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Russie : la FIFA demande des comptes sur la loi anti-gay

Alors que la Russie accueillera la Coupe du Monde 2018, la FIFA, organisme organisateur du Mondial, a annoncé que le pays devrait s’expliquer sur la loi promulguée le 11 juin dernier. Un texte qui a soulevé depuis son vote un tollé dans certains pays, à l’heure où la Russie accueille en ce moment même les Mondiaux d’athlétisme.

supporter russe
Supporter russe en Autriche à Vienne en 2008. Photo : asiatique.flickr.cc

L’organisateur du Mondial 2018 demande des comptes à la Russie. Promulguée par le président Vladimir Poutine, la loi au cœur de la polémique vise à interdire la « propagande » homosexuelle devant les mineurs. Comprendre : il est interdit d’avoir un comportement homosexuel, de parler d’homosexualité, ou de défendre les droits LGBT devant un mineur. La FIFA a fait part de son besoin de clarifier les termes exacts de cette loi, rappelant que ses positions «prévoient une tolérance zéro contre la discrimination fondée, entre autres, sur l’orientation sexuelle».

La loi a provoqué un tollé dans des nombreux pays ainsi que dans les associations de défense des droits de l’homme. Prévoyant également de remplacer le mot homosexualité par le terme relations sexuelles non traditionnelles, il s’agit – sous couvert de questions sémantiques – de réintroduire la censure dans les médias sur les questions LGBT, dans un pays qui réprime violemment les gay pride et manifestations de lutte contre les violences homophobes depuis des années. Une vague de protestations, de pétitions, de manifestations s’est alors développée dans plusieurs pays démocratiques : manifestations devant l’ambassade russe à Londres et Tel-Aviv, déploiement des couleurs du rainbow flag dans les rues à Stockholm sur le chemin vers l’ambassade russe ou encore boycott de la vodka russe dans les bars homosexuels de Seattle, New York ou Montréal.

mascotte
Une des 3 mascottes des JO 2014 à Sotchi. Photo : maiak.info.flickr.cc

Après la question du boycott des JO d’été de Pékin en 2008, voilà posée celle des JO d’hiver de Sotchi qui débutent dans 6 mois. Ira-t-on ? N’ira-t-on pas ? Quid des athlètes et des supporters homosexuels qui se rendront sur place ? Lundi 12 août 2013, un communiqué du ministère de l’Intérieur russe a affirmé que les lois seront appliquées lors des JO, mais que les athlètes homosexuels pourront participer aux épreuves, s’ils restent discrets. Faut-il s’attendre à des arrestations d’athlètes décidés à parler ? Les entreprises sponsors des Jeux mais néanmoins gay friendly comme Coca Cola vont-elles se désengager ?

Les Mondiaux d’athlétisme, qui se déroulent en ce moment même à Moscou n’ont pas suscité de mouvement de boycotts ni de protestations de la part des athlètes. Seul l’américain Symmonds, vice-champion du Monde sur 800 mètres a pris la parole et s’est exprimé sur le sujet, soutenant les mouvements LGBT. Un geste symbolique… et isolé. L’attitude pendant les JO à venir en dira long sur celle pendant le Mondial 2018. En attendant le début des épreuves, la FIFA attend des réponses du gouvernement russe.

Les injustices

La vie est injuste, le football aussi. Il y a bien des arbitres chargés de faire appliquer les lois, mais ce ne sont que des hommes, faillibles donc. Des actions litigieuses très rapides et des petits filous qui en profitent… Parfois, la justice triomphe, parfois non, toute humaine qu’elle est- à l’image de l’attentat de Schumacher sur Battiston. Difficile de tout prévoir, le foot est insaisable, construisant son histoire et ses mythes sur des injustices légendaires, parfois belles et romantiques.

