pour autant, l’OL est loin de Lille et de la 3ème place. Reste la 4ème place à se disputer avec les Verts, ou la 5ème place, à protéger de l’OM, qui malgré la crise omniprésente dans le club phocéen, n’est qu’à 3 petits points, grâce à une victoire ce week-end contre le déjà-relégué AC Ajaccio.

En bas du classement, les jeux sont (presque) faits

L’AC Ajaccio a été le premier relégué cette saison : Ravanelli n’est pas parvenu à s’imposer comme coach et n’a obtenu aucun résultat avec le groupe corse. En roues libres depuis quelques mois avec 19 petits points au compteur, Ajaccio termine tranquillement la saison.

Il y a du mieux à Sochaux depuis l’arrivée d’Hervé Renard. Plus d’envie, de motivation et de résultats. Malgré tout, l’équipe compte 8 points de retard sur Evian TG et l’En-Avant Guingamp, les premiers non-reléguables. Auteurs d’un match nul contre Bastia ce week-end, les joueurs vont devoir absolument enchaîner les victoires, contre le PSG notamment et Evian TG lors de la dernière journée. Une petite finale.

Valenciennes, avec 29 points à 6 longueurs d’Evian TG n’est pas encore en Ligue 2. Mais la dynamique n’est pas bonne et les joueurs ne parviennent pas à sortir la tête de l’eau. La défaite à domicile de ce week-end contre Lyon n’arrangera rien.

Ligue 1 2012-2013 : l’essentiel

Le championnat de Ligue 1 s’est achevé hier, consacrant le PSG, suivi de l’OM et l’OL. Troyes, Nancy et Brest descendent en Ligue 2. Résumé-express des grands moments de cette saison 2012-2013.

Le record
Zlatan a « zlatané » la Ligue 1. 30 buts en une saison – et pas des moches en plus : il égale le record de Papin de 1990.

Le plus beau but
Saber Khelifa lobe le gardien de l’OGC Nice d’un tir de 64 mètres (36ème journée).

Le plus beau coup franc
Il y a un peu du grand Juninho dans Clément Grenier lorsqu’il frappe les coups-francs. Ici, contre Nice (37ème journée).

La plus belle victoire
Saint-Etienne a pratiqué l’un des plus beaux jeux de la saison. La preuve lors de cette victoire fluide contre Montpellier (24ème journée).

La victoire la plus improbable
Rennes, au Parc des Princes, à 10, puis 9 contre 11, s’impose contre le PSG et ses stars, grand favori (13ème journée).

Les plus beaux arrêts
Si l’OM prend le point du match nul contre Lille, c’est indiscutablement grâce à Mandanda, infranchissable (32ème journée).

Le match le moins fair-play
Chaud comme un derby corse : le Bastia-Ajaccio ne restera pas dans les mémoires comme un exemple de bel esprit (27ème journée).

Le plus gros tacle
Valentin Esseyric, attaquent de Nice, rate son tacle et brise la jambe du milieu stéphanois Jérémy Clément (27ème journée).

Ochoa, gardien sulfureux

Hier soir, les lyonnais de Garde, pour leur première apparition au Stade Gerland cette année, n’ont pu faire mieux qu’un match nul 1-1 face au promu ajaccien. Non sans proposer un jeu alléchant, qui se veut à des années-lumière de l’ennui puélien des années précédentes, les Gones ont buté sur un des nouveaux phénomènes de la Ligue 1 : Guillermo Ochoa. Portrait d’un gardien mexicain, entre suspicion de dopage et transfert obscur au club corse…


Oliver Pantaloni, l’entraineur de l’ACA, peut remercier son portier mexicain. Auteur d’une prestation héroïque, Ochoa a porté à bout de bras une équipe corse, outrageusement dominée par un Lyon entreprenant. Certes, les mauvaises langues pourront dire que, celui qui est surnommé « Memo » depuis sa tendre enfance, a été chanceux de voir ses montants repousser à quatre reprises (!) les tentatives lyonnaises. De plus, ses arrêts des deux poings, quelque peu atypiques, ne rassurent pas forcément les plus sceptiques. Mais au final, le résultat est là.

Ochoa, prophète en son pays

Début dans le monde professionnel à l’âge de 17 ans avec l’America, international à seulement 19 ans, Ochoa a, pendant de nombreuses années, fait figure de petite perle du football mexicain. Ce parcours lui confère d’ailleurs un statut de véritable star du football mexicain. Possédant de juteux contrats avec Coca-Cola, Nike ou encore le groupe de télévision Televisa, Ochoa est bel et bien l’attraction de la « Primera Division ». Mais à l’image de nombreux prodiges surmédiatisés, Memo a soufflé le chaud et le froid tout au long de sa carrière. Doté d’une détente impressionnante sur sa ligne de but, il est malheureusement coupable de plusieurs fautes de concentration avec le club mexicain. Conséquence, il se retrouve, lors de la Coupe du Monde 2010, sur le banc des remplaçants, au profit du vieillissant Oscar Perez.

Régulièrement annoncé dans les plus grandes écuries européennes depuis plusieurs saisons (Arsenal, Manchester United…), Memo a enfin décidé de franchir le pas, cet été. Annoncé par le sélectionneur de la « Tri » qu’il irait au PSG, il se retrouve, à la surprise de tous, du côté de l’ACA. Ce destin n’est pas sans rappeler celui de l’ancien stéphanois Benalouane, qui pensait signer à la Juventus, pour finalement atterrir à Cesena.

Ochoa, un Benal-two ?

L’arrivée du gardien mexicain en Ligue 1 est pour le moins opaque. Ajaccio avait besoin de trouver un accord financier avec America, le club d’Ochoa, qui était pourtant en fin de contrat. Comment attirer une telle pointure quand on possède le plus petit budget de l’élite ? Tout simplement en recevant un « petit » coup de pouce du groupe Televisa ! Détenteur des droits télévisuels de la Ligue 1 au Mexique pour cette saison, et « accessoirement » propriétaire du club mexicain, Televisa se propose de régler la contrepartie pécuniaire… Étrange, vous avez dit ?

Il faut dire que les suspicions de dopage d’Ochoa, et de quatre de ses coéquipiers, lors de la dernière Gold Cup, ne plaident pas en sa faveur. Contrôlés positif au clenbutérole le 21 mai dernier, un contre-examen a finalement démontré l’innocence des joueurs mexicains. La fédération mexicaine a beau avancer l’hypothèse d’une intoxication alimentaire, de nombreux clubs du Vieux Continent ont sans doute été refroidis par cette affaire, le PSG et les nouveaux propriétaires qatariens en tête, en quête d’une habilitation de la cause souveraine au sein de l’échiquier mondial. Ochoa l’affirme lui-même, pendant cette affaire, « Ajaccio était le seul club qui m’a alors soutenu et proposé de venir ».

Au final, seul la vérité du terrain nous démontrera si le club insulaire aura fait LA bonne affaire du mercato hexagonale. Une chose est sûre, le footballeur, et philosophe à ces heures perdues, Ilan, a déjà un avis tranché sur la question : « Ochoa est un jeune gardien qui voulait découvrir l’Europe. Aujourd’hui, c’est l’Europe qui le découvre. » C’est JCVD qui va être content.