Archives par mot-clé : Espagne

Coupe du Monde / Espagne-Pays-Bas : la revue de presse

Les sportifs qui se plaignent de la presse française feraient bien de jeter un œil aux journaux hors de nos frontières. La Manita infligée par les Pays-Bas aux Espagnols a fait la Une des nombreux quotidiens ibériques. Revue de presse. Sans ménagement.

La Une du Mundo Deportivo
La Une du Mundo Deportivo

« Vendredi 13 – La Roja a reçu une claque de la Hollande, qui s’est vengée de l’Afrique du Sud / Récital de Robben et Van Persie et l’Espagne devra gagner contre le Chili et l’Australie »

La Une de AS
La Une de AS

« Désastre total – Van Persie et Robben ont détruit la défense espagnole »

La Une de Marca
La Une de Marca

« Arrêtez ça »

La Une de La Razon
La Une de La Razon

« Le champion du monde dépassé par les Pays-Bas – L’Espagne loin de ses cages »

Debrief : demi-finales aller de Ligue des Champions

Il a suffi de deux matches. Deux matches pour remettre en cause la suprématie espagnole des dernières années. Et ce sont les Allemands qui se sont chargés de la stopper. Tout un symbole pour un pays qui a été attendu au tournant, et qui a déçu, chaque saison comme le seul capable de rivaliser avec les joueurs espagnols, que ce soit en club ou en sélection nationale. Après plusieurs années d’échecs, ils tiennent enfin leur victoire. Les raclées infligées par le Bayern Munich et le Borussia Dortmund respectivement au FC Barcelone et au Real Madrid en demi-finales aller de Ligue des Champions risquent de faire date dans l’histoire du foot.

587332_le-ballon-de-la-ligue-des-champions-et-les-maillots-des-quatre-equipes-demi-finalistes-le-bayern-le-real-le-barca-et-dortmund

Bayern Munich – FC Barcelone

Les supporters barcelonais n’en reviennent toujours pas. Mardi soir, ils ont vécu une véritable humiliation sur la pelouse de l’Allianz Arena. 4-0 : un score lourd mais somme toute logique. Pour trouver un score aussi lourd infligé au Barça en Ligue des Champions, il faut remonter en 1997. Une défaite cuisante sur sa pelouse 0-4 face au Dinamo Kiev. Le bourreau d’alors s’appelait à l’époque Andreï Chevtchenko avec trois buts à la clé. Cette fois-ci, c’est l’Allemand Müller qui s’est chargé de la sentence. Avec deux buts inscrits et une passe décisive, c’est lui qui a assené le couperet sur une défense espagnole aux abois. Souvent sous-estimé à la mesure de son talent, Müller a rangé tous les pessimistes dans son camp avec ce match de Ligue des Champions. Et que dire de Robben ? Moribond en début de saison, annoncé sur le départ, l’ailier néerlandais a profité de la blessure de Toni Kroos pour tirer son épingle du jeu. Virevoltant et altruiste sur le plan offensif, il a aussi su défendre dans son propre camp comme un mort de faim. A l’image de toute l’équipe au final. Le Bayern a été au-dessus de ses adversaires dans tous les compartiments du jeu : solide en défense, avec notamment un Dante impérial, les attaques bavaroises ont brillé de leur fulgurance et de leur efficacité. En face, le Barça, à l’image d’un Messi amoindri, a fait pâle figure. Ils n’ont jamais réussi à trouver la faille dans la défense espagnole. En titularisant Léo Messi, Vilanova prenait un risque. L’Argentin a été l’ombre de lui-même sur la pelouse de l’Allianz Arena. Il n’a jamais été trouvé dans la surface de réparation adverse et n’a pas réussi à faire la différence. Le milieu catalan quant à lui s’est fait dominé par la paire Martinez-Schweinsteiger. Et la défense faite de bric et de broc à pris l’eau face aux multiples assauts munichois. Mais le véritable problème est bien plus profond. Les Barcelonais n’ont pas de plan alternatif en cas de méforme de Léo Messi. Mardi soir, ils se sont bêtement entêtés à appliquer ce schéma tactique. Grave erreur ! Il aurait sans doute mieux fallu titulariser un David Villa, un véritable 9 de formation, à 100 % de ses capacités plutôt qu’un Messi, tout Messi qu’il est, qui n’est pas en pleine possession de ses moyens, surtout face à une équipe comme le Bayern !

