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Bundesliga : le Bayern Munich, déjà Champion d’Allemagne

Depuis hier, mardi 25 mars, le Bayern Munich est Champion d’Allemagne : un record que ce titre remporté à la 27ème journée. Une réussite pour Guardiola en Bundesliga.

Drapeaux qui flottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc
Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc

C’est plié en Bundesliga : depuis hier, mardi 25 mars, les bavarois sont Champions d’Allemagne. L’équipe de Guardiola devance le 2ème avec 25 points d’avance. C’est la victoire sur la pelouse du Herta Berlin 1-3, grâce à des buts de Kroos, Gotze et Ribéry, qui sacre le Bayern Munich dès la 27ème journée.

Une saison de tous les records

Les joueurs de Guardiola battent le record de précocité du titre : mi-mars, le Bayern Munich compte 77 points, devançant le Borussia Dortmund de 25 points. Plus de suspens en Bundesliga donc.

 

Les munichois restent sur une série de 19 victoires de suite en Championnat : un record qui ne semble pas prêt de s’arrêter tant ils dominent leurs adversaires. Invaincu cette saison, le Bayern pourrait devenir le premier club de l’histoire du football à ne pas perdre de match en Championnat national.
Bastian Schweinsteiger, 29 ans, joueur emblématique de l’équipe bavaroise remporte son 7ème titre de Champion d’Allemagne : c’est le premier joueur de l’histoire de la Bundesliga a être sacré 7 fois avant 30 ans.

Avec Guardiola et sans Hoeness

Malgré l’affaire Uli Hoeness, force est de constater que l’équipe munichoise est encore intouchable. C’est le premier titre depuis 44 ans sans Hoeness remporté par le Bayern grâce à une solidité, une rigueur et une force inébranlables.
9 mois après son arrivée dans le Championnat allemand, Pepe Guardiola remporte son 1er titre à la tête de l’équipe bavaroise. Et un titre incontestable, malgré les critiques récentes du président d’honneur du Bayern Munich, Franz Beckenbauer, sur le jeu mis en place par l’entraîneur espagnol et sa gestion de certains joueurs. Le premier que l’on imagine d’une longue série tant les munichois sont bien engagés en Ligue des Champions et en Coupe d’Allemagne et démontrent autant d’appétit de victoires que de talent.

Bundesliga : un modèle économique à suivre ?

Si depuis quelques années le football allemand est sous le feu des projecteurs, cette popularité naissante est loin d’être le fruit du hasard. Outre-Rhin, le football professionnel est avant tout un sport rigoureusement encadré, que ce soit d’un point de vue juridique ou d’un point de vue financier. Ajoutez à cela des idées novatrices et vous avez un modèle économique dont certains dirigeants de Ligue 1 feraient bien de s’inspirer. 

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En Allemagne, difficile de trouver un club professionnel aussi endetté que des clubs espagnols comme l’Atlético de Madrid ou Valence. Et par difficile, il faut entendre impossible. A l’image de la France avec la DNCG (Direction Nationale de Contrôle de Gestion), commission indépendante chargée de vérifier les comptes des équipes de football professionnel, l’Allemagne s’est dotée de son propre système de contrôle financier.

Un contrôle draconien des finances de chaque club professionnel

Il s’effectue par le biais de la licence, agrément délivré par la ligue de football allemande (Deutscher Fussball Liga) permettant aux clubs d’évoluer dans un des deux premiers échelons du football national. Pour recevoir ce précieux sésame, les clubs doivent satisfaire de nombreux critères, notamment celui d’être solvable. Les bilans de chaque club professionnel et leurs projets à long terme sont ainsi minutieusement étudiés chaque année par l’institution allemande. En cas de manquement à ces règles, la DFL se réserve le droit de sanctionner soit par une amende, soit par un retrait de points voire par une relégation à l’échelon inférieur. Ce fut le cas du Dynamo de Dresde qui devait être relégué de la première à la seconde division à l’issue de la saison 1994/1995, et qui a finalement été rétrogradé de deux rangs pour déchoir en 3.Liga. L’objectif de ce système est simple : instaurer une rigueur financière dans le but de mettre en place un développement des clubs viable sur le long terme.

