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Coupe du Monde / France-Honduras : une belle rentrée

L’équipe de France a rendu une belle copie pour son premier match dans ce Mondial 2014. 3-0 contre le Honduras : le dernier match remporté en phase finale de Coupe du Monde sur ce score était la finale de 1998. Les joueurs de Deschamps ont livré une belle prestation : appréciations en détail.

Hugo Lloris pendant l'Euro 2012 lors du match contre l'Espagne. Photo : Дмитрий Неймырок - Sim082.wikimedia.cc
Hugo Lloris pendant l’Euro 2012 lors du match contre l’Espagne. Photo : Дмитрий Неймырок – Sim082.wikimedia.cc

Lloris : il s’est probablement ennuyé. Aucun ballon dangereux. Quelques gentilles frappes à stopper, quelques relances à faire – réussies : difficile de le juger sur si peu.

Evra : il a apporté en attaque grâce à ses débordements nombreux et intéressants. Il n’a rien eu à faire en défense. Il s’est quand même pris un carton jaune en première période. Bien utile ?

Débuchy : l’autre latéral a été présent offensivement et défensivement. Sa frappe en fin de match est à l’origine du 3ème but de Benzema.

Sakho : une solidité qui rassure, même s’il  a eu peu à faire, il l’a presque bien fait : quelques relances ratées cependant.

Varane : une boulette qui aurait pu coûter chère et qui a nécessité l’intervention de Lloris. A part ça, sa capacité à anticiper est précieuse : il a eu un temps d’avance sur ses adversaires directs et n’a donc pas eu besoin de s’employer plus que ça.

Cabaye : très discret, mais très utile. Positionné devant la défense, il a joué très bas. Sa capacité à jouer long et précis est un véritable plus.

Matuidi : le milieu à trois poumons a pressé, récupéré et s’est projeté vers l’avant, comme à son habitude. Et comme d’habitude, Matuidi a fait un très bon match. Essentiel au milieu de terrain.

Pogba : du bon et du moins bon. Le bon d’abord : une présence physique et une grande technique qui le font devenir le patron au milieu du terrain. Le moins bon : un geste d’humeur après s’être fait marché dessus qui aurait pu lui valoir un rouge. Pour devenir un grand joueur de ce Mondial, il faudra calmer ses nerfs.

Griezmann : préféré à Giroud en attaque, il n’a pas déçu, loin de là. Le sens du placement, la vivacité, le jeu à une touche de balle (merci la formation espagnole) : il amène en attaque fraîcheur, technique et rapidité. Précieux.

Valbuena : un premier match de Coupe du Monde réussi pour le milieu de l’OM. Il tente, il joue vite, il est vif et il obtient des coups francs bien placés. Il a joué tous les matchs de l’ère Deschamps et ça devrait continuer comme ça.

Benzema : il réalise le premier doublé en Coupe du Monde depuis celui de Zidane en finale contre le Brésil et surtout retrouve confiance, retrouve le chemin des buts et retrouve le sourire sous le maillot des Bleus. Il marque le penalty, fait une superbe reprise de volée sur le second but (inscrit par le gardien hondurien contre son camp) et est l’auteur d’une superbe frappe sur le 3ème. Le Mondial est bien lancé pour lui aussi.

Plus de la moitié des Français suivront la Coupe du monde

64 % des Français ont l’intention de suivre le prochain mondial au Brésil ! KantarSport a dévoilé les résultats de son étude « La Coupe du Monde 2014 à la loupe » réalisée en ligne auprès d’un échantillon de 1 000 personnes de 15 à 65 ans, représentatif de la population française.

Les tribunes de supporters brésiliens. Photo : sophie_pr.flickr.cc
Photo : sophie_pr.flickr.cc

Des Français présents pour la Coupe du monde…

Alors que la Ligue 1 n’a pas encore rendu son verdict, tous les yeux sont déjà tournés vers juin. La Coupe du monde 2014, comme lors de chaque édition, sera scrutée avec attention par plusieurs centaines de millions de personnes aux quatre coins du globe. Et la frénésie semble déjà gagner l’hexagone : 64 % des Français suivront ainsi la prochaine compétition organisée au Brésil. Encourageant pour un pays dont la culture footballistique n’est pas ancrée dans les mœurs !

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… Mais pessimistes sur le parcours des Bleus

Si les Français répondront présents pendant la compétition, ils restent néanmoins réalistes sur le parcours de la sélection tricolore. Seulement 5 % des personnes interrogées pensent que les Bleus atteindront le firmament du football international en remportant la Coupe du monde. Même avec Evra en arrière gauche ?

