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Le derby de Moscou : l’armée contre le peuple

Choc au sommet aujourd’hui en Première Ligue russe : le CSKA Moscou affronte le Spartak Moscou dans un derby déjà déterminant pour la course au titre. Une rencontre qui s’annonce également électrique dans les tribunes : plusieurs milliers de policiers ont été appelés pour surveiller des supporteurs prêts à en découdre avec leurs rivaux. Cette animosité entre les deux clubs n’a pourtant pas toujours existé.

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Le CSKA à l’armée, le Spartak au peuple

Sport et politique font rarement bon ménage. Et surtout en URSS. Le CSKA est sans doute l’exemple le plus éloquent de l’ère soviétique. Fondée en 1911 sous le nom d’OLLS Moscou par la Société des amateurs de ski, l’équipe moscovite concourt pendant plusieurs années dans des compétitions locales, le championnat national n’existant pas encore.

C’est en 1923 que les politiques, avec l’avènement des bolcheviks, s’intéressent au sport. Les clubs sont rapidement fermés ou récupérés par des institutions soviétiques. L’OLLS, lui, rejoint l’OPPV, organe sportif de l’armée rouge. Le club change alors de nom à plusieurs reprises jusqu’en 1928, année lors de laquelle l’OPPV rejoint la nouvellement créée Maison centrale de l’Armée rouge pour en devenir l’équipe officielle sous le nom de CDKA (Club sportif central de l’Armée). Malgré ce statut, le succès n’est pas au rendez-vous pour le club militaire qui doit attendre l’automne 1935 pour remporter un titre de champion de Moscou, avec l’aide de joueurs d’équipes concurrentes, mis gracieusement à la disposition du CDKA.

Alors que d’autres clubs sont récupérés par des organismes gouvernementaux comme le Dynamo par la police, une nouvelle formation émerge de cette vague de nationalisation. Le Spartak Moscou, créé en 1921, se pose comme l’équipe du peuple. Soutenu par les syndicats, le Spartak se veut être un symbole d’indépendance et de liberté. Notamment menés par les quatre frères Starostin, qui vont être accusés en 1942 de conspiration contre Staline et envoyés au goulag, les Rouges et Blancs marquent également leur différence sur le terrain. Pendant que le Dynamo et le CDKA pratiquent un jeu défensif et ennuyant, le Spartak fait le bonheur de ses supporteurs en proposant un jeu léché et offensif. Les hautes sphères soviétiques, voyant cette popularité d’un mauvais œil, accuse le club moscovite d’être de mèche avec l’Ouest et le capitalisme. Des accusations qui n’empêchent pas le Spartak de se partager les titres de champions de l’URSS, compétition créée en 1936, avec le Dynamo jusqu’à l’après-guerre.

Le derby de Moscou : une rivalité des années 2000

Pendant plusieurs décennies, le match CSKA-Spartak est loin d’être considéré comme un derby. Pendant l’URSS, c’étaient surtout les supporteurs du Dynamo Moscou que les « Hommes de l’armée » détestaient tandis que le match Spartak-Dynamo Kiev était la rencontre à ne pas manquer saison après saison. Après la chute de l’Union soviétique et la création de la Division supérieure, ancêtre de l’actuelle Première Ligue russe, c’est le Spartak qui domine les débats. Le « club du peuple » remporte 9 des 10 premières saisons de championnat. Il faut attendre le début des années 2000 pour que la rivalité entre le CSKA et le Spartak voit le jour. Les deux clubs connaissent alors des trajectoires divergentes : le CSKA se renforce en faisant appel à des joueurs sud-américains comme Vagner Love tandis que le Spartak n’arrive plus à faire face à une concurrence de plus en plus rude. Une tendance qui se confirme sur le terrain : depuis 2003, le CSKA a remporté 4 titres de champion et le Spartak… zéro !

 

Alors que le Spartak considérait le Dynamo Kiev comme son plus sérieux rival pendant l’URSS, les Rouges et Blancs se sont vite trouvés un nouvel ennemi : le CSKA Moscou, figure de proue d’un football russe financé par les plus grands oligarques du pays. Depuis l’émergence récente du CSKA, les supporteurs des deux clubs se vouent une haine tenace. A chaque derby de Moscou, les fans rivalisent d’ingéniosité pour avoir le dessus sur son adversaire.

