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Olé!

2 ans après sa victoire lors du Championnat d’Europe, l’Espagne s’adjuge le titre suprême. Emmenée par des joueurs de talent, la formation de Vicente del Bosque remporte la Coupe du monde pour la première fois de son histoire.

Les équipes d'Espagne et du Pays-Bas pendant les hymnes nationaux avant la finale de la Coupe du Monde 2010. Photo : olmed0.flickr.cc
Les équipes d’Espagne et du Pays-Bas pendant les hymnes nationaux avant la finale de la Coupe du Monde 2010. Photo : olmed0.flickr.cc

Le chemin jusqu’à la finale ne fut pas un long fleuve tranquille. L’entrée en matière, d’abord, est ratée. La Suisse bat la Roja, 1-0. Si les ibères font le jeu, comme à leur habitude, ils ne marquent pas. Un manque d’efficacité inquiétant pour une équipe qui monopolise à 70 % le ballon. Seulement voilà : cette année en Ligue des Champions, le FC Barcelone, qui compose le socle de la sélection nationale, a été battue par l’Inter de Milan. Les hommes de Guardiola passaient pour être imbattables mais Mourinho a trouvé et appliqué la parade : laisser le ballon aux Catalans, défendre à 11, étouffer le porteur, gêner la relance, empêcher la liaison entre milieux et attaquants et profiter, si l’occasion se présente, d’une contre-attaque. C’est ce qu’a réussi à reproduire la Suisse : bien en place, elle aura profiter des contre-attaques face à une équipe espagnole pas vraiment habituée à trouver un contradicteur. Pas encore rentrée dans le Mondial non plus, presque suffisante et avec un gardien en plein doute. Première défaite, histoire de se remettre un peu les pieds sur terre. Certainement un mal pour un bien.

Une finale rude dans laquelle de nombreux cartons ont été  distribués. Photo : algermino.flickr.cc
Une finale rude dans laquelle de nombreux cartons ont été distribués. Photo : algermino.flickr.cc

Si techniquement, l’Espagne est au-dessus des autres, les résultats sont timides et mitigés. 1-0 en huitième, quart et demi. Loin des scores spectaculaires de l’Argentine ou de l’Allemagne, l’Espagne assure, fait le minimum. Inquiète parfois aussi. Elle possède incontestablement les meilleurs joueurs du monde : Piqué et Puyol impressionnent en défense, Xavi, Xabi Alonso, Iniesta, Busquests sont les milieux de terrain les plus intelligents du tournoi. La bonne passe, le bon tempo, le bon choix. La classe. Oui, mais… En attaque, on peine à trouver le chemin des filets. Torres passe à côté des matchs. Villa en profite pour s’illustrer et s’impose comme le sauveur, tandis qu’el Niño est relégué sur le banc au profit du jeune Pedro, barcelonais… La Roja donne parfois l’impression de tourner autour de la surface adverse, telle une équipe de Handball, sans trouver la faille.

Contre les Pays-Bas en finale, il n’y avait pas photo. L’Espagne est un cran au-dessus techniquement et collectivement. Alors, tactiquement, les Pays-Bas optent pour la force : empêcher les espagnols de mettre en place et développer leur jeu passera par un combat rugueux et pas forcément correct. 8 cartons jaunes, 1 rouge pour les Oranje. Et c’est un moindre mal compte-tenu des fautes commises. Les Espagnols s’engagent aussi physiquement, à la limite parfois, et retombent dans leur travers : faire le jeu, garder le ballon, tourner autour de l’adversaire, sans marquer. L’atmosphère est tendue et la crispation palpable. Iniesta délivre les siens à la 113è minute. Tout un symbole pour ce milieu de terrain intelligent et doué, simple et discret, qui dédie cette victoire à deux jeunes joueurs de football espagnols décédés en 2007 et 2008. L’Espagne est championne du monde pour la première fois de son histoire. Et une bien belle championne.

L’Europe sur le toit du monde

A la fin des poules, les équipes européennes semblaient avoir perdu de leur prestige. A la veille de la finale, force est de constater que le Vieux Continent domine le football mondial. Pays-Bas et Espagne s’affrontent pour la finale, Allemagne et Uruguay lors de la petite finale. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du Monde, un pays européen est sur le point de s’imposer en dehors de son continent.

Un Pays-Bas outsider…

Les bataves laissent une impression bizarre. Certes, ils ont gagné tous leurs matchs mais ils semblent fragiles dans bien des secteurs de jeu : le milieu de terrain et la défense ne se sont pas trouvés contre l’Uruguay. Alors, les points forts des Oranje sont ailleurs : des individualités talentueuses en attaque, Robben, Sneijder, Van Persie pour ne citer qu’eux. Entre la fougue des jeunes et l’expérience des plus anciens, les Pays-Bas ont de quoi surprendre : c’est bien Van Bronckhorst, 35 ans, qui débloque la situation contre l’Uruguay d’une frappe sublime. Tout un symbole. Le filou de 33 ans, Mark van Bommel, apportera lui aussi son expérience – et ses coups. Et puis, il y a le mental. Bien décidés à laver les affronts des deux finales perdues, les joueurs bataves semblent capables de beaucoup et prêts à tout.

… contre un grandissime favori.

David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc
David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc

L’Espagne est favori depuis le début du Mondial. Malgré de courtes victoires (1-0) depuis les huitièmes, la Roja semble en mesure de tenir son rang, grâce à son milieu de terrain, le meilleur du Mondial – et ce ne sont pas les Allemands qui diront le contraire : Xavi, Iniesta, Xabi Alonso et Busquets. La talentueuse Nazional Manschaft n’y a pas résisté. D’autre part, il semblerait que le gardien espagnol soit de retour : Iker Casillas sort un penalty et plusieurs beaux arrêts en quart et en demi. Reste l’énigme Fernando Torres. Il n’est pas titulaire contre l’Allemagne, conséquence de performances mitigées depuis le début du Mondial. Pedro lui est préféré et pour cause : le jeune catalan réussit un très bon match, malgré une occasion complètement gâchée en fin de partie. Une méforme qui profite à David Villa – un joyau, sauveur ou diamant, comme il vous plaira… Villa c’est 5 buts depuis le début du Mondial – comme Sneijder – et des beaux! Un mental d’acier et un talent fou. Si Villa va, la Roja gagnera…
Bon et puis Paul le Poulpe l’a dit. Alors…

Petite finale, grandes équipes

Uruguay et Allemagne s’affrontent tout à l’heure pour la petite finale. Coups de tête sent la formation de Löwe un brin supérieure, un brin favorite. Mais l’Uruguay a tellement de coeur et quelques très bons joueurs (Forlán, Caceres…), que le doute est permis. N’est pas Paul le Poulpe qui veut…