LA MAIN DE DIEU.
Maradona est devenu une légende aussi détestée qu’aimée. C’est lors du match Argentine-Angleterre en Coupe du Monde 1986 que s’est construite, en partie, la légende. Dans ce quart de finale, le meneur de jeu argentin offre un échantillon de ce qu’un joueur est capable de faire de plus beau et de plus scandaleux. Le meilleur – un des plus beaux buts de l’histoire du football – et le pire – «la main de Dieu», l’objet d’une immense polémique. Le geste – anti-sportif – participe à construire la légende du «Pibe del Oro». Maradona est pour certains un génie, pour d’autres un tricheur, et parfois les deux en même temps…

LA FINALE ESPAGNE – PAYS-BAS.
11 juillet 2010 : la finale de la première Coupe du Monde sur le sol africain se déroule au Soccer City Stadium de Johannesburg et oppose deux formations capables de produire du beau jeu : l’Espagne ultra-favorite rencontre les Pays-Bas qui rêvent de titre après deux finales perdues. Pour contrer la Roja et son milieu quasi-imbattable, les Pays-Bas ont un plan : casser le rythme du match et pourquoi pas un ou deux joueurs espagnols. Les mauvais tacles et les coups pleuvent, dangeureux parfois. 14 cartons jeunes, dont 9 pour les Pays-Bas. Agacés, les espagnols sont tendus et sont souvent à deux doigts de se faire justice eux-même. En prolongation, la Roja remporte la finale. Etat d’esprit pourri, mais la justice triomphe cette fois. Ouf.

THE F****** DISGRACE.
5 mai 2009 : le Barça de Guardiola se déplace à Stamford Bridge pour le match de demi-finale retour de Ligue des Champions. Tenu en échec 0-0 à l’aller, le club espagnol doit marquer. L’entraîneur de Chelsea semble avoir trouver la tactique défensive pour gêner Messi et les siens. Le match est tenu, les joueurs sous pression, l’arbitre également. Chelsea ouvre la marque à la 9ème minute. Dans les arrêts de jeu, Iniesta délivre les siens d’une superbe frappe et envoie le FC Barcelone en finale. Pénaltys flagrants non sifflés pour Chelsea, carton rouge qui ne semble pas justifié pour les catalans : indiscutables erreurs d’arbitrage et sentiment d’injustice. Au coup de sifflet final, Drogba arrangue les arbitres et peste contre les injustices, regarde la caméra et lance ceette phrase d’un romantisme rare : «it’s a f******* disgrace». Mais plus qu’une injustice : c’est l’jeu…

ANGLETERRE 1966 : L’INCERTITUDE.
Le seul titre de Champion du Monde pour la nation qui a inventé le football est entaché d’une polémique qui perdure encore aujourd’hui. 30 juillet 1966 : la RFA et l’Angleterre s’affrontent en finale. 2 partout à l’issue du temps réglementaire. En prolongation, le tir de Geoff Hurst s’écrase sur la transversale et retombe derrière la ligne, selon l’arbitre… Les images n’ont pas permis de confirmer le jugement. Derrière la ligne, ou pas, le but est accordé aux anglais, malgré les protestations allemandes. Les anglais marquent un second but et remportent le titre suprême sur une possible injustice : l’analyse des vidéos n’a jamais pu prouver que le ballon avait franchi entièrement la ligne. Il semblerait même, selon des experts anglais, que ce ne soit pas le cas. Comme quoi, ça ne tient pas à grand chose…

Bahreïn vs. équipe inconnue : 3-0

Stupeur dans le monde du football : l’équipe nationale du Bahreïn a battu, le 7 septembre dernier, une fausse équipe du Togo, 3-0 !

Les Bahreïniens auraient peut-être dû s’étonner de cette victoire aussi large, mais quand on voit que les Eperviers s’inclinent deux jours plus tôt au Botswana, tout est possible…

Contactée par le site d’information de la république togolaise, un membre de la Bahreïn Football Association (BFA) s’est dit surpris par le « mauvais jeu des Togolais », mais ne s’attendait pas à avoir eu affaire à une « une fausse équipe »…

Mais oui ! C'est moi ! Emmanuel Adebayor !
Mais oui ! C’est moi ! Emmanuel Adebayor !

Derrière cette imposture, on retrouve un agent qui entretenait, depuis plusieurs années, d’excellentes relations avec la fédération du Bahreïn. Cette dernière ne pouvait donc pas s’étonner de cette supercherie, d’autant plus que cet intermédiaire leur a procuré des documents officiels, en provenance de la fédération togolaise.