Un derby sous haute tension

Et dans le derby de Moscou, c’est surtout une histoire de bannières. Les supporteurs se font un malin plaisir à subtiliser subrepticement des tifos adverses pour les brûler en pleine rencontre, ultime humiliation. En 2009, des fans du CSKA s’étaient même introduits, la veille du match, à l’endroit où était entreposé un tifo reprenant La Création d’Adam de Michel-Ange avec un logo du Spartak au centre de la bannière pour le détruire au nez et à la barbe des Rouges et Blancs. Ces derniers, en l’espace d’une nuit, ont finalement réussi à le restaurer à temps pour le match fatidique, accompagné d’une bannière « les chefs d’œuvre ne brûlent jamais ».

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La police doit régulièrement intervenir dans les travées du stade Luzhniki pour interpeller les plus virulents. Les bagarres, quand elles n’éclatent pas dans les tribunes, ont lieu à l’extérieur du stade. Comme l’an dernier, où des supporteurs des deux clans se sont affrontés dans le métro, devant des enfants apeurés. Espérons que le spectacle sera au rendez-vous aujourd’hui, mais cette fois-ci sur le terrain.

 

 

Russie : la FIFA demande des comptes sur la loi anti-gay

Alors que la Russie accueillera la Coupe du Monde 2018, la FIFA, organisme organisateur du Mondial, a annoncé que le pays devrait s’expliquer sur la loi promulguée le 11 juin dernier. Un texte qui a soulevé depuis son vote un tollé dans certains pays, à l’heure où la Russie accueille en ce moment même les Mondiaux d’athlétisme.

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Supporter russe en Autriche à Vienne en 2008. Photo : asiatique.flickr.cc

L’organisateur du Mondial 2018 demande des comptes à la Russie. Promulguée par le président Vladimir Poutine, la loi au cœur de la polémique vise à interdire la « propagande » homosexuelle devant les mineurs. Comprendre : il est interdit d’avoir un comportement homosexuel, de parler d’homosexualité, ou de défendre les droits LGBT devant un mineur. La FIFA a fait part de son besoin de clarifier les termes exacts de cette loi, rappelant que ses positions «prévoient une tolérance zéro contre la discrimination fondée, entre autres, sur l’orientation sexuelle».

La loi a provoqué un tollé dans des nombreux pays ainsi que dans les associations de défense des droits de l’homme. Prévoyant également de remplacer le mot homosexualité par le terme relations sexuelles non traditionnelles, il s’agit – sous couvert de questions sémantiques – de réintroduire la censure dans les médias sur les questions LGBT, dans un pays qui réprime violemment les gay pride et manifestations de lutte contre les violences homophobes depuis des années. Une vague de protestations, de pétitions, de manifestations s’est alors développée dans plusieurs pays démocratiques : manifestations devant l’ambassade russe à Londres et Tel-Aviv, déploiement des couleurs du rainbow flag dans les rues à Stockholm sur le chemin vers l’ambassade russe ou encore boycott de la vodka russe dans les bars homosexuels de Seattle, New York ou Montréal.

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Une des 3 mascottes des JO 2014 à Sotchi. Photo : maiak.info.flickr.cc

Après la question du boycott des JO d’été de Pékin en 2008, voilà posée celle des JO d’hiver de Sotchi qui débutent dans 6 mois. Ira-t-on ? N’ira-t-on pas ? Quid des athlètes et des supporters homosexuels qui se rendront sur place ? Lundi 12 août 2013, un communiqué du ministère de l’Intérieur russe a affirmé que les lois seront appliquées lors des JO, mais que les athlètes homosexuels pourront participer aux épreuves, s’ils restent discrets. Faut-il s’attendre à des arrestations d’athlètes décidés à parler ? Les entreprises sponsors des Jeux mais néanmoins gay friendly comme Coca Cola vont-elles se désengager ?

Les Mondiaux d’athlétisme, qui se déroulent en ce moment même à Moscou n’ont pas suscité de mouvement de boycotts ni de protestations de la part des athlètes. Seul l’américain Symmonds, vice-champion du Monde sur 800 mètres a pris la parole et s’est exprimé sur le sujet, soutenant les mouvements LGBT. Un geste symbolique… et isolé. L’attitude pendant les JO à venir en dira long sur celle pendant le Mondial 2018. En attendant le début des épreuves, la FIFA attend des réponses du gouvernement russe.

Coupes du Monde : la long story / les années 2000

Pour la première édition en Asie, les magiciens brésiliens enlèvent le trophée lors du Mondial 2002, grâce notamment à un Ronaldo en état de grâce. L’Italie s’adjuge le titre suprême à Berlin en 2006, face à la France, après une finale épique, lors de laquelle eut lieu le coup de tête le plus célèbre de l’histoire du football.

