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Un Uli pas si Hoeness que cela!

Alors que la France tente de se remettre de « l’affaire Cahuzac », voilà qu’un autre scandale vient d’éclater ce week-end dans un pays européen. Uli Hoeness, président du Bayern Munich, a avoué aux autorités allemandes, en janvier dernier, détenir un compte caché en Suisse. Fervent défenseur du fair-play financier mis en place par l’UEFA, Hoeness embarrasse, au-delà de son club, la coalition au pouvoir et surtout la chancelière Angela Merkel dont il se dit « fan ». Une nouvelle qui ne va pas manquer de faire sourire les dirigeants du Paris Saint-Germain…

Munich's President Uli Hoeness grills sausages for supporters before the German Bundesliga first division soccer match against Hertha Berlin in Munich
Jamais sans ma saucisse

La révélation annoncée samedi dernier par l’hebdomadaire Focus a eu l’effet d’une bombe en Allemagne : Uli Hoeness détiendrait un compte caché en Suisse depuis plusieurs années. Il serait même passé aux aveux il y a quelques mois de cela, en janvier, devant le fisc allemand. Une information qui n’a été confirmée ni par les autorités allemandes ni par l’intéressé. Mais pourquoi cette subite confession ? Il faut pour cela revenir quelques mois en arrière : le 12 décembre 2012, la commission mixte paritaire, entre députés du Bundestag et représentants des Länder, ne trouve aucun compromis à propos de l’accord fiscal Rubik, mis en place par la Suisse. Après plusieurs mois de négociations et d’atermoiements, l’accord ne verra pas le jour en Allemagne. Mesure phare du gouvernement suisse, il était censé établir, et ce dès janvier 2013, un traité de double imposition comprise entre 21 % et 41 % pour les placements allemands en Suisse. En outre, les autorités allemandes s’engageaient à ne pas poursuivre les détenteurs de ces comptes pour fraude ou évasion fiscales. Constatant cet échec, Uli Hoeness aurait ainsi préféré prendre les devants et avouer sa terrible faute. Une manière de s’éviter une chasse à l’homme menée par les très caustiques tabloïds allemands. C’est raté.

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Fais gaffe Uli, tu vas te faire piquer ta saucisse !

Plusieurs rumeurs circulent déjà sur le montant de l’amende qu’il a à payer, Bild évoque notamment une amende colossale de 6 millions d’euros à débourser par le président bavarois. Et pour cause, Uli Hoeness est à la tête d’un commerce fort juteux : depuis 1985, il détient une des compagnies leaders en saucisse industrielle, HoWe Wurstwaren, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros en 2011. A l’image du gouvernement français avec Jérôme Cahuzac, leurs homologues allemands en ressortent embarrassés, d’autant plus que Merkel et Hoeness s’entendaient comme larrons en foire. La chancelière allemande, qui s’est dit déçue du président du Bayern, l’avait rencontré à plusieurs reprises pour « pour échanger leur point de vue sur des sujets de société ». Souvent surnommé « Monsieur Propre » par la presse allemande, Uli Hoeness n’hésitait pas à donner son point de vue sur la politique de son pays. Par exemple, il affirmait en 2005 au magazine Bild qu’il payait toujours ses « impôts plein pot » (sic). Il prônait également une simplification du régime fiscale et se présentait comme un modèle de rectitude financière. Une probité qui se ressent également sur son management au sein du Bayern Munich.

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Y’a d’la joie !

