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Cyclisme et football : même braquet ?

Pas de Coupe du Monde ni de Coupe d’Europe à se mettre sous la dent cet été. Pour éviter de tomber dans l’ennui, le Tour de France et ses cols hors catégorie prennent le relais pour égayer nos journées moroses. L’occasion pour Coups de Tête d’analyser les liens qu’entretiennent entre eux cyclisme et football, deux sports aux antipodes l’un de l’autre. Là où le footballeur évolue dans un stade, le cycliste accumule des kilomètres et des kilomètres entre routes vallonnées, rues pavées et rase campagne. Là où le footballeur joue avec un ballon, le coureur pédale sur un deux-roues. Les dissemblances sont légion. Et pourtant, des parallèles peuvent être tracés entre ces deux sports.

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Valbuena en aurait commandé un aux couleurs de l’OM… (Crédits : Flickr – Cory Doctorow)

Une culture française de la « lose »

Deux des sports les plus populaires en France : le cyclisme et le football font partie du patrimoine sportif tricolore depuis plusieurs décennies maintenant. Le Tour de France comme la Coupe du Monde, à l’image de Roland Garros pour le tennis, sont des événements toujours attendus par des millions de spectateurs qui se délectent à l’idée de voir de nouvelles légendes s’écrire.

Car oui, ces sports sont des fabriques de légendes. Saint-Étienne finaliste malheureux de la C1 en 1976 et l’« éternel second » Raymond Poulidor hier, l’attentat sur Battiston en 1982 et Thomas Voeckler plus récemment, la France du cyclisme et du football s’est avant tout toujours passionnée pour ces « losers », pour ces histoires qui ont profondément marqué la mémoire collective du sport dans le pays. Une culture du petit et de la « lose » qui est définitivement propre à la France : on pourrait également citer le culte du « Petit Poucet » en Coupe de France, autre « belle histoire française ».

 

Une dramatisation du sport qui privilégie ainsi plus ces légendes faites de pleurs et de déceptions que ces belles épopées victorieuses, trop souvent taxées d’arrogance et de condescendance. Jacques Anquetil, malgré ses 8 victoires sur le Tour de France, a été jugé pendant toute sa carrière comme trop riche par rapport à l’humble Poulidor ; la récente victoire du PSG en Ligue 1 n’a pas manqué d’attirer les plus aigres critiques gratuites et vides de sens. Sans parler des multiples titres de champion de France glanés par l’Olympique Lyonnais dans les années 2000…

Cyclisme et football, fabriques de légendes… individuelles ?

L’individualisme, le chacun pour soi, l’effritement de la solidarité collective, la recherche du bonheur personnel… Des maux tant décriés dans notre société actuelle qui n’épargnent pas le cyclisme et le football.

Le cyclisme est un sport individualiste par nature : le coureur est livré à lui-même, seul face à son guidon. Mais on oublie trop souvent que cette pratique au niveau professionnel implique toute une mise en place tactique, un travail d’équipe, au préalable et pendant les courses. Nombre de coureurs de talent sont ainsi souvent relégués à un simple rôle de « lieutenant », chargés d’amener le leader de leur équipe vers la victoire finale : George Hincapie pour Lance Armstrong ou encore Christopher Froome pour Bradley Wiggins l’an passé, tous ces sportifs ont été contraints de ronger leur frein devant la suprématie d’une seule et même personne qui ne le leur rendait pas forcément en retour. Armstrong et son entourage ont par exemple pris un soin minutieux à faire régner la loi du silence au sein du milieu cycliste entre menaces et dissimulations.

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Armstrong, « amis » d’époque (Crédits : Flickr – Grayskullduggery)

Le football moderne quant à lui distingue de plus en plus le joueur de son collectif. Que ce soit à travers les notes de joueurs, les analyses d’après-match, les divers classements (meilleur buteur, meilleur passeur, etc.) ou les nombreuses récompenses individuelles (Ballon d’Or, meilleur jeune de Ligue 1, etc.), le football est devenu un sport collectif au service de l’individu et non plus le contraire. De nombreux footballeurs cherchent avant tout à entrer dans la postérité par le biais de leur carrière personnelle plutôt que grâce à un collectif bien huilé : on choisit ses matches, on essaie de gonfler ses statistiques à quelques semaines du mercato… L’objectif n’est plus de remporter la Coupe du Monde mais de « gagner le Ballon d’or » dixit Paul Pogba.

Dopage : deux poids, deux mesures ?

« Les cyclistes, tous des dopés ». Un constat souvent entendu ces dernières années. Il n’y a plus une nouvelle édition du Tour de France sans son sempiternel scandale de dopage. Virenque, Armstrong, Ullrich, tous les grands champions qui ont écrit les plus belles pages du Tour de France de ces dernières années sont tombés les uns après les autres. Mais quid du football dans l’histoire ?

