Archives par mot-clé : FIFA

Dans la hotte du Père Noël

Noël, dans moins d’une semaine et toujours pas de cadeau pour chéri, papa, frangin ou cousin, fan de foot ? Pas de panique, Coups de tête a la solution.

1 – Le maillot de foot.

Pas n’importe lequel, celui du Barça. Parce que cette équipe là restera dans l’histoire et parce que le logo UNICEF va certainement disparaître au profit d’un sponsor qatari, ce maillot catalan doit impérativement trouver sa place dans la penderie d’un fan de foot. D’ici quelques années, il sera collector.
Chez Made in Sport – 75 euros. Existe en junior.

2 – Le jeu vidéo.

PES ou FIFA. Il faudra trancher entre ces deux écoles. Renseignez-vous discrètement quand même, histoire de ne pas commettre d’impair : les deux simulations de football sont de très grandes qualités, mais chacune a ses fans. Il semblerait tout de même que FIFA soit un brin supérieur cette année.
PES 2011 – Chez Game – 66,49 euros sur X BOX 360, Playstation 3 / 44,99 euros sur PC / 28,49 euros sur PC.
FIFA 2011 – Chez Game – 66, 49 euros sur X BOX 360 / 47,49 euros sur PC / 37,99 euros sur Wii.

3 – L’abonnement à So Foot.

Impertinent, intelligent et inclassable : So Foot, où comment le ballon rond n’est pas qu’un sport de décérébrés. Interviews sans tabous, portraits cinglants, reportages au bout du monde, quand le foot est un pretexte pour décrire la société : si on osait, on dirait que So Foot rend moins bête.
Abonnement d’un an : 29 euros – Plusieurs formules d’abonnement possibles sur le site www.sofoot.com.

4 – Le livre drôle.

Brèves de Football : histoire de (sou)rire des mots de joueurs, d’entraîneurs, de journalistes et de spécialistes. Une espèce de « brèves de comptoir » appliquées au ballon rond, écrit par un journaliste sportif et politique. Ce n’est pas cher et ça peut faire bien plaisir.
Brèves de football – Par Renaud Dély – François Bourin Editeur – 10 euros.

5 – Le livre sérieux.

Dans la veine des « livres noirs de… », Vincent Duluc, journaliste à l’Equipe, spécialiste de l’Equie de France, a sorti en septembre dernier, « le livre noir des Bleus ». Il s’est donné trois mois pour analyser le catastrophique épisode de Knysna et égratigner certaines icônes. Documenté et sérieux, l’ouvrage est celui qu’il faut lire pour comprendre puis tourner la page, histoire de commencer l’année 2011 sur de bons rails.
Le livre noir des Bleus, Vincent Duluc, Robert Laffont, 19 euros.

Coupes du Monde : la long story / les années 80

Pas de surprise lors des Coupes du Monde 1982 et 1986 : des valeurs sûres du football mondial remportent les trophées. L’Italie emmenée par son buteur inarrêtable Paolo Rossi et l’Argentine du phénomènal Maradona ravissent les titres à des adversaires de qualité : le Brésil de Zico et Socrates ou la RFA entraînée par le Kaiser Beckenbaueur.


Espagne 1982 : l’Italie frappe encore (13 juin- 11 juillet 1982)

Equipes présentes : Italie, RFA, Angleterre, Espagne, Pologne, Belgique, France, Union Soviétique, Hongrie, Ecosse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Autriche, Irlande du Nord pour l’Europe – Argentine, Brésil, Honduras, Pérou, Chili, Salvador pour l’Amérique du sud – Algérie, Cameroun, Koweït pour l’Afrique et Nouvelle-Zélande pour la zone Asie-Océanie.