Un officiel de la fédération bahreïnienne affirme qu’il est plausible que leur sélection ait, en fait,  affronté l’équipe réserve du Togo, tout en avançant également la théorie du ramadan ou d’une température étouffante. Une enquête va être menée par les autorités bahreïniennes, mais également par la fédération togolaise, qui ne sort, encore une fois, pas grandi d’un énième scandale…

Après le scandale des « danseuses » d’Arles-Avignon le week-end dernier, on peut légitimement se demander s’il existe de véritables équipes de football de nos jours…

Coupe du Monde 2010 : pas de quartiers…

Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay - Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc
Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay – Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc

Au terme d’un match épique, l’Uruguay se qualifie pour les demis. Le Ghana perd aux tirs aux buts mais peut s’en vouloir de ne pas avoir su saisir sa chance en prolongations. Gyan râte le penalty qui aurait envoyé une équipe africaine pour la première fois de son histoire en demi-finale de Coupe du Monde.
Point noir de la rencontre : l’arrêt – magnifique – de l’attaquant Diego Suarez de la main sur la ligne du but. Le but ghanéen aurait tout changer. Une action qui vient renforcer la polémique sur l’arbitrage, mais ne change rien pour le Ghana, éliminé.

Le Brésil a mal joué. C’est dit. Une seconde période aussi ratée que la première fut réussie. Sauf que les joueurs hollandais ne sont pas des peintres. Erreur du gardien brésilien et tête du petit Robben, étonnamment seul dans la surface de réparation : 2 buts pour les bataves, qui font oublier la superbe ouverture du score de Robinho. Les brésiliens n’y étaient pas, alors que beaucoup en faisaient les favoris. Dunga démissionne. 4 ans pour préparer le Mondial chez eux. Le talent ne suffit pas.

Il était difficile de parier sur un vainqueur entre l’Argentine et l’Allemagne. Alors prédire le scénario du match… L’Allemagne inflige une correction à l’Albiceleste : 4-0. Sans appel. Même le Pibe del Oro n’a pas bronché : aucune réaction tactique de sa part. Il s’en ai juste remis à son homme qu’il imaginait providentiel, comme il le fut, pour débloquer la situation : Messi. Mais l’Allemagne, bien en place, étonnée d’avoir le contrôle du jeu, a su quoi faire du ballon. 90 minutes et 4 buts plus tard, l’Argentine s’en va de la Coupe du Monde. Maradona partira ou pas ?

Ce fut loin d’être une formalité pour la Roja. David Villa libère les siens à la 83è minute, après que chacune des deux équipes a manqué un penalty. L’Espagne joue bien mais manque des occasions et n’est pas encore à son meilleur niveau, à l’image de sa vedette Fernando Torres, buteur fatigué. Toujours est-il que, sans éblouir et claquer des buts, la Championne d’Europe en titre est là. Le Paraguay, inconsolable, laisse passer sa chance.

Coupes du Monde : la long story / les années 80

Pas de surprise lors des Coupes du Monde 1982 et 1986 : des valeurs sûres du football mondial remportent les trophées. L’Italie emmenée par son buteur inarrêtable Paolo Rossi et l’Argentine du phénomènal Maradona ravissent les titres à des adversaires de qualité : le Brésil de Zico et Socrates ou la RFA entraînée par le Kaiser Beckenbaueur.


Espagne 1982 : l’Italie frappe encore (13 juin- 11 juillet 1982)

Equipes présentes : Italie, RFA, Angleterre, Espagne, Pologne, Belgique, France, Union Soviétique, Hongrie, Ecosse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Autriche, Irlande du Nord pour l’Europe – Argentine, Brésil, Honduras, Pérou, Chili, Salvador pour l’Amérique du sud – Algérie, Cameroun, Koweït pour l’Afrique et Nouvelle-Zélande pour la zone Asie-Océanie.

