Archives par mot-clé : Brésil 2014

France-Ukraine : les belles copies

L’équipe de France verra le Brésil en 2014. Les joueurs de Deschamps se qualifient malgré la défaite 2-0 au match aller à Kiev en battant l’Ukraine 3-0. Un petit moment que les Bleus n’avaient pas montré un tel visage. 70% de possession, 24 tirs, 84% de passes réussies. Les notes, plutôt bonnes et on vous prévient : ça fait drôle.

Lloris : 7/10
Il n’a pas eu grand chose à faire. Das bonnes relances et des balles à assurer dans les airs. Vigilant sur les rares occasions ukrainiennes. Pour une fois que les Bleus ne s’en remettent pas à ses exploits.

Evra : 5/10
Quand le niveau de jeu des coéquipiers s’élève, on voit à quel point son apport est mince : inexistant défensivement, il n’a la moyenne que grâce à quelques montées utiles, malgré un carton jaune à la 67ème.

Sakho : 9/10
Impérial en défense, il marque le premier but porteur d’espoir et pousse le défenseur ukrainien à marquer contre son camp. À se demander pourquoi Deschamps ne lui a pas fait confiance plus tôt.

Varane : 8/10
Pour sa 4èmesélection, le madrilène est solide, sur de lui, inébranlable. Blessé au genou jusqu’ici, difficile d’imaginer un autre titulaire en défense centrale.

Debuchy : 7/10 (remplacé par Sagna à la 77ème minute).
Un latéral comme on les aime: présent en défense et utile en attaque. Auteur de bons centres, il a amené le surnombre et le danger. Il aurait même pu s’offrir un but sur une belle volée.

Pogba : 8,5/10
Tout jeune mais déjà indispensable au milieu. La technique, le talent, le sens du jeu. Ça sent le grand milieu de terrain titulaire au Brésil.

Cabaye : 8/10
Voilà le milieu de terrain qui a manqué à l’aller à Kiev. Le relayeur capable de jouer vers l’avant, de distribuer correctement, d’anticiper. Cabaye, il faut qu’il soit là.

Matuidi : 7,5/10
Le roi de la récupération au milieu du terrain, c’est lui. Associé à Pogba et Cabaye, il s’offre le luxe de quelques montées bien senties.

Ribéry : 7,5/10
Il a haussé son niveau de jeu malgré le traitement de faveur des ukrainiens. Capable de faire la différence sur des accélérations et débordements, c’est toujours un atout d’avoir un tel joueur dans son équipe.

Valbuena : 7,5/10
Exit Samir et Loïc, bonjour Mathieu, et tant mieux ! Il obtient des coups francs, tente sa chance de loin, joue vite à une touche de balle : c’est le « monsieur plus » de la soirée.

Benzema : 7/10 (remplacé par Giroud à la 80ème minute)
Il marque un but refusé pour un hors-jeu inexistant et un but hors-jeu validé. Sans être étincelant, il a nettement plus apporté au collectif que dans les matchs précédents : plus mobile, plus inspiré. On attend plus : qu’il soit décisif parce qu’il a les occasions.

Pour le bien du football français, faut-il se qualifier pour la Coupe du Monde 2014 ?

Mardi soir, la France jouera le match retour des barrages contre l’Ukraine avec l’espoir de gagner un ticket pour le Mondial 2014. Défaits 2-0 à Kiev par des ukrainiens morts de faim, les Bleus ont livré une piètre prestation. Manque de motivation, d’envie ou de talents ? Des questions récurrentes depuis Knysna en 2010 : il semble que le football français soit dans le même état qu’il y a 3 ans. Une qualification pour le Brésil ferait du bien à un sport malade : ou pas.

Dans leur immense majorité, les médias sportifs ont décidé de suivre Deschamps qui demandait « l’union sacrée » derrière l’équipe nationale avant le match contre l’Ukraine. Alors, oubliées les sorties fracassantes de Patrice Evra pas inquiété malgré la charte de bonne conduite : le pays doit soutenir son équipe nationale. Admettons. Puis à Kiev, la douche fut froide.
A la veille du match, il y a maintenant deux camps : ceux qui attendent, y croient encore et espèrent et ceux pour qui les carottes sont cuites et qui tentent de trouver des coupables aux maux qui rongent le football français. Entre les deux, les culottés, qui se disent qu’une élimination serait un mal pour un bien. Comme souvent, la vérité pourrait bien se trouver entre les deux.