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La presse concurrencée par internet

Pendant cette compétition, la presse aura fort à faire. Plus de personnes se disent ainsi enclines à suivre la compétition sur internet que via la presse papier. 58 % des individus de 15 à 24 ans interrogés affirment même qu’ils vont suivre le Mondial… sur les réseaux sociaux ! L’Equipe, dont le nombre de tirages dépendra du parcours des Bleus, n’a plus qu’à prier sur une Equipe de France victorieuse…

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Aymeric Laporte, le futur des Bleus en défense ?

Pendant que Varane se révèle aux yeux du grand public du côté du Real Madrid, un autre défenseur central français pointe le bout de son nez en Espagne. Du haut de ses 19 printemps, Aymeric Laporte représente le futur de l’arrière-garde de l’Athletic Bilbao. Et des Bleus aussi, avec lesquels il débute le championnat d’Europe U19 aujourd’hui face à la Géorgie. Portrait d’un des leaders de cette sélection.

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Premier français à jouer à Bilbao depuis Lizarazu

Quinze années se sont écoulées depuis les derniers faits d’armes d’un Français sur la pelouse de San Mames. En l’espace d’une seule saison – 1996-1997 – Bixente Lizarazu avait rallié le public à sa cause avant de s’envoler vers la Bavière et le Bayern Munich. Aujourd’hui, c’est au tour d’un autre Français de s’attirer les faveurs des travées de la Catedral del fútbol. Aymeric Laporte, au cours de la saison dernière, s’est progressivement installé au sein de l’équipe titulaire basque. Comme Lizarazu, Laporte est basque. Et comme Lizarazu, il est gaucher. Mais la comparaison s’arrête ici. Aymeric Laporte, c’est avant tout un défenseur central de près d’un mètre 89. Un bon gaillard comme on dit.

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C’est au SU Agen, club de sa ville natale et plus connu pour sa section rugby que pour son équipe de football, que Laporte fait ses gammes dès l’âge de cinq ans. Il enchaîne ensuite avec le sport-études de Miramont-la-Guyenne qu’il intègre à douze ans puis rejoint les rangs de l’Aviron Bayonnais à quatorze ans. Sa jeune carrière prend une nouvelle tournure en 2009. Alors qu’il représente la sélection d’Aquitaine dans le cadre d’un tournoi amical organisé à Bilbao, il tape dans l’œil de l’Athletic qui lui propose d’intégrer son centre de formation. A seulement 15 ans, il décide de franchir le pas, et la frontière pyrénéenne malgré un appel du pied des Girondins de Bordeaux. Sans doute un peu trop tôt pour lui : les joueurs étrangers issus de l’Union Européenne recrutés avant l’âge de 16 ans ne peuvent pas jouer de compétitions officielles. Il ronge donc son frein pendant quelques mois, se contentant de Lezama, centre d’entraînement du club.

Titulaire à l’Athletic dès ses 18 ans

Après plusieurs saisons d’apprentissage au sein de l’équipe réserve et à Baskonia, club amateur et affilié, il fait enfin ses débuts professionnels en novembre dernier avec une titularisation en Europa League face au Kyriat Shmona. Dès lors, le Français ne quitte plus le groupe professionnel. Il faut dire que Laporte peut remercier le caractère sulfureux de son entraîneur Marcelo Bielsa : Amorebieta, habituel titulaire et capitaine de l’équipe, refuse de renouveler son contrat qui arrive à échéance à la fin de la saison pour partir libre. Un comportement qui ne passe pas avec « El Loco Bielsa » : le Vénézuélien est renvoyé sur le banc des remplaçants jusqu’à la fin de la saison, en compagnie de Fernando Llorente, autre cadre mis au ban.

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Doté d’un gabarit pour le moins imposant (1,89m pour 85kg), Laporte est un défenseur difficile à bouger pour les attaquants adverses. A l’image de son compatriote Raphaël Varane, il a l’avantage de présenter un profil différent des autres défenseurs tricolores. A l’aise balle au pied et toujours soucieux de relances propres et justes, Aymeric Laporte détonne dans cette masse de joueurs à la technique approximative.

Nul doute que Francis Smerecki, sélectionneur de l’Equipe de France U19, comptera sur lui dans cette campagne européenne. Loin d’être le Français le plus médiatique, aux côtés des Rabiot, Martial ou encore Mendy, Aymeric Laporte a une véritable carte à jouer en Lituanie. Au plus grand bonheur des supporteurs basques et français.

PSG : le vote Blanc ?

Hiddink, Benitez, Capello… Tous ces noms annoncés depuis plusieurs semaines dans la presse étaient tous aussi prestigieux les uns que les autres. Et pourtant, la direction du club parisien s’est finalement tourné vers Laurent Blanc, qui s’est engagé pour deux saisons avec le PSG. Un technicien dont la jeune carrière a été marquée aussi bien par des hauts, avec un titre de champion de France en 2009 avec Bordeaux, que par des bas, on pense notamment à la terrible déconvenue des Bleus à l’Euro 2012. Alors, bonne idée ou choix par défaut pour le Paris Saint-Germain ?

