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Christian Gourcuff se paie Laurent Blanc

L’entraîneur de Lorient tacle Laurent Blanc et Zlatan Ibrahimovic dans une interview accordée au JDD. Le franc-parler à la Gourcuff, 15 jours avant la réception du PSG.

Christian Gourcuff. Photo : Kermaguer.flickr.cc
Christian Gourcuff. Photo : Kermaguer.flickr.cc

L’entraîneur breton n’est pas réputé pour avoir la langue dans sa poche. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Christian Gourcuff, le coach en activité depuis 2003 aux commandes du FC Lorient, fustige les méthodes de Laurent Blanc : « Un entraîneur, c’est d’abord quelqu’un qui travaille dans le domaine technique. Or il y a des entraîneurs qui n’entraînent pas. Comme Laurent Blanc à Paris, où c’est Jean-Louis Gasset (son adjoint) qui s’en charge. Ce modèle ne me plaît pas ».

Adepte du beau jeu, technique, Gourcuff parvient chaque année à maintenir le club breton en Ligue 1, malgré un budget serré. Considéré comme un fin tacticien et technicien, il se retrouve dans des entraîneurs impliqués sur le terrain, plus que dans le coach parisien : « C’est sur le terrain qu’on construit. Sinon, on ne fait que de la communication, c’est très limitatif. José Mourinho a de l’influence sur le plan tactique. Arsène Wenger aussi. Mais un entraîneur qui ne maîtrise pas le terrain n’est, selon moi, pas un entraîneur. »

De quoi lancer idéalement une rencontre Lorient-PSG dans deux semaines, qui se jouera sans Zlatan, lui aussi critiqué pour son manque d’esprit collectif par Gourcuff.

Ces agents de joueurs qui vont faire le mercato

Jorge Mendes, Jean-Pierre Bernès. Ils sont agents de joueurs de football et s’activent depuis quelques mois pour défendre les intérêts de leurs clients et négocier d’éventuels transferts avec de grands clubs, parfois à prix d’or.

Jorge Mendes

Ils sont célèbres dans le monde du ballon rond. Jean-Pierre Bernès pour la France : cet ancien membre de la direction de l’OM pendant les années Tapie est écarté du monde du football en 1994 suite à l’affaire OM-VA. La FFF lui interdit à vie de reprendre une licence pour revenir dans le monde du football, mais la FIFA lève l’interdiction deux années plus tard. Il revient dans le football en tant qu’agent de joueur, et non des moindres : Jérémy Ménez, Samir Nasri, Franck Ribéry, Laurent Blanc ou encore Didier Deschamps font appel à lui pour gérer leurs intérêts. Un passé sulfureux – il a également été condamné dans l’affaire des comptes de l’OM – mais Jean-Pierre Bernès s’est imposé comme un agent puissant dans le monde du football.

A l’étranger, Jorge Mendes est certainement le plus célèbre et celui qui, partit de pas grand chose, a réussi à en faire de grandes. Il a déjà réalisé les gros transferts de deux de ces protégés vers l’AS Monaco, dirigé par le millionnaire russe Rybolovlev : Moutinho et James Rodriguez, en provenance de Porto, joueront sous les couleurs monégasques la saison prochaine, pour la bagatelle de 70 millions d’euros. Le plus gros coup du mercato est pour le moment la signature de Falcao, l’attaquant colombien qui a éclaté à l’Athletico Madrid et fait rêver les plus grands clubs du monde. Il rejoint également le Rocher, un promu qui ne jouera pas l’Europe. Jorge Mendes, agent et conseiller, c’est une entreprise – Gestifute – qui gère une cinquantaine de joueurs portugais et d’Amérique du sud. Agent du spécial One Mourinho depuis qu’il a remporté la coupe de l’UEFA avec Porto, Jorge Mendes a fait la pluie et le beau temps ces dernières années en Liga : Pepe, Coentrao, Di Maria ou encore Cristiano Ronaldo. Nul doute qu’il continuera cet été sur le marché des transferts.

Ils frappent à la porte des 23

Seulement quelques heures après une qualification arrachée face à la Bosnie, Laurent Blanc nous avait déjà prévenus : « On va essayer de donner du temps de jeu à certains joueurs qui n’en ont pas trop eu, parce qu’il y avait des matches à enjeu, mais qui seraient intéressants à voir en équipe de France s’ils font de bonnes performances dans leurs clubs ». Avec six matches amicaux avant le début de l’Euro 2012, le sélectionneur de l’équipe de France est servi. Les deux premières confrontations face aux Etats-Unis et la Belgique vont permettre au cévenol d’expérimenter des schémas de jeu, mais surtout de tester des petits nouveaux. Tour d’horizon des joueurs qui frappent à la porte des 23 pour l’Ukraine et la Pologne.

