Archives par mot-clé : Coupe du Monde 2014

Gérard Depardieu incarnera Jules Rimet au cinéma : le football est-il bankable ?

L’acteur franco-russe sera Jules Rimet, fondateur de la Coupe du Monde de football et du club du Red Star. Le tournage se tient à Paris en ce moment et la sortie du film est prévue l’été prochain, à l’occasion du Mondial au Brésil. Plusieurs films sur le football sont sortis depuis le début de l’année. Le football est-il bankable ?

Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc
Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc

Le tournage parisien a débuté samedi 3 août et devrait également avoir lieu au Brésil et en Suisse. Gérard Depardieu retrouve sur le plateau Frédéric Auburtin avec qui il a déjà collaboré à deux reprises pour Un pont entre deux rives (1999) et San Antonio (2004). Alors que le monstre sacré du cinéma français sera prochainement à l’affiche dans la peau de DSK dans un film d’Abel Ferrara, c’est en fondateur de la Coupe du Monde qu’il sera sur nos écrans à l’été 2014. Jules Rimet, personnage important de l’histoire du football, a également fondé le mythique club du Red Star en 1897 (5 fois vainqueurs de la Coupe de France) et été président de la Fédération Française de Football.

Depuis le début de l’année 2013, plusieurs films sont sortis au cinéma mettant en vedette le ballon rond, traité de façon tantôt humoristique mais sérieuse, tantôt dramatique : Je suis supporter du Standard (de Riton Liebman) ou encore Les Petits Princes (avec Eddy Mitchell) ont donné une image différente de ce sport, moins caricaturale ou critique qu’à l’accoutumée, et moins clichée que dans les Seigneurs (d’Olivier Dahan avec Franck Dubosc, José Garcia, Gad Elmaleh sorti en 2012).

En cette année de pré-Coupe du Monde, le football est peut-être devenu un sport bankable. Il est en tout cas un sujet pratique pour traiter de questions de société, d’amour, d’humour avec comme prétexte les passionnés de foot, les supporters, les faits de société (The Van de Stephen Frears en 1996 sur la crise sociale et le chômage en Irlande sur fond de Coupe du Monde 1990) et pourquoi pas avec ce nouveau film de Frédéric Auburtin, l’histoire longue, riche et passionnée de ce sport. Dans l’histoire du 7ème art, nombreux sont les films qui ont traité de ballon rond : peu ont connu le succès et la reconnaissance, si ce n’est Coup de tête (1979) de Jean-Jacques Annaud avec Patrick Dewaere, qui porte un regard cynique et acide sur le monde du football. Les temps changent : Depardieu est un citoyen russe, et le football s’invite de plus en plus au ciné. Vivement l’été 2014.

La Fifa et le peuple brésilien : les raisons du divorce

Les manifestations de juin dernier au Brésil ont pointé du doigt le coût de l’organisation de la Coupe du Monde 2014. Au premier rang des accusés : la Fifa, l’organisation privée chargée de réguler le football mondial. Entre exigences et moyens de pression : pourquoi le torchon brûle entre la Fifa et le Brésil.

Des manifestants sont descendus dans les rues des grandes villes du Brésil. Ici, à Rio, le 20 juin 2013.  Photo : SemillaLuz.flickr.cc
Des manifestants sont descendus dans les rues des grandes villes du Brésil. Ici, à Rio, le 20 juin 2013.
Photo : SemillaLuz.flickr.cc

