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Le Bayern, ce géant d’Europe

Les Munichois se sont adjugés hier à Wembley la 5ème Ligue des Champions de leur histoire, en battant leur meilleur ennemi, le Borussia Dortmund qui n’a pas démérité. Plus qu’une belle victoire du Bayern, cette Ligue des Champions 2012-2013 consacre le triomphe du football allemand.

Retour sur le match
Les deux clubs allemands ont offert au public une finale de qualité et pleine d’indécision, laissant planer le suspens jusque dans le temps réglementaire. La première période s’achève sur un score nul et vierge, certes, mais la qualité technique et collective des deux équipes étaient au rendez-vous. Le Borussia démarre à fond : 20 premières minutes oppressantes des noirs et jaunes, bien décidés à presser haut les munichois. Jamais pendant cette saison, les bavarois n’auront été aussi malmenés et il s’en est fallu d’un excellent Neuer pour garder les buts inviolés. Mais physiquement en-dessous de l’ogre munichois, le Borussia a considérablement baissé de rythme ensuite, laissant la liberté à Robben de s’offrir deux belles occasions sans concrétiser. Des ratés qui à ce niveau, auraient pu se payer cher.
Il faut attendre la 60ème minute pour que Mandzukic ouvre le score sur un bon travail de Ribéry et un centre tendu superbe de Robben. Le Borussia trouve le courage d’égaliser, grâce à un penalty inscrit par Gundogan sur une faute de Dante dans la surface. On pense alors aux prolongations, mais c’est oublier un peu vite que ces munichois sont intraitables : une défense de Dortmund à la rue sur une fixation de Ribéry qui talonne pour Robben. Le néerlandais inscrit le second but à la 89ème minute et envoie le Bayern chercher sa 5ème victoire en C1, après celles de 1974, 1975, 1976 et 2001.

L’institution Bayern
La devise du Barça pourrait s’appliquer au Bayern Munich : Plus qu’un club… le club de Munich est une institution et elle passe avant tout. Avant les exigences des joueurs, avant les volontés des entraîneurs. Eux passent, le Bayern Munich reste : rigueur financière, discipline, respect dans les tribunes. Le président, Uli Hoeness, ancien joueur de l’équipe pendant 9 saisons et ancien manager du club pendant 30 ans (!) a imposé cette stabilité et cette exigence de respect aux joueurs : Philippe Lahm, Bastian Schweinsteiger, Franck Ribéry sont dans l’équipe depuis plusieurs saisons. Mario Gomez, serial buteur, accepte sans broncher de rester sur le banc car prédomine la réussite de l’équipe et le choix de l’entraineur avant une réussite personnelle. Outre le jeu superbe pratiqué par l’équipe cette saison, le titre de champion d’Allemagne acquis très facilement et cette belle victoire européenne, Munich montre que dans les grands clubs, c’est l’institution qui prédomine. La preuve : l’entraîneur, Jupp Heynckes, a tout gagné, en sachant déjà depuis quelques mois qu’il sera remplacé cet été par Pep Guardiola.

Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc
Drapeaux qui fottent sur la place principale de la ville de Munich. Photo : Themeplus.flickr.cc

Le triomphe du football allemand
En face, il y avait sur la pelouse de Wembley, un adversaire bien méritant : le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp. Une équipe composée de jeunes joueurs hyper-talentueux, d’internationaux allemands que l’on reverra l’an prochain au Mondial 2014. Mario Götze, le meneur de jeu qui s’en va rejoindre Munich, n’était pas sur la pelouse et son absence a certainement fait défaut à Dortmund. Battu sans qu’il y ait de contestation possible (1), le Borussia aura eu le mérite de poser des problèmes au Bayern et de réaliser une saison de grande qualité en pratiquant un jeu technique, collectif et agréable. Un stade plein à craquer à chaque rencontre de Bundesliga et l’une des plus belles ambiances d’Europe : une image du football que l’on aime voir. Tout comme la haie d’honneur des joueurs de Munich à ceux de Dortmund et le respect que dégageaient après la rencontre les acteurs les uns envers les autres. La finale d’hier a consacré un beau champion, un digne perdant et surtout, le retour du football allemand parmi les plus grands du monde.

(1) Si ce n’est deux faits de jeu qui auraient pu changer le cours de la partie : une expulsion de Dante possible et un carton jaune à Ribéry non distribué pour un coup de coude indiscutable sur un adversaire.

L’Europe sur le toit du monde

A la fin des poules, les équipes européennes semblaient avoir perdu de leur prestige. A la veille de la finale, force est de constater que le Vieux Continent domine le football mondial. Pays-Bas et Espagne s’affrontent pour la finale, Allemagne et Uruguay lors de la petite finale. Pour la première fois de l’histoire de la Coupe du Monde, un pays européen est sur le point de s’imposer en dehors de son continent.

