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Les frères Gallagher : Definitely City

De Noel et Liam Gallagher, on connait leurs tubes qui ont marqué les années 90 : Wonderwall, Don’t Look Back in Anger, Roll With it … On connait également leur rivalité avec Blur, leurs affaires de drogues, leur caractère bien trempé. Ce que l’on sait moins, c’est que les leaders de feu Oasis sont également des supporters passionnés de Manchester City.

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Photo : freschwill.flickr.cc

Prisées des réalisateurs TV en quête d’un plan bouche-trou entre deux actions, les célébrités fan de football représentent, à l’image des associations de supporters, l’identité du club. Supporters de longue date ou fans arrivistes, leur image est associée à celle du club et chacune de leurs déclarations sur leur équipe de cœur est écoutée avec attention. Mais en France, ces « supporters-stars » manquent d’un certain… clinquant. Il suffit de traverser la Manche pour comprendre le fossé qui sépare les deux pays : là où le Paris Saint-Germain ou l’Olympique de Marseille peuvent pavoiser d’avoir respectivement Patrick Bruel et Matt Pokora comme fans assidus, Arsenal et Liverpool ont Mick Jagger et Daniel Craig pour supporters emblématiques. « Paint it black » plutôt que « Casser la voix » les Anglais ont définitivement plus de goût en musique. Mais dans ce domaine, la palme revient sans doute à Manchester City. Quelle équipe de football peut en effet se targuer d’avoir les poids-lourds de la Britpop comme supporters ? Les frères Gallagher, anciens membres du groupe Oasis, sont des Citizens pur sang. Retour en arrière sur les Rock’n’Roll Star du football mancunien.

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Couverture du NME du 12 août 1995 (Photo : vblurpage.com)

Le football comme échappatoire à l’école

La scission d’Oasis un soir de Rock en Seine en 2010 nous a bien prouvé une chose : les liens familiaux sont loin d’être indestructibles. Après une énième bagarre en coulisses, Liam et Noel avaient brusquement décidé de mettre un terme à leur collaboration, au grand dam des festivaliers qui noyèrent leur chagrin dans le ska entraînant de Madness. Si les Gallagher ne se sont toujours pas rabibochés depuis, il y a bien une chose à laquelle ils jureront fidélité toute leur vie : Manchester City. L’histoire d’amour remonte, comme souvent, à l’enfance. Thomas Gallagher, immigré irlandais et père des futurs trublions de la scène Britpop, avait choisi à son arrivée les Citizens comme équipe de cœur, non pas pour ses valeurs, ni pour ses joueurs mais par simple esprit de contradiction, le reste de la famille étant acquise à la cause des Red Devils de Manchester United. Le goût pour les querelles fratricides semble être dans le sang chez les Gallagher…

Liam et Noel, emmenés par l’irréductible père, goûtent rapidement aux joies des tribunes de Maine Road, l’ancienne enceinte des Citizens. Noel, l’aîné des deux frangins, s’installe pour la première fois dans la tribune Kippax en 1975. Alors âgé de 7 ans, il assiste à une franche victoire des siens face à un Newcastle atomisé 5 buts à 1. « Assister », le mot est fort : entre son petit gabarit et l’ambiance survoltée qui emporte la tribune à chaque attaque mancunienne, il n’aura vu qu’un seul but lors de ce match, celui de Malcolm Macdonald, joueur de… Newcastle United ! L’essentiel est de toute façon ailleurs pour le guitariste. La Kippax Stand, originellement appelée The Popular Side, a tout de l’archétype d’une tribune anglaise.

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A gauche, la tribune Kippax en 1985 (Photo : Creative Commons)

Entre le toit qui surplombe les spectateurs, l’absence d’éclairage, les tôles amiante-ciment, la tribune était à des années-lumière de celles de l’Etihad Stadium, l’actuel stade des Citizens:

« De nos jours, les supporters ne chantent plus beaucoup. Dans les années 70, l’ambiance était assourdissante dans la Kippax. C’était comme si les chants sortaient directement des enceintes. »1

Les règles de l’époque étaient aussi bien différentes : l’alcool était encore toléré dans les stades et les supporters visiteurs, n’ayant pas de tribune attitrée, étaient contraints de se mélanger avec les locaux. Des bagarres entre supporters éméchés aux coupes à la « Rod Stewart », les frères Gallagher en voyaient régulièrement dans la Kippax Stand. Noel regrette d’ailleurs de voir son football se transformer en un sport aseptisé :

« Les joueurs, dans les années 70, étaient des gars qui allaient au pub avant les matchs, qui fumaient des cigarettes et qui aimaient parier sur des chevaux alors qu’aujourd’hui, les joueurs sont juste des robots programmés. Tu vois Alan Shearer et tu te dis qu’il est la personne la plus ennuyeuse au monde. »2