Les stades au centre du modèle économique

Autre explication de cette bonne santé financière, l’organisation de la Coupe du Monde 2006 en Allemagne qui a permis au pays de rénover, au début des années 2000, de nombreux stades qui tombaient alors en désuétude. L’Allemagne a réussi là où la France a échoué après la Coupe du Monde 1998 : profiter de l’organisation d’un évènement à envergure internationale pour repenser l’ensemble des infrastructures sportives. Les clubs de la Bundesliga profitent désormais d’enceintes toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Le Signal Iduna Park de Dortmund, l’Olympiastadion de Berlin ou encore la Veltins-Arena à Gelsenkirchen… Toutes ces infrastructures ont pour point commun de figurer parmi les stades les plus grands d’Europe. Rien qu’en Bundesliga cette saison, on peut dénombrer pas moins de 8 clubs possédant un stade d’une capacité de 50 000 places au minimum. A titre de comparaison, en Ligue 1, seul Marseille et Lille peuvent se targuer d’avoir des stades de cette capacité. Quoiqu’il en soit, ces stades sont une véritable aubaine financière pour les clubs allemands, qui font carton plein semaine après semaine à chaque rencontre de Buli.

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Ils ont également été parmi les premiers dans le football à démocratiser une tendance qui se propagera plus tard sur l’ensemble du Vieux Continent : le naming, pratique qui consiste à donner à un stade le nom d’une marque, moyennant compensation financière. L’Allianz Arena est sans doute l’exemple le plus frappant : la compagnie d’assurances Allianz verse ainsi pas moins de 90 millions d’euros au Bayern Munich pour apposer sa marque sur l’enceinte bavaroise. Une manne loin d’être négligeable en période de transferts !

Des stades à la fois modernes et gigantesques qui permettent aux clubs d’engranger des recettes de billetterie considérables tout en maintenant des places bon marché. Les dirigeants de la Bundesliga ont bien compris tout l’intérêt de maintenir le caractère populaire de ce sport : de nombreux clubs proposent ainsi des places à 10€, loin, très loin des sommes faramineuses à débourser pour assister à un match au Camp Nou ou à Old Trafford.

Des droits TV en hausse

Fort du développement de la Bundesliga, la Ligue allemande de football a également su profiter de sa position de force en 2012 lors des négociations pour l’attribution des droits de retransmission de la Bundesliga des saisons 2013-2017. Après d’âpres discussions, Sky Deutschland a finalement déboursé la somme de à 2,5 milliards d’euros, soit 628 millions d’euros par saison, alors que le précédent accord était de 412 millions d’euros par saison en moyenne ! Une hausse astronomique qui reste à relativiser, le montant du contrat restant en deçà de ceux des autres grands championnats européens.

Un 50+1 unique en Europe

Mais là où l’Allemagne contraste avec d’autres pays européens, c’est sur la fameuse règle des 50+1 qui stipule qu’un club ne peut être détenu à plus de 50 % par un actionnaire. Une mesure qui évite toute dépendance d’une équipe vis-à-vis d’une seule et même personne, ou entreprise, et qui permet du même coup le maintien d’une concurrence loyale au sein du football allemand. De ce fait, la majorité des parts d’un club est possédée par les membres de celui-ci. Impossible donc de voir une soudaine arrivée d’oligarques russes, américains ou qatariens dans un avenir proche en Allemagne.

Karl-Heinz Rummenige, président du conseil d’administration du Bayern Munich, dans un entretien accordé au Figaro du 25 juin 2013, disait tout le bien de cette mesure qui « garantit notre indépendance et nous préserve de certaines dérives financières. Le Bayern ne reverse pas de dividendes à des actionnaires. Nos profits servent à nous refinancer et à investir sur le marché des transferts en ciblant des joueurs d’avenir. Nous utilisons notre argent de manière rationnelle».

