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France/Pays-Bas : des certitudes

La victoire de l’équipe de France 2-0 contre les Pays-Bas en match amical hier soir a apporté son lot de certitudes dans la composition des Bleus. Capable de garder le bon état d’esprit affiché contre l’Ukraine, l’équipe de Deschamps prend forme et nul doute que la plupart des alignés d’hier seront ceux de demain au Brésil.

Blaise Matuidi. Photo : calciostreaming.flickr.cc
Blaise Matuidi. Photo : calciostreaming.flickr.cc

Lloris, premier gardien

Fort d’une bonne saison à Totenham, Hugo Lloris, auteur d’un bon match hier, sera le gardien des Bleus à la prochaine Coupe du Monde au Brésil. Un arrêt autoritaire devant Robin Van Persie l’attaquant Manchunien, des prises de balle faciles mais rassurantes et un bon jeu au pied : Lloris, le capitaine de l’équipe de France est pour le moment une valeur sûre. Mandanda en deuxième gardien. Reste le troisième gardien : Ruffier, Landreau ou Carrasso ?

La défense

Celle d’hier a convaincu, par son calme et son assurance : Evra (remplacé par Digne en seconde période) – Mangala – Varane – Debuchy.
Il paraît peu probable que Mangala soit titulaire au Mondial 2014 : ce rôle devrait revenir à Koscielny blessé hier, pourtant contesté pour les nombreux penalties qu’il concède. Pour autant, il ne faut pas oublier Sakho : l’ancien parisien actuel joueur de Liverpool, a repris l’entrainement après une longue blessure. S’il est capable de retrouver ses capacités physiques, il sera également un postulant sérieux en défense centrale, au côté de Varane.
Le madrilène, ancien lensois, semble en effet indiscutable en libéro. Serein, il est capable de relances impeccables, d’apporter le surnombre sur les corners en attaque grâce à son excellent jeu de tête.
Debuchy, à droite, auteur d’une passe décisive hier soir, a certainement poussé Sagna sur le banc. Evra, à gauche, devrait rester titulaire, malgré la venue de Digne et sa bonne rentrée hier. Sauf surprise.

Le milieu

C’est certainement la principale certitude de cette équipe de France : Matuidi – Cabaye – Pogba au milieu du terrain sont intouchables. Ces trois là tiendront le milieu au Brésil l’été prochain : impossible à contester. Forts dans la récupération et dans l’orientation du jeu, ils sont en prime capables de se projeter et d’apporter un plus en attaque.
Matuidi inscrit un but superbe hier, symbole de ce qu’il est capable d’amener grâce à ses dépassements de fonction. Les Bleus ont besoin de Pogba, certes moins performant en ce moment avec la Juventus, mais impérial dans la récupération et la projection rapide. Enfin Cabaye, capable de frappes lointaines utiles pour débloquer certaines situations, oriente intelligemment le jeu.

L’attaque

En pleine forme avec le Real Madrid, Benzema a retrouvé sa place de titulaire sous le maillot français. Auteur d’une magnifique reprise de volée hier, il (re)marque et surtout apporte ses qualités techniques dans le jeu. Difficile d’imaginer Giroud, pas au top avec Arsenal, venir le titiller.
Reste 2 places, 3 joueurs : Valbuena, Ribéry, Griezmann. Ribéry et Valbuena ont une longueur d’avance et devraient être titulaires. Griezmann, auteur d’excellentes prestations avec son club la Real Sociedad, s’est fait une place dans l’effectif bleu pour le Mondial 2014. Une bonne première période hier soir et une bonne intégration dans le groupe : il pourrait être préféré à Rémy en remplaçant numéro 1, surtout qu’il est capable d’évoluer à gauche comme à droite.

La tactique

4-3-3 : c’est dans ce schéma de jeu que les Bleus ont réalisé leurs meilleures performances sous l’ère Deschamps. Cette tactique permet d’exploiter au mieux les individualités qui composent le groupe. Difficile d’imaginer le sélectionneur changer une formule qui porte ses fruits. Une certitude de plus, et non des moindres.

Bonus track : les deux buts du match.

Cabaye, la bonne idée du PSG ?

Convoité cet été par Arsenal, et plus récemment par le Manchester United de David Moyes, Yohan Cabaye, à 28 ans, fait enfin le grand saut. Après un exil anglais de deux ans et demi, le voilà de retour dans l’hexagone, du côté du Paris Saint-Germain. Transféré pour au moins 20 millions d’euros, Cabaye est assurément une recrue de choix pour le club de la capitale. Mais dans un secteur déjà bien fourni, tant qualitativement que quantitativement, l’arrivée de l’ancien lillois soulève bien des interrogations.

cabaye newcastle
Cabaye, nouvelle recrue du PSG

Il fut un temps où le mercato hivernal était une période redoutée par les supporteurs parisiens. Semak, Souza, Everton Santos… La liste des transferts hivernaux ratés est longue comme un bras au Paris Saint-Germain (et pour beaucoup d’autres clubs français). Mais depuis l’arrivée de QSI à la tête de la direction parisienne en 2011, la donne a quelque peu changé. Finis les transferts sibyllins, place au clinquant ! Maxwell, Alex et Motta à l’hiver 2012, Lucas et Beckham en 2013 et désormais Cabaye. Lubie de Laurent Blanc qui en faisait sa priorité cet hiver, le désormais ancien joueur de Newcastle aura néanmoins fort à faire au PSG.