Corée – Japon 2002 : Le Brésil de Ronaldo reprend ses droits (31 mai – 30 juin 2002)

Equipes présentes : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay, Costa Rica, Mexique, Etats-Unis, Cameroun, Nigéria, Afrique du Sud, Tunisie, Arabie Saoudite, Corée du Sud, Belgique, Danemark, Allemagne, Angleterre, France, République d’Irlande, Italie, Croatie, Pologne, Portugal, Russie, Suède, Slovénie, Espagne et Turquie.

Pour la première fois de l’histoire, l’organisation du Mondial est confiée à deux pays conjointement et se déroule sur le continent asiatique. De nouvelles nations font leur entrée dans la compétition : l’Equateur, la Chine, la Slovénie et le Sénégal.
Championne du Monde en titre, la France ne marque aucun but, ne prend aucun point. C’est la pire performance réalisée par un champion du Monde sortant. Zinédine Zidane ne participe pas au premier match contre le Sénégal, perdu par les Bleus. Contre le Paraguay, les français ne peuvent faire mieux qu’un match nul. Une défaite contre le Danemark lors du dernier match des poules met fin aux minces espoirs des Bleus.
La grosse surprise vient de la Corée du Sud et des Etats-Unis qui se qualifient aux dépens du Portugal, favori, et de la Pologne. Si les Etats-Unis sont stoppés en quart de finale par l’Allemagne, future finaliste, la Corée du Sud boostée par son public réalise un parcours inattendu. L’équipe surprise d’Asie bat l’Italie en huitième, l’Espagne en quart. L’Allemagne met fin à cette dynamique de victoire. Des soupçons pèsent sur la neutralité de l’arbitrage qui permit à la Corée du Sud d’atteindre les demis. Des actions litigieuses contre le Portugal, l’Italie ou l’Espagne auraient bénéficié à la Corée du Sud.
L’Angleterre sort du groupe de la mort (Suède, Argentine et Nigéria) mais est stoppée par le Brésil en quart de finale. L’Argentine ne se qualifie pas pour les huitièmes.
La Seleção élimine la Belgique – avec l’aide d’un « coup de pouce » de l’arbitre qui refuse aux Belges un but valable – puis l’Angleterre et retrouve en finale l’Allemagne qui doit faire sans son meneur de jeu et buteur Michael Ballack. Ronaldo marque à deux reprises dans la seconde mi-temps (le premier sur une erreur du gardien Oliver Kahn) et devient le meilleur buteur de l’histoire du tournoi avec 16 buts, devant l’allemand Gerd Müller. Le capitaine de la Seleção, Cafu est le seul joueur à disputer trois finales successives. Le Brésil remporte sa cinquième coupe du monde.

Allemagne 2006 : Le Sommermächen de la Squadra Azzura (9 juin – 9 juillet 2006)

Equipes présentes : Costa Rica, Etats-Unis, Mexique, Argentine, Brésil, Equateur, Paraguay, Allemagne, Angleterre, Croatie, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Serbie-et-Monténégro, Suède, Tunisie, Arabie Saoudite, Corée du Sud, Iran, Japon et Australie.

La Coupe du Monde de la FIFA retrouve le continent européen. Le président du comité d’organisation est l’emblématique Franz Beckenbauer.
La France sort des poules de justesse après un début de compétition timide. Mais les Bleus se défont d’adversaires de grande qualité et aux ambitions importantes lors des confrontations directes : ils éliminent une Espagne accrocheuse, puis les magiciens brésiliens et les portugais déterminés qui avaient battu l’Angleterre. Le milieu de terrain Zinédine Zidane laisse parler sa classe et son immense technique, épaulé par des joueurs d’expérience et de talent comme Patrick Viera, Lilian Thuram, Thierry Henry et Franck Ribéry.
L’Allemagne, chez elle, fait un tournoi solide. En quart de finale, elle élimine l’Argentine et se retrouve en demi-finale face à l’Italie. La Squadra Azzura n’a pas survolé le début du tournoi : elle s’est timidement imposée face à l’Australie et l’Ukraine. Mais son réalisme a raison de la Manschaft et elle accède à la finale contre la France, qui se joue à Berlin le 9 juillet 2006. Le mach reste marqué par l’expulsion de Zindédine Zidane, le meilleur joueur de la compétition, suite à un coup de tête sur le défenseur italien Marco Materazzi. Ainsi s’achève une brillante carrière internationale. Le score de 1-1 partout à la fin des prolongations emmène les 2 équipes aux tirs au but. David Trezeguet rate son tir et l’Italie remporte son 4ème titre de champion du monde. Fabio Cannavaro fête sa 100ème sélection avec l’équipe nationale et est désigné meilleur joueur de la compétition juste derrière Zidane.