Seule exception possible à cette mesure, un actionnaire peut posséder plus de 50 % des parts du club lorsqu’il possède des parts de l’équipe depuis dejà 20 ans. C’est le cas de clubs comme Vfl Wolfsburg ou le Bayer Leverkusen, respectivement détenus par le constructeur automobile Volkswagen et l’entreprise pharmaceutique Bayer.

La Bundesliga, une véritable machine de guerre économique. Elle a su, en seulement quelques années, développer son championnat pour en faire un business prospère. D’un point de vue économique, sa véritable force se trouve sur la diversité de ses ressources. Au contraire d’une Ligue 1 dépendante des droits TV, la Bundesliga a réussi à multiplier les origines de ses bénéfices au point de rivaliser aujourd’hui avec la surpuissante Premier League, en témoigne la hausse du montant des droits télévisuels de la Bundesliga vendus à l’étranger. L’affrontement ne fait que commencer.

La « culture foot » made in Bundesliga

Le ballon rond, c’est plus qu’un sport en Allemagne : des spectateurs qui se déplacent en masse chaque week-end, un sport qui suscite l’enthousiasme des plus petits aux plus grands, des clubs historiques érigés en véritables institutions. Zoom sur un championnat historique, populaire et aimé.

Le "mur jaune" de supporters du Borussia Dortmund, après une victoire contre Nuremberg 4-0 le 5 décembre 2009. Photo : Peter Fuchs.flickr.cc
Le « mur jaune » de supporters du Borussia Dortmund, après une victoire contre Nuremberg 4-0 le 5 décembre 2009. Photo : Peter Fuchs.flickr.cc

L’histoire de la Bundesliga est à l’image de celle de l’Allemagne : tourmentée. Il faut attendre 1963 pour voir le championnat Outre-Rhin s’organiser tel qu’il est aujourd’hui. Après l’ère des Fédérations régionales qui eut cours sous le régime nazi puis sous les occupations américaines, françaises et anglaises, le championnat devient une série nationale unique. La première journée de l’histoire a lieu le 24 août 1963 (75 ans après le championnat anglais, 30 ans après le championnat français). Si l’histoire politique et géopolitique de l’époque a contraint les instances à s’organiser tardivement, le football n’en reste pas moins un sport populaire et majeur dans le pays. La première journée de Bundesliga draine 327 000 personnes dans les stades.

Le football fut autre chose qu’un simple sport : l’occasion de redevenir quelqu’un aux yeux du monde

Une popularité constatée dès 1954 et la victoire de l’équipe nationale en Coupe du Monde en Suisse. Cet épisode – resté célèbre dans l’histoire sous le nom du « miracle de Berne » – marque le retour de l’Allemagne sur la scène internationale. Alors muselée par les puissances mondiales, suite à la défaite de 1945, et sommée de se repentir après les atrocités commises par le régime nazi, l’Allemagne n’avait connu aucun miracle. Or, contre la Hongrie de l’époque, l’une des meilleures équipes du monde, il en fallait un pour l’emporter. L’Allemagne gagne 3-2. Si le pays succombe à l’effervescence, il ne sait pas comment réagir, entre nécessité de se faire discret et triomphe national à fêter. Ce fut l’occasion de célébrer une victoire, loin de la politique, de la dictature nazie, de l’occupation du pays. Le football alors fut autre chose qu’un simple sport : l’occasion de redevenir quelqu’un aux yeux du monde. L’achat de télévisions explosa à la fin de l’année 1954. S’en suivirent alors de grandes victoires sur la scène mondiale et un intérêt croissant pour le ballon rond : l’Allemagne fut championne du Monde en 1974, 1990 et championne d’Europe à trois reprises (72, 80 et 96). Ces victoires furent décisives et primordiales dans le succès de la Bundesliga.
Les épopées des clubs allemands ont également contribué à attirer les foules : l’imprenable Borussia VfL Mönchengladbach vainqueur en Bundesliga et en Europe, le Bayern Munich multiple champion d’Allemagne et victorieux en Europe trois années de suite (74, 75, 76). Les meilleurs joueurs du pays jouent en Bundesliga (même si dans les années 1980, ils s’exportent plus). Les foules se pressent donc pour voir les victoires sur le carré vert.

