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Pour le pire et le meilleur

Si cela déplait, tant pis, mais c’est une évidence : le football est un sport humain, avec tout ce que cela comporte. Des moments de grande mansuétude, de classe et de gentillesse, ou des coups de sang, des actes violents et des tricheries bien utiles, comme dans la vie. Mauvais gestes, petites bagarres, injustices et un peu de fair play : le meilleur et le pire du football, en quelques leçons. Leçon n°1 : ces satanés mauvais gestes, qui restent gravés longtemps…

Leçon n°1 : LES MAUVAIS GESTES

LE COUP DE TETE DE ZIDANE.
175,1 millions de téléspectateurs étaient devant leur poste ce dimanche 9 juillet 2006. L’un des plus grands joueurs de l’histoire tirait sa révérence en finale de Coupe du Monde. France-Italie, les meilleurs ennemis du monde faisaient combat égal. A la 107ème minute, Zidane répond à une provocation du défenseur italien Materrazzi en lui infligeant un coup de tête, resté célèbre. Le 4ème arbitre voit l’action sur son écran vidéo et prévient le central. 2 minutes d’incertitude puis carton rouge. Fin de carrière tragique, comme pour rappeler que le Dieu Zidane n’était qu’un homme…

L’AFFAIRE CANTONA.
C’est certainement l’un des mauvais gestes les plus médiatiques de l’histoire du football. 25 janvier 1995 : Manchester United se déplace chez l’équipe de Crystal Palace. Cantona écope d’un carton rouge. En sortant du terrain, insulté par un supporter adverse, il tente un coup de pied façon «kung fu» puis termine le travail aux poings. 9 mois de suspension, 120 heures de travaux d’intérêt général et une phrase en conférence de presse, restée mythique, sur des mouettes, des pêcheurs et des chalutiers.
http://www.youtube.com/watch?v=u-WmfTIRUWY

LE TRAUMATISME SCHUMACHER.
Dans la chaleur sévillane, la France rencontre la RFA en demi-finale du Mondial. Ce 8 juillet 1982, les Bleus ont l’occasion d’atteindre la première finale de leur histoire. En seconde période, Genghini se blesse, Patrick Battiston rentre en jeu. Après une première occasion, il est lancé dans la profondeur par Platini. Le gardien du but allemand, Harald Schumacher, sort sans se préoccuper du ballon et envoie Battiston au tapis. Le choc est violent. Le joueur français, inconscient, est évacué sur une civière. La faute n’est pas sanctionnée et le ballon rendu aux allemands. Les Bleus perdent ce match épique lors des tirs aux buts. L’agression et l’injustice sont restées un traumatisme dans l’imaginaire populaire français, jusqu’à aujourd’hui…
http://www.youtube.com/watch?v=coSfMSUSVPI&feature=related

A suivre…

Coupes du Monde : la long story / les années 80

Pas de surprise lors des Coupes du Monde 1982 et 1986 : des valeurs sûres du football mondial remportent les trophées. L’Italie emmenée par son buteur inarrêtable Paolo Rossi et l’Argentine du phénomènal Maradona ravissent les titres à des adversaires de qualité : le Brésil de Zico et Socrates ou la RFA entraînée par le Kaiser Beckenbaueur.


Espagne 1982 : l’Italie frappe encore (13 juin- 11 juillet 1982)

Equipes présentes : Italie, RFA, Angleterre, Espagne, Pologne, Belgique, France, Union Soviétique, Hongrie, Ecosse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Autriche, Irlande du Nord pour l’Europe – Argentine, Brésil, Honduras, Pérou, Chili, Salvador pour l’Amérique du sud – Algérie, Cameroun, Koweït pour l’Afrique et Nouvelle-Zélande pour la zone Asie-Océanie.