Un Pays-Bas outsider…

Les bataves laissent une impression bizarre. Certes, ils ont gagné tous leurs matchs mais ils semblent fragiles dans bien des secteurs de jeu : le milieu de terrain et la défense ne se sont pas trouvés contre l’Uruguay. Alors, les points forts des Oranje sont ailleurs : des individualités talentueuses en attaque, Robben, Sneijder, Van Persie pour ne citer qu’eux. Entre la fougue des jeunes et l’expérience des plus anciens, les Pays-Bas ont de quoi surprendre : c’est bien Van Bronckhorst, 35 ans, qui débloque la situation contre l’Uruguay d’une frappe sublime. Tout un symbole. Le filou de 33 ans, Mark van Bommel, apportera lui aussi son expérience – et ses coups. Et puis, il y a le mental. Bien décidés à laver les affronts des deux finales perdues, les joueurs bataves semblent capables de beaucoup et prêts à tout.

… contre un grandissime favori.

David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc
David Villa célèbre son but contre le Portugal en huitième de finale. Photo : jikatu.flickr.cc

L’Espagne est favori depuis le début du Mondial. Malgré de courtes victoires (1-0) depuis les huitièmes, la Roja semble en mesure de tenir son rang, grâce à son milieu de terrain, le meilleur du Mondial – et ce ne sont pas les Allemands qui diront le contraire : Xavi, Iniesta, Xabi Alonso et Busquets. La talentueuse Nazional Manschaft n’y a pas résisté. D’autre part, il semblerait que le gardien espagnol soit de retour : Iker Casillas sort un penalty et plusieurs beaux arrêts en quart et en demi. Reste l’énigme Fernando Torres. Il n’est pas titulaire contre l’Allemagne, conséquence de performances mitigées depuis le début du Mondial. Pedro lui est préféré et pour cause : le jeune catalan réussit un très bon match, malgré une occasion complètement gâchée en fin de partie. Une méforme qui profite à David Villa – un joyau, sauveur ou diamant, comme il vous plaira… Villa c’est 5 buts depuis le début du Mondial – comme Sneijder – et des beaux! Un mental d’acier et un talent fou. Si Villa va, la Roja gagnera…
Bon et puis Paul le Poulpe l’a dit. Alors…

Petite finale, grandes équipes

Uruguay et Allemagne s’affrontent tout à l’heure pour la petite finale. Coups de tête sent la formation de Löwe un brin supérieure, un brin favorite. Mais l’Uruguay a tellement de coeur et quelques très bons joueurs (Forlán, Caceres…), que le doute est permis. N’est pas Paul le Poulpe qui veut…

Coupe du Monde 2010 : pas de quartiers…

Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay - Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc
Diego Frolan tire un coup-franc lors du match Uruguay – Ghana. Photo : jkatu.flickr.cc

Au terme d’un match épique, l’Uruguay se qualifie pour les demis. Le Ghana perd aux tirs aux buts mais peut s’en vouloir de ne pas avoir su saisir sa chance en prolongations. Gyan râte le penalty qui aurait envoyé une équipe africaine pour la première fois de son histoire en demi-finale de Coupe du Monde.
Point noir de la rencontre : l’arrêt – magnifique – de l’attaquant Diego Suarez de la main sur la ligne du but. Le but ghanéen aurait tout changer. Une action qui vient renforcer la polémique sur l’arbitrage, mais ne change rien pour le Ghana, éliminé.

Le Brésil a mal joué. C’est dit. Une seconde période aussi ratée que la première fut réussie. Sauf que les joueurs hollandais ne sont pas des peintres. Erreur du gardien brésilien et tête du petit Robben, étonnamment seul dans la surface de réparation : 2 buts pour les bataves, qui font oublier la superbe ouverture du score de Robinho. Les brésiliens n’y étaient pas, alors que beaucoup en faisaient les favoris. Dunga démissionne. 4 ans pour préparer le Mondial chez eux. Le talent ne suffit pas.

Il était difficile de parier sur un vainqueur entre l’Argentine et l’Allemagne. Alors prédire le scénario du match… L’Allemagne inflige une correction à l’Albiceleste : 4-0. Sans appel. Même le Pibe del Oro n’a pas bronché : aucune réaction tactique de sa part. Il s’en ai juste remis à son homme qu’il imaginait providentiel, comme il le fut, pour débloquer la situation : Messi. Mais l’Allemagne, bien en place, étonnée d’avoir le contrôle du jeu, a su quoi faire du ballon. 90 minutes et 4 buts plus tard, l’Argentine s’en va de la Coupe du Monde. Maradona partira ou pas ?

Ce fut loin d’être une formalité pour la Roja. David Villa libère les siens à la 83è minute, après que chacune des deux équipes a manqué un penalty. L’Espagne joue bien mais manque des occasions et n’est pas encore à son meilleur niveau, à l’image de sa vedette Fernando Torres, buteur fatigué. Toujours est-il que, sans éblouir et claquer des buts, la Championne d’Europe en titre est là. Le Paraguay, inconsolable, laisse passer sa chance.