Photo : YannGarPhoto.flickr.cc
Photo : YannGarPhoto.flickr.cc

Alors que pendant ce temps, personne à la Fédération ne semble vraiment conscient du déficit d’amour que suscite l’image des Bleus

L’équipe de France souffre de plusieurs maux. Le premier et non le moindre : un profond désamour. Tenace depuis 2010. L’épisode de Knysna, c’était il y a 3 ans déjà. Hier en fait si l’on regarde ce qui a changé à la Fédération Française de Football : un président certes. Et puis pas grand chose dans la politique de formation des joueurs et des entraîneurs, dans l’idée que l’on se fait d’une équipe nationale. Des prestations médiocres sur le terrain et des joueurs suffisants en dehors, qui font grève, taclent en conférence de presse, menacent. La France du football avait dénoncé et crié au « plus jamais ça ». Et puis, deux ans plus tard à l’Euro, il y eu le « ferme ta gueule » de Nasri adressé à un journaliste, le « fils de pute » de Ménez à l’arbitre, le comportement de diva de M’Vila et Ben Arfa. Laurent Blanc, « le président » avec son beau palmarès, a failli, ou n’a rien pu faire. Qu’importe : Laurent s’en va et Didier Deschamps, emblématique capitaine de l’OM des grandes années et des Bleus champions du monde, est nommé sélectionneur. Il édicte une charte insistant sur le comportement exemplaire. Et puis Evra se lâche 10 jours avant un match de barrage lors d’une interview donnée au magazine Téléfoot sur TF1. Pas de sanctions, pas de remontrances. C’est compliqué d’aimer quelqu’un qui vous déçoit sans cesse, sur tous les plans : voilà pourquoi les joueurs actuels ne fédèrent pas derrière eux. Ils ne brillent pas sur le terrain et se font remarquer en dehors. Alors que pendant ce temps, personne à la Fédération ne semble vraiment conscient du déficit d’amour que suscite l’image des Bleus.
La Fédération Française de Football ne peut pas ignorer la baisse du nombre de licenciés : le football ne séduit plus autant, la faute à un comportement qui agace un grand nombre de supporters, qui, malgré l’amour du maillot, ne supportent plus ces bleus-là. Et depuis 2010 à la Fédé, rien n’a changé. Quel seul électrochoc pourrait enfin faire bouger cette institution figée ? Une non-qualification.

Dans un sport collectif, le talent n’est pas suffisant

L’autre grand mal qui gangrène l’équipe nationale est la suffisance des joueurs. Agents, formateurs et entraineurs leur ont répété qu’ils avaient du talent, qu’ils étaient doués, meilleurs que d’autres. Des journalistes sportifs n’ont pas hésité à les comparer à de vrais vedettes d’autres temps : « le nouveau Zidane, la relève de Thierry Henry ». Sauf que dans un sport collectif, le talent n’est pas suffisant. Le travail est indispensable et la qualité collective est nécessaire. Ce n’est pas parce qu’on est – de façon irrégulière – titulaire à Manchester City, au Real Madrid ou dans le championnat d’Angleterre que l’on peut, en deux passements de jambe, gagner un match de niveau international. Et c’est là la double illusion : une génération sûre d’être hyper-talentueuse mais qui n’a aucun palmarès, une impression d’avoir des joueurs hyper-talentueux mais qui ne gagnent pas de trophées européens et mondiaux.

Photo : Johnnymip.flickr.cc
Photo : Johnnymip

Comme si un 2-0 contre une équipe qui n’a pas démérité remettait en cause tout ce que 4 ans de médiocrité footballistique n’avait pas mis en branle

Dans les médias depuis la défaite face à l’Ukraine s’élèvent de plus en plus de voix pour dénoncer ce désamour du public, la mentalité des joueurs et l’incompétence des instances dirigeantes. Comme si un 2-0 contre une équipe qui n’a pas démérité (et mieux classé que la France par la FIFA) remettait en cause tout ce que 4 ans de médiocrité footballistique n’avait pas mis en branle. Mieux vaut tard que jamais. Car oui, louper la Coupe du Monde au pays du football serait douloureux pour un grand nombre de fans-amateurs français de football. Mais si cela permet enfin de poser les vraies questions, alors… à défaut de gagner une coupe du monde, on pourrait peut-être gagner un football capable de faire vibrer, de séduire, fédérer, de convaincre et de retrouver ce qui est beau et délicieux dans ce sport. Ne serait-ce pas là une plus belle victoire ?

Equipe de France – Brésil 2014 : les clés de la qualification

L’équipe de France affronte dans une semaine l’Ukraine pour le premier match de barrage des éliminatoires pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Les Bleus restent sur une dynamique de victoires lors de ses derniers matchs (Biélorussie, Australie, Finlande), mais également sur les déclarations fracassantes d’Evra lors d’une interview donnée à Téléfoot le 20 octobre. C’est la dernière chance de s’offrir un ticket pour le mondial brésilien : les clés pour la saisir.

maillot equipe de france

Esquiver le sujet Evra

Avec sa grande expérience des médias, le sélectionneur Didier Deschamps a clos le sujet épineux d’Evra en conférence de presse : « Ce n’est pas ça qui doit occuper nos esprits. Je n’ai pas envie de rentrer dedans, et les joueurs non plus ne rentreront pas dedans. »
Clé numéro 1 : se concentrer sur le terrain et rien d’autre (et ce n’est pas si facile avec les joueurs français).