L’Espagne post-franquiste accueille cette 12ème édition regardée par plus d’un milliard de personnes et qui est le premier événement sportif diffusé sur les cinq continents. Malgré les précautions de la FIFA, décidée à ne pas laisser une polémique entachée la compétition comme lors du match Argentine-Pérou, ce Mondial sera l’objet de nombreuses discussions : de forts soupçons d’arrangements planent sur le match Autriche-RFA. Pour se qualifier, au dépend de l’Algérie, les deux sélections se seraient mises d’accord pour un « non match » et auraient offert aux spectateurs plus d’une heure de « passe à 10 ».
Le reste de la compétition est âpre et passionnante, à l’image de l’une des rencontres les plus célèbres de l’histoire : RFA – France à Séville le 8 juillet. Les allemands remportent le match aux tirs aux buts. La faute grossière et dangereuse du gardien Harald Schumacher sur le joueur français Patrick Battiston, non- sanctionnée est restée célèbre. L’équipe de France, emmenée par des joueurs de talent comme Michel Plantini, Alain Giresse, Jean Tigana ou encore Marius Trésor et dirigée par Michel Hidalgo, ne parvient certes pas à se qualifier mais laisse entrevoir de belles choses pour son avenir.
En finale, l’Allemagne affronte l’Italie. La Squadra Azzura termine mieux la compétition qu’elle ne l’a commencée, grâce à son buteur Paolo Rossi, auteur d’un triplé contre le Brésil, d’un doublé contre la Pologne et d’un but en finale. L’Italie bat l’Allemagne. Dino Zoff devient le plus vieux joueur et capitaine à soulever le trophée. Malgré une attaque de rêve – Zico, Socrates et Eder – la folie brésilienne n’est pas parvenue à mettre à mal l’efficacité italienne, ni à contenir le meilleur buteur et joueur du tournoi Poalo Rossi. L’Italie rejoint le Brésil au nombre de victoires en coupe du monde.


Mexique 1986 : Vers un second sacre argentin (31 mai – 29 juin 1986)

Equipes présentes : Italie, Bulgarie, Belgique, Danemark, Union Soviétique, France, Hongrie, Espagne, Irlande du Nord, Allemagne de l’Ouest, Ecosse, Angleterre, Pologne, Portugal, Argentine, Mexique, Paraguay, Brésil, Uruguay, Maroc, l’Algérie, Corée du Sud, Irak et Canada.

La FIFA attribue l’organisation du tournoi à la Colombie. Mais le pays ne peut assurer financièrement sa préparation. C’est alors au voisin mexicain, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, qu’est confié le déroulement du Mondial 1986. Malgré le tremblement de terre de 1985 qui a frappé le pays, la Coupe du Monde est de retour sur les Terres Mayas. Placé sous le signe de la Paix, le Mondial est surnommé « Football for Peace » en hommage à l’année 1986, « The Year of Peace ».
La FIFA a changé le déroulement de la compétition : les 24 équipes sont réparties en 6 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient pour les huitièmes de finale, ainsi que les 4 meilleurs 3ème.
Le Danemark et la Belgique réalisent une bonne performance. Les danois terminent premiers de leur poule et offrent du bon jeu. Ils s’inclinent contre l’Espagne en huitième de finale. Les Belges se qualifient de justesse pour les huitièmes et parviennent à se hisser en demi-finale à Mexico en battant l’Union Soviétique, dont le jeu avait pourtant ébloui les observateurs. Les Diables Rouges, stoppés par la magnifique équipe argentine de Diego Maradona, réalisent tout de même leur meilleure performance dans un mondial.
La prestation de la France est remarquée : le Mondial de 1982 était prometteur, les Bleus ont ensuite remporté l’Euro de 1984. Les joueurs d’Henri Michel ne parviennent pourtant pas à se hisser en finale. Le début de tournoi est timide, mais les Bleus montent en puissance à partir des huitièmes de finale : ils battent l’Italie (2-0), puis le Brésil en quart aux tirs au buts à Guadalajara. S’en suit un air de déjà vu lors de la demi-finale des Bleus contre la RFA. Les allemands, entraînés par Franz Beckenbauer, se jouent cette fois encore de l’équipe de France et poursuivent leur route vers la finale où ils retrouvent l’Argentine de Maradona. Le numéro 10 au caractère de feu s’impose comme le joueur indispensable de la sélection nationale et, à l’issue de ce Mondial, comme le meilleur joueur de la planète. L’Argentine enflamme la compétition, autant par son beau jeu que par ses polémiques. Ainsi, le match mythique contre l’Angleterre en quart de finale est le reflet des deux visages du numéro 10 argentin, capable du meilleur – le plus beau but de l’histoire – et du pire – la « main de Dieu » qui reste dans la légende comme un geste mystique pour certains et une triche énorme pour d’autres. L’Argentine est quasi-intouchable grâce à son meneur de jeu que rien ne semble pouvoir arrêter. Maradona marque les deux buts contre la Belgique en demi-finale et qualifie à lui seul l’Argentine qui remporte la finale en 3-2 face à la RFA.