 

Mamadou Sakho –  21 ans – 4 apparitions en Equipe de France A

Véritable phénomène de précocité (il est le plus jeune joueur ayant été capitaine en Ligue 1 à seulement 17 ans), le défenseur parisien est une valeur sûre de notre championnat. Auréolé d’un trophée de meilleur espoir de Ligue 1 la saison passée, il doit maintenant franchir le cap de la confirmation. Malheureusement, son début de saison a été entaché par une blessure qui l’a écartée des terrains pendant plus de deux mois. Désormais remis de ses déboires, Sakho peut tirer son épingle du jeu dans cette sélection. Laurent Blanc ayant toujours estimé qu’une défense centrale doit être composée d’un gaucher à gauche et d’un droitier à droite, le parisien, seul défenseur central gaucher de la sélection, a une véritable carte à jouer. Taulier de l’équipe parisienne, le titulariser en Pologne et en Ukraine serait une vision sur le long terme, sans pour autant galvauder l’Euro 2012. Auteur de prestations en demi-teintes avec les Bleus jusque-là, Kirikou a l’opportunité de se racheter ce soir face aux américains, à condition qu’il mette de côté ces quelques fautes de concentration…

 

Mathieu Debuchy – 26 ans – 1 apparition en Equipe de France A

Auteur d’une prestation plus que convaincante pour son premier match avec les Bleus face à l’Albanie, le profil du joueur nordiste plaît à Laurent Blanc. Son activité offensive et ses centres millimétrés correspondent parfaitement à la philosophie d’un Laurent Blanc, libéré par l’épée de Damoclès de non-qualification à l’Euro, qui veut désormais se consacrer à un jeu alléchant et prometteur. Encensé depuis plusieurs années maintenant, Debuchy pourrait bien voir la saison 2011/2012 comme celle de la consécration. Entre un Sagna catastrophique en Equipe de France et un Reveillère en baisse de régime, le lillois apparaît comme le candidat naturel sur le flanc droit.

 

Laurent Koscielny – 26 ans – 0 apparition en Equipe de France A

Le franco-polonais part sans doute avec une longueur de retard sur Sakho pour une éventuelle titularisation. Depuis son transfert à Arsenal en 2010, Koscielny alterne le très bon, comme face à Chelsea il y a quelques semaines, et le catastrophique, comme lors de la défaite face à Blackburn en septembre dernier. Souvent comparé à son sélectionneur pour son sang-froid et sa technique, il semble peu probable de le voir titulaire à l’Euro, malgré un début de saison prometteur. Néanmoins, on peut légitimement le voir dans les 23, et le voir jouer un rôle de remplaçant de luxe.


Jérémy Mathieu – 28 ans – 0 apparition en Equipe de France A

Le valencien n’a pas intérêt à laisser filer sa chance. Il fait partie de la catégorie de joueurs sous-médiatisés jouant à l’étranger, comme Frey, Escudé ou encore Ismaël. Le genre de joueurs auxquels le public et les spécialistes français seront intransigeants. Une seule erreur et il peut dire adieu aux Bleus, à l’image d’un Sebastien Frey, « banni » de la sélection après une erreur « lumineuse » face à l’Ukraine en 2008. L’ancien sochalien apparaît comme le pendant gauche de Debuchy : son activité sur le flanc gauche est sans relâche. Malheureusement pour lui, il est déjà concurrencé par des Abidal et Evra, présents en Equipe de France depuis plusieurs années maintenant. Donc à moins d’une blessure de l’un des deux joueurs ou un retour au ressentiment anti-Knysna, il est peu probable de le voir à l’Euro.

 

Mathieu Gonalons – 21 ans – 0 apparition en Equipe de France A

Appelé en renfort mercredi dernier après le forfait de Nasri pour cette double confrontation, le milieu lyonnais surprend depuis le début de la saison. Cantonné à un rôle de remplaçant jusqu’à cette année, le départ de Toulalan à Malaga lui a permis de littéralement exploser avec Lyon. Aussi bon sur les duels qu’à la relance, il se révèle comme l’homme à tout-faire de son coach Rémi Garde. Mais à l’image de Jérémy Mathieu, il doit lui aussi faire face à une concurrence acharnée : M’Vila, Alou Diarra ou encore Matuidi ont les faveurs du sélectionneur tricolore. A lui donc de faire démentir Laurent Blanc sur le terrain.

