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Championnats européenns : c’est plié

Mi-mars, la Premier League, la Bundesliga, la Liga et la Série A ont leur champion. Le suspens existe encore (un peu) en Ligue 1, mais n’est plus, chez les voisins. Tour d’horizon des – déjà – champions en Europe.

Manchester United vers le titre de Champion d'Angleterre.
Manchester United vers le titre de Champion d’Angleterre.

Manchester United, the boss
Aucune équipe – et à aucun moment de la saison – n’est parvenue à inquiéter l’équipe de Sir Alex Ferguson. En tête avec 15 points, Manchester United porte quasiment déjà l’écharpe de champion d’Angleterre, et pourrait, en gagnant tous ses matchs restant, obtenir 101 points en fin de saison. Respect.

Le Bayern Munich intraitable
Pas le moindre suspens non plus en Bundesliga : le Bayern Munich écrase le championnat. 20 points d’avance sur Dortmund, un Ribéry qui a marché sur l’eau, un Muller de grande classe : le club bavarois file très tranquillement vers le titre. Reste l’Europe à conquérir. Loin d’être impossible.

Barcelone, la force tranquille
Des coups de « moins bien » dans la saison. N’empêche : le FC Barcelone s’enfuit vers le titre. En ne faisant pas leur plus belle saison de l’Histoire, les Blaugrana précèdent le Real Madrid de 13 points. Villa de retour, Messi irrésistible, le Barça claque. Le titre semble promis à la capitale catalane.

La Juventus Turin s’échappe
L’équipe de Conte éclabousse l’Italie de son talent. Avec 11 points d’avance sur la surprenante et intéressante équipe de Naples, la Vieille Dame, n’aura pas volé son titre de Série A. Encore en course en Ligue des Champions, Pogba et ses coéquipiers pourraient également créer la surprise sur la scène européenne.

Pendant de ce temps en Europe

Les gros souffrent en Angleterre, le Real et le Barça s’installent doucement mais sûrement en tête, l’Inter retrouve son fauteuil de leader et Mayence 05 crée la surprise. De surprises en banalités…

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas en Premier League. Les gros n’ont cette fois pas brillé…du tout. Chelsea perd à Manchester City. But de Tévez. Arsenal est défait à l’Emirates contre West Bromwich, 3-2 après avoir été mené 3-0. Rien de bien glorieux pour les Gunners. Liverpool est tenu en échec par Sunderland 2-2 et Manchester United par Bolton sur le même score. Au classement : Chelsea, ManUn, Arsenal et ManCity. Pas de quoi s’affoler non plus. Pour son premier match sur le banc d’Aston Villa, Gérard Houiller voit son équipe s’imposer à Wolverhampton. Newcastle perd contre Stoke City, avec un Ben Arfa discret.

En Liga, Barcelone s’éclate à Bilbao : 3-1 pour les Catalans. Buts de Busquets, Xavi et Keita : autrement dit, le milieu du Barça s’impose. Le Real de Mourinho aurait pu passer devant le FC Barcelone mais il rate le coche, comme Higuain a raté les occasions. Un 0-0 contre Levante, peu enthousiasmant. Du coup, Valence en profite pour s’emparer de la premier place, après une victoire contre Gijón. Tiercé gagnant pour le moment – probablement pas encore dans l’ordre : 1er, Valence, 2ème Barça, 3, Real Madrid. L’Atletico Madrid pointe à la 4è place après une victoire contre Saragosse.
La Liga semble bien réussir à David Trezeguet. L’ancien turinois plante un doublé contre Séville et permet à son club promu d’Alicante de rejoindre la 7è place, et au club andalou de virer son entraîneur ce lundi. Antonio Alvarez est NPPH (ne passe pas l’hiver). Gregorio Manzano, l’ancien coach du Real Majorque lui succède. Autre doublé : celui de l’ancien bordelais Fernando Cavenaghi sous les couleurs de Majorque contre le Real Sociedad.

