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Cannes 2014 : Gérard Depardieu en Jules Rimet sur la Croisette

Gérard Depardieu sera présent au 67ème Festival de Cannes pour présenter United Passions, un long métrage dans lequel il incarne Jules Rimet, le créateur de la Coupe du Monde de football. Rendez-vous le 18 mai pour les premiers échos du film présenté Hors-Compétition.

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Le nouveau film de Frédéric Auburtin (Un pont entre deux Rives, San Antonio) sera présenté le 18 mai au Festival de Cannes, Hors-Compétition. En cette année de Coupe du Monde de football au Brésil qui débute dans moins de 30 jours, le long métrage rend hommage à l’histoire de cette compétition sportive, l’une des plus suivie sur la planète.

United Passions relate l’histoire de la compétition, de la création de la FIFA à aujourd’hui. Gérard Depardieu y campe Jules Rimet, le fondateur de la compétition et de la Fédération Internationale de Football – malgré l’opposition anglaise – dont il fut le président de 1922 à 1954.

Le film explorera aussi les autres époques : João Havelange, président de 1974 à 1998, sera campé par Sam Neill et Sep Blatter, l’actuel dirigeant, par Tim Rothe. Un petit avant-goût de Coupe du Monde à Cannes, en attendant le Mondial au Brésil qui débutera le 12 juin 2014.

Gérard Depardieu incarnera Jules Rimet au cinéma : le football est-il bankable ?

L’acteur franco-russe sera Jules Rimet, fondateur de la Coupe du Monde de football et du club du Red Star. Le tournage se tient à Paris en ce moment et la sortie du film est prévue l’été prochain, à l’occasion du Mondial au Brésil. Plusieurs films sur le football sont sortis depuis le début de l’année. Le football est-il bankable ?

Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc
Gérard Depardieu / Photo : CC-BY-SA! /Vincent Roche.flickr.cc

Le tournage parisien a débuté samedi 3 août et devrait également avoir lieu au Brésil et en Suisse. Gérard Depardieu retrouve sur le plateau Frédéric Auburtin avec qui il a déjà collaboré à deux reprises pour Un pont entre deux rives (1999) et San Antonio (2004). Alors que le monstre sacré du cinéma français sera prochainement à l’affiche dans la peau de DSK dans un film d’Abel Ferrara, c’est en fondateur de la Coupe du Monde qu’il sera sur nos écrans à l’été 2014. Jules Rimet, personnage important de l’histoire du football, a également fondé le mythique club du Red Star en 1897 (5 fois vainqueurs de la Coupe de France) et été président de la Fédération Française de Football.

Depuis le début de l’année 2013, plusieurs films sont sortis au cinéma mettant en vedette le ballon rond, traité de façon tantôt humoristique mais sérieuse, tantôt dramatique : Je suis supporter du Standard (de Riton Liebman) ou encore Les Petits Princes (avec Eddy Mitchell) ont donné une image différente de ce sport, moins caricaturale ou critique qu’à l’accoutumée, et moins clichée que dans les Seigneurs (d’Olivier Dahan avec Franck Dubosc, José Garcia, Gad Elmaleh sorti en 2012).

En cette année de pré-Coupe du Monde, le football est peut-être devenu un sport bankable. Il est en tout cas un sujet pratique pour traiter de questions de société, d’amour, d’humour avec comme prétexte les passionnés de foot, les supporters, les faits de société (The Van de Stephen Frears en 1996 sur la crise sociale et le chômage en Irlande sur fond de Coupe du Monde 1990) et pourquoi pas avec ce nouveau film de Frédéric Auburtin, l’histoire longue, riche et passionnée de ce sport. Dans l’histoire du 7ème art, nombreux sont les films qui ont traité de ballon rond : peu ont connu le succès et la reconnaissance, si ce n’est Coup de tête (1979) de Jean-Jacques Annaud avec Patrick Dewaere, qui porte un regard cynique et acide sur le monde du football. Les temps changent : Depardieu est un citoyen russe, et le football s’invite de plus en plus au ciné. Vivement l’été 2014.

