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Coupes du Monde : la long story / les années 80

Pas de surprise lors des Coupes du Monde 1982 et 1986 : des valeurs sûres du football mondial remportent les trophées. L’Italie emmenée par son buteur inarrêtable Paolo Rossi et l’Argentine du phénomènal Maradona ravissent les titres à des adversaires de qualité : le Brésil de Zico et Socrates ou la RFA entraînée par le Kaiser Beckenbaueur.


Espagne 1982 : l’Italie frappe encore (13 juin- 11 juillet 1982)

Equipes présentes : Italie, RFA, Angleterre, Espagne, Pologne, Belgique, France, Union Soviétique, Hongrie, Ecosse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Autriche, Irlande du Nord pour l’Europe – Argentine, Brésil, Honduras, Pérou, Chili, Salvador pour l’Amérique du sud – Algérie, Cameroun, Koweït pour l’Afrique et Nouvelle-Zélande pour la zone Asie-Océanie.

L’Espagne post-franquiste accueille cette 12ème édition regardée par plus d’un milliard de personnes et qui est le premier événement sportif diffusé sur les cinq continents. Malgré les précautions de la FIFA, décidée à ne pas laisser une polémique entachée la compétition comme lors du match Argentine-Pérou, ce Mondial sera l’objet de nombreuses discussions : de forts soupçons d’arrangements planent sur le match Autriche-RFA. Pour se qualifier, au dépend de l’Algérie, les deux sélections se seraient mises d’accord pour un « non match » et auraient offert aux spectateurs plus d’une heure de « passe à 10 ».
Le reste de la compétition est âpre et passionnante, à l’image de l’une des rencontres les plus célèbres de l’histoire : RFA – France à Séville le 8 juillet. Les allemands remportent le match aux tirs aux buts. La faute grossière et dangereuse du gardien Harald Schumacher sur le joueur français Patrick Battiston, non- sanctionnée est restée célèbre. L’équipe de France, emmenée par des joueurs de talent comme Michel Plantini, Alain Giresse, Jean Tigana ou encore Marius Trésor et dirigée par Michel Hidalgo, ne parvient certes pas à se qualifier mais laisse entrevoir de belles choses pour son avenir.
En finale, l’Allemagne affronte l’Italie. La Squadra Azzura termine mieux la compétition qu’elle ne l’a commencée, grâce à son buteur Paolo Rossi, auteur d’un triplé contre le Brésil, d’un doublé contre la Pologne et d’un but en finale. L’Italie bat l’Allemagne. Dino Zoff devient le plus vieux joueur et capitaine à soulever le trophée. Malgré une attaque de rêve – Zico, Socrates et Eder – la folie brésilienne n’est pas parvenue à mettre à mal l’efficacité italienne, ni à contenir le meilleur buteur et joueur du tournoi Poalo Rossi. L’Italie rejoint le Brésil au nombre de victoires en coupe du monde.


Mexique 1986 : Vers un second sacre argentin (31 mai – 29 juin 1986)

Equipes présentes : Italie, Bulgarie, Belgique, Danemark, Union Soviétique, France, Hongrie, Espagne, Irlande du Nord, Allemagne de l’Ouest, Ecosse, Angleterre, Pologne, Portugal, Argentine, Mexique, Paraguay, Brésil, Uruguay, Maroc, l’Algérie, Corée du Sud, Irak et Canada.

La FIFA attribue l’organisation du tournoi à la Colombie. Mais le pays ne peut assurer financièrement sa préparation. C’est alors au voisin mexicain, qui possède déjà les infrastructures nécessaires, qu’est confié le déroulement du Mondial 1986. Malgré le tremblement de terre de 1985 qui a frappé le pays, la Coupe du Monde est de retour sur les Terres Mayas. Placé sous le signe de la Paix, le Mondial est surnommé « Football for Peace » en hommage à l’année 1986, « The Year of Peace ».
La FIFA a changé le déroulement de la compétition : les 24 équipes sont réparties en 6 groupes de 4. Les deux premiers se qualifient pour les huitièmes de finale, ainsi que les 4 meilleurs 3ème.
Le Danemark et la Belgique réalisent une bonne performance. Les danois terminent premiers de leur poule et offrent du bon jeu. Ils s’inclinent contre l’Espagne en huitième de finale. Les Belges se qualifient de justesse pour les huitièmes et parviennent à se hisser en demi-finale à Mexico en battant l’Union Soviétique, dont le jeu avait pourtant ébloui les observateurs. Les Diables Rouges, stoppés par la magnifique équipe argentine de Diego Maradona, réalisent tout de même leur meilleure performance dans un mondial.
La prestation de la France est remarquée : le Mondial de 1982 était prometteur, les Bleus ont ensuite remporté l’Euro de 1984. Les joueurs d’Henri Michel ne parviennent pourtant pas à se hisser en finale. Le début de tournoi est timide, mais les Bleus montent en puissance à partir des huitièmes de finale : ils battent l’Italie (2-0), puis le Brésil en quart aux tirs au buts à Guadalajara. S’en suit un air de déjà vu lors de la demi-finale des Bleus contre la RFA. Les allemands, entraînés par Franz Beckenbauer, se jouent cette fois encore de l’équipe de France et poursuivent leur route vers la finale où ils retrouvent l’Argentine de Maradona. Le numéro 10 au caractère de feu s’impose comme le joueur indispensable de la sélection nationale et, à l’issue de ce Mondial, comme le meilleur joueur de la planète. L’Argentine enflamme la compétition, autant par son beau jeu que par ses polémiques. Ainsi, le match mythique contre l’Angleterre en quart de finale est le reflet des deux visages du numéro 10 argentin, capable du meilleur – le plus beau but de l’histoire – et du pire – la « main de Dieu » qui reste dans la légende comme un geste mystique pour certains et une triche énorme pour d’autres. L’Argentine est quasi-intouchable grâce à son meneur de jeu que rien ne semble pouvoir arrêter. Maradona marque les deux buts contre la Belgique en demi-finale et qualifie à lui seul l’Argentine qui remporte la finale en 3-2 face à la RFA.