« Mais tout le monde doit être logé à la même enseigne. Pas question que le petit trinque et que le grand n’ait rien, si vous voyez ce que je veux dire »(1). Uli Hoeness n’y était pas allé de main morte en évoquant Malaga et ses arriérés de paiement envers d’autres clubs, son personnel et envers des administrations sociales-fiscales. Il faut dire que le président du Bayern ne transige pas en matière de gestion financière. Depuis plusieurs années, il se fait le chantre de la vieille garde conservatrice face à la récente arrivée des « nouveaux riches » : Abramovitch à Chelsea, Nasser Al-Khelaïfi au Paris Saint-Germain ou encore le Sheikh Mansour à Manchester City… Ces riches propriétaires ont profondément changé le football européen à coups de dizaines de millions dépensés. En avril dernier, il s’était attaqué au PSG en le comparant à «Manchester City qui a aussi beaucoup d’argent mais qui n’a jamais été très performant en Ligue des champions »(2). Président du Bayern Munich depuis plusieurs années, il a fait de ce club un modèle de gestion en matière de football. Sur les vingt dernières années, le club bavarois a été bénéficiaire à dix-neuf reprises. Il engrange chaque année des recettes de plus en plus conséquentes. Alors forcément, voir des clubs avoir des déficits de cent à deux cent millions, ça ne fait pas plaisir à celui qui voit l’arrivée du fair-play financier comme la fin de la triche dans le football européen.

A l’orée d’une demi-finale de Ligue de Champions ô combien importante, cette nouvelle fait désordre au sein de la Bundesliga. Le club munichois et la fédération allemande de football ont préféré ne pas réagir. Uli Hoeness exclut déjà de quitter son poste de président. « J’espère qu’un jour un grand se fera attraper » (3) avait-il dit en parlant des clubs de football… Un vœu en quelque sorte exaucé pour Uli !

(1) (3) So Foot, N°103, dans l’article « Uli Hoop »
(2) 20minutes.fr, 8 avril 2013, « Uli Hoeness: «Le PSG m’inspire du respect mais pas de crainte »

Ligue des Champions : des duels hispano-allemands en demi

Les demi-finales de la Ligue des Champions opposeront deux clubs allemands à deux clubs espagnols. Les cadors de la Liga (Barcelone et le Real Madrid) sont au rendez-vous, sans véritable surprise, et ceux de la Bundesliga également (Bayern Munich et Borussia Dortmund) : un point sur des demi-finales passionnantes.

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Barça – Bayern Munich
Une finale avant l’heure : ce Barça-Munich oppose les deux principaux favoris de la LDC. Déjà champion d’Allemagne, l’équipe de Bavière est ultra-dominatrice depuis le début de la saison. Une capacité à presser l’adversaire rare, un effectif dense, des qualités techniques admirables et surtout un pressing et une vitesse d’une grande efficacité : les munichois s’imposent logiquement comme les grands favoris de la compétition. D’autant que l’adversaire barcelonais connaît une période de creux dans son ultra-domination du football mondial. Physiquement, l’effectif catalan n’est pas au mieux : le capitaine Puyol est blessé, Xavi a toujours des problèmes récurrents et l’incertitude plane autour de Messi. En difficulté face au PSG, le Barça n’est pas favori – une fois n’est pas coutume. Reste que la demi-finale aura lieu dans 10 jours, le temps de se reposer alors.

Sebastian Kehl / Mezut Ozil

Real Madrid – Borussia Dortmund
Le Real Madrid de José Mourinho poursuit son petit bonhomme de chemin. Il s’est défait de Galatasaray en quart, sans grande difficulté et pourra compter sur un Cristiano Ronaldo en grande forme. Autre atout : la grande expérience de son effectif, rompu aux matchs internationaux d’importance. Si l’entraineur portugais du Real s’est dit satisfait de ne pas tomber en demi contre le Bayern, les madrilènes devront affronter le solide Borussia Dortmund, outsider étonnant de la compétition.
Les allemands ont fini premiers du groupe de la mort : ce n’est donc pas une surprise de les retrouver à ce niveau de la compétition. 2-2 à Madrid lors de la phase de poule : Dortmund a mûri par rapport à l’an dernier et peut compter sur un collectif fort physiquement et mentalement, capable également de faire tourner le ballon et de belle manière. Un choc qui ne devrait pas manquer d’intérêt.