Coupes du Monde : la long story / les années 90

Les Coupes du Monde des années 90 sont pleines de surprises : des équipes inattendues réalisent de beaux parcours à l’image du Cameroun de Roger Milla ou de la Roumanie de Gheorghe Hagi. Après la RFA en 1990 et le Brésil en 1994, la France décroche enfin sa première Coupe du Monde de l’histoire devant son public.

Italie 1990 : L’Allemagne s’offre une revanche et un triplé (8 juin – 8 juillet 1990)

Equipes présentes : Italie, RFA, Espagne, Angleterre, Tchécoslovaquie, la Roumanie, Ecosse, Belgique, Irlande, Yougoslavie, Autriche, Pays-Bas, Union Soviétique, Suède, Etats-Unis, Emirats Arabes Unis, Corée du sud, Egypte, Argentine, Costa Rica, Colombie, Uruguay, Brésil, Cameroun.

Triple championne du Monde, l’Italie n’a pas accueilli le tournoi depuis 1934. L’organisation de la compétition lui est confiée. Le Cameroun participent également au tournoi. Les Lions Indomptables du Cameroun font leur festival et la botte italienne devient leur terrain de jeu : l’équipe africaine rencontre l’Argentine lors du match d’ouverture à Milan. Même réduit à 9, les coéquipiers de Roger Milla, 38 ans, rentré à 10 minutes de la fin du match, remportent la rencontre 2 – 0 créant la surprise. Lors de son deuxième match, le Cameroun bat la Roumanie grâce à 2 buts de Roger Milla, rentré cette fois à la 58ème minute. Si la dernière rencontre de la poule se solde par une défaite sèche contre l’Union Soviétique, le vétéran et son équipe créent la sensation de ce début de Mondial. Les Lions Indomptables se défont de la Colombie mais sont stoppés en quart par l’Angleterre.
L’Argentine met un terme aux espoirs italiens de victoire finale : malgré l’excellente et surprenante Coupe du Monde de l’attaquant Salvatore Toto Schillaci, la Squadra Azzura perd en demi-finale à Naples aux tirs au but. Si le public napolitain a plus encouragé Diego Maradona que la Nazionale, il n’en est pas de même en finale à Rome contre la RFA, où la star de l’équipe de Naples sera conspuée par le public romain.
La finale 1990 est la même que celle de l’édition précédente, l’occasion pour les Allemands de Beckenbauer de prendre une revanche contre l’Argentine. La RFA, première équipe à se hisser en finale de la coupe du monde trois fois de suite, ne rate pas le coche : grâce à un but marqué sur penalty de Andreas Brehme, le RFA remporte la troisième coupe du monde de son histoire.

Etats-Unis 1994 : Le Brésil 4 étoiles (17 juin – 17 juillet 1994)

Equipes présentes : Brésil, Argentine, Italie, Allemange, Bulgarie, Roumanie, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Russie, Suède, Suisse, Norvège, Grèce, République d’Irlande, Cameroun, le Maroc, le Nigéria, l’Arabie Saoudite, Mexique, Colombie, Bolivie et Corée du Sud.

Aux Etats-Unis, il y a le « football »… mais il est « américain ». Pour tenter d’implanter le « soccer » outre-atlantique, la FIFA décide de confier l’organisation de la Coupe du Monde au pays de l’Oncle Sam, avec des nouveautés dans la forme (la victoire à 3 points) et dans le jeu (la passe en retrait interdite au gardien).
La Roumanie de Gheorghe Hagi fait un étonnant parcours qui s’achève en quart de finale contre la Suède de Henrik Larsson. Sur leur chemin, les roumains battent la sélection argentine en huitième de finale. Malgré la forme et la puissance de son attaquant Gabriel Batistuta, l’équipe sud-américaine ne se sort que laborieusement des poules. Maradona, le meneur de jeu de génie, est contrôlé positif dés le premier match. Exclu de la compétition, la sortie du Pibe del Oro par la petite porte n’est pas à la hauteur de l’immensité de son talent. Sans lui, l’Argentine peine et perd.
Les équipes africaines ne sont pas venues aux Etats-Unis pour y faire de la figuration. Mais le Cameroun – et son buteur d’expérience Roger Mila, 42 ans – ne parvient pas à sortir des poules et est même écrasé par la Russie, 6-1. Le Nigéria, lui, termine premier de son groupe mais est stoppé en huitième de finale contre l’Italie, future finaliste. L’équipe d’Arrigo Sacchi se défait de la Bulgarie, de l’Allemagne de Rudi Völler et Jürgen Klinsman, grâce à un Roberto Baggio qui classe parler sa grande classe.
La Squadra Azzura affronte en finale l’ennemi brésilien. Les stars sud-américaines, parmi lesquelles Bebeto, Romario, Rai, ont sorti les Etats-Unis (1-0), les Pays-Bas (péniblement 3-2), puis la Suède (1-0).
La finale se joue à Passadena et s’achève sur un score nul et vierge. La décision se fait aux tirs aux buts. Roberto Baggio manque le dernier et le Brésil remporte son 4ème titre de Champion du Monde.
Cette édition est malheureusement connue pour la tragédie qui endeuille l’équipe colombienne. Un début de tournoi tonitruant et un jeu d’une fluidité remarquable avait donné l’espoir à toute une nation. Malheureusement, le but contre son camp du défenseur Andrès Escobar mis fin au parcours colombien. Quelques jours après son retour au pays, le joueur est assassiné.