La Bundesliga fait le plein chaque week-end

C’est là une tendance qui ne change pas : les stades en Allemagne sont remplis, chaque week-end. Les spectateurs sont au rendez-vous et cette effervescence est le signe que la Bundesliga intéresse, voire passionne. Au premier rang des clubs qui font le plein : le Borussia Dortmund (99,8% de remplissage sur l’ensemble de la saison 2012-2013). Surnommé le « mur jaune » (en référence à une marée humaine de supporters de jaune vêtus), le stade est réputé pour offrir la plus belle ambiance en Europe. Idem à Munich (99,8% également). Si les résultats sont au rendez-vous pour ces deux clubs, ce n’est pas le cas pour Schalke 04, le Werder Brême ou Francfort, alors même que leur taux de remplissage sont de respectivement 99, 95,9 et 93%. Avec la Premier League, la Bundesliga fait le plein chaque week-end. Preuve que le football est plus qu’un sport.

L’Allemagne compte 6 millions de licenciés, alors que la France en compte un peu moins de 2 millions en 2012. Le football est le sport numéro 1, que l’on pratique à tout âge et dans toutes les classes sociales. Depuis 2006, il se revendique également comme un vecteur d’intégration (à l’image de ce que fut France 98 et l’émergence d’une France Black-Blanc-Beur) et son équipe nationale en est le reflet avec les jeunes joueurs issus de l’immigration turque.

Les clubs allemands, plus que de simples clubs de football

Le respect de l’institution est enfin au cœur de la culture foot allemande. Les clubs sont plus que de simples clubs de football : ils sont respectés pour leur histoire, leur passé, leurs idéologies (lutte contre le racisme et l’homophobie pour certains) et ne s’effacent jamais devant une individualité, aussi prestigieuse soit-elle. Le respect s’impose à tous et les supporters se retrouvent alors dans ce sentiment d’appartenance qui transcende l’individu. Ainsi naissent spontanément et souvent des mouvements de solidarité, pour aider un club supporté et ils arrivent également que des clubs s’aident mutuellement. Cette ferveur n’est pas l’apanage des grosses équipes. Comme en Angleterre, certains clubs des divisions inférieures sont également très supportés et réunissent de nombreux spectateurs dans leur stade.

Transferts : c’est fait !

Les championnats ne sont pas encore terminés, les finales de coupes d’Europe ne sont pas encore jouées : pourtant, les rumeurs et les faits avérés de transferts vont déjà bon train. Un point sur les prochains départs et futures arrivées déjà actés.

Le style Barça de Guardiola à Munich.
Le style Barça de Guardiola à Munich.

Pep Guardiola
L’espagnol a pris une année sabbatique, histoire de décompresser un peu avant de rejoindre le banc d’un possible champion d’Europe : le Bayern Munich. C’est officiel et acté depuis des mois. Celui qui a contribué à créer la légende du FC Barcelone d’Iniesta, Xavi et Messi se prépare à relever un nouveau défi, de taille : le club bavarois est une véritable institution, avec dans les instances dirigeantes des anciens cadres de caractère du football allemand. Le Bayern Munich a survolé la Bundesliga et fait figure d’ogre en Europe : pas simple.

José et Chelsea : a true story.
José et Chelsea : a true story.