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Et la Coupe du Doping de football ? (Crédits : Wikimedia Commons – Taxiarchos228)

En matière de dopage, il semble bien qu’il y ait deux poids, deux mesures entre cyclisme et football. Alors que de nombreux coureurs ont été cités lors du procès de l’affaire Puerto, de Contador à Basso en passant par Fränk Schleck, aucun footballeur n’a été remis en cause pendant l’enquête. Fort étonnant au regard du témoignage de Jesus Manzano, l’ancien cycliste espagnol à l’origine du scandale, qui avait pourtant affirmé en 2006 avoir rencontré des joueur célèbres de la Liga dans les bureaux du Dr. Fuentes… Pire, fin avril dernier, la juge du procès a ordonné la destruction des poches de sang qui auraient pu permettre d’identifier des clients d’autres sports.

Le football, un sport protégé par rapport au cyclisme ? Lance Armstrong, dans un entretien accordé au Monde du 28 juin dernier, semble abonder dans ce sens : « Je suis sûr que certains grands clubs de football ont eu de l’influence sur ce jugement. En tout cas, c’est encore le cyclisme qui a été tenu pour le seul responsable ».

Le nœud du problème est bien là. Comment expliquer une telle différence de traitement entre ces deux sports ? Ce contraste pourrait bien s’expliquer par un football aux enjeux économiques et médiatiques bien plus importants que ceux du cyclisme. Le football, à travers la Ligue des Champions, l’Euro ou encore la Coupe du Monde, génère bien plus d’argent que le Tour de France, seule figure de proue du cyclisme professionnel. Les protestations au Brésil de ces derniers jours contre les dépenses pharaoniques en vue de l’organisation de la Coupe du Monde 2014 le prouvent bien : les enjeux qui gravitent autour du football dépassent le simple cadre sportif.

 

Très dur, dès lors, de démontrer l’existence d’un réseau de dopage organisé au sein du football. Les plus grandes institutions de ce sport, que ce soit les clubs ou la FIFA, veillent au grain. En 2006, Le Monde affirmait « avoir eu accès à une série de documents confidentiels » du Docteur Fuentes détaillant des programmes de préparation pour quatre clubs de la Liga, dont le FC Barcelone et le Real Madrid. Résultat : la Cour suprême espagnole a condamné en 2011, après appel, le quotidien à une amende de 15 000 euros ainsi qu’à une rectification de l’article sur son site internet pour diffamation et atteinte au droit à l’honneur du FC Barcelone. La loi du plus fort ?

Ces deux sports, malmenés par l’individualisme et le dopage, souffrent ainsi d’un déficit de popularité. Sans oublier les divers scandales qui éclatent autour des Bleus ou encore des « sportifs trop payés » entendus à longueur de journées. L’heure est aujourd’hui à la campagne de séduction. Mais là encore, le charme n’opère pas. Le Docteur Fuentes, condamné à un an de prison ferme en avril dernier, est déjà un homme libre puisque les peines inférieures à deux ans de prison ne débouchent pas en Espagne sur un enfermement carcéral… Et que dire du récent transfert de Payet à Marseille, alors qu’il se déclarait pourtant supporteur du PSG il y a quelques années ? Que ce soit dans le football ou dans le cyclisme, il y a encore du boulot !

Un déclic

Le match d’hier soir contre la Roumanie a offert quelques motifs d’espoir et de satisfaction. Une victoire au Stade de France et une première place dans le groupe de qualifications à l’Euro 2012 : les Bleus retrouvent des couleurs et de l’efficacité. Enfin.

Une défense sérieuse

Lloris en est le patron. Un arrêt à faire sur une belle frappe roumaine. Il y est. Au risque de se répéter, il est toujours rassurant d’avoir un gardien de ce jeune calibre. Cependant, quelques progrès à faire dans le jeu au pieds. Sinon, indiscutable.
Clichy y est, plus ou moins, comme toujours : pas de suprises donc de ce côté là de la défense. Il apporte offensivement parfois, au détriment de son rôle défensif. Il est d’ailleurs fautif sur l’occasion roumaine qui aurait pu être à l’origine du hold up parfait. Inégal.
Réveillère à la place de Sagna, c’est mieux, quoi qu’on en dise. Des montées intéressantes pour créer le surnombre et quelques dédoublements. Les Bleus peuvent compter sur Réveillère, en attendant mieux.
La paire Rami-Mexès n’est pas parfaite – dans la relance notamment – mais elle progresse de matchs en matchs. Elle a la confiance totale de Blanc pour avancer. Pourquoi pas.

Un milieu de terrain prometteur

M’Vila a 20 ans et force le respect. Une belle présence au milieu du terrain, de bons placements. Le Rennais s’impose doucement mais sûrement. Prometteur.
Alou Diarra, le capitaine a retrouvé son football. Patron de la récupération, fort physiquement et intelligent dans l’anticipation, il fait la passe décisive à Rémy. Petit à petit, Alou Diarra va s’imposer au milieu et sera bien difficile à détrôner.
Nasri avait les clés de l’animation offensive des Bleus. Le Gunner fait les bons choix, délivre les bonnes passes. Il s’en ait fallu de peu pour que cela fasse mouche. Un peu plus de spontanéité et de rapidité dans son jeu, et il pourra peut-être s’imposer. Remplacé pour Gourcuff, très discret, qui marque son premier but depuis le mois de Mars : ça fait du bien à l’équipe et certainement au néo-lyonnais.