Priorité de Laurent Blanc

L’international français devra tout d’abord se trouver une place dans un secteur où la concurrence est rude : le trio Verrati-Motta-Matuidi semble indétrônable tant leur maîtrise au milieu est impressionnante depuis le début de la saison. Sur le banc, l’émergence d’Adrien Rabiot, certes blessé pendant quelques semaines, et le retour de Javier Pastore, qui enchaîne des prestations convaincantes depuis le début de l’année civile, vont donner du fil à retordre au néo-parisien. Alors, forcément, une question taraude l’esprit de tous les footeux : que vient-il faire au PSG ? Zlatan et Thiago Silva, après avoir été consultés par le président Nasser al-Khelaïfi, n’avaient ainsi pas hésité à manifester leur circonspection à cette arrivée. La direction elle-même semblait réticente à l’idée de dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros sur un joueur de 28 ans qui n’a pas encore fait ses preuves dans un club de très haut niveau. Mais sans doute convaincu par les résultats et surtout par l’insistance de l’entraîneur parisien, Nasser a cédé finalement à la doléance de Blanc en sortant le chéquier.

Cabaye a le mérite de présenter un profil intéressant pour le PSG. Après son transfert à Newcastle en 2011, on le pensait perdu aux oubliettes. Transféré pour seulement 6 millions d’euros à l’époque, nombre de spécialistes français déploraient de voir un tel joueur quitter la Ligue 1 pour un club anonyme de la Premier League alors que des clubs comme l’OM et le… PSG manquaient clairement d’un joueur technique dans l’entrejeu. Et pourtant, en l’espace de deux ans et demi, l’ancien Lillois en a étonné plus d’un. A commencer par les Anglais : le milieu français s’est vite imposé comme une valeur sûre du championnat. Dans les travées de Saint James’ Park, Cabaye est devenu la coqueluche des Novocastriens et surtout le porte-drapeau d’un recrutement français qui porte ses fruits dans la ville du Tyne and Wear. Au contact du jeu britannique, l’ancien lillois a su élargir sa palette de jeu. On l’avait laissé technique et classieux, on le retrouve plus hargneux et incisif dans les duels. L’Angleterre l’a transformé en un joueur « box-to-box » dont la France manque cruellement dans son équipe. Cabaye est désormais capable de descendre d’un cran sur le terrain, à l’image de ses dernières prestations avec les Bleus, pour endosser un rôle de 6 à la fois juste dans ses passes et agressif dans ses interventions. Il sait également se muer en redoutable buteur : 7 buts inscrits en 19 matches depuis le début de la saison.

Cabaye, vraiment utile pour le PSG ?

La qualité du joueur n’étant plus à prouver, il reste désormais à comprendre son utilité dans un effectif parisien pléthorique. Son arrivée est en premier lieu bénéfique du simple point de vue quantitatif : avec 6 joueurs pour 3 places sur le terrain, Laurent Blanc voit les postes de son milieu doublés, à l’image de ce qui se fait dans les plus grands clubs européens. Encore engagé dans trois compétitions (Ligue des Champions, Ligue 1 et Coupe de la Ligue), le Paris Saint-Germain aura tout intérêt à faire tourner son effectif lors de matches de moindre importance. L’arrivée de Cabaye arrive donc à point nommé pour le leader de la Ligue 1, d’autant plus que le joueur sera qualifiable pour la Ligue des Champions dès les huitièmes de finale face au Bayer Leverkusen. Difficile en revanche de deviner dans quelle mesure l’ancien lillois jouera sous les ordres de Blanc. Entre un Motta qui effectue sa première saison complète (jusque-là), un Verratti qui monte en puissance et un Matuidi à l’engagement irréprochable, on ne voit pas vraiment où l’ancien joueur de Newcastle trouvera une place de titulaire indiscutable. Le premier semble intouchable tant les prestations de l’équipe dépendent de sa présence. L’entraîneur du PSG pourrait donc instaurer un turnover, lors des matches cruciaux notamment, entre Verratti, Matuidi et Cabaye. Si Laurent Blanc a l’intention de mettre en place un jeu offensif, il pourrait se tourner vers un milieu composé de Verrati-Motta-Cabaye plutôt qu’un Verrati-Motta-Matuidi voire un Cabaye-Motta-Matuidi. Si l’un des trois joueurs actuellement titulaires devait laisser sa place au nouveau venu, Matuidi, qui pêche dans la finition et dans la dernière passe, risquerait bien de faire les frais de l’arrivée d’un Cabaye capable de distiller des passes longues et précises de sa moitié de terrain.

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Matuidi, victime collatérale de l’arrivée de Cabaye ? (Crédits : Creative Commons)

Une autre explication pourrait plutôt se trouver dans un avenir plus lointain. L’effectif parisien va sans doute être remanié à l’issue de cette saison : Matuidi, qui est en fin de contrat en juin 2014 et donc libre de s’engager où il veut, est ardemment courtisé par plusieurs clubs du gotha européen ; Verratti ne se disait pas contre un retour au bercail, surtout si la Juventus en fait sa priorité pour un remplacement sur le long terme de Pirlo ; et avec Thiago Motta, qui atteindra les 32 ans en août prochain, les dirigeants parisiens feraient bien de penser à une alternative plus jeune.

Le dindon de la farce pourrait donc bien être Cabaye. Si son adaptation tarde à voir le jour, il y a de fortes chances qu’il passe la deuxième partie de saison sur le banc avec un statut de remplaçant de luxe. Alors qu’il était au meilleur de sa forme outre-manche, il a pris un énorme risque en rejoignant un effectif déjà huilé et rompu aux consignes de son entraîneur. A quelques mois de la Coupe du monde au Brésil, nul doute que Deschamps va scruter ses prestations avec attention.