France 1998 : Le sacre des Bleus (10 juin – 12 juillet 1998)

Equipes présentes : Brésil, Norvège, Maroc, Ecosse, Italie, Autriche, Cameroun, Chili, France, Danemark, Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Nigéria, Paraguay, Espagne, Bulgarie, Pays-Bas, Mexique, Belgique, Corée du Sud, Allemagne, Yougoslavie, Iran, Etats-Unis, Roumanie, Angleterre, Colombie, Tunisie, Argentine, Croatie, Jamaïque, Japon.

C’est à la France qu’est confiée l’organisation de la Coupe du Monde 1998. Fernand Sastre, à l’origine de la candidature et co-président du comité d’organisation, décède quelque mois avant le début de la compétition.
Des sélections impressionnent : la Norvège, le Danemark et la Croatie. Les Norvégiens parviennent à sortir de leur groupe, après une victoire surprise dans les dernières minutes du match contre le Brésil. Ils sont éliminés en huitième de finale contre l’Italie. Les Danois qui terminent deuxième de leur groupe après la France, se défont facilement du Nigéria en huitième de finale (4-1). Il faut alors tout le talent des brésiliens pour stopper les danois en quart de finale, sur le score de 3-2. La Croatie, pour sa 1ère participation sous ce nom, se hisse jusqu’en demi-finale, avant d’être battue par la France. Son attaquant Davor Suker est le meilleur buteur de la compétition.
Le Pays-Bas sont de retour dans l’élite : Dennis Bergkamp, Edgar Davids et autres Patrick Kluivert terminent 1er de leur groupe, battent la Yougoslavie en huitième et créent la sensation en sortant l’Argentine. Les bataves échouent face au Brésil en demi-finale. L’Angleterre quant à elle compte dans ses rangs des joueurs d’expérience, tels Alan Shearer, et des jeunes de talent comme David Beckham ou Michael Owen auteur du plus beau but du tournoi. Au terme de l’un des plus beaux matchs de la Coupe du Monde, marqué par le carton rouge reçu par Beckham, l’Angleterre est éliminée par l’Argentine aux tirs au but.
Le Brésil, grand favori du tournoi, se hisse en finale en éliminant ses adversaires assez facilement, exception faite des Pays-Bas qui emmènent les sud-américains en prolongation et aux tirs au but. Le Brésil affronte la France qui est parvenue, au terme d’un tournoi sérieux et rigoureux à atteindre la finale. Les Bleus remportent leurs trois matchs dans la phase de poule. En huitième de finale, la délivrance arrive à la 113ème minute grâce au but en or de Laurent Blanc contre le Paraguay. Les co-équipiers de Didier Deschamps doivent s’armer de patience contre l’Italie en quart de finale : les 2 équipes se neutralisent et les tirs aux buts feront la différence. Le tir décisif de Luigi Di Biagio s’écrase sur la transversale de Fabien Barthez et envoie la France en demi-finale. Les croates prennent les choses en main au début de la seconde mi-temps grâce au buteur maison Davor Suker. Lilian Thuram inscrit dans la foulée le but égalisateur, puis enfonce le clou à la 69ème minute.
En finale, l’équipe de France prend l’avantage en 1ère mi-temps grâce à 2 buts de la tête sur corner inscrit par son meneur de jeu Zinedine Zidane. Un 3ème but en contre d’Emmanuel Petit vient sceller la 1ère victoire en coupe du monde remportée par la France. Cette victoire préfigure une grande liesse populaire qui s’empare du pays et les espoirs d’une société unie à l’image de son équipe « black-blanc-beur ».