Borussia Dortmund – Real Madrid

C’était le grand test pour le Borussia Dortmund, une équipe capable du meilleur comme du pire dans les grands rendez-vous européens. On se rappelle encore de la victoire miraculeuse de l’Olympique de Marseille en Ligue des Champions l’année dernière. Cette fois-ci, les Allemands ont répondu présent. Avec une victoire 4-1 sur sa pelouse face au Real Madrid, les joueurs du Borussia se sont enfin affirmé au niveau européen. Et après ce match, les aficionados de football n’ont plus qu’un seul nom à la bouche : Lewandowski. L’attaquant polonais, pisté par le Bayern Munich ou encore Manchester United, a inscrit 4 buts à l’équipe madrilène ! 4 buts ! Du jamais vu dans l’histoire du Real en Ligue des Champions : aucun joueur n’avait marqué trois buts face au Real, alors avec quatre buts, l’attaquant longiligne de Dortmund a mis la barre très haute. Hier soir, il a montré toute l’étendue de son talent : du bout du pied, de la tête, frappe en force… Lewandowski sait tout faire dans une surface de séparation. Et ses coéquipiers ne sont pas en reste : Götze, transféré à l’ennemi munichois en fin de saison, et Reus ont fait vivre un calvaire à la défense madrilène par leurs percées incessantes. Une défense madrilène qui a explosé, à l’image de son équipe. Le Real est l’illustration parfaite qu’une constellation de joueurs ne suffit pas à constituer une équipe cohérente. Alors que le Real s’est hissé à ce stade de la compétition à coups d’éclats d’individualités comme Ronaldo, Modric ou Ozil, l’équipe madrilène n’a pas réussi à réitérer ces exploits face à une équipe allemande au rendez-vous. Face à Lewandowski, la charnière centrale Pepe-Varane a vécu un terrible supplice : débordés de tous les côtés, les deux défenseurs ont commis quelques interventions plus que limites. Preuve que le défenseur français a encore du pain sur la planche avant de se frotter au gratin européen.

8-1 : c’est le « score final » de cette double confrontation germano-espagnole aller de Ligue des Champions. De quoi augurer une finale 100 % allemande ? Il n’y a qu’un pas. A moins que le petit but à l’extérieur du Real fasse toute la différence…

France-Espagne : un coup à faire?


Les Bleus abordent ce match de qualification pour la Coupe du Monde 2014 dans la meilleure posture qui soit : en tête du groupe, deux points devant l’Espagne, à domicile et dans une bonne dynamique, retrouvée. La Roja, championne du Monde et double championne d’Europe, a tremblé contre la Géorgie et fait match nul contre la Finlande, chez elle. La presse ibérique critique et s’inquiète. C’est le moment pour les Bleus (d’essayer) de faire un coup.

Match Espagne-France, aller des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.
Match Espagne-France, aller des qualifications pour la Coupe du Monde 2014.

Les Bleus : les raisons d’y croire

Un 1 partout arraché en Espagne lors du match aller et une excellente dynamique de victoires sur laquelle reste l’équipe de France : les Bleus de Deschamps montrent de bonnes choses dans le jeu depuis quelques matchs. Mieux tactiquement, capable de presser, l’équipe de France a retrouvé des couleurs. Ribéry affiche un très bon niveau; Valbuena – certainement le meilleur joueur- est décisif; Matuidi est indiscutable au milieu de terrain; pour ne citer qu’eux. Des jeunes joueurs, en vue dans leur club, ont intégré l’effectif et leur performance contre la Géorgie est prometteuse : Varanne en défense et Pogba au milieu.
Si Deschamps a encore quelques cas à régler (trouver la bonne charnière en défense centrale et la solution la plus efficace en attaque), il a en revanche insufflé à cette équipe une force mentale dont il a le secret, avec, comme mot d’ordre, son pragmatisme légendaire. Plus forte dans la tête, meilleure dans le jeu, l’équipe de France n’a jamais été aussi capable de faire un résultat contre ce géant mondial. Nul doute que Deschamps saura jouer, dans sa mise en place, avec les faiblesses espagnoles du moment.