Les premiers souvenirs footballistiques de Liam remontent surtout à l’école primaire de Saint Bernard’s, dans le quartier mancunien de Burnage :

« Monsieur Walsh récupérait des places à la fin de chaque mois et invitait certains élèves de notre classe. (…) A l’époque, on gagnait que dalle mais il ne s’agit pas seulement de la victoire. »3

Cet instituteur avait vite compris que Liam, 8 ans, n’avait cure des cours :

« Toi, l’école, c’est pas ton truc. Et comme tu n’es pas né dans les dorures du château de Westminster, si tu veux t’en sortir dans la vie, sache que tu as trois solutions : soit tu fais le con et tu fileras en prison, soit tu es très bon des deux pieds et Manchester City te tend les bras, soit tu formes un groupe de rock n’roll, les Anglais ont toujours adoré ça ! »

A défaut de lui avoir donné goût de l’école, Walsh aura au moins eu le mérite d’avoir vu juste.

Burnage
Burnage, plein soleil (Photo : raver_mikey.flickr.cc)

C’est à leur entrée au collège que les frères commencent à fréquenter régulièrement le stade de Manchester City. Dès ses 12 ans, Noel ne manque pas un match des Citizens à domicile. Lors de la relégation du club en seconde division en 1983, « The Chief » (surnom de Noel pour son statut de leader d’Oasis) participe à tous les déplacements de Manchester City pendant les deux années passées dans l’antichambre de l’élite britannique. Noel n’hésite pas à faire l’école buissonnière pour rejoindre ses compères des Guv’nors et de The Maine Line Service Crew, groupes hooligans réputés pour leur violence, à bord de trains bon marché (2 £ le trajet) vers Leeds, Barnsley ou Ipswich :

« Les stades où on allait, il y a une vingtaine d’années, étaient dangereux, notamment lors des matches nocturnes à Leeds ou dans des villes de ce genre-là. On se demandait à chaque fois si on allait en revenir vivant. »5

Les Gallagher, à boulets rouges sur les Red Devils

Comme tout bon Citizen, les Gallagher ne manquent pas à l’un de leurs principaux devoirs : honnir les diables de Manchester United. Impossible de parler des liens qu’entretiennent les deux frangins avec le football sans parler de leur haine acrimonieuse de tout ce qui touche à l’autre équipe de Manchester. Tout au long de leur vie, ils ont pris grand soin de respecter ce précepte transmis par atavisme paternel. A l’idée d’une future reprise de City par des fonds émiriens en 2008, Noel s’était réjoui de cette nouvelle et s’était fait un malin plaisir à railler son meilleur ennemi :

« Pour être honnête, je ne vois aucun inconvénient [à l’arrivée de fonds d’investissement d’Abu Dhabi]. Ce sera sympa de penser que chaque litre d’essence acheté par des supporters de Manchester United financera notre cagnotte. »6

Leur aversion ne s’arrête pas là. Les Gallagher sont passés maîtres dans l’art d’invectiver des joueurs des Red Devils, au plus grand bonheur des fans de City. Les 26 et 28 avril 1996, Oasis, alors au firmament des charts britanniques, investit Maine Road, terre des Citizens, devant 80 000 personnes dans une ambiance survoltée. Ryan Giggs, sans doute enhardi par son statut de joueur cadre de Manchester United, appelle Liam quelques jours avant la première date pour lui demander des invitations. Le cadet des Gallagher, dans un élan purement rock’n’roll, l’éconduit de la plus belle des manières en lui disant d’aller « se faire foutre » et d’acheter lui-même ses places7.

 

Classe toujours, Noel préfère détourner les guitares de certains Red Devils. En 2007, la femme de Wayne Rooney, Coleen, demande au musicien de dédicacer la guitare de l’attaquant anglais pour ses 22 ans. En compagnie de Gem Archer, guitariste d’Oasis et de Beady Eye, il en profite pour peindre l’instrument de musique de la couleur bleu ciel, celle des Citizens, et d’y apposer, parmi d’autres messages, un affectueux « Joyeux anniversaire Bob l’Eponge. »

Liam Gallagher et Rooney
Coleen à Rooney pour ses 22 ans : « You gotta roll with it » (Photo : outsidersmusica.it)

Gary Neville, quelques années plus tôt, s’était lui aussi frotté au caractère de Noel en retrouvant sa guitare taguée d’un knobhead (tête de bite en anglais) pour son anniversaire. La vengeance étant un plat qui se mange froid, l’actuel entraîneur adjoint de la sélection anglaise lui a rendu la pareille sur Twitter en détournant les paroles de Fade Away, une face B d’Oasis :

«’While we’re living the dreams we have as children fade away’ Not if you support United !» (‘Pendant qu’on vit, les rêves, que l’on avait plus jeune, disparaissent’ A part quand on supporte United !).