Coupes du Monde : la long story / les années 70

Comme lors de toute décennie footballistique qui se respecte, le Brésil remporte la compétition au Mexique en 1970. 4 ans plus tard, le football européen retrouve des couleurs grâce à une nouvelle victoire de la RFA. Enfin, sur fond de politique intérieure mouvementée, l’Argentine, qui accueille le Mondial 1978, remporte son premier trophée.

Pelé.

Mexique 1970 : la magie brésilienne (31 mai – 21 juin 1970)

Equipes présentes : Salvador, Pérou, Israël, Maroc, Angleterre, Belgique, Bulgarie, RFA, Roumanie, Suède, Union Soviétique, Tchécoslovaquie, Uruguay, Brésil, Italie, Mexique, Salvador.

La Coupe du Monde regagne le continent américain pour une édition placée sous le signe de l’innovation : le système des cartons jaunes et rouges est mis en place, la possibilité de remplacer des joueurs pendant les matchs est enfin offerte et les rencontres sont diffusées en couleurs. De nouveaux pays font leur entrée dans la compétition.
La RFA retrouve son meilleur ennemi en quart de finale : l’Angleterre. Ce match a un goût de revanche pour les allemands, qui n’ont pas oublié la finale 1966. L’Angleterre mène rapidement 2-0 et pense pouvoir gérer tranquillement la victoire. La RFA remporte le match 3-2 grâce à un but du légendaire Gerd Müller, aidé par une erreur du gardien anglais. Les allemands rencontrent l’Italie pour ce qui est aujourd’hui considéré comme « le match du siècle ». Le tableau d’affichage indique 1 à 1 à la fin du temps réglementaire. Les prolongations sont épiques, les deux formations faisant preuve de détermination et de courage, à l’image du libéro Franz Beckenbauer qui termine le match le bras en écharpe à cause d’une luxation de l’épaule. L’Italie gagne finalement 4-3 au terme d’une rencontre haletante.
La finale oppose la Squadra Azzura au séduisant Brésil : 4 titres de champions du Monde à eux deux. Brésil et Italie s’affrontent pour devenir le premier triple champion du monde de l’histoire.
Le match que produit la Seleção est à l’image de la compétition réalisée par les sud-américains : une facilité technique déconcertante et une ligne d’attaque historique composée de joueurs brésiliens talentueux. Le Brésil s’impose logiquement 4-1 et devient champion du monde pour la troisième fois. Le 4ème but est un modèle de construction tactique : le ballon part de la défense et est remonté jusqu’aux avant-postes de l’attaque. Le Brésil domine incontestablement le football mondial.
Lors de cette édition, le meilleur buteur brésilien Jairzihno a marqué au moins un but dans chaque match, une performance qui n’a encore jamais été égalée. Le Roi Pelé, tire sa révérence internationale et rentre dans la légende en devenant le seul joueur à gagner trois Coupes du Monde.

Franz Beckenbauer

Allemagne 1974 : la RFA, 20 ans après… (13 juin – 7 juillet 1974)

Equipes présentes : RFA et RDA, Zaïre, Australie, Haïti, Suède, Italie, Pays-Bas, Pologne, Bulgarie, Yougoslavie, Ecosse, Brésil, Chili, Argentine, Uruguay.

