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Copa America : le retour de Messi

L’Argentine s’impose 3-0 contre le Costa Rica et valide ainsi son ticket pour les quarts de finale de la Copa America. Un joueur argentin sort du lot : Lionel Messi, tant critiqué dans son pays d’origine, a ébloui la rencontre qui relance l’Albiceleste et réconcilie le Ballon d’Or avec son public.

L’Argentine peut remercier Messi. Le meneur de jeu du FC Barcelone fut l’artisan majeur de la victoire contre le Costa Rica. Auteur de deux passes décisives et à l’origine de plusieurs actions dangereuses, il a emmené son équipe vers la victoire, synonyme de qualification. Il sert Agüero, très en jambes depuis le début de la compétition, à la 52è minute, puis Angel Di Maria à la 64è. Le public du stade Mario Alberto Kempes de Cordoba ne s’y est d’ailleurs pas trompé : acclamant en fin de match le « lutin », tant de fois sifflé et critiqué en Argentine. Ce match et cette réconciliation avec son peuple pourraient cette fois lancer enfin la carrière internationale du petit génie.

Les choix de l’entraîneur ont permis à Messi de trouver de la mobilité autour de lui : exit le milieu composé de trois joueurs défensifs. Di Maria, le milieu offensif du Real Madrid, est titulaire. En attaque Tévez et Lavezzi sont restés sur le banc, tandis qu’Agüero et Higuain sont associés à Messi, placé à droite mais laissé libre de ses mouvements. Cette Argentine-là a montré de belles choses, mais doit confirmer.

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Copa America : les gros doutent (bis)

Les matchs de cette Copa America 2011 se suivent et se ressemblent pour les 3 équipes phares desquelles on attendait beau jeu, spectacle et victoires. Argentine, Brésil et Uruguay sont à la peine dans leur groupe et affichent un visage bien triste, tandis que les petites équipes du continent sud-américain jouent crânement leur chance. Reste un match pour se qualifier et tenter encore d’y croire.

Contre la Colombie, l’Argentine s’en sort par un match nul. Ce n’est pas si mal compte tenu de la physionomie du match. L’Albiceleste a frôlé la correctionnelle, la Colombie pouvant se vanter de s’être procuré des occasions devant le but de Romero. Mais le plus troublant reste ce constat : jamais l’Argentine ne s’est montrée dangereuse, jamais elle ne fut capable d’inquiéter son adversaire. Le milieu de terrain manque clairement de créativité et Messi ne semble pas en mesure d’imposer son talent. Un coup franc raté et des relations compliquées avec ses co-équipiers : le Ballon d’Or a encore beaucoup de choses à prouver. Demain soir, l’Argentine devrait s’imposer pour se qualifier et se rassurer.

Les stars du Brésil avaient l’occasion de se racheter de leur médiocre rentrée dans la compétition en gagnant contre le Paraguay. Au lieu de ça, elles ont tremblé pendant 90 minutes et arrachent le match nul – 2-2 – in extremis, à la 90è minute grâce au revenant Fred, ex-lyonnais. Trop sûre d’elle et de son talent, la jeune équipe de Brésil l’a joué trop facile : pertes de balle trop nombreuses et manque de rigueur dans le dernier geste. Le Brésil s’est montré décevant, dépassé par la vitesse de certains joueurs paraguayens qui auraient pu, avec un peu plus d’expérience, l’emporter.

Même punition pour l’Uruguay, pourtant prometteur lors de son premier match. Un nul face au Chili qui s’ouvre la route vers les quarts de finale. La Celeste, après un bon début de match, n’est pas parvenue à conserver son avance. Tabarez devrait pouvoir compter sur ses deux attaquants Suarez et Forlán pour le dernier match des poules contre le Mexique. En revanche, la perle de Naples, Cavani sera forfait, touché au genou. De mauvais augures pour la suite ?

La manita du siècle

5 – comme les doigts de la main – buts à 0. Un score qui ne laisse place à aucune contestation. Le Barcelone de Guardiola, ultra-puissant, charmeur, envoûtant, intraitable et beau, nous a rappelé à quel point le football pouvait être jouissif. Face à une équipe en état de grâce, l’apathique Real Madrid du Spécial One n’aura jamais fait illusion. Le Clasico du siècle, ou comment le FC Barcelone continue d’écrire une superbe page de l’Histoire du football.

