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Cabaye, la bonne idée du PSG ?

Convoité cet été par Arsenal, et plus récemment par le Manchester United de David Moyes, Yohan Cabaye, à 28 ans, fait enfin le grand saut. Après un exil anglais de deux ans et demi, le voilà de retour dans l’hexagone, du côté du Paris Saint-Germain. Transféré pour au moins 20 millions d’euros, Cabaye est assurément une recrue de choix pour le club de la capitale. Mais dans un secteur déjà bien fourni, tant qualitativement que quantitativement, l’arrivée de l’ancien lillois soulève bien des interrogations.

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Cabaye, nouvelle recrue du PSG

Il fut un temps où le mercato hivernal était une période redoutée par les supporteurs parisiens. Semak, Souza, Everton Santos… La liste des transferts hivernaux ratés est longue comme un bras au Paris Saint-Germain (et pour beaucoup d’autres clubs français). Mais depuis l’arrivée de QSI à la tête de la direction parisienne en 2011, la donne a quelque peu changé. Finis les transferts sibyllins, place au clinquant ! Maxwell, Alex et Motta à l’hiver 2012, Lucas et Beckham en 2013 et désormais Cabaye. Lubie de Laurent Blanc qui en faisait sa priorité cet hiver, le désormais ancien joueur de Newcastle aura néanmoins fort à faire au PSG.

Priorité de Laurent Blanc

L’international français devra tout d’abord se trouver une place dans un secteur où la concurrence est rude : le trio Verrati-Motta-Matuidi semble indétrônable tant leur maîtrise au milieu est impressionnante depuis le début de la saison. Sur le banc, l’émergence d’Adrien Rabiot, certes blessé pendant quelques semaines, et le retour de Javier Pastore, qui enchaîne des prestations convaincantes depuis le début de l’année civile, vont donner du fil à retordre au néo-parisien. Alors, forcément, une question taraude l’esprit de tous les footeux : que vient-il faire au PSG ? Zlatan et Thiago Silva, après avoir été consultés par le président Nasser al-Khelaïfi, n’avaient ainsi pas hésité à manifester leur circonspection à cette arrivée. La direction elle-même semblait réticente à l’idée de dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros sur un joueur de 28 ans qui n’a pas encore fait ses preuves dans un club de très haut niveau. Mais sans doute convaincu par les résultats et surtout par l’insistance de l’entraîneur parisien, Nasser a cédé finalement à la doléance de Blanc en sortant le chéquier.

Cabaye a le mérite de présenter un profil intéressant pour le PSG. Après son transfert à Newcastle en 2011, on le pensait perdu aux oubliettes. Transféré pour seulement 6 millions d’euros à l’époque, nombre de spécialistes français déploraient de voir un tel joueur quitter la Ligue 1 pour un club anonyme de la Premier League alors que des clubs comme l’OM et le… PSG manquaient clairement d’un joueur technique dans l’entrejeu. Et pourtant, en l’espace de deux ans et demi, l’ancien Lillois en a étonné plus d’un. A commencer par les Anglais : le milieu français s’est vite imposé comme une valeur sûre du championnat. Dans les travées de Saint James’ Park, Cabaye est devenu la coqueluche des Novocastriens et surtout le porte-drapeau d’un recrutement français qui porte ses fruits dans la ville du Tyne and Wear. Au contact du jeu britannique, l’ancien lillois a su élargir sa palette de jeu. On l’avait laissé technique et classieux, on le retrouve plus hargneux et incisif dans les duels. L’Angleterre l’a transformé en un joueur « box-to-box » dont la France manque cruellement dans son équipe. Cabaye est désormais capable de descendre d’un cran sur le terrain, à l’image de ses dernières prestations avec les Bleus, pour endosser un rôle de 6 à la fois juste dans ses passes et agressif dans ses interventions. Il sait également se muer en redoutable buteur : 7 buts inscrits en 19 matches depuis le début de la saison.

Cabaye, vraiment utile pour le PSG ?