L’Espagne post-franquiste accueille cette 12ème édition regardée par plus d’un milliard de personnes et qui est le premier événement sportif diffusé sur les cinq continents. Malgré les précautions de la FIFA, décidée à ne pas laisser une polémique entachée la compétition comme lors du match Argentine-Pérou, ce Mondial sera l’objet de nombreuses discussions : de forts soupçons d’arrangements planent sur le match Autriche-RFA. Pour se qualifier, au dépend de l’Algérie, les deux sélections se seraient mises d’accord pour un « non match » et auraient offert aux spectateurs plus d’une heure de « passe à 10 ».
Le reste de la compétition est âpre et passionnante, à l’image de l’une des rencontres les plus célèbres de l’histoire : RFA – France à Séville le 8 juillet. Les allemands remportent le match aux tirs aux buts. La faute grossière et dangereuse du gardien Harald Schumacher sur le joueur français Patrick Battiston, non- sanctionnée est restée célèbre. L’équipe de France, emmenée par des joueurs de talent comme Michel Plantini, Alain Giresse, Jean Tigana ou encore Marius Trésor et dirigée par Michel Hidalgo, ne parvient certes pas à se qualifier mais laisse entrevoir de belles choses pour son avenir.
En finale, l’Allemagne affronte l’Italie. La Squadra Azzura termine mieux la compétition qu’elle ne l’a commencée, grâce à son buteur Paolo Rossi, auteur d’un triplé contre le Brésil, d’un doublé contre la Pologne et d’un but en finale. L’Italie bat l’Allemagne. Dino Zoff devient le plus vieux joueur et capitaine à soulever le trophée. Malgré une attaque de rêve – Zico, Socrates et Eder – la folie brésilienne n’est pas parvenue à mettre à mal l’efficacité italienne, ni à contenir le meilleur buteur et joueur du tournoi Poalo Rossi. L’Italie rejoint le Brésil au nombre de victoires en coupe du monde.


Mexique 1986 : Vers un second sacre argentin (31 mai – 29 juin 1986)

Equipes présentes : Italie, Bulgarie, Belgique, Danemark, Union Soviétique, France, Hongrie, Espagne, Irlande du Nord, Allemagne de l’Ouest, Ecosse, Angleterre, Pologne, Portugal, Argentine, Mexique, Paraguay, Brésil, Uruguay, Maroc, l’Algérie, Corée du Sud, Irak et Canada.

La FIFA attribue l’organisation du tournoi à la Colombie. Mais le pays ne peut assurer financièrement sa préparation. C’est alors au voisin mexicain, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, qu’est confié le déroulement du Mondial 1986. Malgré le tremblement de terre de 1985 qui a frappé le pays, la Coupe du Monde est de retour sur les Terres Mayas. Placé sous le signe de la Paix, le Mondial est surnommé « Football for Peace » en hommage à l’année 1986, « The Year of Peace ».
La FIFA a changé le déroulement de la compétition : les 24 équipes sont réparties en 6 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient pour les huitièmes de finale, ainsi que les 4 meilleurs 3ème.
Le Danemark et la Belgique réalisent une bonne performance. Les danois terminent premiers de leur poule et offrent du bon jeu. Ils s’inclinent contre l’Espagne en huitième de finale. Les Belges se qualifient de justesse pour les huitièmes et parviennent à se hisser en demi-finale à Mexico en battant l’Union Soviétique, dont le jeu avait pourtant ébloui les observateurs. Les Diables Rouges, stoppés par la magnifique équipe argentine de Diego Maradona, réalisent tout de même leur meilleure performance dans un mondial.
La prestation de la France est remarquée : le Mondial de 1982 était prometteur, les Bleus ont ensuite remporté l’Euro de 1984. Les joueurs d’Henri Michel ne parviennent pourtant pas à se hisser en finale. Le début de tournoi est timide, mais les Bleus montent en puissance à partir des huitièmes de finale : ils battent l’Italie (2-0), puis le Brésil en quart aux tirs au buts à Guadalajara. S’en suit un air de déjà vu lors de la demi-finale des Bleus contre la RFA. Les allemands, entraînés par Franz Beckenbauer, se jouent cette fois encore de l’équipe de France et poursuivent leur route vers la finale où ils retrouvent l’Argentine de Maradona. Le numéro 10 au caractère de feu s’impose comme le joueur indispensable de la sélection nationale et, à l’issue de ce Mondial, comme le meilleur joueur de la planète. L’Argentine enflamme la compétition, autant par son beau jeu que par ses polémiques. Ainsi, le match mythique contre l’Angleterre en quart de finale est le reflet des deux visages du numéro 10 argentin, capable du meilleur – le plus beau but de l’histoire – et du pire – la « main de Dieu » qui reste dans la légende comme un geste mystique pour certains et une triche énorme pour d’autres. L’Argentine est quasi-intouchable grâce à son meneur de jeu que rien ne semble pouvoir arrêter. Maradona marque les deux buts contre la Belgique en demi-finale et qualifie à lui seul l’Argentine qui remporte la finale en 3-2 face à la RFA.

Coupes du Monde : la long story / les années 50

Après 12 ans d’absence dus à la Seconde Guerre Mondiale, la Coupe du Monde retrouve le continent sud-américain, terre de football. Comme un recommencement, les uruguayens s’emparent du trophée, la RFA s’impose en vainqueur-surprise et le monde entier voit éclore un Brésil de légende.

