Archives par mot-clé : Nazional Manschaft

L’Europe sur le toit du monde

A la fin des poules, les équipes européennes semblaient avoir perdu de leur prestige. A la veille de la finale, force est de constater que le Vieux Continent domine le football mondial. Pays-Bas et Espagne s’affrontent pour la finale, Allemagne et Uruguay lors de la petite finale. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du Monde, un pays européen est sur le point de s’imposer en dehors de son continent.

Un Pays-Bas outsider…

Les bataves laissent une impression bizarre. Certes, ils ont gagné tous leurs matchs mais ils semblent fragiles dans bien des secteurs de jeu : le milieu de terrain et la défense ne se sont pas trouvés contre l’Uruguay. Alors, les points forts des Oranje sont ailleurs : des individualités talentueuses en attaque, Robben, Sneijder, Van Persie pour ne citer qu’eux. Entre la fougue des jeunes et l’expérience des plus anciens, les Pays-Bas ont de quoi surprendre : c’est bien Van Bronckhorst, 35 ans, qui débloque la situation contre l’Uruguay d’une frappe sublime. Tout un symbole. Le filou de 33 ans, Mark van Bommel, apportera lui aussi son expérience – et ses coups. Et puis, il y a le mental. Bien décidés à laver les affronts des deux finales perdues, les joueurs bataves semblent capables de beaucoup et prêts à tout.

… contre un grandissime favori.

David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc
David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc

L’Espagne est favori depuis le début du Mondial. Malgré de courtes victoires (1-0) depuis les huitièmes, la Roja semble en mesure de tenir son rang, grâce à son milieu de terrain, le meilleur du Mondial – et ce ne sont pas les Allemands qui diront le contraire : Xavi, Iniesta, Xabi Alonso et Busquets. La talentueuse Nazional Manschaft n’y a pas résisté. D’autre part, il semblerait que le gardien espagnol soit de retour : Iker Casillas sort un penalty et plusieurs beaux arrêts en quart et en demi. Reste l’énigme Fernando Torres. Il n’est pas titulaire contre l’Allemagne, conséquence de performances mitigées depuis le début du Mondial. Pedro lui est préféré et pour cause : le jeune catalan réussit un très bon match, malgré une occasion complètement gâchée en fin de partie. Une méforme qui profite à David Villa – un joyau, sauveur ou diamant, comme il vous plaira… Villa c’est 5 buts depuis le début du Mondial – comme Sneijder – et des beaux! Un mental d’acier et un talent fou. Si Villa va, la Roja gagnera…
Bon et puis Paul le Poulpe l’a dit. Alors…

Petite finale, grandes équipes

Uruguay et Allemagne s’affrontent tout à l’heure pour la petite finale. Coups de tête sent la formation de Löwe un brin supérieure, un brin favorite. Mais l’Uruguay a tellement de coeur et quelques très bons joueurs (Forlán, Caceres…), que le doute est permis. N’est pas Paul le Poulpe qui veut…

Coupe du Monde 2010 : les qualifiés pour les huitièmes

On connaît les qualifiés pour les huitièmes de finale de la première Coupe du monde de l’histoire sur le continent africain. A mi-parcours, le constat est là : l’édition 2010 restera dans les annales à plus d’un titre. Des évidences, certes ; de grosses surprises, surtout.

L’AMERIQUE CONQUERANTE

La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l'Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc
La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l’Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc

C’est simple : à part le Honduras, toutes les équipes du continent américain engagées seront en huitième. Des favoris (Argentine, Brésil) aux outsiders (Uruguay, Mexique, Paraguay, Chili et Etats-Unis), elles seront toute là. Comme un message pour l’Europe des stars, c’est, outre un savoir technique et tactique maîtrisé, leur collectif solidaire qui les aura amenées là, parfois sur le fil du rasoir et avec difficultés. L’Argentine tient son rang et son jeu est certainement le plus léché et agréable. Le Brésil un peu moins serein que prévu se qualifie sans trop forcer. Au courage pour les autres, le continent américain sera dignement représenté…

L’AFRIQUE A LA RAMASSE

Sur 6 équipes africaines engagées, une seule est parvenue à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le continent attendait beaucoup de ses sélections emmenées par des stars mondiales. Pas de miracle pour la Côte d’Ivoire de Drogba et le Cameroun de Samuel Eto’o. Fin du Mondial. Faible techniquement, le Nigéria a tout bonnement déçu et l’Algérie, inexpérimentée, n’a pas réussi à réitérer les exploits de la qualification. Enfin l’Afrique du Sud, malgré le soutien de son peuple et des vuvuzélas, est la première équipe hôte à ne pas atteindre les huitièmes. Les Bafanas-Bafanas ont tout de même terminé leur Mondial sur une victoire contre la France. Dans un groupe serré, le Ghana se qualifie grâce à une victoire contre la Serbie, un match nul contre l’Australie et une défaite contre l’Allemagne. Les sélections africaines doivent revoir leurs copies.