En Série A, Cesena, le petit poucet, dégringole à la 8ème place après une défaite contre Naples, 4-1. Malgré sa victoire 1-0 contre l’Inter de Milan, l’AS Rome est toujours dans le bas de tableau : 18ème avec 5 points. Mexès et le club de la capitale vont mal. Le Milan AC retrouvent des couleurs en s’imposant 1-0 contre le Genoa. But de Zlatan. Le Club des « 4 fantastiques » est 5ème. Pour la Vieille Dame, c’est une fois sur deux : victoire contre Cagliari, 4-2 avec un triplé de Krasic. Le trio de tête, probablement pas gagnant : Inter, Lazio, Chievo Verone.

Cette année, la suprise c’est Mayence en Allemagne. Non content d’être en tête, l’équipe de la ville de Mainz s’offre le luxe de battre le Bayern Munich à l’Allianz Arena, rien que ça. Un Bayern orphelin de Ribéry et Robben qui ne fait mieux que la 9ème place avec 8 points. La jeune équipe de Borussia Dortmund crée aussi la sensation : 2ème avec 15 points à 3 points du premier. Un duo inattendu. Hanovre, Hoffenheim, Wolfsburg suivent alors et pourraient bien se frayer une place dans le duo de tête.
En bas, Schalke 04 et Stuttgart semblent incapables de décoller. Les joueurs d’expérience (sic) de Schalke ont sauvé les meubles : Huntelaar et Raul égalisent contre le Borussia M’gladbach. La Bundesligue ennuyeuse : qui oserait dire ça ?

La Liga, là où on l’avait laissée

L’attente autour du championnat espagnol n’aura pas déçu lors de la saison 2009/2010. Certes, Barça et Real, les 2 gros historiques, ont dominé facilement les débats tandis que – 30 points plus bas – on se disputait les places européennes restantes ou bataillait gentiment pour ne pas descendre. Mais l’intérêt fut ailleurs. Entre recrutement estival 2009/2010 à coups de millions d’euros, clubs en sursis financier, résultats étonnants de petites équipes, ambitions affichées et désillusions à gérer : la saison fut riche… pas que sur le terrain. Une année en Liga, ou le triomphe d’un football tout en paradoxe.

Duo de tête

Ce ne fut une surprise pour personne : Barça et Real ont survolé la saison 2009/2010. Les deux clubs « phare » de la Ligua ont mené du début à la fin et aucun club n’est parvenu à rivaliser. Avec respectivement 96 et 95 points, ils n’auront pas été inquiétés par les poursuivants, loin derrière. Valence, 3è avec 68 points, n’a jamais pu espérer troubler le duo de tête dans la course à la 1ère et 2ème place. Les hommes de Guardiola et de Pellegrini ont monopolisé les premières places depuis la deuxième journée. Quasiment pas, ou peu de suspens donc, même si la luttre dura jusqu’à la dernière journée : le Barça gagne contre Valladolid tandis que le real ne peut faire mieux qu’un match nul conte Malaga. Certains doutent alors du véritable attrait de la Liga. A tort.

Pas de suspens, mais du talent

La domination sans partage du duo de tête ne doit pas faire oublier la qualité du championnat espagnol. Car quiconque à regarder des matchs a vu que la qualité était au rendez-vous. Avec des joueurs talentueux, la Liga accueille parmi les meilleurs internationaux de la planète : Luis Fabiano à la pointe de l’attaque sévillane, David Villa, attaquant de Valence ou encore l’Uruguayen Forlán, vainqueur de la Ligue Europa avec l’Atlético de Madrid. Villareal et Majorque également n’auront pas à rougir de leur saison : les deux clubs seront de retour sur la scène européenne l’an prochain.