La qualité du joueur n’étant plus à prouver, il reste désormais à comprendre son utilité dans un effectif parisien pléthorique. Son arrivée est en premier lieu bénéfique du simple point de vue quantitatif : avec 6 joueurs pour 3 places sur le terrain, Laurent Blanc voit les postes de son milieu doublés, à l’image de ce qui se fait dans les plus grands clubs européens. Encore engagé dans trois compétitions (Ligue des Champions, Ligue 1 et Coupe de la Ligue), le Paris Saint-Germain aura tout intérêt à faire tourner son effectif lors de matches de moindre importance. L’arrivée de Cabaye arrive donc à point nommé pour le leader de la Ligue 1, d’autant plus que le joueur sera qualifiable pour la Ligue des Champions dès les huitièmes de finale face au Bayer Leverkusen. Difficile en revanche de deviner dans quelle mesure l’ancien lillois jouera sous les ordres de Blanc. Entre un Motta qui effectue sa première saison complète (jusque-là), un Verratti qui monte en puissance et un Matuidi à l’engagement irréprochable, on ne voit pas vraiment où l’ancien joueur de Newcastle trouvera une place de titulaire indiscutable. Le premier semble intouchable tant les prestations de l’équipe dépendent de sa présence. L’entraîneur du PSG pourrait donc instaurer un turnover, lors des matches cruciaux notamment, entre Verratti, Matuidi et Cabaye. Si Laurent Blanc a l’intention de mettre en place un jeu offensif, il pourrait se tourner vers un milieu composé de Verrati-Motta-Cabaye plutôt qu’un Verrati-Motta-Matuidi voire un Cabaye-Motta-Matuidi. Si l’un des trois joueurs actuellement titulaires devait laisser sa place au nouveau venu, Matuidi, qui pêche dans la finition et dans la dernière passe, risquerait bien de faire les frais de l’arrivée d’un Cabaye capable de distiller des passes longues et précises de sa moitié de terrain.

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Matuidi, victime collatérale de l’arrivée de Cabaye ? (Crédits : Creative Commons)

Une autre explication pourrait plutôt se trouver dans un avenir plus lointain. L’effectif parisien va sans doute être remanié à l’issue de cette saison : Matuidi, qui est en fin de contrat en juin 2014 et donc libre de s’engager où il veut, est ardemment courtisé par plusieurs clubs du gotha européen ; Verratti ne se disait pas contre un retour au bercail, surtout si la Juventus en fait sa priorité pour un remplacement sur le long terme de Pirlo ; et avec Thiago Motta, qui atteindra les 32 ans en août prochain, les dirigeants parisiens feraient bien de penser à une alternative plus jeune.

Le dindon de la farce pourrait donc bien être Cabaye. Si son adaptation tarde à voir le jour, il y a de fortes chances qu’il passe la deuxième partie de saison sur le banc avec un statut de remplaçant de luxe. Alors qu’il était au meilleur de sa forme outre-manche, il a pris un énorme risque en rejoignant un effectif déjà huilé et rompu aux consignes de son entraîneur. A quelques mois de la Coupe du monde au Brésil, nul doute que Deschamps va scruter ses prestations avec attention.

PSG : le vote Blanc ?

Hiddink, Benitez, Capello… Tous ces noms annoncés depuis plusieurs semaines dans la presse étaient tous aussi prestigieux les uns que les autres. Et pourtant, la direction du club parisien s’est finalement tourné vers Laurent Blanc, qui s’est engagé pour deux saisons avec le PSG. Un technicien dont la jeune carrière a été marquée aussi bien par des hauts, avec un titre de champion de France en 2009 avec Bordeaux, que par des bas, on pense notamment à la terrible déconvenue des Bleus à l’Euro 2012. Alors, bonne idée ou choix par défaut pour le Paris Saint-Germain ?

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Bon courage surtout !

Le pis-aller Blanc ?

On l’avait quitté la mine déconfite et fatiguée, un soir de défaite face à l’Espagne en quarts de finale de l’Euro 2012. Une élimination qui clôturait deux années à la tête de la sélection française pourtant prometteuses à ses débuts mais qui se sont finalement terminées en eau de boudin. Depuis, plus trop de nouvelles. Des rumeurs l’envoyaient il y a peu vers l’AS Rome, d’autres à la Real Sociedad. Pendant tous ces mois de silence, il voulait surtout prendre du recul avec le monde du football pour mieux oublier cet échec avec l’Equipe de France. La déception digérée, le voilà à la tête d’une équipe parisienne fraîchement auréolée d’un titre de champion de France, le premier depuis 1994.

