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Coupes du Monde : la long story / les années 70

Comme lors de toute décennie footballistique qui se respecte, le Brésil remporte la compétition au Mexique en 1970. 4 ans plus tard, le football européen retrouve des couleurs grâce à une nouvelle victoire de la RFA. Enfin, sur fond de politique intérieure mouvementée, l’Argentine, qui accueille le Mondial 1978, remporte son premier trophée.

Pelé.

Mexique 1970 : la magie brésilienne (31 mai – 21 juin 1970)

Equipes présentes : Salvador, Pérou, Israël, Maroc, Angleterre, Belgique, Bulgarie, RFA, Roumanie, Suède, Union Soviétique, Tchécoslovaquie, Uruguay, Brésil, Italie, Mexique, Salvador.

La Coupe du Monde regagne le continent américain pour une édition placée sous le signe de l’innovation : le système des cartons jaunes et rouges est mis en place, la possibilité de remplacer des joueurs pendant les matchs est enfin offerte et les rencontres sont diffusées en couleurs. De nouveaux pays font leur entrée dans la compétition.
La RFA retrouve son meilleur ennemi en quart de finale : l’Angleterre. Ce match a un goût de revanche pour les allemands, qui n’ont pas oublié la finale 1966. L’Angleterre mène rapidement 2-0 et pense pouvoir gérer tranquillement la victoire. La RFA remporte le match 3-2 grâce à un but du légendaire Gerd Müller, aidé par une erreur du gardien anglais. Les allemands rencontrent l’Italie pour ce qui est aujourd’hui considéré comme « le match du siècle ». Le tableau d’affichage indique 1 à 1 à la fin du temps réglementaire. Les prolongations sont épiques, les deux formations faisant preuve de détermination et de courage, à l’image du libéro Franz Beckenbauer qui termine le match le bras en écharpe à cause d’une luxation de l’épaule. L’Italie gagne finalement 4-3 au terme d’une rencontre haletante.
La finale oppose la Squadra Azzura au séduisant Brésil : 4 titres de champions du Monde à eux deux. Brésil et Italie s’affrontent pour devenir le premier triple champion du monde de l’histoire.
Le match que produit la Seleção est à l’image de la compétition réalisée par les sud-américains : une facilité technique déconcertante et une ligne d’attaque historique composée de joueurs brésiliens talentueux. Le Brésil s’impose logiquement 4-1 et devient champion du monde pour la troisième fois. Le 4ème but est un modèle de construction tactique : le ballon part de la défense et est remonté jusqu’aux avant-postes de l’attaque. Le Brésil domine incontestablement le football mondial.
Lors de cette édition, le meilleur buteur brésilien Jairzihno a marqué au moins un but dans chaque match, une performance qui n’a encore jamais été égalée. Le Roi Pelé, tire sa révérence internationale et rentre dans la légende en devenant le seul joueur à gagner trois Coupes du Monde.

Franz Beckenbauer

Allemagne 1974 : la RFA, 20 ans après… (13 juin – 7 juillet 1974)

Equipes présentes : RFA et RDA, Zaïre, Australie, Haïti, Suède, Italie, Pays-Bas, Pologne, Bulgarie, Yougoslavie, Ecosse, Brésil, Chili, Argentine, Uruguay.

La coupe Jules Rimet n’est plus : elle est restée au Brésil. L’édition 1974 marque le début du trophée FIFA WORLD CUP en or massif que l’on connaît aujourd’hui. Le déroulement de la compétition a également changé : les 16 nations sont réparties en 4 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient et forment 2 groupes de 4. Les premiers de chaque groupe joueront la finale, les deuxièmes de chaque groupe s’affrontent pour la 3ème place.
1 mondial et 2 équipes allemandes : cette édition se déroule dans un contexte politique inédit et particulier. La RDA et la RFA, dans le même groupe, s’affrontent dans un match pour la 1ère place. La RDA l’emporte, à la surprise générale. Mais rien n’empêche l’équipe de Franz Beckenbauer de se hisser en finale, se jouant de la Tchécoslovaquie, de la Suède et de la surprenante Pologne (qui termine 3ème du tournoi).
La RFA se retrouve en finale face à l’éblouissante équipe des Pays-Bas qui ne partait pourtant pas favorite. Mais le jeu léché fit des ravages contre l’Uruguay et la Bulgarie. Les bataves font une démonstration contre l’Argentine (4-0), la RDA (2-0) et les magiciens brésiliens (2-0). La finale n’est pas jouée dans la capitale, mais au stade olympique de Munich le 7 juillet 1974. Le pays hôte débute mal le match. Johan Cruyff s’infiltre dans la surface dès la première action et provoque un penalty. Les Pays-Bas, qui ont survolé la compétition grâce à des joueurs de talent et à la mise en place du « football total », ne peuvent cependant résister à la RFA, ses qualités de rigueur, physique et sa détermination. Menée par un Beckenbauer qui donne au rôle de libéro une nouvelle dimension, l’Allemagne revient au score à la 26ème minute et prend l’avantage à la 43ème grâce à son attaquant Gerd Müller, alors meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du Monde (avec 14 buts inscrits en 2 participations, devant Just Fontaine et Pelé). Il prend sa retraite internationale après avoir offert le deuxième titre de champion du monde à la RFA, 20 ans après le premier sacre. L’attaquant hollandais Johan Cruyff est désigné meilleur joueur du tournoi.