Coupes du Monde : la long story / les années 60

Garrincha, Eusébio, Charlton… Les deux mondiaux de la décennie 1960 sont éblouis par des joueurs, rentrés depuis dans la légende. Le fougueux Brésil éclabousse le monde entier de son talent et l’Angleterre, inventeur du football, remporte enfin le titre mondial, sur fond de polémique.

Garrincha enflamme le Mondial.

Chili 1962 : La Seleção entre dans la légende (30 mai – 18 juin 1962)

Equipes présentes : Hongrie, Italie, Espagne, RFA, Angleterre, Union Soviétique, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Suisse, Mexique, Brésil, Chili, Argentine, Colombie, Uruguay.

Le groupe le plus relevé du tournoi réunit l’Italie, le Chili, la RFA et la Suisse. Le début de la compétition est marquée par un match d’une violence rare entre l’Italie et le Chili : l’engagement physique des équipes défensives s’éloignent du jeu tourné vers l’attaque des éditions précédentes. Le Chili se qualifie pour la suite de la compétition aux dépens de la Squadra Azzura.
La voisine Argentine ne parvient pas à atteindre pour les quarts de finale, tandis que l’Angleterre poursuit sa route. Mais face au Brésil – sans Pelé, blessé depuis le 1er match – l’équipe anglaise ne peut rien, dominée par les sud-américains et un Garrincha déchaîné. En demi-finale, la Seleção élimine le Chili, pays hôte, malgré un gros soutien populaire, grâce à deux buts, de Garrincha et Vavà. Le 17 juin 1962, en finale, la Tchécoslovaquie ouvre le score mais ne peut rien face aux talents des brésiliens. Malgré une équipe vieillissante (9 des 12 joueurs étaient en Suède), le Brésil remporte la Coupe du Monde pour la deuxième fois de son histoire, tout comme l’Uruguay et l’Italie.


Angleterre 1966 : Victoire et polémiques (11 – 30 juillet 1966)

Equipes présentes : France, Portugal, Angleterre, RFA, Union Soviétique, Italie, Espagne, Bulgarie, Hongrie, Suisse, Mexique, Brésil, Argentine, Uruguay, Chili et la Corée du Nord.

Pour protester contre un processus de qualifications jugé injuste, les pays africains déclarent forfaits pour cette 8ème édition. La nation anglaise, elle, vibre au rythme du football, grâce aux caméras de la BBC décidée à ne pas perdre une miette de la compétition.
Le Portugal est parvenu à se qualifier pour la 1ère fois. La Corée du Nord représente l’Asie et écrit une page de l’histoire des Coupes du Monde. Cette nation, dont la légitimité n’est pas reconnue par l’Angleterre, fait une entrée timide dans le tournoi : défaite contre l’Union Soviétique et match nul contre le Chili. Le 3ème match du tour préliminaire est décisif pour la qualification. Mais il est de taille : il s’agit d’affronter l’Italie, double championne du monde. La discipline et la rigueur de la Corée du Nord ont raison du talent italien (1-0). La Squadra Azzura sort du tournoi par la petite porte. La Corée du Nord suscite l’enthousiasme en Angleterre, même si le parcours s’achève en quart de finale contre le Portugal, certes mal engagé dans le match (mené 3 à 0 après 25 minutes). Eusébio, l’attaquant portugais, fait parler sa classe en marquant un triplé décisif pour la qualification en demie.
L’Angleterre chez elle est intraitable – certains diront même que l’arbitrage fut en la défaveur de ses adversaires – : elle élimine l’Argentine en quart de finale (dans un match qui ne brille pas par son « fair play » et le respect de l’adversaire), met fin au parcours portugais grâce à 2 buts de Bobby Charlton en demi. La finale se joue le 30 juillet à Wembley devant 94 000 spectateurs, contre la RFA, de retour au plus haut niveau. Le match est accroché : 2 partout à la fin du temps réglementaire. A la 100ème minute, la frappe de George Hurst s’écrase sur la barre puis rebondie sur la pelouse. Les arbitres accordent le but, le ballon ayant, selon eux, franchi entièrement la ligne. Les protestations allemandes n’y changent rien et les joueurs de la RFA se portent alors vers l’attaque, s’exposant au contre de l’Angleterre à la 120ème minute qui marque par l’intermédiaire de Hurst. L’Angleterre remporte sa première et unique Coupe du Monde, entachée d’un doute qui perdure encore aujourd’hui…