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Coupe du Monde 2010 : les qualifiés pour les huitièmes

On connaît les qualifiés pour les huitièmes de finale de la première Coupe du monde de l’histoire sur le continent africain. A mi-parcours, le constat est là : l’édition 2010 restera dans les annales à plus d’un titre. Des évidences, certes ; de grosses surprises, surtout.

L’AMERIQUE CONQUERANTE

La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l'Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc
La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l’Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc

C’est simple : à part le Honduras, toutes les équipes du continent américain engagées seront en huitième. Des favoris (Argentine, Brésil) aux outsiders (Uruguay, Mexique, Paraguay, Chili et Etats-Unis), elles seront toute là. Comme un message pour l’Europe des stars, c’est, outre un savoir technique et tactique maîtrisé, leur collectif solidaire qui les aura amenées là, parfois sur le fil du rasoir et avec difficultés. L’Argentine tient son rang et son jeu est certainement le plus léché et agréable. Le Brésil un peu moins serein que prévu se qualifie sans trop forcer. Au courage pour les autres, le continent américain sera dignement représenté…

L’AFRIQUE A LA RAMASSE

Sur 6 équipes africaines engagées, une seule est parvenue à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le continent attendait beaucoup de ses sélections emmenées par des stars mondiales. Pas de miracle pour la Côte d’Ivoire de Drogba et le Cameroun de Samuel Eto’o. Fin du Mondial. Faible techniquement, le Nigéria a tout bonnement déçu et l’Algérie, inexpérimentée, n’a pas réussi à réitérer les exploits de la qualification. Enfin l’Afrique du Sud, malgré le soutien de son peuple et des vuvuzélas, est la première équipe hôte à ne pas atteindre les huitièmes. Les Bafanas-Bafanas ont tout de même terminé leur Mondial sur une victoire contre la France. Dans un groupe serré, le Ghana se qualifie grâce à une victoire contre la Serbie, un match nul contre l’Australie et une défaite contre l’Allemagne. Les sélections africaines doivent revoir leurs copies.

L’EUROPE A BOUT DE SOUFFLE

14 sélections européennes engagées, 6 qualifiées, dans la difficulté. Fatigue des joueurs, suffisance, système de jeu trop connu et facile à contrer : il y a des raisons. L’Angleterre de Capello se qualifie dans la douleur. La presse anglaise avait pourtant titré au lendemain du tirage au sort « EASY », qualificatif attribué au groupe réunissant l’Algérie, la Slovénie et les Etats-Unis. Confiance, supériorité… L’Allemagne commence en trombe en infligeant un 4-1 indiscutable à l’Australie. Mais contre les Serbes, médiocres, la Nazional Manschaft ne peut même accrocher le match nul. Il faut une courte victoire contre le Ghana pour permettre à l’Allemagne de rejoindre les huitièmes, non sans mal. Le premier match de l’Espagne fit l’effet d’une bombe : la Roja défaite contre la Suisse, par le plus petit des écarts. Un jeu parfois stéréotypé de la sélection que les observateurs voient déjà championne du Monde : passe courte en une touche de balle, qui n’est pas sans rappeler le Barça. Comme un symbole, la Suisse se la joue Inter de Milan, ultra-défensive, ultra-disciplinée, laissant le ballon aux espagnols, attendant le contre. Un coup de tonnerre pour les joueurs ibériques, arrivés sur la pelouse pleins de certitude. Les hommes de Vicente del Bosque se reprennent et se qualifient pour les huitièmes. Rassurés, pour l’instant. Ce fut plus simple pour les Pays-Bas et le Portugal. Les Hollandais assument pour l’instant leur statut de favori, assurés dès le deuxième match de poursuivre la compétition. Dans le groupe de la mort, le Portugal fait jeu égal avec le Brésil, tient en échec la Côte d’Ivoire et lamine, 7-0, la Corée du Nord. La Slovaquie élimine l’Italie. Plus faible techniquement et individuellement, le collectif et la solidarité de cette petite équipe auront eu raison du Champion du monde en titre.
Out donc France, Italie, Serbie, Danemark, Grèce, Slovénie, Suisse. Pour les trois derniers, c’était prévisible. En revanche, les finalistes de la dernière édition auront brillé par leur médiocrité et la France aura éclaboussé le monde d’un ridicule qui restera dans l’histoire de la Coupe du monde, autant sur le terrain qu’en dehors.
France et Italie, les meilleurs ennemis, ne se qualifient pas dans les deux groupes les plus faibles du Mondial. Le séjour en terre africaine n’aura pas duré bien longtemps. C’est décevant également pour la Serbie – qualifiée pour le Mondial sans passer par les barrages – que les observateurs annonçaient plus forte que ce qu’elle a montré. Aurait pu mieux faire.

