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Les injustices

La vie est injuste, le football aussi. Il y a bien des arbitres chargés de faire appliquer les lois, mais ce ne sont que des hommes, faillibles donc. Des actions litigieuses très rapides et des petits filous qui en profitent… Parfois, la justice triomphe, parfois non, toute humaine qu’elle est- à l’image de l’attentat de Schumacher sur Battiston. Difficile de tout prévoir, le foot est insaisable, construisant son histoire et ses mythes sur des injustices légendaires, parfois belles et romantiques.

LA MAIN DE DIEU.
Maradona est devenu une légende aussi détestée qu’aimée. C’est lors du match Argentine-Angleterre en Coupe du Monde 1986 que s’est construite, en partie, la légende. Dans ce quart de finale, le meneur de jeu argentin offre un échantillon de ce qu’un joueur est capable de faire de plus beau et de plus scandaleux. Le meilleur – un des plus beaux buts de l’histoire du football – et le pire – «la main de Dieu», l’objet d’une immense polémique. Le geste – anti-sportif – participe à construire la légende du «Pibe del Oro». Maradona est pour certains un génie, pour d’autres un tricheur, et parfois les deux en même temps…

LA FINALE ESPAGNE – PAYS-BAS.
11 juillet 2010 : la finale de la première Coupe du Monde sur le sol africain se déroule au Soccer City Stadium de Johannesburg et oppose deux formations capables de produire du beau jeu : l’Espagne ultra-favorite rencontre les Pays-Bas qui rêvent de titre après deux finales perdues. Pour contrer la Roja et son milieu quasi-imbattable, les Pays-Bas ont un plan : casser le rythme du match et pourquoi pas un ou deux joueurs espagnols. Les mauvais tacles et les coups pleuvent, dangeureux parfois. 14 cartons jeunes, dont 9 pour les Pays-Bas. Agacés, les espagnols sont tendus et sont souvent à deux doigts de se faire justice eux-même. En prolongation, la Roja remporte la finale. Etat d’esprit pourri, mais la justice triomphe cette fois. Ouf.

THE F****** DISGRACE.
5 mai 2009 : le Barça de Guardiola se déplace à Stamford Bridge pour le match de demi-finale retour de Ligue des Champions. Tenu en échec 0-0 à l’aller, le club espagnol doit marquer. L’entraîneur de Chelsea semble avoir trouver la tactique défensive pour gêner Messi et les siens. Le match est tenu, les joueurs sous pression, l’arbitre également. Chelsea ouvre la marque à la 9ème minute. Dans les arrêts de jeu, Iniesta délivre les siens d’une superbe frappe et envoie le FC Barcelone en finale. Pénaltys flagrants non sifflés pour Chelsea, carton rouge qui ne semble pas justifié pour les catalans : indiscutables erreurs d’arbitrage et sentiment d’injustice. Au coup de sifflet final, Drogba arrangue les arbitres et peste contre les injustices, regarde la caméra et lance ceette phrase d’un romantisme rare : «it’s a f******* disgrace». Mais plus qu’une injustice : c’est l’jeu…

ANGLETERRE 1966 : L’INCERTITUDE.
Le seul titre de Champion du Monde pour la nation qui a inventé le football est entaché d’une polémique qui perdure encore aujourd’hui. 30 juillet 1966 : la RFA et l’Angleterre s’affrontent en finale. 2 partout à l’issue du temps réglementaire. En prolongation, le tir de Geoff Hurst s’écrase sur la transversale et retombe derrière la ligne, selon l’arbitre… Les images n’ont pas permis de confirmer le jugement. Derrière la ligne, ou pas, le but est accordé aux anglais, malgré les protestations allemandes. Les anglais marquent un second but et remportent le titre suprême sur une possible injustice : l’analyse des vidéos n’a jamais pu prouver que le ballon avait franchi entièrement la ligne. Il semblerait même, selon des experts anglais, que ce ne soit pas le cas. Comme quoi, ça ne tient pas à grand chose…

Pour le pire et le meilleur

Si cela déplait, tant pis, mais c’est une évidence : le football est un sport humain, avec tout ce que cela comporte. Des moments de grande mansuétude, de classe et de gentillesse, ou des coups de sang, des actes violents et des tricheries bien utiles, comme dans la vie. Mauvais gestes, petites bagarres, injustices et un peu de fair play : le meilleur et le pire du football, en quelques leçons. Leçon n°1 : ces satanés mauvais gestes, qui restent gravés longtemps…

Leçon n°1 : LES MAUVAIS GESTES

LE COUP DE TETE DE ZIDANE.
175,1 millions de téléspectateurs étaient devant leur poste ce dimanche 9 juillet 2006. L’un des plus grands joueurs de l’histoire tirait sa révérence en finale de Coupe du Monde. France-Italie, les meilleurs ennemis du monde faisaient combat égal. A la 107ème minute, Zidane répond à une provocation du défenseur italien Materrazzi en lui infligeant un coup de tête, resté célèbre. Le 4ème arbitre voit l’action sur son écran vidéo et prévient le central. 2 minutes d’incertitude puis carton rouge. Fin de carrière tragique, comme pour rappeler que le Dieu Zidane n’était qu’un homme…

L’AFFAIRE CANTONA.
C’est certainement l’un des mauvais gestes les plus médiatiques de l’histoire du football. 25 janvier 1995 : Manchester United se déplace chez l’équipe de Crystal Palace. Cantona écope d’un carton rouge. En sortant du terrain, insulté par un supporter adverse, il tente un coup de pied façon «kung fu» puis termine le travail aux poings. 9 mois de suspension, 120 heures de travaux d’intérêt général et une phrase en conférence de presse, restée mythique, sur des mouettes, des pêcheurs et des chalutiers.
http://www.youtube.com/watch?v=u-WmfTIRUWY

LE TRAUMATISME SCHUMACHER.
Dans la chaleur sévillane, la France rencontre la RFA en demi-finale du Mondial. Ce 8 juillet 1982, les Bleus ont l’occasion d’atteindre la première finale de leur histoire. En seconde période, Genghini se blesse, Patrick Battiston rentre en jeu. Après une première occasion, il est lancé dans la profondeur par Platini. Le gardien du but allemand, Harald Schumacher, sort sans se préoccuper du ballon et envoie Battiston au tapis. Le choc est violent. Le joueur français, inconscient, est évacué sur une civière. La faute n’est pas sanctionnée et le ballon rendu aux allemands. Les Bleus perdent ce match épique lors des tirs aux buts. L’agression et l’injustice sont restées un traumatisme dans l’imaginaire populaire français, jusqu’à aujourd’hui…
http://www.youtube.com/watch?v=coSfMSUSVPI&feature=related

A suivre…