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Mitrović, petite perle des Balkans

S’il y a bien un joueur dont les Bleuets devraient se méfier ce soir lors de la finale de l’Euro U19 face à la Serbie, c’est bien Aleksandar Mitrović. Déjà sélectionné chez les A, l’attaquant du Partizan Belgrade figure parmi les plus grands espoirs des Aigles blancs. Portrait d’un joueur comparé à Balotelli, aussi bien pour son comportement extra-sportif que pour son talent hors-norme.

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West Coast ! (Crédits : Telegraf.rs)

« Avec cette qualification pour la finale de l’Euro U19, nous sommes désormais entrés dans l’histoire du football serbe ». Au sortir de la demi-finale remportée aux tirs aux buts face au Portugal, Aleksandar Mitrović mesure bien l’ampleur de l’évènement. Les jeunes serbes ont en effet la possibilité de ramener un trophée au pays, une première depuis la médaille d’or des Jeux Olympiques de 1960. Une première récompense aussi pour un pays qui existe en tant que tel, et non sous la dénomination de Serbie-Monténégro, que depuis 2006.

18 ans et déjà un des meilleurs joueurs du championnat serbe

Au Partizan Belgrade depuis l’âge de 11 ans, c’est avec le club de Teleoptik, alors en seconde division, que le jeune serbe de 17 ans fera ses débuts sous forme d’un prêt en 2011-2012. 7 buts inscrits en 25 matches avec le club filial, des prestations suffisamment convaincantes pour qu’il signe son premier contrat professionnel avec le club de la capitale en fin de la saison.

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Quelqu’un a le 06 de son coiffeur ? (Crédits : Kurir-info.rs)

Lors de la saison suivante, en 2012-2013, Mitrović intègre l’équipe première du Partizan, championne de Serbie depuis 2006. A seulement 18 ans, il devient très vite un élément indispensable des Noirs et Blancs. En compagnie de son compère Lazar Marković, autre jeune prometteur transféré au Benfica depuis, Mitrović forme une paire d’attaquants redoutables et complémentaires en SuperLiga. Avec dans le rôle de pourvoyeurs de caviars, le néo-lisboète et dans celui de finisseur, Aleksandar Mitrović. Mesurant un bon mètre 89, le Serbe mise tout sur son physique et le jeu aérien. Et ça marche. Auteur de 10 buts en 25 matches en SuperLiga la saison passée, il devient le premier joueur de l’histoire du championnat serbe à atteindre la barre de la dizaine à seulement 18 ans. Et ce n’est pas tout ! Mitrović a également eu le mérite cette même saison d’inscrire au moins un but dans chacune des compétitions disputées avec son club (Ligue des Champions, Ligue Europa, SuperLiga, Coupe de Serbie), de remporter la SuperLiga avec le Partizan, qui était au coude-à-coude avec l’Etoile Rouge jusqu’aux dernières journées, et de figurer dans l’équipe-type du championnat. Tout ça à seulement 18 ans !

Son premier but lors du derby éternel (17/11/2012)

Le Balotelli serbe ?

Autant dire que le gamin n’a pas tardé à être convoqué chez les A. Meilleur buteur des U19 serbes avec 7 buts inscrits en 10 matches lors des qualifications pour l’Euro, Mitrović a connu sa première sélection, et titularisation, avec la sélection nationale lors d’un match de qualification pour la Coupe du Monde 2014 face à la Belgique en juin dernier. Seulement quelques heures après avoir bataillé avec la charnière Van Buyten-Kompany, on retrouvait Mitrović affronter la Suisse lors du deuxième match du tour Elite, dernière phase de qualifications pour l’Euro U19, provoquant ainsi une vive polémique au pays.

Et c’est loin d’être sa première. Mitrović est en effet un joueur qui ne laisse pas indifférent. Surnommé « Balotelli » par ses coéquipiers en club, il a pâti pendant plusieurs d’une réputation pour le moins sulfureuse, notamment pour ses nombreux tatouages et ses coupes de cheveux toutes plus extravagantes les unes que les autres. Désormais, Aleksandar Mitrović préfère arborer la boule à zéro, signe d’un joueur enfin mature ?

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Ses coupes de cheveux, c’est comme le rap : c’était mieux avant (Crédits : Prelistavanje.rs)

Mitrović, ardemment suivi par Anderlecht depuis quelques semaines, sera assurément le Serbe à suivre ce soir sur la pelouse du stade de Marijampole. Et si la Serbie était amené à se qualifier pour le prochain Mondial au Brésil, il pourrait bien être une des révélations de cette compétition. Car entre la retraite de Kezman et les vieillissants Žigić et Pantelic, Aleksandar Mitrović a une véritable carte à jouer à la pointe de l’attaque de la sélection nationale. Espérons juste qu’il ne se perde pas pendant plusieurs années comme alter ego Balotelli…

Coupe du Monde 2010 : les qualifiés pour les huitièmes

On connaît les qualifiés pour les huitièmes de finale de la première Coupe du monde de l’histoire sur le continent africain. A mi-parcours, le constat est là : l’édition 2010 restera dans les annales à plus d’un titre. Des évidences, certes ; de grosses surprises, surtout.