Un échec galactique

L’été dernier, la présidence du Real de Madrid et ses transferts promettaient d’offrir une saison prolixe en titres. Pas moins de 6 arrivées… et aucun titre. Des recrues très coûteuses – Kaká (67,2 millions d’euros), Cristiano Ronaldo (94 millions d’euros), Karim Benzema (35 millions d’euros) – mais pas forcément à la hauteur. Le brésilien blessé n’a pas trouvé ses marques dans le schéma de jeu madrilène. L’attaquant français a passé plus de temps sur le banc que sur le terrain. En défense, Arbeloa et Albiol auront brillé par leur irrégularité. Reste le Portugais, Ballon d’Or 2009, qui a tenu à lui seul la maison blanche inscrivant 33 buts en 35 matchs. Il sonna les révoltes sur le terrain, se démena pour arracher les victoires, quitte à en devenir parfois individualiste et un brin agaçant… Mais malgré son talent immense, le Real n’aura décroché aucun trophée. Pire : le club de la capitale ne s’est pas hissé plus loin que les huitièmes de finale en Ligue des Champions, sorti par un Lyon pourtant prenable. Manuel Pellegrini, promis en début de saison à un grand avenir puis décrié tout au long de l’année, a peiné pour offrir une organisation tactique efficace à son équipe. Il ne sera pas parvenu à empêcher les joueurs à vocation offensive de se marcher sur les pieds souvent ni à organiser rigoureusement le secteur défensif. Que dire enfin de l’humiliation subie contre le club de 3è division d’Alcorcón en Coupe du Roi ? Battue 4-0 lors du match aller, le Real, incapable de gérer des tensions internes, a livré une prestation loin d’être à la hauteur du prestige du club et de ses recrues coûteuses. Les galactiques, ou la démonstration que les millions n’ont pas toujours raison.

Quand les Egos s’emmêlent

A coups de millions d’euros, la Liga a recruté des stars l’été dernier. Celles du Real auront connu quelques difficultés à jouer correctement ensemble. Si Ronaldo est rapidement devenu un meneur de jeu indispensable, Kaká n’est pas parvenu à s’imposer dans l’axe comme attendu. L’arrivée de Benzema, prometteuse, a déçu : l’ancien lyonnais effectue un bon début de saison mais est rapidement préféré à Gonzalo Highuain. S’adapter dans le club de la capitale n’est pas une mince affaire : Anelka et Zidane avaient subi un sort identique, en proie aux luttes internes dans le vestiaire, emmené par des cadres du club (Raúl ou Guti en tête). Il aura peut-être manqué au Real la capacité à assainnir les relations entre joueurs hors du terrain.

Un leader amoindri

Chez les ennemis barcelonais, il a aussi été question d’ego. En début de saison, Guardiola pousse Eto’o vers la sortie et recrute Ibrahimovic, aussi talentueux qu’individualiste. En pointe de l’attaque, il est capable de merveilles… si l’équipe joue pour lui. Exit l’attaquant camerounais au service de l’équipe. Résultat : le sudéois n’a pas brillé en liga, ni par ses buts, ni par son dévouement à l’équipe. La saison fut moins riche en titre qu’en 2008/2009 pour le club catalan qui certes remporte le championnat mais se fait sortir en huitième de finale de la Coupe du Roi contre le FC Séville et en demi face à l’Inter Milan en Ligue des Champions. Le Barça dû s’en remettre aux pieds du Messi argentin. Le jeune prodigue inscrit 34 buts en 35 matchs et réalisa des matchs de grande classe sur la scène européenne, notemment lors du match contre Arsenal en Ligue des Champions. Le FC Barcelone, malgré l’éclosion de jeunes talents en devenir, fut autant dépendant de Messi que le Real de Ronaldo…

L’Athlético Madrid au sprint

Le début de saison fut laborieux pour l’Atlético de Madrid. Enchaînant matchs nuls et défaites, l’autre club historique de la capitale ne se classe qu’à la 9ème place du classement. Mais la saison s’acheva mieux qu’elle ne commença, grâce à une victoire en Ligue Europa. Eliminant successivement le Galatasaray, le Sporting Portugal, Valence et Liverpool, les coéquipiers de Forlán et Agüero se sont défaits des londonniens de Fulham en finale après prolongations. Deux buts marqués par son buteur uruguayen de talent ont permis aux madrilènes de terminer la siason en beauté.