 

Olivier Giroud – 25 ans – 0 apparition en Equipe de France A

Le montpelliérain sera, sans doute, le plus surveillé des petits nouveaux lors de ces deux matches. Actuel meilleur buteur du championnat avec huit réalisations, il a le mérite de présenter un profil différent des autres attaquants français. Dépassant le stéréotype du grand gaillard en point d’appui, il a su, sur ses dernières années, étoffer son niveau de jeu et présenter quelques actions de grande classe. Son association avec Benzema pourrait s’avérer intéressante, mais il devra, avant tout, se faire un trou parmi les Rémy et Gameiro. Une chose est sûre, s’il continue sur sa lancée du début de saison, le cévenol peut le sélectionner pour l’Euro les yeux fermés.

 

Les absents et la liste

Laurent Blanc a donné hier la liste des joueurs sélectionnés pour les deux prochains matchs de qualifications à l’Euro 2012. Aucune surprise à l’horizon, quelques mises au point en conférence de presse et des absents de taille.

Les grands absents

Jérémy Toulalan : Il a retrouvé sa place au milieu de terrain à Lyon, pas encore son niveau. Les performances en progression sont moyennes, d’autant qu’il y a des concurrents à son poste. Et si le Mondial 2010 avait eu raison de la carrière internationale de Toulalan ?

Franck Ribéry : Blessé à la cheville droite, éloigné des terrains pour un mois minimum, alors que sa suspension internationale est terminée, Franck Ribéry enchaîne les pépins physiques. L’équipe de France devrait s’en passer pour une grande partie des matchs de qualifications. Un mal pour un bien ?

Hatem Ben Arfa : Un premier match réussi avec Newcastle, un second moins marquant. Si l’ancien marseillais veut retrouver le maillot des Bleus, il va devoir jouer et surtout beaucoup travailler. Il a en tout cas l’affection de Blanc, prêt à l’appeler s’il se montre sérieux et besogneux. Une question de temps ?

André-Pierre Gignac : Début de saison poussif pour l’attaquant marseillais. Il retrouve la forme et la compétition, mais pas le chemin des filets. Parfois trop égoïste, parfois trop imprécis, parfois trop juste techniquement, Gignac n’y est pas. Avec Domenech, c’était acquis, avec Laurent Blanc, il a tout à prouver. En est-il capable ?

Patrice Evra : Capitaine peu exemplaire en Afrique du Sud, il est toujours suspendu, il a fait appel. Mais il ne brille pas pour le moment avec son club, s’est même vu être remplacé par Sir Alex Ferguson lors d’un match de Premier League. Laurent Blanc veut reconstruire, Evra fait-il parti de ses plans ?

Jérémy Ménez : La porte ne lui est pas totalement fermée, malgré sa piètre performance au Stade de France contre la Roumanie. Il faudra accumuler du temps de jeu avec l’AS Rome. Ranieri, son coach, n’y est pas allé de main morte l’an dernier pour mettre le jeune français au travail. S’il s’impose dans son club, il pourrait retrouver le maillot bleu, pour une seconde chance, qui sait ?

La liste

Gardiens de buts : Hugo Lloris (OL), Steve Mandanda (OM), Cédric Carrasso (Girondins de Bordeaux)

Défenseurs : Bakary Sagna (Arsenal, Angleterre), Adil Rami (LOSC), Philippe Mexès (AS Roma, Italie), Mamadou Sakho (PSG), Gaël Clichy (Arsenal, Angleterre), Benoît Trémoulinas (Girondins de Bordeaux)

Milieux de terrain : Abou Diaby (Arsenal, Angleterre), Alou Diarra (Girondins de Bordeaux), Lassana Diarra (Real Madrid, Espagne), Yann Mvila (Rennes), Florent Malouda (Chelsea, Angleterre), Yoann Gourcuff (OL), Mathieu Valbuena (OM), Blaise Matuidi (AS Saint-Etienne), Samir Nasri (Arsenal, Angleterre)

Attaquants : Kevin Gameiro (Lorient), Guillaume Hoarau (PSG), Karim Benzema (Real Madrid, Madrid), Loïc Rémy (OM), Dimitri Payet (AS Saint-Etienne)

Le style Blanc

Pas de langue de bois, pas de tabou, pas de fioriture. Laurent Blanc parle foot et franc. Florilèges de la conférence de presse d’hier…

«Parce qu’on l’aime. Quand vous avez la chance d’avoir des joueurs avec des qualités comme celles de Karim ou celles de Hatem, vous avez envie qu’ils progressent, qu’ils donnent leur maximum ou qu’ils donnent tout leur potentiel sur le terrain. Ce n’est pas le cas. Donc vous avez envie de les aider. A un moment, les aider ce n’est pas toujours leur dire oui ou toujours aller dans leur sens. C’est pour les faire progresser.»

