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Le mystérieux Ballon d’or

Lundi 13 janvier sera révélé le nom du 57ème Ballon d’or de l’histoire du football mondial. C’est chaque année un événement sportif important qui consacre le meilleur joueur du monde. Une récompense individuelle dans un sport collectif, qui suscite de plus en plus de polémiques. Mais en fait, c’est quoi le Ballon d’or ?

Le trophée tant convoitée. Photo : Ben Sutherland.flickr.cc
Le trophée tant convoitée. Photo : Ben Sutherland.flickr.cc

Des mensurations qui font rêver bon nombre de footballeurs professionnels à travers le monde : haut de 31 centimètres, large et profond de 23 et lourd de 430 kg. Le trophée est composé de deux demi-sphères de laiton, rempli de ciment puis façonné pour faire les coutures, vidé, poli puis trempé dans de l’or avant d’être fixé sur un socle en pyrite. Créé en 1956 par le magazine France Football, le Ballon d’or récompensait alors le meilleur joueur européen jouant en Europe, élu par des journalistes internationaux. En 1995, le titre peut être décerné à un joueur de nationalité extra-européenne évoluant en Europe. Puis en 2007, il récompense le meilleur joueur du monde de l’année quel que soit l’endroit où il joue.
Le « Ballon d’or France Football » est depuis 2010 le « FIFA Ballon d’or »
Depuis 2010, le mode de désignation a changé. Le « Ballon d’or France Football » est devenu le « FIFA Ballon d’or » après l’accord entre Amaury Sport Organisation (organisateur d’évènements sportifs qui fait partie du groupe de presse Amaury, propriétaire de France Football) et la Fédération Internationale de Football Association. Le mode de vote a changé et est contesté par certains observateurs : ne votent plus seulement des journalistes, mais les 208 sélectionneurs et capitaines des pays membres de la FIFA, ainsi que 208 journalistes nommés pour représenter ces pays.
Au palmarès, que des grands noms
Plus qu’un trophée recouvert d’or, c’est la grande histoire du football cachée derrière ce titre qui aujourd’hui attise les convoitises. Au palmarès, que des grands noms : Alfredo di Stefano (1957, 1959), Raymond Kopa (1958), Eusébio (1965), George Best (1968), Johan Cruyff (1971, 1973, 1974), Michel Platini (1983, 1984, 1985) ou Zinedine Zidane (1998). Le choix sera cette année fait entre Messi, Ronaldo et Ribéry. Mais le Ballon d’or 2013 sera surtout placé sous le signe des polémiques.
Le 20 novembre 2013, la FIFA décide de repousser la date limite des votes
Sep Blatter offre à des étudiants d’Oxford une moquerie à l’encontre de Ronaldo après l’avoir comparé à Messi et affiché clairement sa préférence pour l’argentin de Barcelone. Il qualifie CR7 de « commandant sur le terrain » et déclare notamment : « L’un dépense davantage que l’autre chez le coiffeur ». Le portugais réagit sur Twitter et le président du Real également.


« Je souhaite longue vie à M. Blatter, avec la certitude qu’il continuera d’assister aux victoires de ses joueurs et ses équipes préférés. »
Le 20 novembre 2013, la FIFA décide de repousser la date limite des votes affirmant que le nombre de suffrages exprimés est trop faible. L’organisation internationale dirigée par Sep Blatter se défend de favoriser le portugais malgré les matchs de barrages à venir et lors desquels Ronaldo peut espérer convaincre les votants indécis. La polémique enfle : Sep Blatter favoriserait Ronaldo pour faire oublier la boulette d’Oxford… au détriment de Ribéry, auteur d’une saison pleine.
« Cela fait beaucoup de mal au football car le joueur est amené à privilégier le jeu individuel au détriment du jeu collectif. »
Depuis quelques semaines, des voix s’élèvent dans le monde footballistique remettant en cause la distinction même : une récompense individuelle aussi prestigieuse est-elle légitime dans un sport où le collectif est important ? Arsène Wenger, l’entraîneur français d’Arsenal a exprimé des critiques sans détours : « Cela fait beaucoup de mal au football car le joueur est amené à privilégier le jeu individuel au détriment du jeu collectif ». Idem pour Mourinho qui a décliné l’an dernier l’invitation de la FIFA à la cérémonie de remise du trophée. A l’heure où l’individualisme dans le monde du football est souvent dénoncé et avancé pour expliquer les maux qui gangrènent ce sport, les officiels s’activent pour l’organisation d’une cérémonie qui va flatter l’orgueil et l’ego de quelques joueurs.

Les déclarations les plus homophobes du football

Au lendemain du coming out de Thomas Hitzlsperger, ancien international allemand, dans une interview donnée au magazine Die Zeit, quelques joueurs en activité ont salué le courage de l’ancien joueur d’Everton. Force est de constater qu’il n’est pas facile d’être homo et footballeur professionnel, à en croire les nombreuses déclarations homophobes recensées dans le monde du ballon rond. Florilège.