Varela, Schiaffino et Ghiggia célèbrent la victoire de l\’Uruguay.

Brésil 1950 : le retour gagnant de l’Uruguay (24 juin – 16 juillet 1950)

Equipes présentes : Brésil, Chili, Bolivie, Uruguay, Paraguay, Italie, Angleterre, Suisse, Espagne, Suède, Yougoslavie, Etats-Unis, Mexique.

La Coupe du Monde, de retour après 12 années d’absence, retrouve le continent Sud-américain. Le Brésil, terre de football, espère conquérir le précieux trophée sur ses terres. L’Angleterre accepte enfin de participer, mais elle va subir un revers humiliant, en se faisant battre par les Etats-Unis puis par l’Espagne. L’Inde, invitée par la FIFA et la Fédération Brésilienne décline l’invitation, car il n’est pas possible de jouer pieds-nus.
Le déroulement de la compétition est atypique : 13 équipes réparties en 4 groupes s’affrontent. Les premiers de chaque poule se rencontrent pour un mini-championnat. L’Italie, malmenée par la Suède, ne défendra pas son titre. Aucune finale n’est donc prévue lors de cette édition, mais un match y ressemble entre le Brésil et l’Uruguay. La Seleção et ses magiciens doivent obtenir le match nul contre l’ennemi voisin uruguayen.
Dans le plus grand stade du monde, le Maracanã bâti pour l’occasion, le Brésil laisse échapper un titre qui lui était pourtant promis. Les 174 000 supporters brésiliens présents et la nation toute entière sont dépités. En effet, malgré une équipe brésilienne déchaînée devant un public bouillant, la Céleste remporte le titre suprême. Seconde participation à une Coupe du Monde, second trophée : le football uruguayen connaît son heure de gloire.


Suisse 1954 : Das Wunder von Bern (16 juin – 4 juillet 1954)

Equipes présentes : Uruguay, Mexique, Brésil, Autriche, Belgique, Tchécoslovaquie, Angleterre, France, Hongrie, Italie, Ecosse, Suisse, Turquie, RFA, Yougoslavie, Corée.

Ce rendez-vous du football mondial atteint les sommets… suisses ! Bâle, Berne, Lausanne, Zurich et Genève accueillent les 16 équipes qualifiées pour les phases finales.
La sélection hongroise, surnommée le Onze d’Or, rejoint la finale après un quart dont le fair-play ne reste pas dans les annales de l’histoire du sport. Brésiliens et Hongrois s’y disputent âprement la victoire. Le score tourne à l’avantage des Magyars malgré l’agressivité de la Seleção. Des affrontements ont lieu dans les vestiaires entre joueurs et encadrements. En demi-finale, au terme des prolongations, la Hongrie s’impose contre l’Uruguay pour rejoindre la RFA en finale à Berne (stade de Wankdorf) le 4 juillet 1954. Affaiblie après les années de guerre, l’Allemagne – contre toute attente – tient tête à la sélection hongroise, invaincue depuis 4 ans et à qui rien n’avait résisté… Après 8 minutes de match, le Onze d’Or mène deux buts à rien, mais la ténacité des allemands porte ses fruits et la chance s’en mêle : les magyars frappent sur les poteaux tandis que le gardien Gyula Grosics laisse échapper le ballon dans son but sur la pelouse mouillée. Considéré comme le responsable principal de la finale perdue, il est écarté de la sélection nationale pour deux ans. L’Allemagne inscrit pour le 1ère fois son nom au palmarès d’un Mondial marqué par un record de buts, encore en vigueur aujourd’hui : 140 réalisations en 26 rencontres soit 5,38 buts par matchs.
Le parcours étonnant de la RFA est relaté dans le film Le miracle de Berne (Das Wunder von Bern, 2003), un succès au box-office allemand.

Pelé à la Coupe du Monde 1958

Suède 1958 : les Brésiliens enflamment l’Europe (8 – 29 juin 1958)

Equipes présentes : Mexique, Brésil, Argentine, Paraguay, Suède, France, RFA, Autriche, Yougoslavie, Union Soviétique, Hongrie, Tchécoslovaquie, Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande du Nord.