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Tapez 1 pour Capello, 2 pour Mourinho, 3 pour Mancini…

Un choix pour le moins étonnant. Avec le départ d’Ancelotti quasiment acté depuis plusieurs semaines, les dirigeants du Paris Saint-Germain avaient tout le loisir de trouver son successeur idoine. Les plus grands noms européens se sont succédé dans les journaux pour prendre les rênes du PSG. On parle de Benitez, il signe finalement à Naples. Capello ne peut quitter la sélection russe sans laisser un préavis d’un mois. Hiddink préfère prolonger l’aventure avec l’Anzhi. La liste est encore longue. Et elle rétrécit au fil des jours au point d’être réduite à un seul technicien : Laurent Blanc.

Un choix par défaut sans doute. Il était le seul à être libre de tout contrat sur le marché. A l’heure où les footballeurs ont des pedigrees à faire pâlir les plus courageux globe-trotteurs comme Xavier Gravelaine le fut en son temps, les entraîneurs ont de plus en plus tendance à s’inscrire dans la durée avec leur club. André Villas-Boas a par exemple poliment refusé l’offre du Paris Saint-Germain dans le but de poursuivre son travail avec Tottenham. Idem pour Michael Laudrup avec Swansea. Difficile donc de trouver la perle rare en cette période pour le Paris Saint-Germain.

C’est également la preuve que le PSG n’est pas encore un cador sur le plan européen. Là où un club comme le Real Madrid a eu l’entraîneur qu’il voulait, à savoir Carlo Ancelotti, le PSG a essuyé refus sur refus. Un coup dur pour une direction qatarienne qui cherche, via le club parisien, à affirmer sa crédibilité sur le plan international.

Une carrière d’entraîneur en dents de scie

Il ne reste néanmoins que Blanc est loin d’être le premier venu. De ces trois saisons avec les Girondins de Bordeaux, on retient notamment un doublé mémorable champion de France/Coupe de la Ligue en 2009. L’année suivante, il amène le club au scapulaire jusqu’aux quarts de finale de la Ligue des Champions en devançant le Bayern et la Juventus lors des phases de poules. La fin de cette idylle est un peu moins séduisante : une deuxième partie de saison en 2009/2010 qui se termine avec une décevante sixième place et un groupe déchiré par le départ annoncé prématurément du « Président » en fin de saison.

Annoncé à la tête des Bleus comme le Messie en 2010, son bilan sera très mitigé. Le jeu proposé n’est guère reluisant, la qualification pour l’Euro 2012 est décrochée à l’arrachée lors du barrage face à la Bosnie et le parcours dans cette compétition est pour le moins… chaotique (une seule victoire en quatre matches, un groupe entaché par diverses polémiques). Il a néanmoins eu le mérite d’aligner une série de 23 matches sans défaite avec la France, signe de stabilité et de régularité dans les performances.

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Il souriait moins pendant l’Euro…

Loué pour sa « philosophie de jeu » offensive avec les Girondins, nul doute qu’il comblera les plus sceptiques du jeu prodigué par Ancelotti la saison dernière avec le PSG. Pendant toutes ses années à la tête de l’équipe bordelaise, Blanc a procuré l’une des tactiques les plus chatoyantes de ces dernières années en Ligue 1 avec des buts à la pelle et une prime à la créativité. De là à voir Pastore endosser le rôle du Gourcuff de 2009…

Un dernier facteur est à prendre en compte : comment le groupe parisien va-t-il l’accueillir ? Les agents de Thiago Silva et d’Ibrahimovic se disent satisfaits de l’arrivée du Français, qui jouit d’une bien meilleure réputation à l’étranger que dans l’hexagone. Des Français comme Jallet ou Sakho, que l’on dit sur la sellette, pourraient bien avoir les faveurs de leur compatriote. Le mercato aussi sera également à surveiller avec attention. Malgré sa belle côte à l’étranger, la nomination de Laurent Blanc pourrait bien rebuter les cibles les plus frileuses qui s’attendaient à un nom plus ronflant. Réponse dans les semaines à venir…