Un coût élevé qui ne passe pas, même pour une population qui considère le ballon rond comme une religion : le Brésil s’est enflammé le 18 juin dernier, pour protester contre l’augmentation du prix des tickets des transports publics de Sao Paulo, alors que dans le même temps s’ouvrait la Coupe de Confédérations, sorte de répétition générale du Mondial 2014. Les manifestants dénonçaient le coût de la Coupe du Monde jugé exorbitant : 459 millions d’euros (chiffre de 2011). En cause : les exigences draconiennes de la Fifa, notamment sur la capacité des stades. A Sao Paulo, un nouveau stade est en construction. L’original comptait 48 000 places, la FIFA en exige 17 000 de plus. Des dépenses supplémentaires à faire supporter à la ville, l’état ou même l’entreprise de construction et donc à la population. Le mythique stade du Maracaña à Rio, théâtre de la première finale de l’histoire de la Coupe du Monde en 1950 et de la victoire de l’Uruguay contre le Brésil, est en travaux pour améliorer les conditions de sécurité : il perd 17 000 places, mais gagne des loges afin accueillir les sponsors, les officiels, les invités pendant le Mondial… au détriment des supporters. Et nombreux sont les changements apportés au paysage urbain autour du stade : une favela rasée, des immeubles menacés. Pour les besoins de la Fifa et des sponsors. Au détriment des populations déplacées.

En Afrique du Sud, les « éléphants blancs » ne sont jamais remplis

La Fifa impose ses règles concernant les infrastructures des pays qui accueillent le Mondial. Comme en Afrique du Sud, dans certaines villes, les stades flambants neufs dont la construction ou la rénovation aura engendré des sommes importantes ne seront pas remplis après la compétition et ne serviront qu’en toute petite partie seulement à la population. L’Afrique du Sud a dépensé 1,2 milliards d’euros pour construire et rénover ses stades. La Fifa avait demandé deux stades de 70 000 places et un de 94 000.  Aujourd’hui, ces « éléphants blancs » ne sont jamais remplis. Souvent vides même. Les craintes de voir la même chose se produire au Brésil sont grandes : Manaus aura son stade de 44 000 places pour accueillir 4 matchs du Mondial 2014. Ensuite ? Ce sera du ressort des équipes locales de remplir cet « éléphant blanc » brésilien. Autant dire : mission impossible pour cette ville amazonienne du nord-ouest du pays.

Photo : Deputado Estudal Marcelo Freixo PSOL-RJ.flickr.cc
Photo : Deputado Estudal Marcelo Freixo PSOL-RJ.flickr.cc

Organisation à but non lucrative, la Fifa est pourtant très lucrative

L’ingérence dans la politique des pays est également un grief retenu contre cette organisation mondiale privée chargée de réguler le football et d’organiser les compétitions mondiales. Elle fait fi des lois du pays pour imposer ses règles afin de choyer ses sponsors officiels. Pas de cadeau en 2010 en Afrique du Sud lorsque des hollandaises ont tenté de faire la publicité d’une autre marque de bière que celle du sponsor officiel dans l’enceinte du stade. Au Brésil, il est interdit de boire de l’alcool dans l’enceinte des stades. Qu’importe : la Fifa a triomphé de la loi, lorsque le parlement brésilien a adopté en mars 2012 le projet d’organisation de la Coupe du Monde et a autorisé la vente de bière dans les stades. Le pays hôte suspend sa loi, le temps de la compétition et les supporters pourront siroter leur bière Budweiser assis dans les stades de football.

C’est également la Fifa qui décide du prix des places, des commerces aux alentours des stades et qui achète de nombreux termes, inutilisables ensuite sous peine de condamnation. Une certaine arrogance  a également mis le feu aux poudres au Brésil. Jérôme Valcke, bras droit de Joseph Blatter, invite au début de l’année 2012, le Brésil « à se mettre un coup du pied aux fesses » concernant les travaux des infrastructures destinées à accueillir le Mondial 2014. Un tollé pour la presse et les hommes politiques brésiliens. Il aura fallu une lettre d’excuse du secrétaire général de la Fifa et une rencontre entre Dilma Rousseff – la présidente du Brésil – et Joseph Blatter – le président de la Fifa – pour apaiser les tensions.

Organisation à but non lucrative, la Fifa est pourtant très lucrative. Tandis que les pertes de l’Afrique du Sud, à l’issue du Mondial 2010, ont été importantes (2,1 milliards d’euros), les gains pour la Fifa ont été à la hauteur. Sa santé financière est au top (elle annonce 89 millions d’euros de bénéfices en 2012 et un fond de réserve de 1,378 milliards de dollars). L’organisation basée en Suisse n’est pas comme le Brésil : elle ne connaît pas la crise.