L’AMERIQUE CONQUERANTE

La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l'Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc
La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l’Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc

C’est simple : à part le Honduras, toutes les équipes du continent américain engagées seront en huitième. Des favoris (Argentine, Brésil) aux outsiders (Uruguay, Mexique, Paraguay, Chili et Etats-Unis), elles seront toute là. Comme un message pour l’Europe des stars, c’est, outre un savoir technique et tactique maîtrisé, leur collectif solidaire qui les aura amenées là, parfois sur le fil du rasoir et avec difficultés. L’Argentine tient son rang et son jeu est certainement le plus léché et agréable. Le Brésil un peu moins serein que prévu se qualifie sans trop forcer. Au courage pour les autres, le continent américain sera dignement représenté…

L’AFRIQUE A LA RAMASSE

Sur 6 équipes africaines engagées, une seule est parvenue à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le continent attendait beaucoup de ses sélections emmenées par des stars mondiales. Pas de miracle pour la Côte d’Ivoire de Drogba et le Cameroun de Samuel Eto’o. Fin du Mondial. Faible techniquement, le Nigéria a tout bonnement déçu et l’Algérie, inexpérimentée, n’a pas réussi à réitérer les exploits de la qualification. Enfin l’Afrique du Sud, malgré le soutien de son peuple et des vuvuzélas, est la première équipe hôte à ne pas atteindre les huitièmes. Les Bafanas-Bafanas ont tout de même terminé leur Mondial sur une victoire contre la France. Dans un groupe serré, le Ghana se qualifie grâce à une victoire contre la Serbie, un match nul contre l’Australie et une défaite contre l’Allemagne. Les sélections africaines doivent revoir leurs copies.

L’EUROPE A BOUT DE SOUFFLE

14 sélections européennes engagées, 6 qualifiées, dans la difficulté. Fatigue des joueurs, suffisance, système de jeu trop connu et facile à contrer : il y a des raisons. L’Angleterre de Capello se qualifie dans la douleur. La presse anglaise avait pourtant titré au lendemain du tirage au sort « EASY », qualificatif attribué au groupe réunissant l’Algérie, la Slovénie et les Etats-Unis. Confiance, supériorité… L’Allemagne commence en trombe en infligeant un 4-1 indiscutable à l’Australie. Mais contre les Serbes, médiocres, la Nazional Manschaft ne peut même accrocher le match nul. Il faut une courte victoire contre le Ghana pour permettre à l’Allemagne de rejoindre les huitièmes, non sans mal. Le premier match de l’Espagne fit l’effet d’une bombe : la Roja défaite contre la Suisse, par le plus petit des écarts. Un jeu parfois stéréotypé de la sélection que les observateurs voient déjà championne du Monde : passe courte en une touche de balle, qui n’est pas sans rappeler le Barça. Comme un symbole, la Suisse se la joue Inter de Milan, ultra-défensive, ultra-disciplinée, laissant le ballon aux espagnols, attendant le contre. Un coup de tonnerre pour les joueurs ibériques, arrivés sur la pelouse pleins de certitude. Les hommes de Vicente del Bosque se reprennent et se qualifient pour les huitièmes. Rassurés, pour l’instant. Ce fut plus simple pour les Pays-Bas et le Portugal. Les Hollandais assument pour l’instant leur statut de favori, assurés dès le deuxième match de poursuivre la compétition. Dans le groupe de la mort, le Portugal fait jeu égal avec le Brésil, tient en échec la Côte d’Ivoire et lamine, 7-0, la Corée du Nord. La Slovaquie élimine l’Italie. Plus faible techniquement et individuellement, le collectif et la solidarité de cette petite équipe auront eu raison du Champion du monde en titre.
Out donc France, Italie, Serbie, Danemark, Grèce, Slovénie, Suisse. Pour les trois derniers, c’était prévisible. En revanche, les finalistes de la dernière édition auront brillé par leur médiocrité et la France aura éclaboussé le monde d’un ridicule qui restera dans l’histoire de la Coupe du monde, autant sur le terrain qu’en dehors.
France et Italie, les meilleurs ennemis, ne se qualifient pas dans les deux groupes les plus faibles du Mondial. Le séjour en terre africaine n’aura pas duré bien longtemps. C’est décevant également pour la Serbie – qualifiée pour le Mondial sans passer par les barrages – que les observateurs annonçaient plus forte que ce qu’elle a montré. Aurait pu mieux faire.

L’ASIE ETONNE

Match opposant l'Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale. Photo : DundasFootballClub.flickr.cc
Match opposant l’Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale.
Photo : DundasFootballClub.flickr.cc

Rigoureuses, disciplinées et solidaires : les équipes asiatiques sont en progrès, incontestablement. Petits gabarits techniques et gros collectifs, elles n’ont pas loupé le rendez-vous africain. 3 sélections engagées, 2 qualifiées. Bon score. La Corée du Sud se qualifie en huitième, dans un groupe loin d’être évident (Argentine, Nigéria, Grèce). Le Japon, considéré comme le plus faible de sa poule au début de la compétition s’octroie une place en huitième, laissant Danemark et Cameroun sur place. Rien que ça. La Corée du Nord rentre au pays, après une grosse défaite contre le Portugal, mais aura eu le mérite d’accrocher les quintuples champions du monde brésiliens. Rien que ça.

LES EQUIPES SURPRISES

Soyons sport et classe – en ces temps tourmentés, ce n’est pas si courant – et saluons la performance de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Le football n’y est pas un sport national. Pourtant, pour elles, le Mondial est bon : la Nouvelle-Zélande n’a pas perdu un match et l’Australie s’est même offerte le luxe de battre la Serbie et de faire jeu égal avec le Ghana.