Argentine 1978 : les argentins triomphent enfin… (1er au 25 juin 1978)

Equipes présentes : RFA, Pologne, Italie, Autriche, Pays-Bas, France, Suède, Ecosse, Espagne et Hongrie, Mexique, Brésil, Argentine, Pérou, Iran et Tunisie.

Premiers finalistes malheureux de la Coupe du Monde en 1930, l’Argentine joue cette fois devant son public et peut compter sur le soutien d’une nation survoltée.
Le groupe le plus relevé réunit l’Italie, la France, la Hongrie et le pays organisateur. L’Italie et l’Argentine tirent leur épingle du jeu et se qualifient pour la suite. La France de Michel Platini, Didier Six et Bernard Lacombe n’est pas parvenue à sortir de ce groupe compliqué. Pays-Bas, Autriche, Pologne, Brésil et Pérou (déterminants ?) se qualifient également pour le second tour. La génération talentueuse de joueurs hollandais atteint pour la seconde fois consécutive la finale du Mondial. Malgré l’absence de son attaquant légendaire Johan Cruyff, dissuadé par des menaces de se rendre en Argentine pour disputer le tournoi, l’équipe de Pays-Bas a révolutionné le football avec son concept de « football total » : un bloc équipe qui défend et attaque ensemble et non plus une somme de postes défensifs ou offensifs cantonnés à des rôles réducteurs. Place est faite à l’attaque et au spectacle. Face à eux, les hollandais retrouvent en finale l’Argentine qui s’est qualifiée grâce à la différence de buts avec le Brésil au terme d’un match contre le Pérou, entaché par des soupçons d’arrangements au détriment de la Seleção.
La finale se déroule à Buenos Aires le 25 juin 1978. Devant un public survolté et face aux attentes énormes d’une nation sud-américaine qui vibre pour le ballon rond, une autre polémique éclate : elle accuse l’Argentine d’avoir mis la pression sur les joueurs hollandais en essayant de faire reculer le début de la finale, laissant les joueurs bataves au centre d’une arène hostile en délire. A l’issue du temps réglementaire, le score est de 1 partout. Pendant les prolongations, le numéro 10 argentin Mario Kempes, est encore une fois décisif. Les Pays-Bas concèdent leur seconde défaite en finale de la Coupe du Monde contre le pays hôte, 3-1. Le Brésil se classe 3ème du tournoi en battant l’Italie 2-1.

Coupes du Monde : la long story / les années 50

Après 12 ans d’absence dus à la Seconde Guerre Mondiale, la Coupe du Monde retrouve le continent sud-américain, terre de football. Comme un recommencement, les uruguayens s’emparent du trophée, la RFA s’impose en vainqueur-surprise et le monde entier voit éclore un Brésil de légende.

Varela, Schiaffino et Ghiggia célèbrent la victoire de l\’Uruguay.

Brésil 1950 : le retour gagnant de l’Uruguay (24 juin – 16 juillet 1950)

Equipes présentes : Brésil, Chili, Bolivie, Uruguay, Paraguay, Italie, Angleterre, Suisse, Espagne, Suède, Yougoslavie, Etats-Unis, Mexique.

La Coupe du Monde, de retour après 12 années d’absence, retrouve le continent Sud-américain. Le Brésil, terre de football, espère conquérir le précieux trophée sur ses terres. L’Angleterre accepte enfin de participer, mais elle va subir un revers humiliant, en se faisant battre par les Etats-Unis puis par l’Espagne. L’Inde, invitée par la FIFA et la Fédération Brésilienne décline l’invitation, car il n’est pas possible de jouer pieds-nus.
Le déroulement de la compétition est atypique : 13 équipes réparties en 4 groupes s’affrontent. Les premiers de chaque poule se rencontrent pour un mini-championnat. L’Italie, malmenée par la Suède, ne défendra pas son titre. Aucune finale n’est donc prévue lors de cette édition, mais un match y ressemble entre le Brésil et l’Uruguay. La Seleção et ses magiciens doivent obtenir le match nul contre l’ennemi voisin uruguayen.
Dans le plus grand stade du monde, le Maracanã bâti pour l’occasion, le Brésil laisse échapper un titre qui lui était pourtant promis. Les 174 000 supporters brésiliens présents et la nation toute entière sont dépités. En effet, malgré une équipe brésilienne déchaînée devant un public bouillant, la Céleste remporte le titre suprême. Seconde participation à une Coupe du Monde, second trophée : le football uruguayen connaît son heure de gloire.