Coupe du Monde au Brésil : les villes

Dans un an jour pour jour, le monde vivra au rythme du Brésil et du ballon rond. La liste des stades, pour commencer.

Les tribunes de supporters brésiliens. Photo : sophie_pr.flickr.cc
Les tribunes de supporters brésiliens.
Photo : sophie_pr.flickr.cc

C’est seulement la deuxième Coupe du Monde que le Brésil accueille. Étonnant pour un pays dans lequel le football est considéré presque comme une religion. Désigné le 30 octobre 2007 comme hôte de la Coupe du Monde 2014, le Brésil s’attèle depuis a construire de nouveaux stades ou à en rénover de nombreux.


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France-Espagne : un coup à faire?


Les Bleus abordent ce match de qualification pour la Coupe du Monde 2014 dans la meilleure posture qui soit : en tête du groupe, deux points devant l’Espagne, à domicile et dans une bonne dynamique, retrouvée. La Roja, championne du Monde et double championne d’Europe, a tremblé contre la Géorgie et fait match nul contre la Finlande, chez elle. La presse ibérique critique et s’inquiète. C’est le moment pour les Bleus (d’essayer) de faire un coup.

Match Espagne-France, aller des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.
Match Espagne-France, aller des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.

Les Bleus : les raisons d’y croire

Un 1 partout arraché en Espagne lors du match aller et une excellente dynamique de victoires sur laquelle reste l’équipe de France : les Bleus de Deschamps montrent de bonnes choses dans le jeu depuis quelques matchs. Mieux tactiquement, capable de presser, l’équipe de France a retrouvé des couleurs. Ribéry affiche un très bon niveau; Valbuena – certainement le meilleur joueur- est décisif; Matuidi est indiscutable au milieu de terrain; pour ne citer qu’eux. Des jeunes joueurs, en vue dans leur club, ont intégré l’effectif et leur performance contre la Géorgie est prometteuse : Varanne en défense et Pogba au milieu.
Si Deschamps a encore quelques cas à régler (trouver la bonne charnière en défense centrale et la solution la plus efficace en attaque), il a en revanche insufflé à cette équipe une force mentale dont il a le secret, avec, comme mot d’ordre, son pragmatisme légendaire. Plus forte dans la tête, meilleure dans le jeu, l’équipe de France n’a jamais été aussi capable de faire un résultat contre ce géant mondial. Nul doute que Deschamps saura jouer, dans sa mise en place, avec les faiblesses espagnoles du moment.

L’ambiguïté espagnole

87 % : c’est le pourcentage de possession de balle de l’Espagne à un moment du match contre la Finlande. Dominer n’est donc pas gagner. La Roja n’a pas pu faire mieux qu’un match nul, concédant un but en fin de match. Une période de doute pour l’équipe d’Espagne, très critiquée par le public et les médias : le jeu « à la barcelonaise » fait de très nombreuses passes, n’est plus aussi efficace qu’avant. Les adversaires connaissent la tactique et présentent parfois des solutions pour la contrer, alors que l’équipe de Vincente del Bosque ne s’est pas montrée en mesure, jusqu’à présent, de proposer un autre système de jeu pour se sortir d’une situation compliquée. Piqué et Ramos, joueurs emblématiques de la Roja, ont fait leur mea-culpa après le match contre la Finlande. Preuve que le faux-pas finlandais a ébranlé la confiance espagnole.
N’en reste pas moins la force de l’une des plus grandes équipes de l’histoire : la sélection espagnole ressemble à une « bête blessée » qui aura à cœur de retrouver ses esprits, affirmer sa domination et reprendre la première place du groupe. D’autant qu’elle retrouve au milieu deux joueurs essentiels de retour de blessure – Xavi Alonso et Xavi Hernandez – et un attaquant de grande classe, David Villa. Une Espagne loin d’être sereine ce soir au Stade de France, mais toujours capable de triompher avec classe.