Une attaque sur la bonne voie

Malouda a raté son match. C’est le meilleur français de la Premier League et l’un des meilleurs joueurs de Chelsea. Il fut indiscutablement le moins bon des Bleus hier soir. Certes, Clichy n’est pas Ashley Cole et Benzema n’est pas Drogba. Mais bon, il y a un minimum.
Valbuena a rendu sa copie habituelle : motivé, dynamique, volontaire. Si techniquement, c’est limite, dans l’esprit, c’est à la hauteur de l’enjeu. Du coup : il obtient quelques corners sur son côté et est à l’origine d’une belle frappe qui force le gardien roumain a une superbe parade. Il aurait pu marquer. Remplacé par Rémy : une classe au-dessus. Il débloque la situation d’une frappe croisée avec toute la décontraction possible dans une telle situation. Et il n’en est qu’au début de sa carrière internationale.
Benzema, en manque de rythme, se procure l’occasion la plus nette de la première période. Une superbe frappe enroulée qui touche le poteau. Pour le reste, la performance est moyenne. Beaucoup de travail à produire pour atteindre un niveau international. Remplacé par Payet, le stéphanois qui marche sur l’eau depuis le début de la saison. Sur l’un des ses premiers ballons, il est à deux doigts de marquer. Sur le deuxième, il délivre une passe décisive après une longue chevauchée et l’élimination de quelques défenseurs dans la surface. Si l’état de grâce se poursuit, on le reverra et peut-être dés mardi soir à Metz.

Un week-end en Ligue 1

Derby bouillant, Marseille et Paris de retour en haut du classement, Bordeaux et Auxerre ne décollent pas. Ce qu’il faut retenir de la 7ème journée de Ligue 1.

17 ans qu’à Saint-Etienne on attendait ça. C’est fait : un Payet en état de grâce depuis le début de la saison et une équipe stéphanoise qui malgré l’outrageuse domination lyonnaise ont eu raison de leurs meilleurs ennemis. C’est cher payé pour l’OL sur l’ensemble de la rencontre, mais le résultat est là. Premiers avec 16 points, les Verts laissent Lyon dans la zone de relégation, avec 5 points en 7 matchs.
Autre fait marquant de la soirée, Jean-Michel Aulas s’est adressé à l’arbitre dans les couloirs, pour se plaindre de sa décision qui amène le but de Payet. Comme d’habitude. Puis il est parti himself, parler à des supporters lyonnais qui refusaient de quitter le stade, scandant « Puel démission ». Un taquet à Sainté – « Nous allons jouer la Ligue des Champions mercredi tandis qu’ils ne la jouent qu’à la Playstation! (…) Ils nous ont montré comment gagner un match sans occasion. » – et l’assurance d’avoir entendu les critiques à l’égard de Claude Puel. Un président dynamique, pour le moins, mais classe, ce n’est pas sûr. L’OL, en plein réflexion.

En début de soirée, Rennes s’empare de la 2ème place, après une victoire à Nice. Ce pourrait bien être l’année des bretons dont on attend beaucoup à chaque début de saison. Cette fois, pour de bon malgré les mises en garde du coach corse.
Auxerre et le « diable » d’Oliech ne peuvent faire mieux qu’un match nul face à un Nancy, rageur. Le Real Madrid sera à l’Abbé-Deschamps mercredi. Pas simple pour les bourguignons qui n’ont pas encore gagné cette saison.
Marseille s’impose au Vélodrome contre Sochaux : but chanceux de Taiwo, but classe de Lucho sur une belle déviation de Rémy. Gignac ne trouve pas le cadre, mais montre de plus belles choses. Même chose pour Ayew. Prometteur.
Bordeaux fait match nul contre Caen. Les hommes de Jean Tigana n’y sont pas encore. Caen en revanche pointe à la 4ème place, devant le PSG et Marseille, l’air de rien…
Arles-Avignon s’en prend 3 par Montpellier et n’en marque qu’1. Pour autant, les derniers du championnat ont montré des choses. Pour une fois.
Toulouse et Lille se neutralisent dans un Stadium loin d’être comble. But de Devaux et Gervinho. Le LOSC n’a toujours pas perdu cette saison.
A noter : la banderole à la mémoire de Brice Taton, décédé il y a un an à Belgrade, tué par des hooligans à Belgrade lors d’un déplacement du TFC.
Brest s’impose face à Valenciennes, grâce à Nolan Roux. Le promu breton loin d’être ridicule en ce début de saison occupe désormais la 7è place avec 11 points.
Le PSG remonte à la 5ème place après sa victoire contre Lens, 2-0. les sang et or, assez pauvres techniquement ont cependant eu plusieurs occasions de revenir au score sans réussite. Les parisiens ont été présents, défensivement avec Sakho et Tiéné solides et offensivement avec un Nenê très bon. Le PSG lui doit beaucoup en ce début de championnat. Lens s’enfonce, déjà en crise ?