Il était annoncé comme l’opposition du siècle, entre deux ennemis intimes de l’Espagne, dont les affrontements sur les terrains relèvent parfois plus de politique que de sport. La Catalogne contre la Capitale : le Real Madrid est reparti humilié du Nou Camp, sans n’avoir jamais pu inquiéter les joueurs de Guardiola. La première estocade est portée par Xavi, ce diable de milieu intelligent et insaisissable. A peine 8 minutes de jeu, et le stade exulte. Pedro, 10 minutes plus tard, porte un second coup au moral des madrilènes. David Villa s’offre un doublé et Jeffren clôt le spectacle. Tout un symbole pour ce jeune joueur formé au club. 77% de possession de balle pour le Barça au bout de 40 minutes de jeu, plus de 63% à la fin du match. A un tel niveau, c’est tout simplement immense.

En face, le Real ne peut rien. Pour une raison affligeante d’évidence : les joueurs de Mourinho ne parviennent pas à récupérer le ballon, et quand, par hasard, ils sont en sa possession alors, ils enchaînent les maladresses. Passes ratées, contrôles manqués, mauvais choix et manques cruels d’inspiration. Özil, le jeune meneur de jeu, brillant lors de certains matchs, est transparent en première période, remplacé en seconde. Khedira et Xavi Hernandez incapables de récupérer un ballon. Même Cristiano Ronaldo, gonflé à bloc avant le match comme en témoignèrent les conférences de presse, n’est que l’ombre de lui-même. Si Mourinho a battu Barcelone l’an passé en Ligue des Champions avec l’Inter de Milan, ce fut grâce à un système de jeu ultra-défensif. Replacer Eto’o arrière latéral droit, ce n’est pas banal. Maintenant en poste au Real Madrid, le coach portugais a aligné une équipe en accord avec la philosophie offensive et joueuse de la Maison Blanche. De toute évidence, le Mou a encore du travail, ses joueurs également.

Les Barcelonais ont dansé sur les Ramblas, trinqué dans les bars, chanté une bonne partie de la nuit. Oubliée la crise financière pour quelques jours : la joie est immense et pas seulement car le rival fut fessé. Le jeu pratiqué par l’équipe catalane depuis quelques années est remarquable. 6 titres en un an, des victoires aux scores fleuves et de manière tellement fluide, intelligente et limpide. L’héritage d’un certain Cruyff, à qui Guardiola a rendu hommage après la rencontre ; le résultat d’une politique de formation de plusieurs années, à qui on doit le noyau dur de l’équipe (Inesta, Piqué, Busquets, Pedro, Puyol, Xavi…); le talent de certains, l’intelligence d’autres et toujours la rigueur tactique. Les raisons sont multiples, réunies pour offrir des phases de jeu remarquables. Avec le ballon : toujours en mouvement et à une touche de balle, simple en somme… Un milieu passe la balle et se déplace immédiatement pour créer des décalages entre les lignes et un attaquant multiplie les appels dans le dos des défenses, à la limite du hord-jeu. Sans le ballon : l’intelligence dans le placement et l’occupation du terrain donne parfois l’impression que la Barça joue avec deux joueurs de plus que son adversaire, l’empêchant de relancer et de construire son jeu. Le Barça joue et fait déjouer, remarquablement. Toutes les victoires et tous les titres avaient fait naître une question : le FC Barcelone est-il en train de devenir le meilleur club de football de l’histoire ? Alors, avant de crier à la perfection, il faudrait s’assurer de ne pas oublier le Real Madrid des années 50, l’Ajax des années 70, le Liverpool des années 80 et le Milan AC des années 90 : tous ces clubs qui ont révolutionné le football, autant par leur façon de concevoir le jeu et leur tactique, que par leur palmarès et les émotions qu’ils ont procurées. S’il est aujourd’hui une chose évidente : le Barça des années 2010 s’inscrit dans la droite lignée de ces clubs légendaires, et continue d’écrire de belles pages de l’histoire du football qu’on ne se lasse pas de regarder…

La Liga, là où on l’avait laissée

L’attente autour du championnat espagnol n’aura pas déçu lors de la saison 2009/2010. Certes, Barça et Real, les 2 gros historiques, ont dominé facilement les débats tandis que – 30 points plus bas – on se disputait les places européennes restantes ou bataillait gentiment pour ne pas descendre. Mais l’intérêt fut ailleurs. Entre recrutement estival 2009/2010 à coups de millions d’euros, clubs en sursis financier, résultats étonnants de petites équipes, ambitions affichées et désillusions à gérer : la saison fut riche… pas que sur le terrain. Une année en Liga, ou le triomphe d’un football tout en paradoxe.