L’EUROPE A BOUT DE SOUFFLE

14 sélections européennes engagées, 6 qualifiées, dans la difficulté. Fatigue des joueurs, suffisance, système de jeu trop connu et facile à contrer : il y a des raisons. L’Angleterre de Capello se qualifie dans la douleur. La presse anglaise avait pourtant titré au lendemain du tirage au sort « EASY », qualificatif attribué au groupe réunissant l’Algérie, la Slovénie et les Etats-Unis. Confiance, supériorité… L’Allemagne commence en trombe en infligeant un 4-1 indiscutable à l’Australie. Mais contre les Serbes, médiocres, la Nazional Manschaft ne peut même accrocher le match nul. Il faut une courte victoire contre le Ghana pour permettre à l’Allemagne de rejoindre les huitièmes, non sans mal. Le premier match de l’Espagne fit l’effet d’une bombe : la Roja défaite contre la Suisse, par le plus petit des écarts. Un jeu parfois stéréotypé de la sélection que les observateurs voient déjà championne du Monde : passe courte en une touche de balle, qui n’est pas sans rappeler le Barça. Comme un symbole, la Suisse se la joue Inter de Milan, ultra-défensive, ultra-disciplinée, laissant le ballon aux espagnols, attendant le contre. Un coup de tonnerre pour les joueurs ibériques, arrivés sur la pelouse pleins de certitude. Les hommes de Vicente del Bosque se reprennent et se qualifient pour les huitièmes. Rassurés, pour l’instant. Ce fut plus simple pour les Pays-Bas et le Portugal. Les Hollandais assument pour l’instant leur statut de favori, assurés dès le deuxième match de poursuivre la compétition. Dans le groupe de la mort, le Portugal fait jeu égal avec le Brésil, tient en échec la Côte d’Ivoire et lamine, 7-0, la Corée du Nord. La Slovaquie élimine l’Italie. Plus faible techniquement et individuellement, le collectif et la solidarité de cette petite équipe auront eu raison du Champion du monde en titre.
Out donc France, Italie, Serbie, Danemark, Grèce, Slovénie, Suisse. Pour les trois derniers, c’était prévisible. En revanche, les finalistes de la dernière édition auront brillé par leur médiocrité et la France aura éclaboussé le monde d’un ridicule qui restera dans l’histoire de la Coupe du monde, autant sur le terrain qu’en dehors.
France et Italie, les meilleurs ennemis, ne se qualifient pas dans les deux groupes les plus faibles du Mondial. Le séjour en terre africaine n’aura pas duré bien longtemps. C’est décevant également pour la Serbie – qualifiée pour le Mondial sans passer par les barrages – que les observateurs annonçaient plus forte que ce qu’elle a montré. Aurait pu mieux faire.

L’ASIE ETONNE

Match opposant l'Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale. Photo : DundasFootballClub.flickr.cc
Match opposant l’Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale.
Photo : DundasFootballClub.flickr.cc

Rigoureuses, disciplinées et solidaires : les équipes asiatiques sont en progrès, incontestablement. Petits gabarits techniques et gros collectifs, elles n’ont pas loupé le rendez-vous africain. 3 sélections engagées, 2 qualifiées. Bon score. La Corée du Sud se qualifie en huitième, dans un groupe loin d’être évident (Argentine, Nigéria, Grèce). Le Japon, considéré comme le plus faible de sa poule au début de la compétition s’octroie une place en huitième, laissant Danemark et Cameroun sur place. Rien que ça. La Corée du Nord rentre au pays, après une grosse défaite contre le Portugal, mais aura eu le mérite d’accrocher les quintuples champions du monde brésiliens. Rien que ça.

LES EQUIPES SURPRISES

Soyons sport et classe – en ces temps tourmentés, ce n’est pas si courant – et saluons la performance de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Le football n’y est pas un sport national. Pourtant, pour elles, le Mondial est bon : la Nouvelle-Zélande n’a pas perdu un match et l’Australie s’est même offerte le luxe de battre la Serbie et de faire jeu égal avec le Ghana.