La coupe Jules Rimet n’est plus : elle est restée au Brésil. L’édition 1974 marque le début du trophée FIFA WORLD CUP en or massif que l’on connaît aujourd’hui. Le déroulement de la compétition a également changé : les 16 nations sont réparties en 4 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient et forment 2 groupes de 4. Les premiers de chaque groupe joueront la finale, les deuxièmes de chaque groupe s’affrontent pour la 3ème place.
1 mondial et 2 équipes allemandes : cette édition se déroule dans un contexte politique inédit et particulier. La RDA et la RFA, dans le même groupe, s’affrontent dans un match pour la 1ère place. La RDA l’emporte, à la surprise générale. Mais rien n’empêche l’équipe de Franz Beckenbauer de se hisser en finale, se jouant de la Tchécoslovaquie, de la Suède et de la surprenante Pologne (qui termine 3ème du tournoi).
La RFA se retrouve en finale face à l’éblouissante équipe des Pays-Bas qui ne partait pourtant pas favorite. Mais le jeu léché fit des ravages contre l’Uruguay et la Bulgarie. Les bataves font une démonstration contre l’Argentine (4-0), la RDA (2-0) et les magiciens brésiliens (2-0). La finale n’est pas jouée dans la capitale, mais au stade olympique de Munich le 7 juillet 1974. Le pays hôte débute mal le match. Johan Cruyff s’infiltre dans la surface dès la première action et provoque un penalty. Les Pays-Bas, qui ont survolé la compétition grâce à des joueurs de talent et à la mise en place du « football total », ne peuvent cependant résister à la RFA, ses qualités de rigueur, physique et sa détermination. Menée par un Beckenbauer qui donne au rôle de libéro une nouvelle dimension, l’Allemagne revient au score à la 26ème minute et prend l’avantage à la 43ème grâce à son attaquant Gerd Müller, alors meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde (avec 14 buts inscrits en 2 participations, devant Just Fontaine et Pelé). Il prend sa retraite internationale après avoir offert le deuxième titre de champion du monde à la RFA, 20 ans après le premier sacre. L’attaquant hollandais Johan Cruyff est désigné meilleur joueur du tournoi.


Argentine 1978 : les argentins triomphent enfin… (1er au 25 juin 1978)

Equipes présentes : RFA, Pologne, Italie, Autriche, Pays-Bas, France, Suède, Ecosse, Espagne et Hongrie, Mexique, Brésil, Argentine, Pérou, Iran et Tunisie.

Premiers finalistes malheureux de la Coupe du Monde en 1930, l’Argentine joue cette fois devant son public et peut compter sur le soutien d’une nation survoltée.
Le groupe le plus relevé réunit l’Italie, la France, la Hongrie et le pays organisateur. L’Italie et l’Argentine tirent leur épingle du jeu et se qualifient pour la suite. La France de Michel Platini, Didier Six et Bernard Lacombe n’est pas parvenue à sortir de ce groupe compliqué. Pays-Bas, Autriche, Pologne, Brésil et Pérou (déterminants ?) se qualifient également pour le second tour. La génération talentueuse de joueurs hollandais atteint pour la seconde fois consécutive la finale du Mondial. Malgré l’absence de son attaquant légendaire Johan Cruyff, dissuadé par des menaces de se rendre en Argentine pour disputer le tournoi, l’équipe de Pays-Bas a révolutionné le football avec son concept de « football total » : un bloc équipe qui défend et attaque ensemble et non plus une somme de postes défensifs ou offensifs cantonnés à des rôles réducteurs. Place est faite à l’attaque et au spectacle. Face à eux, les hollandais retrouvent en finale l’Argentine qui s’est qualifiée grâce à la différence de buts avec le Brésil au terme d’un match contre le Pérou, entaché par des soupçons d’arrangements au détriment de la Seleção.
La finale se déroule à Buenos Aires le 25 juin 1978. Devant un public survolté et face aux attentes énormes d’une nation sud-américaine qui vibre pour le ballon rond, une autre polémique éclate : elle accuse l’Argentine d’avoir mis la pression sur les joueurs hollandais en essayant de faire reculer le début de la finale, laissant les joueurs bataves au centre d’une arène hostile en délire. A l’issue du temps réglementaire, le score est de 1 partout. Pendant les prolongations, le numéro 10 argentin Mario Kempes, est encore une fois décisif. Les Pays-Bas concèdent leur seconde défaite en finale de la Coupe du Monde contre le pays hôte, 3-1. Le Brésil se classe 3ème du tournoi en battant l’Italie 2-1.