José Mourinho
A peine l’élimination madrilène effective en demi-finale de la Ligue des Champions que le « special one » annonce son départ du Real Madrid, vers un endroit « où on l’aime ». Comprendre : les Blues de Chelsea que José a entraîné de 2004 à 2007 et avec lesquels il a remporté deux championnats, deux Coupes de la Ligue et une Cup. Le Portugais n’a jamais caché son attachement au club londonien qu’il a toujours rêvé de retrouver. Rien d’officiel avant le 1er juillet, certes, mais le retour de José à Londres n’a jamais été aussi proche.

Fernandez pour faire oublier Girard.
Fernandez pour faire oublier Girard.

Jean Fernandez
L’ancien entraîneur d’Auxerre et Nancy sera la saison prochaine sur le banc de Montpellier. Une fin de cycle pour le club de l’Hérault avec le départ de René Girard et l’arrivée de ce baroudeur de Ligue 1 qui a trouvé un accord avec le président Nicollin. C’est officiel depuis fin avril : un contrat de deux saisons a été signé, avec une prise de fonction prévue en juillet prochain.

Zlatan regarde ailleurs.
Zlatan regarde ailleurs.

Zlatan Ibrahimovic
La Juventus est évoquée pour accueillir Zlatan, mais rien d’officiel pour le moment. En revanche, la star parisienne a déclaré – après le match contre Evian – vouloir quitter le PSG à la fin de la saison. Les journaux italiens rapportent dès la fin du mois d’avril les modalités de contrats que préparerait la Vieille Dame pour accueillir l’attaquant suédois. Un petit tour en Ligue 1 et puis s’en va Zlatan.

De Dortmund au Bayern en passant par une finale de LDC.
De Dortmund au Bayern en passant par une finale de LDC.

Mario Götze
La jeune prodigue allemand, milieu offensif du Borussia Dortmund, a signé un contrat avec le Bayern Munich, le meilleur ennemi, pour la saison prochaine. Un transfert officiellement annoncé avant la demi-finale de LDC par le club bavarois, histoire de mettre un peu la pression sur Dortmund. Mais rien n’y a fait et les deux équipes s’affronteront en finale le 25 mai prochain. Mario s’en ira ensuite en Bavière pour se faire une place dans l’effectif pléthorique et talentueux de Munich, en vue peut-être de remplacer Robben ou Ribéry dans un futur plus ou moins proche.

Un Uli pas si Hoeness que cela!

Alors que la France tente de se remettre de « l’affaire Cahuzac », voilà qu’un autre scandale vient d’éclater ce week-end dans un pays européen. Uli Hoeness, président du Bayern Munich, a avoué aux autorités allemandes, en janvier dernier, détenir un compte caché en Suisse. Fervent défenseur du fair-play financier mis en place par l’UEFA, Hoeness embarrasse, au-delà de son club, la coalition au pouvoir et surtout la chancelière Angela Merkel dont il se dit « fan ». Une nouvelle qui ne va pas manquer de faire sourire les dirigeants du Paris Saint-Germain…

Munich's President Uli Hoeness grills sausages for supporters before the German Bundesliga first division soccer match against Hertha Berlin in Munich
Jamais sans ma saucisse

La révélation annoncée samedi dernier par l’hebdomadaire Focus a eu l’effet d’une bombe en Allemagne : Uli Hoeness détiendrait un compte caché en Suisse depuis plusieurs années. Il serait même passé aux aveux il y a quelques mois de cela, en janvier, devant le fisc allemand. Une information qui n’a été confirmée ni par les autorités allemandes ni par l’intéressé. Mais pourquoi cette subite confession ? Il faut pour cela revenir quelques mois en arrière : le 12 décembre 2012, la commission mixte paritaire, entre députés du Bundestag et représentants des Länder, ne trouve aucun compromis à propos de l’accord fiscal Rubik, mis en place par la Suisse. Après plusieurs mois de négociations et d’atermoiements, l’accord ne verra pas le jour en Allemagne. Mesure phare du gouvernement suisse, il était censé établir, et ce dès janvier 2013, un traité de double imposition comprise entre 21 % et 41 % pour les placements allemands en Suisse. En outre, les autorités allemandes s’engageaient à ne pas poursuivre les détenteurs de ces comptes pour fraude ou évasion fiscales. Constatant cet échec, Uli Hoeness aurait ainsi préféré prendre les devants et avouer sa terrible faute. Une manière de s’éviter une chasse à l’homme menée par les très caustiques tabloïds allemands. C’est raté.