L’ambiguïté espagnole

87 % : c’est le pourcentage de possession de balle de l’Espagne à un moment du match contre la Finlande. Dominer n’est donc pas gagner. La Roja n’a pas pu faire mieux qu’un match nul, concédant un but en fin de match. Une période de doute pour l’équipe d’Espagne, très critiquée par le public et les médias : le jeu « à la barcelonaise » fait de très nombreuses passes, n’est plus aussi efficace qu’avant. Les adversaires connaissent la tactique et présentent parfois des solutions pour la contrer, alors que l’équipe de Vincente del Bosque ne s’est pas montrée en mesure, jusqu’à présent, de proposer un autre système de jeu pour se sortir d’une situation compliquée. Piqué et Ramos, joueurs emblématiques de la Roja, ont fait leur mea-culpa après le match contre la Finlande. Preuve que le faux-pas finlandais a ébranlé la confiance espagnole.
N’en reste pas moins la force de l’une des plus grandes équipes de l’histoire : la sélection espagnole ressemble à une « bête blessée » qui aura à cœur de retrouver ses esprits, affirmer sa domination et reprendre la première place du groupe. D’autant qu’elle retrouve au milieu deux joueurs essentiels de retour de blessure – Xavi Alonso et Xavi Hernandez – et un attaquant de grande classe, David Villa. Une Espagne loin d’être sereine ce soir au Stade de France, mais toujours capable de triompher avec classe.

Le debrief de France-Géorgie

Deschamps l’avait dit. Avant d’affronter l’ogre espagnol mardi, il fallait passer l’écueil géorgien. La fameuse ritournelle de « prendre les matches les uns après les autres » en gros. Fameuse rengaine des footballeurs tant décriée, elle prend toutefois tout son sens lors de ces deux matches de qualifications pour la Coupe du Monde 2014. Car au-delà de remporter cette première confrontation quelque peu déséquilibrée, il s’agissait avant tout de se mettre dans les meilleures dispositions possibles pour le choc de mardi soir : une déconvenue vendredi soir aurait sérieusement compromis les chances d’une équipe française qui est avant en recherche de repères et de certitudes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec leur victoire 3-1 hier soir face à la Géorgie, les hommes de Didier Deschamps ont réalisé une prestation encourageante avant d’affronter la Roja. Petite revue des enseignements du match face à la Géorgie.

Les néo-sélectionnés Pogba et Varane répondent présents

Les deux nouvelles coqueluches du football français. Le premier est comparé à Patrick Vieira, le deuxième à Laurent Blanc. Objets de nombreux dithyrambes depuis plusieurs mois, les deux joueurs français ont enfin pu goûter aux joies de la sélection nationale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont répondu présent.

Paul Pogba a démontré toute l’étendue de son talent : récupérations de balles, relances et frappes de balles… Le joueur de la Juventus présente un profil rare pour un milieu défensif français, à savoir un joueur de défendre tout en contribuant à la construction du jeu. Très à l’aise face à la Géorgie, le milieu semble être un alternative intéressante aux Cabaye et Matuidi.

Raphaël Varane surfe également sur sa période d’euphorie avec le Real Madrid. Pour sa première sélection, le madrilène a formé avec Mamadou Sakho une charnière centrale complémentaire face à une opposition géorgienne qui a été certes bien faible. Propre dans ses interventions et ses relances, il se présente comme un sérieux candidat pour un titulaire chez les Bleus.

Valbuena, le taulier des Bleus

L’ovation du Stade de France est tout symbolique. Tant décriée depuis plusieurs années, notamment pour ces plongeons incessants, Valbuena fait désormais l’unanimité. Vendredi soir, le marseillais a tout simplement été l’homme du match. Auteur d’un match plein, avec un but et deux passes décisives (dont une passe lumineuse sur le but de Franck Ribéry), Mathieu Valbuena apparaît de plus en plus comme un taulier de l’équipe. Didier Deschamps peut difficilement se passer de ce joueur toujours aussi régulier dans ses prestations et capable de provoquer en un contre un. Souvent montré du doigt lors de matches importants avec l’Olympique de Marseille, il sera assurément l’un des joueurs à surveiller mardi soir face à l’Espagne.

Un Benzema en pleine tourmente…

L’attaquant vedette de l’équipe de France connaît une période plus que délicate avec les Bleus : son dernier but remonte au 5 juin (soit 929 minutes sans avoir inscrit un but), aucun de ses 46 derniers tirs n’a fait mouche. Les statistiques sont sans équivoque : Karim Benzema n’arrive plus à marquer Equipe de France.

Attaquant complet, doué d’une intelligence rare sur le terrain, le français est néanmoins loin de l’archétype du renard des surfaces tels que Trezeguet, van Nistelrooy ou encore Inzaghi. Lui-même le revendique, il fait marquer ses coéquipiers. Le problème, c’est que depuis quelques matches sous la tunique tricolore, le joueur du Real Madrid n’arrive ni à marquer ni à faire marquer. Déjà en délicatesse avec l’équipe madrilène, où Higuain lui est souvent préféré cette saison, Benzema enchaîne les prestations en demi-teinte avec Didier Deschamps. Dans un dispositif à une seule pointe en attaque, Benzema délaisse trop souvent les surfaces adverses et redescend jusqu’au milieu de terrain, laissant un vide immense là où il devrait faire la différence.