L’Espagne post-franquiste accueille cette 12ème édition regardée par plus d’un milliard de personnes et qui est le premier événement sportif diffusé sur les cinq continents. Malgré les précautions de la FIFA, décidée à ne pas laisser une polémique entachée la compétition comme lors du match Argentine-Pérou, ce Mondial sera l’objet de nombreuses discussions : de forts soupçons d’arrangements planent sur le match Autriche-RFA. Pour se qualifier, au dépend de l’Algérie, les deux sélections se seraient mises d’accord pour un « non match » et auraient offert aux spectateurs plus d’une heure de « passe à 10 ».
Le reste de la compétition est âpre et passionnante, à l’image de l’une des rencontres les plus célèbres de l’histoire : RFA – France à Séville le 8 juillet. Les allemands remportent le match aux tirs aux buts. La faute grossière et dangereuse du gardien Harald Schumacher sur le joueur français Patrick Battiston, non- sanctionnée est restée célèbre. L’équipe de France, emmenée par des joueurs de talent comme Michel Plantini, Alain Giresse, Jean Tigana ou encore Marius Trésor et dirigée par Michel Hidalgo, ne parvient certes pas à se qualifier mais laisse entrevoir de belles choses pour son avenir.
En finale, l’Allemagne affronte l’Italie. La Squadra Azzura termine mieux la compétition qu’elle ne l’a commencée, grâce à son buteur Paolo Rossi, auteur d’un triplé contre le Brésil, d’un doublé contre la Pologne et d’un but en finale. L’Italie bat l’Allemagne. Dino Zoff devient le plus vieux joueur et capitaine à soulever le trophée. Malgré une attaque de rêve – Zico, Socrates et Eder – la folie brésilienne n’est pas parvenue à mettre à mal l’efficacité italienne, ni à contenir le meilleur buteur et joueur du tournoi Poalo Rossi. L’Italie rejoint le Brésil au nombre de victoires en coupe du monde.


Mexique 1986 : Vers un second sacre argentin (31 mai – 29 juin 1986)

Equipes présentes : Italie, Bulgarie, Belgique, Danemark, Union Soviétique, France, Hongrie, Espagne, Irlande du Nord, Allemagne de l’Ouest, Ecosse, Angleterre, Pologne, Portugal, Argentine, Mexique, Paraguay, Brésil, Uruguay, Maroc, l’Algérie, Corée du Sud, Irak et Canada.

La FIFA attribue l’organisation du tournoi à la Colombie. Mais le pays ne peut assurer financièrement sa préparation. C’est alors au voisin mexicain, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, qu’est confié le déroulement du Mondial 1986. Malgré le tremblement de terre de 1985 qui a frappé le pays, la Coupe du Monde est de retour sur les Terres Mayas. Placé sous le signe de la Paix, le Mondial est surnommé « Football for Peace » en hommage à l’année 1986, « The Year of Peace ».
La FIFA a changé le déroulement de la compétition : les 24 équipes sont réparties en 6 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient pour les huitièmes de finale, ainsi que les 4 meilleurs 3ème.
Le Danemark et la Belgique réalisent une bonne performance. Les danois terminent premiers de leur poule et offrent du bon jeu. Ils s’inclinent contre l’Espagne en huitième de finale. Les Belges se qualifient de justesse pour les huitièmes et parviennent à se hisser en demi-finale à Mexico en battant l’Union Soviétique, dont le jeu avait pourtant ébloui les observateurs. Les Diables Rouges, stoppés par la magnifique équipe argentine de Diego Maradona, réalisent tout de même leur meilleure performance dans un mondial.
La prestation de la France est remarquée : le Mondial de 1982 était prometteur, les Bleus ont ensuite remporté l’Euro de 1984. Les joueurs d’Henri Michel ne parviennent pourtant pas à se hisser en finale. Le début de tournoi est timide, mais les Bleus montent en puissance à partir des huitièmes de finale : ils battent l’Italie (2-0), puis le Brésil en quart aux tirs au buts à Guadalajara. S’en suit un air de déjà vu lors de la demi-finale des Bleus contre la RFA. Les allemands, entraînés par Franz Beckenbauer, se jouent cette fois encore de l’équipe de France et poursuivent leur route vers la finale où ils retrouvent l’Argentine de Maradona. Le numéro 10 au caractère de feu s’impose comme le joueur indispensable de la sélection nationale et, à l’issue de ce Mondial, comme le meilleur joueur de la planète. L’Argentine enflamme la compétition, autant par son beau jeu que par ses polémiques. Ainsi, le match mythique contre l’Angleterre en quart de finale est le reflet des deux visages du numéro 10 argentin, capable du meilleur – le plus beau but de l’histoire – et du pire – la « main de Dieu » qui reste dans la légende comme un geste mystique pour certains et une triche énorme pour d’autres. L’Argentine est quasi-intouchable grâce à son meneur de jeu que rien ne semble pouvoir arrêter. Maradona marque les deux buts contre la Belgique en demi-finale et qualifie à lui seul l’Argentine qui remporte la finale en 3-2 face à la RFA.