L’ASIE ETONNE

Match opposant l'Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale. Photo : DundasFootballClub.flickr.cc
Match opposant l’Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale.
Photo : DundasFootballClub.flickr.cc

Rigoureuses, disciplinées et solidaires : les équipes asiatiques sont en progrès, incontestablement. Petits gabarits techniques et gros collectifs, elles n’ont pas loupé le rendez-vous africain. 3 sélections engagées, 2 qualifiées. Bon score. La Corée du Sud se qualifie en huitième, dans un groupe loin d’être évident (Argentine, Nigéria, Grèce). Le Japon, considéré comme le plus faible de sa poule au début de la compétition s’octroie une place en huitième, laissant Danemark et Cameroun sur place. Rien que ça. La Corée du Nord rentre au pays, après une grosse défaite contre le Portugal, mais aura eu le mérite d’accrocher les quintuples champions du monde brésiliens. Rien que ça.

LES EQUIPES SURPRISES

Soyons sport et classe – en ces temps tourmentés, ce n’est pas si courant – et saluons la performance de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Le football n’y est pas un sport national. Pourtant, pour elles, le Mondial est bon : la Nouvelle-Zélande n’a pas perdu un match et l’Australie s’est même offerte le luxe de battre la Serbie et de faire jeu égal avec le Ghana.

Les Coupes du Monde de foot au cinéma

Du petit au grand écran, il n’y a qu’un pas que la Coupe du monde s’est empressée de franchir à plusieurs reprises. De la Corée du Nord à l’Iran, du Tibet à Israël, la célèbre compétition internationale sert de trame pour montrer, dénoncer, expliquer. Quand la Coupe du monde fait son cinéma, ça donne ça :

CUP FINAL (1991), drame israëlien de Eran Riklis.
En pleine guerre du Liban, un soldat israélien est kidnappé par des palestiniens. Unis par l’amour du
football, en particulier de l’équipe d’Italie, ils suivent ensemble la Coupe du monde 1982.
En concours au Festival International du film de Berlin (1992), de Moscou (1991).

THE VAN (1996), comédie dramatique irlandaise de Stephen Frears.
Dans un quartier ouvrier au nord de Dublin, Brendan «Bimbo» Reeves, licencié de la boulangerie dans laquelle il travaille, décide d’acheter un van avec un ami et vendre les traditionnels fishs and chips, sur
fond de Coupe du monde 1990. L’équipe d’Irlande y réalise un parcours surprenant qui booste de façon inanttendue leur petite entreprise…

LA COUPE(1999), comédie australo-indienne de Khyentse Norbu.
Palden et Nyima, deux jeunes adolescents tibétains quittent leur pays et se réfugient au nord de l’Inde
dans un temple bouddhiste. Les deux compères commencent leur apprentissage monastique tandis que
la fièvre gagne le pays devant les exploits de Ronaldo et Zidane lors du Mondial 1998.

LE MATCH DE LEUR VIE (2002), documentaire britannique de Daniel Gordon.
Premier épisode d’une trilogie de documentaires sur la Corée du Nord, ce long-métrage relate le parcours
de l’équipe de Corée du Nord lors de la Coupe du monde de 1966 en Angleterre. Il fut récompensé par le
prix du meilleur documentaire sportif de la télévision britannique.

http://www.youtube.com/watch?v=zShAWruJiGA

LE MIRACLE DE BERNE (Das Wunder von Berne)(2004), drame de Sönke Wortmanns.
Un prisonnier de guerre allemand enfermé pendant 10 ans en Russie retrouve sa famille en 1954, lors de la Coupe du monde en Suisse. Le fils, qui n’a jamais connu son père, se passionne pour le football et la
réussite de l’équipe fédérale allemande qui remporte le trophée. Outre-Rhin, le film rencontre un grand succès en 2004.

HORS JEU (2005), drame iranien de Jafar Panahi.
Une jeune fille iranienne se déguise en garçon pour assister au dernier match des qualifications de l’Iran
pour la Coupe du monde 2006. Mais comme beaucoup de jeunes filles, elle ne peut pénétrer dans
l’enceinte du stade – interdite aux femmes. Le tournage eu lieu lors du vrai match.
Le film a été récompensé par un Ours d’Argent au Festival de Berlin.

LE MATCH DE LEUR VIE (2005), drame de David Anspaugh.
Les Etats-Unis participent à la Coupe de monde en 1950 au Brésil mais ne possèdent pas de sélection officielle. Ils composent alors une équipe de jeunes joueurs sans expérience et amateurs qui crée la
surprise en battant l’Angleterre, nation phare du football mondial.