Duo de tête

Ce ne fut une surprise pour personne : Barça et Real ont survolé la saison 2009/2010. Les deux clubs « phare » de la Ligua ont mené du début à la fin et aucun club n’est parvenu à rivaliser. Avec respectivement 96 et 95 points, ils n’auront pas été inquiétés par les poursuivants, loin derrière. Valence, 3è avec 68 points, n’a jamais pu espérer troubler le duo de tête dans la course à la 1ère et 2ème place. Les hommes de Guardiola et de Pellegrini ont monopolisé les premières places depuis la deuxième journée. Quasiment pas, ou peu de suspens donc, même si la luttre dura jusqu’à la dernière journée : le Barça gagne contre Valladolid tandis que le real ne peut faire mieux qu’un match nul conte Malaga. Certains doutent alors du véritable attrait de la Liga. A tort.

Pas de suspens, mais du talent

La domination sans partage du duo de tête ne doit pas faire oublier la qualité du championnat espagnol. Car quiconque à regarder des matchs a vu que la qualité était au rendez-vous. Avec des joueurs talentueux, la Liga accueille parmi les meilleurs internationaux de la planète : Luis Fabiano à la pointe de l’attaque sévillane, David Villa, attaquant de Valence ou encore l’Uruguayen Forlán, vainqueur de la Ligue Europa avec l’Atlético de Madrid. Villareal et Majorque également n’auront pas à rougir de leur saison : les deux clubs seront de retour sur la scène européenne l’an prochain.

Un échec galactique

L’été dernier, la présidence du Real de Madrid et ses transferts promettaient d’offrir une saison prolixe en titres. Pas moins de 6 arrivées… et aucun titre. Des recrues très coûteuses – Kaká (67,2 millions d’euros), Cristiano Ronaldo (94 millions d’euros), Karim Benzema (35 millions d’euros) – mais pas forcément à la hauteur. Le brésilien blessé n’a pas trouvé ses marques dans le schéma de jeu madrilène. L’attaquant français a passé plus de temps sur le banc que sur le terrain. En défense, Arbeloa et Albiol auront brillé par leur irrégularité. Reste le Portugais, Ballon d’Or 2009, qui a tenu à lui seul la maison blanche inscrivant 33 buts en 35 matchs. Il sonna les révoltes sur le terrain, se démena pour arracher les victoires, quitte à en devenir parfois individualiste et un brin agaçant… Mais malgré son talent immense, le Real n’aura décroché aucun trophée. Pire : le club de la capitale ne s’est pas hissé plus loin que les huitièmes de finale en Ligue des Champions, sorti par un Lyon pourtant prenable. Manuel Pellegrini, promis en début de saison à un grand avenir puis décrié tout au long de l’année, a peiné pour offrir une organisation tactique efficace à son équipe. Il ne sera pas parvenu à empêcher les joueurs à vocation offensive de se marcher sur les pieds souvent ni à organiser rigoureusement le secteur défensif. Que dire enfin de l’humiliation subie contre le club de 3è division d’Alcorcón en Coupe du Roi ? Battue 4-0 lors du match aller, le Real, incapable de gérer des tensions internes, a livré une prestation loin d’être à la hauteur du prestige du club et de ses recrues coûteuses. Les galactiques, ou la démonstration que les millions n’ont pas toujours raison.

Quand les Egos s’emmêlent

A coups de millions d’euros, la Liga a recruté des stars l’été dernier. Celles du Real auront connu quelques difficultés à jouer correctement ensemble. Si Ronaldo est rapidement devenu un meneur de jeu indispensable, Kaká n’est pas parvenu à s’imposer dans l’axe comme attendu. L’arrivée de Benzema, prometteuse, a déçu : l’ancien lyonnais effectue un bon début de saison mais est rapidement préféré à Gonzalo Highuain. S’adapter dans le club de la capitale n’est pas une mince affaire : Anelka et Zidane avaient subi un sort identique, en proie aux luttes internes dans le vestiaire, emmené par des cadres du club (Raúl ou Guti en tête). Il aura peut-être manqué au Real la capacité à assainnir les relations entre joueurs hors du terrain.