Suisse 1954 : Das Wunder von Bern (16 juin – 4 juillet 1954)

Equipes présentes : Uruguay, Mexique, Brésil, Autriche, Belgique, Tchécoslovaquie, Angleterre, France, Hongrie, Italie, Ecosse, Suisse, Turquie, RFA, Yougoslavie, Corée.

Ce rendez-vous du football mondial atteint les sommets… suisses ! Bâle, Berne, Lausanne, Zurich et Genève accueillent les 16 équipes qualifiées pour les phases finales.
La sélection hongroise, surnommée le Onze d’Or, rejoint la finale après un quart dont le fair-play ne reste pas dans les annales de l’histoire du sport. Brésiliens et Hongrois s’y disputent âprement la victoire. Le score tourne à l’avantage des Magyars malgré l’agressivité de la Seleção. Des affrontements ont lieu dans les vestiaires entre joueurs et encadrements. En demi-finale, au terme des prolongations, la Hongrie s’impose contre l’Uruguay pour rejoindre la RFA en finale à Berne (stade de Wankdorf) le 4 juillet 1954. Affaiblie après les années de guerre, l’Allemagne – contre toute attente – tient tête à la sélection hongroise, invaincue depuis 4 ans et à qui rien n’avait résisté… Après 8 minutes de match, le Onze d’Or mène deux buts à rien, mais la ténacité des allemands porte ses fruits et la chance s’en mêle : les magyars frappent sur les poteaux tandis que le gardien Gyula Grosics laisse échapper le ballon dans son but sur la pelouse mouillée. Considéré comme le responsable principal de la finale perdue, il est écarté de la sélection nationale pour deux ans. L’Allemagne inscrit pour le 1ère fois son nom au palmarès d’un Mondial marqué par un record de buts, encore en vigueur aujourd’hui : 140 réalisations en 26 rencontres soit 5,38 buts par matchs.
Le parcours étonnant de la RFA est relaté dans le film Le miracle de Berne (Das Wunder von Bern, 2003), un succès au box-office allemand.

Pelé à la Coupe du Monde 1958

Suède 1958 : les Brésiliens enflamment l’Europe (8 – 29 juin 1958)

Equipes présentes : Mexique, Brésil, Argentine, Paraguay, Suède, France, RFA, Autriche, Yougoslavie, Union Soviétique, Hongrie, Tchécoslovaquie, Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande du Nord.

C’est sur le continent européen qu’est organisé le Mondial, pour la deuxième fois consécutive. La Suède accueille une édition qui restera dans l’Histoire : comme la seule pour laquelle l’Italie ne s’est pas qualifiée, comme celle du record de buts pour un soulier d’or – Just Fontaine, 13 buts – qui tient encore aujourd’hui, comme celle à laquelle ont participé les 4 équipes de la Grande-Bretagne et comme celle enfin remportée par une équipe non-européenne… en Europe !
Le Brésil laisse enfin parler son talent lors d’un Mondial, et celui d’un jeune gamin de 17 ans – un certain Pelé, dont la technique et le toucher de balle éblouissent la planète entière. Les matchs sont en effet pour la première fois retransmis sur les télévisions mondiales.
Cette 6ème édition met à l’honneur l’attaque : Raymond Kopa, Just Fontaine et Roger Piantoni forment un trio prometteur à l’aube de la compétition. Mais les Bleus sont stoppés en demi-finale par un Brésil tranchant : 5-2 pour la Seleçao, dont un triplé de Pelé. Les magiciens d’Amérique du sud rencontre en finale la Suède victorieuse en demi-finale du champion du Monde en titre allemand. Lors du match pour la 3ème place opposant la France à l’Allemagne, Just Fontaine marque 4 buts et la France l’emporte.
Le 29 juin, au terme d’une finale à sens unique, le Brésil s’impose 5-2 face au pays organisateur. Pelé marque 2 buts lors du match, 6 sur l’ensemble de la compétition. Une légende est en marche et le Brésil intouchable.