A la découverte de ce tweet, Noel ne s’est pas fait prier pour le commenter, dans un style bien à lui :

« Je me sens violé. Si Monsieur Neville continue d’utiliser les écritures sacrées d’Oasis quand il communique avec la population cockney, je serais contraint d’aller au Chesire en plein milieu de la nuit pour entrer par effraction dans sa maison. Je l’attacherais à une chaise, le forcerais à écouter le best of de Simply Red pendant que je retire sa ‘stache un poil à la fois (avec mes dents), que je libère les CDs d’Oasis et que je chie dans son sac à main. Tu es prévenu ! »8

Citizen un jour, Citizen toujours

Malgré les enregistrements et les tournées de leurs groupes respectifs, Beady Eye pour Liam et Noel Gallagher’s High Flying Birds pour Noel, les deux frangins manifestent encore un amour intact pour Manchester City et restent des supporters actifs du club anglais. Au point de causer quelques grabuges en tribunes. Lors du match de Ligue des Champions Real Madrid-Manchester City en septembre 2012, Liam a été escorté à l’extérieur du stade Santiago Bernabéu. La raison ? Elle reste encore floue : certains affirment qu’à l’ouverture du score de Dzeko, il aurait été ivre de joie jusqu’à avoir embrassé une stewardess. D’autres parlent plutôt d’une simple bise mais indiquent également qu’il aurait éructé un énorme « Fuck, I’m off » (Fais chier, je me barre), ce qui aurait inquiété les forces de l’ordre… En cas de victoire, Liam montre cependant un tout autre visage. A l’occasion du derby de Manchester remporté par les Citizens en mai 2012, l’ancien chanteur d’Oasis avait fait irruption dans la salle de presse de l’Etihad Stadium, devant les regards ébahis des journalistes, pour tancer un Alex Ferguson « au whisky » et « aveuglé par les projecteurs du stade » mais surtout pour féliciter Vincent Kompany, capitaine et unique buteur du match, d’un succulent « Vive le Belgium. »

 

Les actionnaires émiriens ont flairé le bon coup médiatique : les frères Gallagher apparaissent régulièrement dans plusieurs collaborations avec le club des Citizens. Pour la présentation du maillot 2011/2012, Liam, en compagnie de son groupe Beady Eye, avait par exemple dévoilé une version inédite de la chanson The Beat Goes On, agrémentée d’une introduction reprenant Blue Moon, chanson phare des supporters de City.

 

Dans d’autres vidéos du club, on peut voir un Noel interviewer Mario Balotelli, désormais attaquant de Milan, ou encore exulter lors de l’épique et mémorable victoire face à QPR en juin 2012 dans un bar au fin fond de Santiago au Chili. Leur chanson Roll with it a même été reprise, depuis la victoire en FA Cup en 2011, par le club pour être diffusée à la fin de chaque match à domicile. Mais le plus grand fait d’arme que les frères Gallagher aient réalisé pour le club, c’est celui d’avoir mis un terme à l’aventure musicale d’Oasis. C’est en tout cas ce que pense le cadet des Gallagher : « Quand Oasis était au top, City faisait de la merde. Mais maintenant qu’on s’est séparés, City se débrouille bien. »9 De quoi mettre du baume au cœur à leurs groupies qui pourront se consoler avec Manchester City ?

Notes :

1 2 5 My old man said be a City fan…, The Observer, 6/01/2000

3 Liam Gallagher: Sing When You’re Winning, FourFourTwo, 10/03/2010

4 Liam Gallagher, Surface n°25

6 Noel Gallagher taunts United over City takeover, Metro UK, 03/09/2008

8 Noel Gallagher gives Gary Neville a volley, The Sun, 11/05/2012

9 Liam Gallagher: ‘Oasis split has helped Manchester City‘, NME, 01/03/2010

Les clubs de football les plus riches du monde

Roulement de tambours, tada : en cette période dite de crise, les comptes ont été faits par l’entreprise financière Deloitte comme chaque année, dévoilant la liste des clubs de football les plus riches du monde : un français dans les 10 premières places, surtout trustées par les clubs anglais.

Supporters de Manchester United devant Old Trafford. Phito : jesus-leon.flickr.cc
Supporters de Manchester United devant Old Trafford. Photo : jesus-leon.flickr.cc

Le classement annuel de l’entreprise financière Deloitte dressant la liste des clubs de football les plus riches du monde pour les revenus de la saison 2012/2013 est sans appel : l’Angleterre est la place financière forte et dominante du football mondial. 6 clubs de Premier League se classent dans le top 20 : Manchester United et City, Chelsea, Arsenal, Tottenham et Liverpool.