Un leader amoindri

Chez les ennemis barcelonais, il a aussi été question d’ego. En début de saison, Guardiola pousse Eto’o vers la sortie et recrute Ibrahimovic, aussi talentueux qu’individualiste. En pointe de l’attaque, il est capable de merveilles… si l’équipe joue pour lui. Exit l’attaquant camerounais au service de l’équipe. Résultat : le sudéois n’a pas brillé en liga, ni par ses buts, ni par son dévouement à l’équipe. La saison fut moins riche en titre qu’en 2008/2009 pour le club catalan qui certes remporte le championnat mais se fait sortir en huitième de finale de la Coupe du Roi contre le FC Séville et en demi face à l’Inter Milan en Ligue des Champions. Le Barça dû s’en remettre aux pieds du Messi argentin. Le jeune prodigue inscrit 34 buts en 35 matchs et réalisa des matchs de grande classe sur la scène européenne, notemment lors du match contre Arsenal en Ligue des Champions. Le FC Barcelone, malgré l’éclosion de jeunes talents en devenir, fut autant dépendant de Messi que le Real de Ronaldo…

L’Athlético Madrid au sprint

Le début de saison fut laborieux pour l’Atlético de Madrid. Enchaînant matchs nuls et défaites, l’autre club historique de la capitale ne se classe qu’à la 9ème place du classement. Mais la saison s’acheva mieux qu’elle ne commença, grâce à une victoire en Ligue Europa. Eliminant successivement le Galatasaray, le Sporting Portugal, Valence et Liverpool, les coéquipiers de Forlán et Agüero se sont défaits des londonniens de Fulham en finale après prolongations. Deux buts marqués par son buteur uruguayen de talent ont permis aux madrilènes de terminer la siason en beauté.

La Liga en faillite

Financièrement, la Liga va mal. Sur la saison 2008/2009, les 20 clubs du championnat cumulent 3,53 milliards de dette (d’après un rapport de l’université de Barcelone). Chaque année, le déficit de 44 millions du FC Valence est montré du doigt. Mais c’est certainement l’exemple de Majorque qui marquera les esprits à l’issue de cette saison. Le club des Baléares est qualifié pour la Ligue Europa, mais il n’est pas encore assuré de pouvoir défendre sa chance et de jouer un rôle sur la scène européenne : un déficit estimé entre 50 et 60 millions est sur le point de conduire le club à la faillite. Pour expliquer ces dérives financières, il faut regarder du côte des masses salariales, trop élevées et de l’endettement auquel les clubs ont recours pour recruter et renforcer les effectifs. La répartition des droits télé est aussi mise en cause. Reste que chaque année, les clubs espagnols sont contraints de vendre pour recouvrir les dettes… mais continuent à recruter, parfois très cher. L’accord de «fair play financier» défendu par Michel Platini ne prendra effet qu’en 2012.

Coupe du Monde 2010 : pas de quartiers…

Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay - Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc
Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay – Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc

Au terme d’un match épique, l’Uruguay se qualifie pour les demis. Le Ghana perd aux tirs aux buts mais peut s’en vouloir de ne pas avoir su saisir sa chance en prolongations. Gyan râte le penalty qui aurait envoyé une équipe africaine pour la première fois de son histoire en demi-finale de Coupe du Monde.
Point noir de la rencontre : l’arrêt – magnifique – de l’attaquant Diego Suarez de la main sur la ligne du but. Le but ghanéen aurait tout changer. Une action qui vient renforcer la polémique sur l’arbitrage, mais ne change rien pour le Ghana, éliminé.

Le Brésil a mal joué. C’est dit. Une seconde période aussi ratée que la première fut réussie. Sauf que les joueurs hollandais ne sont pas des peintres. Erreur du gardien brésilien et tête du petit Robben, étonnamment seul dans la surface de réparation : 2 buts pour les bataves, qui font oublier la superbe ouverture du score de Robinho. Les brésiliens n’y étaient pas, alors que beaucoup en faisaient les favoris. Dunga démissionne. 4 ans pour préparer le Mondial chez eux. Le talent ne suffit pas.

Il était difficile de parier sur un vainqueur entre l’Argentine et l’Allemagne. Alors prédire le scénario du match… L’Allemagne inflige une correction à l’Albiceleste : 4-0. Sans appel. Même le Pibe del Oro n’a pas bronché : aucune réaction tactique de sa part. Il s’en ai juste remis à son homme qu’il imaginait providentiel, comme il le fut, pour débloquer la situation : Messi. Mais l’Allemagne, bien en place, étonnée d’avoir le contrôle du jeu, a su quoi faire du ballon. 90 minutes et 4 buts plus tard, l’Argentine s’en va de la Coupe du Monde. Maradona partira ou pas ?

Ce fut loin d’être une formalité pour la Roja. David Villa libère les siens à la 83è minute, après que chacune des deux équipes a manqué un penalty. L’Espagne joue bien mais manque des occasions et n’est pas encore à son meilleur niveau, à l’image de sa vedette Fernando Torres, buteur fatigué. Toujours est-il que, sans éblouir et claquer des buts, la Championne d’Europe en titre est là. Le Paraguay, inconsolable, laisse passer sa chance.