Deschamps refuse de polémiquer sur Evra par footmercato

Oublier l’Irlande (et la Bulgarie)

Des matchs de barrages pour les coupes du monde, l’équipe de France en a connus. Et s’en souvient. Le dernier contre l’Irlande est devenu une affaire « nationale » lorsque les français (amateurs et connaisseurs de football ou complets ignorants, politiques, écrivains, philosophes, animateurs, hommes publics) ont donné leur avis sur la main de Thierry Henry qui permit à Gallas d’inscrire le but égalisateur envoyant ainsi les Bleus à la Coupe du Monde en Afrique du Sud en 2010 (avec le succès qu’on lui connaît). Et il y eut le traumatisme de la Bulgarie le 17 novembre 1993 : à la 90ème minute de jeu, alors que la France est qualifiée pour le mondial américain, les bulgares marquent le but qui les envoient à la Coupe du Monde et élimine l’équipe de France. Presque 20 ans après, dur de ne pas y penser.
Clé numéro 2 : conjurer le sort des barrages.

La bonne dynamique

Depuis la victoire en Biélorussie, certes laborieuse, l’équipe de France, sans être brillante, a retrouvé un visage séduisant en même temps que le chemin des filets. Il est vrai contre des adversaires assez faibles, mais des intentions meilleures. Même Karim Benzema a marqué. C’est le moment de surfer sur cette vague de réussite.
Clé numéro 3 : s’appuyer sur la dynamique de succès retrouvés.


France Finlande : 3-0, les buts (Stade de France) par ffftv

Gérard Depardieu incarnera Jules Rimet au cinéma : le football est-il bankable ?

L’acteur franco-russe sera Jules Rimet, fondateur de la Coupe du Monde de football et du club du Red Star. Le tournage se tient à Paris en ce moment et la sortie du film est prévue l’été prochain, à l’occasion du Mondial au Brésil. Plusieurs films sur le football sont sortis depuis le début de l’année. Le football est-il bankable ?

Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc
Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc

Le tournage parisien a débuté samedi 3 août et devrait également avoir lieu au Brésil et en Suisse. Gérard Depardieu retrouve sur le plateau Frédéric Auburtin avec qui il a déjà collaboré à deux reprises pour Un pont entre deux rives (1999) et San Antonio (2004). Alors que le monstre sacré du cinéma français sera prochainement à l’affiche dans la peau de DSK dans un film d’Abel Ferrara, c’est en fondateur de la Coupe du Monde qu’il sera sur nos écrans à l’été 2014. Jules Rimet, personnage important de l’histoire du football, a également fondé le mythique club du Red Star en 1897 (5 fois vainqueurs de la Coupe de France) et été président de la Fédération Française de Football.

Depuis le début de l’année 2013, plusieurs films sont sortis au cinéma mettant en vedette le ballon rond, traité de façon tantôt humoristique mais sérieuse, tantôt dramatique : Je suis supporter du Standard (de Riton Liebman) ou encore Les Petits Princes (avec Eddy Mitchell) ont donné une image différente de ce sport, moins caricaturale ou critique qu’à l’accoutumée, et moins clichée que dans les Seigneurs (d’Olivier Dahan avec Franck Dubosc, José Garcia, Gad Elmaleh sorti en 2012).

En cette année de pré-Coupe du Monde, le football est peut-être devenu un sport bankable. Il est en tout cas un sujet pratique pour traiter de questions de société, d’amour, d’humour avec comme prétexte les passionnés de foot, les supporters, les faits de société (The Van de Stephen Frears en 1996 sur la crise sociale et le chômage en Irlande sur fond de Coupe du Monde 1990) et pourquoi pas avec ce nouveau film de Frédéric Auburtin, l’histoire longue, riche et passionnée de ce sport. Dans l’histoire du 7ème art, nombreux sont les films qui ont traité de ballon rond : peu ont connu le succès et la reconnaissance, si ce n’est Coup de tête (1979) de Jean-Jacques Annaud avec Patrick Dewaere, qui porte un regard cynique et acide sur le monde du football. Les temps changent : Depardieu est un citoyen russe, et le football s’invite de plus en plus au ciné. Vivement l’été 2014.

Coupe du Monde au Brésil : les villes

Dans un an jour pour jour, le monde vivra au rythme du Brésil et du ballon rond. La liste des stades, pour commencer.

Les tribunes de supporters brésiliens. Photo : sophie_pr.flickr.cc
Les tribunes de supporters brésiliens.
Photo : sophie_pr.flickr.cc

C’est seulement la deuxième Coupe du Monde que le Brésil accueille. Étonnant pour un pays dans lequel le football est considéré presque comme une religion. Désigné le 30 octobre 2007 comme hôte de la Coupe du Monde 2014, le Brésil s’attèle depuis a construire de nouveaux stades ou à en rénover de nombreux.


Afficher Coupe du Monde 2014 : les stades sur une carte plus grande