Nous rappelant au mauvais d’un certain Anelka, Deschamps a donc décidé hier soir, pour conjurer le mauvais sort, de l’associer au londonien Olivier Giroud. Sur le papier, l’association peut faire des dégâts : la complémentarité entre un Giroud, adroit de la tête et bon remiseur, et un Benzema rapide et surtout libre de redescendre, peut laisser présager un avenir optimiste aux supporters français. Une association « sur mesure » pour son type de jeu. Mais là encore, Benzema a déçu vendredi soir. Trop souvent brouillon, il a encore brillé par son inefficacité et ses frappes stériles. Et là où le madrilène pèche, Olivier Giroud offre une prestation convaincante et prometteuse avec notamment l’ouverture du score d’une tête rageuse en fin de première période.

Alors que Didier Deschamps semble privilégier un seul attaquant à la pointe de l’attaque face à l’Espagne, le sélectionneur va être face à un dilemme. Giroud ou Benzema ? La forme du moment serait de voir l’ancien attaquant de Montpellier titulaire. Mais Deschamps aura-t-il le cran de mettre la vedette des Bleus sur le banc ? Pas si sûr… D’autant plus que les Français vont sans doute adopter la technique de la contre-attaque mardi et qu’ils auront donc besoin d’un joueur rapide et vif. Ce match face à la Géorgie a en tout cas immiscé le doute dans la tête du sélectionneur français…

Une génération en or

Rome ne s’est pas faite en un jour… La victoire de la Roja non plus. Des jeunes qui ont tout gagné, un système de jeu testé au Barça depuis Cruyff jusqu’à Guardiola. Retour sur une victoire bien construite.

Iker Casillas. Photo : Alfonso Jimenez.flickr.cc
Iker Casillas. Photo : Alfonso Jimenez.flickr.cc

De sacrés jeunes

3 des 23 champions du monde espagnols ont soulevé le trophée mondial des moins de 20 ans en 1999 au Nigéria : Xavi, Casillas et Carlos Marchena.
L’expérience en compétitions européennes et internationales de jeunes est immense : Fabregas est l’un des meilleurs buteurs de la compétition lors de la coupe du monde des moins de 17 ans en 2003, élu meilleur joueur de ce tournoi, Iniesta est finaliste de la Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2003 aux Emirats Arabes Unis, Villa est finaliste lors du championnat d’Europe des moins de 17 ans en 2003, Piqué est finaliste du championnat d’Europe des moins de 17 ans en 2004…

Une pensée de jeu

La Roja s’appuie sur une pensée de jeu, héritée de la grande équipe des Pays-Bas 74. Cruyff a marqué le FC Barcelone de son empreinte tactique et technique. Guardiola en est le fils spirituel sur le banc du club catalan. 7 joueurs sur 23 sont à Barcelone, dont les pièces maîtresses du milieu de terrain Xavi-Iniesta et de la défense centrale Puyol-Piqué. Pedro et Busquets ont également apporté leur talent lors du tournoi.

Une bande de potes

Ils se connaissent depuis gamins et jouent parfois ensemble pendant l’année. Lors des séances d’entraînement, la complicité entre eux était palpable. Les équipes solidaires et collectives – même moyennes – ont réalisé de belles choses pendant la Coupe du Monde. Alors quand en plus, le collectif solide est pétri de talent….

Les joueurs espagnols célébrant la victoire du championnat d'europe 2008. Photo : cabezadeturco.flickr.cc
Les joueurs espagnols célébrant la victoire du championnat d’europe 2008. Photo : cabezadeturco.flickr.cc

La victoire de 2008

Le titre de Champion d’Europe en 2008 a débloqué les espagnols : il leur était possible de remporter un tournoi majeur sans trébucher, avec la manière et l’efficacité. 15 des 23 sont champions d’Europe. Rien de tel qu’une victoire pour fonder solidement un groupe.

La relève

11 joueurs sur 23 ont moins de 25 ans. Et ils sont à bonne école pour progresser : Raúl Albiol, Gerard Piqué, Sergio Ramos, Cesc Fàbregas, Juan Mata, Sergio Busquets, Javi Martínez, David Silva, Pedro, Fernando Llorente, Jesús Navas. Pour ne rien gâcher, ils jouent dans des grands clubs. Pas besoin d’être devin ou Paul Le Poulpe pour savoir que la Roja a encore de nombreux titres devant elle.