Marcos Ceara sous les couleurs du PSG lors d'un match contre l'Atlético Madrid en 2009. Photo : psgmag.net.flickr.cc
Marcos Ceara sous les couleurs du PSG lors d’un match contre l’Atlético Madrid en 2009. Photo : psgmag.net.flickr.cc

Alex, défenseur du PSG, et Marcos Ceara, ancien joueur du PSG, et pasteur évangélique
Mercredi 8 janvier, Canal + Sport diffuse dans son émission « Enquêtes de foot » un documentaire – Jésus Football Club – sur la ferveur religieuse des joueurs sud-américains sur les terrains de football. Alex, défenseur brésilien du PSG, lâche au cours de l’interview : « Dieu aurait créé non pas Adam et Eve mais Adam et Yves » à propos de sa position sur l’homosexualité. Marcos Ceara, qui a baptisé Blaise Matuidi actuel milieu de terrain des Bleus, déclare quant à lui : « Je ne suis pas vraiment pour l’homosexualité. Cela sort un petit peu du projet de Dieu ».

Sep Blatter, actuel président de la FIFA
Lors d’une conférence de presse en 2010 à propos de l’attribution de la Coupe du Monde au Qatar en 2022 et du respect des droits LGBT : « Je pense qu’ils (les homosexuels) devraient juste s’abstenir de toute activité sexuelle ». Devant une assemblée gênée, il précise : « Nous sommes ouverts à tous et je crois qu’il ne devrait y avoir aucune discrimination pour aucun être humain ». Une précision utile.

Antonio Cassano, attaquant italien, international
Il répond en conférence de presse à des rumeurs à propos de deux joueurs de la sélection italienne métrosexuels et homosexuels : « C’est quoi un métrosexuel ? S’il y a des « pédés » c’est leur problème, j’espère qu’il n’y en a pas dans l’équipe nationale. Mais s’ils sont « pédés » c’est leur affaire. Y en-a-t-il ? Je ne sais pas. » L’UEFA le condamne à 15 000 euros d’amende. Il présente des excuses dans la foulée.

Didier Deschamps en 2011, alors entraineur de l'OM. Photo : mustapha.ennaimi.flickr.cc
Didier Deschamps en 2011, alors entraineur de l’OM. Photo : mustapha.ennaimi.flickr.cc

Didier Deschamps, ancien joueur et international français, sélectionneur de l’équipe de France
Entraîneur de la Juventus Turin au moment de sa remontée en Série A en 2007, il s’exprime sur la couleur rose du maillot de la Vieille Dame créé pour fêter le retour du club dans l’élite : « Cette couleur ne me plaît pas parce qu’en France c’est la couleur des gays. » Il revient quelques jours plus tard sur ces propos : « Je me suis rendu compte que j’ai fait une plaisanterie maladroite qui peut avoir blessé la sensibilité de nombre de personnes auxquelles je fais mes excuses ».

Mateja Kezman, directeur sportif du FK Vojvodina
Ancien joueur de Chelsea et du PSG reconverti directeur sportif en Serbie, interrogé par un journaliste à propos de la participation de Louis Van Gaal, Ronald de Boer et le président de la fédération néerlandaise de football à la Gay Pride d’Amsterdam à l’été 2013, Kezman déclare : « L’homosexualité est une maladie qu’on ne doit pas promouvoir. J’ai un problème avec ça. Je n’aimerais pas si la Fédération Serbe de Football décidait de supporter la cause gay ».

Guy Lacombe, ancien entraineur de Sochaux, de Rennes, de Monaco et du PSG, actuel responsable de la formation des cadres techniques de la DTN (Direction Technique Nationale) de la Fédération Française de Football
En conférence de presse en 2009 après une défaite de son équipe – Monaco – contre Valenciennes à propos de la prestation de ses joueurs, il ose une comparaison glissante : « Moi j’ai trouvé que certains faisaient du patinage artistique ce soir. À votre avis, c’est un sport de quoi…? ». Bonne question.

Marcello Lippi, entraineur italien, ancien sélectionneur de l’équipe nationale
Les propos datent de 2009 à l’occasion de l’annonce de la liste de joueurs pour la Coupe du Monde : « Je crois que, parmi les joueurs, il n’y a pas d’homosexuels. En 40 ans de carrière, je n’en n’ai jamais rencontré et on ne m’en a jamais parlé ».

Vlatko Markovic, ancien joueur croate, ancien entraineur et ancien président de la Fédération Croate de Football
A la question posée par un journaliste : « Avez-vous déjà rencontré un joueur gay ? », la réponse du président de la Fédération Croate fuse : « Non, heureusement qu’il n’y a que des personnes saines qui jouent au football ». Devant le tollé que provoque cette réponse, feu Vlatko Markovic présente ses excuses et affirme qu’il n’a « absolument rien contre des représentants des minorités, et en particulier celles aux penchants homosexuels ». Ouf. L’UEFA l’a quand même condamné à 10 000 euros d’amende.

Louis Nicollin, président du club de Montpellier
A l’issue d’un match de Ligue 1 entre Auxerre et Montpellier en 2009, Louis Nicollin s’exprime sur la performance de Benoît Pedretti, joueur Bourguignon : « Pedretti a tout commandé sur le terrain, mais celui-là, quand il viendra à Montpellier, on va s’en occuper. Ce type est une petite tarlouze! ». Interrogé quelques mois plus tôt dans la presse : « Un clip sur le racisme, je suis prêt à le passer dès demain matin. Mais sur l’homophobie… Après, ce sera quoi, les femmes battues ? ». Plus tard, il participe à un clip de lutte contre l’homophobie. Comme quoi tout est possible.