« Hatem a retrouvé un petit peu de temps de jeu dans un club nouveau, pas suffisamment à mon goût, mais ça va venir ».

« Michael Jordan disait que le talent suffit pour gagner un match mais l’état d’esprit est nécessaire pour gagner des trophées. Je trouve que c’est très juste et ça peut s’appliquer au football »

« A lui de confirmer tout le talent qu’il démontre avec son club » (A propos du nouveau venu Dimitri Payet )

« Karim Benzema est le joueur qui est le plus buteur dans ceux qui ont été retenus en attaque. Faisons confiance aux joueurs que j’ai retenu pour marquer. Ils l’ont démontré en club, pas encore en équipe de France. »

« Pour le moment, je ne pense pas à associer un tel et un tel. Je pense plutôt à sélectionner les joueurs qui nous permettront de prendre les six points à domicile. »

« Personne n’est banni de l’équipe de France. A tous les joueurs d’être bons dans leur club, de retrouver une envie et une performance pour revenir. »

« Pour le moment, on essaye de trouver un noyau dur. J’essaie de constituer un groupe mais ça prend du temps. On apprend à se connaitre même si on en est au deuxième rassemblement. »

Les absents ont peut-être tort

Hier, les Bleus ont battu la Bosnie dans un stade peu accueillant de Sarajevo, sur le score de 2 buts à 0. Les quasi-mêmes joueurs timorés de samedi ont livré une belle performance pour leur second match de qualifications, sans Ribéry, Ben Harfa, Gourcuff, Nasri, Toulalan, Evra… Et si la victoire d’hier avait créé une bonne dynamique de groupe, qu’adviendrait-il alors des absents, dont on attendait, impatiemment, le retour avant-hier ?

Dans le secteur défensif, les titulaires d’hier soir n’ont pas trop à s’inquiéter. Certes Laurent Koscielny pourrait prétendre à une place, si sa saison est bonne avec Arsenal, idem pour Sébastien Squillaci. Mais Laurent Blanc semble assez décidé à installer Mexés et Rami en charnière centrale, avec, en suppléant, un jeune Mamadou Sakho que le sélectionneur voit prometteur. Les latéraux – parfois un peu justes – semblent malgré tout donner satisfaction. Le retour de Patrice Evra – suspendu après l’épisode africain – modifiera certainement la donne. Il semble peu probable que l’ancien capitaine des Bleus ne se contente que d’une place sur le banc des remplaçants.

C’est surtout au milieu de terrain et dans le secteur offensif que les joueurs se bousculent. Abondance de bien ne nuit pas. N’empêche : Rémy, Gourcuff, Nasri, Ribéry, Ménez, Valbuena, Malouda, Ben Harfa… Il va falloir faire des choix et surtout réussir à faire jouer correctement tout ce petit monde ensemble. Quelle organisation tactique choisir : garder les trois milieux défensifs d’hier, privilégier – en phase offensive – 4 attaquants dans un bon vieux « 4-4-2 – père de famille » ? Ribéry devra accepter de passer le ballon à Gourcuff si l’ancien entraîneur de Bordeaux décide de laisser les clefs du jeu au breton, comme en Gironde. Rémy, probable futur grand joueur, n’est-il pas encore trop inexpérimenté pour prétendre à une place de titulaire ? Où placer Nasri, certes excellent contre la Norvège, mais prétendant au même poste que Gourcuff et éventuellement Ribéry ?

Depuis le début de « l’ère Blanc », Malouda semble indétrônable sur le côté gauche et les prestations de Valbuena à droite, plaident en faveur du marseillais. Benzema retrouve le chemin des filets et semble faire preuve d’un bon état d’esprit. Les trois milieux défensifs d’hier ont fait le job, plutôt bien même. Alou Diarra s’est imposé comme un capitaine et un milieu indispensables, Diaby et M’Vila ont montré de
bonnes choses. Si le match d’hier ressemble à celui de la France contre la Roumanie en 1995, il ne sera pas simple pour les absents de rejoindre les rangs Tricolores…