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Bon courage surtout !

Le pis-aller Blanc ?

On l’avait quitté la mine déconfite et fatiguée, un soir de défaite face à l’Espagne en quarts de finale de l’Euro 2012. Une élimination qui clôturait deux années à la tête de la sélection française pourtant prometteuses à ses débuts mais qui se sont finalement terminées en eau de boudin. Depuis, plus trop de nouvelles. Des rumeurs l’envoyaient il y a peu vers l’AS Rome, d’autres à la Real Sociedad. Pendant tous ces mois de silence, il voulait surtout prendre du recul avec le monde du football pour mieux oublier cet échec avec l’Equipe de France. La déception digérée, le voilà à la tête d’une équipe parisienne fraîchement auréolée d’un titre de champion de France, le premier depuis 1994.

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Tapez 1 pour Capello, 2 pour Mourinho, 3 pour Mancini…

Un choix pour le moins étonnant. Avec le départ d’Ancelotti quasiment acté depuis plusieurs semaines, les dirigeants du Paris Saint-Germain avaient tout le loisir de trouver son successeur idoine. Les plus grands noms européens se sont succédé dans les journaux pour prendre les rênes du PSG. On parle de Benitez, il signe finalement à Naples. Capello ne peut quitter la sélection russe sans laisser un préavis d’un mois. Hiddink préfère prolonger l’aventure avec l’Anzhi. La liste est encore longue. Et elle rétrécit au fil des jours au point d’être réduite à un seul technicien : Laurent Blanc.

Un choix par défaut sans doute. Il était le seul à être libre de tout contrat sur le marché. A l’heure où les footballeurs ont des pedigrees à faire pâlir les plus courageux globe-trotteurs comme Xavier Gravelaine le fut en son temps, les entraîneurs ont de plus en plus tendance à s’inscrire dans la durée avec leur club. André Villas-Boas a par exemple poliment refusé l’offre du Paris Saint-Germain dans le but de poursuivre son travail avec Tottenham. Idem pour Michael Laudrup avec Swansea. Difficile donc de trouver la perle rare en cette période pour le Paris Saint-Germain.

C’est également la preuve que le PSG n’est pas encore un cador sur le plan européen. Là où un club comme le Real Madrid a eu l’entraîneur qu’il voulait, à savoir Carlo Ancelotti, le PSG a essuyé refus sur refus. Un coup dur pour une direction qatarienne qui cherche, via le club parisien, à affirmer sa crédibilité sur le plan international.

Une carrière d’entraîneur en dents de scie

Il ne reste néanmoins que Blanc est loin d’être le premier venu. De ces trois saisons avec les Girondins de Bordeaux, on retient notamment un doublé mémorable champion de France/Coupe de la Ligue en 2009. L’année suivante, il amène le club au scapulaire jusqu’aux quarts de finale de la Ligue des Champions en devançant le Bayern et la Juventus lors des phases de poules. La fin de cette idylle est un peu moins séduisante : une deuxième partie de saison en 2009/2010 qui se termine avec une décevante sixième place et un groupe déchiré par le départ annoncé prématurément du « Président » en fin de saison.

Annoncé à la tête des Bleus comme le Messie en 2010, son bilan sera très mitigé. Le jeu proposé n’est guère reluisant, la qualification pour l’Euro 2012 est décrochée à l’arrachée lors du barrage face à la Bosnie et le parcours dans cette compétition est pour le moins… chaotique (une seule victoire en quatre matches, un groupe entaché par diverses polémiques). Il a néanmoins eu le mérite d’aligner une série de 23 matches sans défaite avec la France, signe de stabilité et de régularité dans les performances.

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Il souriait moins pendant l’Euro…

Loué pour sa « philosophie de jeu » offensive avec les Girondins, nul doute qu’il comblera les plus sceptiques du jeu prodigué par Ancelotti la saison dernière avec le PSG. Pendant toutes ses années à la tête de l’équipe bordelaise, Blanc a procuré l’une des tactiques les plus chatoyantes de ces dernières années en Ligue 1 avec des buts à la pelle et une prime à la créativité. De là à voir Pastore endosser le rôle du Gourcuff de 2009…

Un dernier facteur est à prendre en compte : comment le groupe parisien va-t-il l’accueillir ? Les agents de Thiago Silva et d’Ibrahimovic se disent satisfaits de l’arrivée du Français, qui jouit d’une bien meilleure réputation à l’étranger que dans l’hexagone. Des Français comme Jallet ou Sakho, que l’on dit sur la sellette, pourraient bien avoir les faveurs de leur compatriote. Le mercato aussi sera également à surveiller avec attention. Malgré sa belle côte à l’étranger, la nomination de Laurent Blanc pourrait bien rebuter les cibles les plus frileuses qui s’attendaient à un nom plus ronflant. Réponse dans les semaines à venir…