L’omniprésence anglaise

Manchester United, pour la première fois de son histoire, sort du trio de tête, au profit du champion d’Europe le Bayern Munich, dont le modèle économique est souvent pris en exemple. Les revenus du géant allemand ont augmenté de 17% par rapport à la saison précédente.
Malgré une saison vierge, l’autre club de Manchester connaît une progression importante de ses revenus : il se classe 6ème. L’accord commercial fructueux avec Etihad Airways est certainement la raison de cette augmentation, ainsi que les revenus dus à la billetterie.
Chelsea enregistre une légère baisse alors qu’Arsenal voit ses revenus augmenter de 4% : propriétaire de son stade et gestionnaire hors-pair, certains observateurs voient le club du nord de Londres devenir l’équipe la plus riche du monde dans un futur plus ou moins proche.

La domination espagnole en tête

Les deux premières place du classement sont toujours détenues par les espagnols : Real Madrid et FC Barcelone. Ces géants du football mondial restent loin devant leurs concurrents. Sans augmenter leurs revenus, ils ne perdent rien non plus : grâce à des politiques de communication et marketing qui en font les équipes les plus célèbres et aimées sur tous les continents.

Un club français dans le top 5

La progression la plus importante est celle réalisée par un club français : le PSG se hisse pour la première fois de son histoire dans le top 5. Ses revenus ont augmenté de 81% grâce à l’arrivée des investisseurs qataris. Une position partie pour durer : les stratégies commerciales et sportives mises en place vont dans ce sens. La pige de Beckham, l’argent investi pour le recrutement de joueurs stars dans les championnats étrangers, les ambitions affichées de tout gagner et surtout d’aller le plus loin possible en Ligue des Champions : le PSG ne devrait pas céder sa place facilement.

Un œil sur…

De l’Angleterre à la Grèce, de Rooney à Govou, un week-end de foot qui s’annonce plus prometteur. Ce qu’il ne faudra pas louper.

Le match du week-end. Manchester City-Arsenal. Le deuxième contre le troisième. 3 points séparent les deux clubs qui jouent gros : c’est l’occasion pour les Gunners de rester dans la course pour le titre. Mais surtout, les petits jeunes d’Arsenal ont des choses à prouver. Malmenés depuis plusieurs saisons par les grosses équipes du championnat, les hommes d’Arsène Wenger doivent saisir l’occasion pour s’imposer face à un gros calibre. Tévez ne l’entendra pas de cette oreille : l’argentin fait un début de saison de grande classe, délivre les siens souvent. Adebayor a fait un retour fracassant en Ligue Europa, inscrivant un triplé contre le Lech Poznan. S’il lui prend l’envie d’aller chambrer ses anciens co-équipiers de Londres, nul doute que le spectacle sera au rendez-vous. Rendez-vous dimanche à 17h.

Le joueur du week-end. Samuel E’too. D’accord, Gareth Bale de Tottenham a inscrit 3 buts « playstation » en 45 minutes contre l’Inter. Chapeau. Mais ce match en Ligue des Champions fut l’occasion pour E’too de briller encore une fois. Alors, juste pour le plaisir, le match contre la Sampdoria (7ème) sera le pretexte pour se délecter devant l’un des meilleurs joueurs africains de tous les temps. Rendez-vous dimanche soir à 20h45.

Le derby du week-end. AEK Athènes contre le Panathinaïkos, le derby d’Athènes. Un choc historique d’autant que les deux équipes sont respectivement 3ème et 2ème. Une rencontre importante pour la suite du championnat, dans les ambiances bouillantes des stades grecs. Boumsong et « Whiskey-coca » (surnom affectueux attribué à Sidney Govou) pour le premier gros derby, dimanche, 19h30.

L’entraîneur du week-end. Claude Puel. Oui, parce que Lyon a beau se ressaisir, Claude n’est pas certain de terminer la saison. Le président Aulas a repoussé l’échéance jusqu’au 27 octobre pour son entraîneur. Certes, Arles-Avignon n’est pas en mesure de menacer l’OL, mais Claude Puel n’est toujours pas en odeur de sainteté. Bon, à suivre pour la stratégie communication du coach, et celle du président, maître en la matière.

La polémique du week-end. Wayne Rooney et Manchester United, ou le jeu du chat et de la souris. Il a dit qu’il voulait partir. Et puis finalement, il a signé un contrat pour 5 ans. Un seul but sur penalty depuis le début de la saison, la Une des tabloïds pour ses frasques extra-conjugales et du coup, le mauvais caractère de Wayne, chahuté par les supporters, reprend le dessus. Le « je t’aime, moi non plus », à la sauce british, semble pourtant terminé. Mouais.