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Fais gaffe Uli, tu vas te faire piquer ta saucisse !

Plusieurs rumeurs circulent déjà sur le montant de l’amende qu’il a à payer, Bild évoque notamment une amende colossale de 6 millions d’euros à débourser par le président bavarois. Et pour cause, Uli Hoeness est à la tête d’un commerce fort juteux : depuis 1985, il détient une des compagnies leaders en saucisse industrielle, HoWe Wurstwaren, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros en 2011. A l’image du gouvernement français avec Jérôme Cahuzac, leurs homologues allemands en ressortent embarrassés, d’autant plus que Merkel et Hoeness s’entendaient comme larrons en foire. La chancelière allemande, qui s’est dit déçue du président du Bayern, l’avait rencontré à plusieurs reprises pour « pour échanger leur point de vue sur des sujets de société ». Souvent surnommé « Monsieur Propre » par la presse allemande, Uli Hoeness n’hésitait pas à donner son point de vue sur la politique de son pays. Par exemple, il affirmait en 2005 au magazine Bild qu’il payait toujours ses « impôts plein pot » (sic). Il prônait également une simplification du régime fiscale et se présentait comme un modèle de rectitude financière. Une probité qui se ressent également sur son management au sein du Bayern Munich.

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Y’a d’la joie !

« Mais tout le monde doit être logé à la même enseigne. Pas question que le petit trinque et que le grand n’ait rien, si vous voyez ce que je veux dire »(1). Uli Hoeness n’y était pas allé de main morte en évoquant Malaga et ses arriérés de paiement envers d’autres clubs, son personnel et envers des administrations sociales-fiscales. Il faut dire que le président du Bayern ne transige pas en matière de gestion financière. Depuis plusieurs années, il se fait le chantre de la vieille garde conservatrice face à la récente arrivée des « nouveaux riches » : Abramovitch à Chelsea, Nasser Al-Khelaïfi au Paris Saint-Germain ou encore le Sheikh Mansour à Manchester City… Ces riches propriétaires ont profondément changé le football européen à coups de dizaines de millions dépensés. En avril dernier, il s’était attaqué au PSG en le comparant à «Manchester City qui a aussi beaucoup d’argent mais qui n’a jamais été très performant en Ligue des champions »(2). Président du Bayern Munich depuis plusieurs années, il a fait de ce club un modèle de gestion en matière de football. Sur les vingt dernières années, le club bavarois a été bénéficiaire à dix-neuf reprises. Il engrange chaque année des recettes de plus en plus conséquentes. Alors forcément, voir des clubs avoir des déficits de cent à deux cent millions, ça ne fait pas plaisir à celui qui voit l’arrivée du fair-play financier comme la fin de la triche dans le football européen.

A l’orée d’une demi-finale de Ligue de Champions ô combien importante, cette nouvelle fait désordre au sein de la Bundesliga. Le club munichois et la fédération allemande de football ont préféré ne pas réagir. Uli Hoeness exclut déjà de quitter son poste de président. « J’espère qu’un jour un grand se fera attraper » (3) avait-il dit en parlant des clubs de football… Un vœu en quelque sorte exaucé pour Uli !

(1) (3) So Foot, N°103, dans l’article « Uli Hoop »
(2) 20minutes.fr, 8 avril 2013, « Uli Hoeness: «Le PSG m’inspire du respect mais pas de crainte »