C’est sur le continent européen qu’est organisé le Mondial, pour la deuxième fois consécutive. La Suède accueille une édition qui restera dans l’Histoire : comme la seule pour laquelle l’Italie ne s’est pas qualifiée, comme celle du record de buts pour un soulier d’or – Just Fontaine, 13 buts – qui tient encore aujourd’hui, comme celle à laquelle ont participé les 4 équipes de la Grande-Bretagne et comme celle enfin remportée par une équipe non-européenne… en Europe !
Le Brésil laisse enfin parler son talent lors d’un Mondial, et celui d’un jeune gamin de 17 ans – un certain Pelé, dont la technique et le toucher de balle éblouissent la planète entière. Les matchs sont en effet pour la première fois retransmis sur les télévisions mondiales.
Cette 6ème édition met à l’honneur l’attaque : Raymond Kopa, Just Fontaine et Roger Piantoni forment un trio prometteur à l’aube de la compétition. Mais les Bleus sont stoppés en demi-finale par un Brésil tranchant : 5-2 pour la Seleçao, dont un triplé de Pelé. Les magiciens d’Amérique du sud rencontre en finale la Suède victorieuse en demi-finale du champion du Monde en titre allemand. Lors du match pour la 3ème place opposant la France à l’Allemagne, Just Fontaine marque 4 buts et la France l’emporte.
Le 29 juin, au terme d’une finale à sens unique, le Brésil s’impose 5-2 face au pays organisateur. Pelé marque 2 buts lors du match, 6 sur l’ensemble de la compétition. Une légende est en marche et le Brésil intouchable.

Coupes du Monde : la long story / les années 30

Les plus grands joueurs, le plus de spectateurs, les plus belles rencontres et les plus belles émotions… 80 ans que ça dure, que la planète entière est au rendez-vous tous les 4 ans pour la Coupe du Monde de Football. Des favelas du Brésil aux grandes capitales européennes en passant par les villages d’Afrique, elle passionne, émeut, transcende, fédère. Entre victoires splendides et grandes désillusions, ce rendez-vous international élève, depuis 18 éditions, le football au rang de sport ultra-populaire. Retour sur une long-story palpitante, semée d’exploits, d’anecdotes, de frissons et d’exaltations.

Uruguay 1930 : l’édition de toutes les premières ( 13 – 30 juillet 1930)

Equipes présentes : Argentine, Brésil, Uruguay, Etats-Unis, Belgique, France, Roumanie, Yougoslavie, Bolivie, Chili, Mexique, Paraguay, Pérou.

C’est une question du Trivial Pursuit et on ne perdra pas un camembert là-dessus : non, le Brésil, l’Italie ou l’Allemagne ne sont pas les premiers champions du Monde de l’histoire. L’Uruguay, pays organisateur, entre dans la légende le 30 juillet 1930 en devenant le premier vainqueur de la Coupe du Monde. Le football, soccer ou futebol – c’est selon – prend une dimension mondiale qui ne le quittera plus.
En 1928, la jeune FIFA choisit l’Uruguay pour organiser la compétition : la Céleste domine le football mondial – après sa victoire aux jeux olympiques de 1928 et 1924 – et ce petit pays d’Amérique du Sud fête cette année là le centenaire de son indépendance. Une longue traversée de l’Atlantique attend alors les sélections européennes, réticentes à l’idée d’un voyage fatigant. 4 équipes européennes acceptent l’invitation (pas encore de passage nécessaire par des qualifications) : la Belgique, la France, la Yougoslavie et la Roumanie. Elles rejoignent le Mexique, les Etats-Unis, l’Argentine, le Chili, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay et l’Uruguay. Le tirage au sort à Montevideo en présence des sélections répartit les 13 équipes en 4 groupes (3 de 3 et un de 4).
La France et le Mexique s’affrontent à l’estadio Policitos lors du match d’ouverture, le 13 juillet devant 1 000 spectateurs. Les bleus s’imposent 4-1 et l’ailler français Lucien Laurent (du FC Sochaux Montbéliard) marque le premier but de la compétition. L’attaquant des Bleus André Maschinot, dit « Bouboule » inscrit lui le premier doublé.
L’Argentine, la Yougoslavie, les Etats-Unis et l’Uruguay se qualifient pour les demi-finales. Les 2 équipes d’Amérique du Sud humilient leurs adversaires au stade du Centenario, sur le même score, 6-1.
La finale a lieu le 30 juillet 1930 devant 93 000 spectateurs dans une ambiance électrique, les Argentins ayant à cœur de prendre leur revanche après la défaite contre l’Uruguay en finale du tournoi olympique de 1928. La première période est jouée avec le ballon argentin, la seconde avec le ballon de la Céleste. A la mi-temps, l’Argentine mène 2 buts à 1. L’Uruguay inscrit 3 buts en seconde période et remporte ainsi la première Coupe du Monde de l’histoire.