La Liga en faillite

Financièrement, la Liga va mal. Sur la saison 2008/2009, les 20 clubs du championnat cumulent 3,53 milliards de dette (d’après un rapport de l’université de Barcelone). Chaque année, le déficit de 44 millions du FC Valence est montré du doigt. Mais c’est certainement l’exemple de Majorque qui marquera les esprits à l’issue de cette saison. Le club des Baléares est qualifié pour la Ligue Europa, mais il n’est pas encore assuré de pouvoir défendre sa chance et de jouer un rôle sur la scène européenne : un déficit estimé entre 50 et 60 millions est sur le point de conduire le club à la faillite. Pour expliquer ces dérives financières, il faut regarder du côte des masses salariales, trop élevées et de l’endettement auquel les clubs ont recours pour recruter et renforcer les effectifs. La répartition des droits télé est aussi mise en cause. Reste que chaque année, les clubs espagnols sont contraints de vendre pour recouvrir les dettes… mais continuent à recruter, parfois très cher. L’accord de «fair play financier» défendu par Michel Platini ne prendra effet qu’en 2012.

Diego Forlán, le sorcier urugayen

A 31 ans, l’attaquant uruguayen a ébloui le monde de sa classe et de son talent. Une enfance bercée par le football, une carrière en dents de scie et un probable dernier mondial plus tard, Diego Forlán entre et s’installe confortablement dans le cercle fermé des meilleurs joueurs du monde. Retour sur la carrière de ce « sorcier blanc ».

Diego Forlan, et son trophée de meilleur joueur du Mondial 2010. Photo : jikatu.flickr.cc
Diego Forlan, et son trophée de meilleur joueur du Mondial 2010. Photo : jikatu.flickr.cc

Le football ? Diego est tombé dans la marmite quand il était petit, en Uruguay : un grand-père sélectionneur et un père international arrivé en quart de finale de la Coupe du Monde 1974. Même si le fiston penche pour le tennis jusqu’à 14 ans, il poursuit la tradition familiale et retrouve le ballon rond, son premier amour. C’est en Argentine qu’il est formé, par l’Independiente dans la banlieue de Buenos Aires, après un bref passage au centre de formation de l’AS Nancy-Lorraine. Lors de la saison 2000/2001, il marque 18 buts. De quoi attirer les regards des clubs européens : Sir Alex Ferguson le veut à Manchester United. Diego y pose ses valises en 2002.

Une carrière en dents de scie

L’Uruguayen ne brille pas à Manchester United, bien au contraire : deux saisons et demie et 13 buts. Les chiffres sont accablants. Sur le terrain, l’attaquant ne trouve pas sa place, se perd et déçoit. Le courant ne passe pas avec la Premier League, avec le coach, avec les supporters.
Villareal le recrute alors en 2004. Le talent parle ensuite : les trois premières années en Espagne sont des plus prometteuses. Il claque 54 buts en 106 matchs et est élu Pichichi de la Liga et soulier d’or, rien que ça. L’Atletico de Madrid ne s’y trompe pas et lui fait les yeux doux pour 21 millions d’euros afin de palier le départ de Torres vers Liverpool. A la pointe de l’attaque, Diego éclate : 66 buts en 102 matchs, pichichi, soulier d’or et double buteur en finale de l’Europa League que l’autre club de la capitale espagnole remporte. Dans son club, il est indispensable. Dans la sélection aussi.

Le coup du coeur du Mondial

Certes, il n’est pas champion du monde. Mais il a indiscutablement conquis le cœur du public et des observateurs. Dès qu’il touche le ballon, il effraie. Dès qu’il tire, il impressionne. Il marque 5 buts lors de ce Mondial 2010 dont certains seront à classer parmi les plus beaux du tournoi. Il est de la trempe de ces joueurs capables à eux seuls de faire gagner leur équipe. Intelligence dans le jeu et dans le placement – il est rarement hors jeu, généreux dans l’effort et capable de faire briller ses coéquipiers par des passes inspirées : Forlán, c’est le coup du coeur du tournoi. Discret et classe, même à 31 ans passés, le sorcier uruguayen a plus d’un tour dans son sac.