Italie 1934 : les Azzurri sur le toit du monde (27 mai – 10 juin 1934)

Equipes présentes : Argentine, Brésil, Etats-Unis, Egypte, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Roumanie, Suède, Suisse, Tchéquoslovaquie.

Pour cette deuxième édition, la FIFA confie à l’Italie le soin d’organiser le tournoi. Si les pays d’Amérique du Sud boudent ce rendez-vous planétaire (le Brésil et l’Argentine envoient leur équipe bis, l’Uruguay ne vient pas défendre sa couronne), les candidats sont nombreux à s’inscrire : 32 sélections souhaitent participer. Des phases éliminatoires sont alors prévues pour la première fois (y compris pour le pays organisateur). 16 équipes sont qualifiées pour ce rendez-vous qui débute le 27 mai 1934.
Les sélections rentrent dans le vif du sujet : le tournoi débute directement par les huitièmes de finale. Le Brésil et l’Argentine qui sont éliminés au profit de l’Espagne et de la Suède n’auront fait le déplacement que pour un match. C’est également le cas de la première équipe africaine à participer à une phase finale de Coupe du Monde : l’Egypte est éliminée par la Hongrie. Le pays organisateur se qualifie en battant les Etats-Unis. Autriche (au dépend de la France), Allemagne (en éliminant la Belgique), Suisse (en battant les Pays-Bas) et Tchécoslovaquie (devant la Roumanie) rejoignent les quarts. (déterminants ?)
Au terme de deux matchs d’une rare intensité contre l’Espagne, l’Italie atteint la demie-finale qu’elle remporte contre l’Autriche. La finale oppose le pays organisateur – qui compte dans ses rangs 2 anciens internationaux argentins, acteurs de la finale perdue contre l’Uruguay quatre ans plus tôt, Raimundo Orsi et Luis Monti – à la Tchécoslovaquie à Rome le 10 juin. Les Azzurri s’imposent en toute fin de rencontre grâce à des buts d’Orsi et de Schiavio.
Ce mondial, suivi par 250 journaux à travers le monde et de nombreuses radios qui retransmettent les matchs en direct, constitue un excellent moyen de propagande pour Mussolini, d’autant que l’équipe nationale italienne s’y impose à coup de physique et de réalisme que les observateurs de l’époque qualifièrent de « froid », mais néanmoins d’efficace…

France 1938 : la Squadra Azzura confirme (4 – 19 juin 1938)

Equipes présentes : Brésil, Cuba, Indes orientales, néerlandaises, Italie, France, Norvège, Suède, Roumanie, Suisse, Pays-Bas, Allemagne, Hongrie, Tchéquoslovaquie, Pologne, Belgique, Autriche (qui ne participera finalement pas à la compétition suite à l’Anschluss).

C’est dans un contexte délicat que la troisième édition de la Coupe du Monde a lieu en France : l’Europe est dans la tourmente – entre la guerre civile qui fait rage en Espagne et l’Anschluss (annexion de l’Autriche par l’Allemagne) de l’autre côté du Rhin. Les stades de Colombes, Bordeaux et Marseille subissent des travaux de rénovation pour accueillir les sélections et leurs supporters venus du monde entier. Les nations sud-américaines boudent encore l’Europe. Seul le Brésil fait le déplacement. Pour la première fois, le champion sortant et le pays organisateur sont qualifiés directement (Italie et France).
L’unique pays d’Amérique du Sud présent fait une entrée en fanfare dans la compétition lors d’un huitième de finale contre la Pologne à Strasbourg qui restera l’un des matchs les plus disputés dans l’histoire de la Coupe du Monde : 6-5 pour la Seleção qui impressionne par sa technique et son talent, à l’image du buteur Léônidas da Silva et du le polonais Ernest Wilimowski, chacun auteur d’un quadruplé. Cependant, l’épopée brésilienne est stoppée en demi-finale par l’équipe d’Italie. Tout comme il y a 4 ans, la Squadra Azzura parvient en finale cette fois face à la Hongrie. La sélection de Vittorio Pozzo devient championne du Monde à l’issue d’une finale remportée 4 à 2. L’Italie, première équipe à remporter deux Mondiaux de suite, s’impose comme une nation majeure du football international. Un an plus tard, la guerre éclate en Europe, interrompant la Coupe du Monde de football pour 12 années.