Archives par mot-clé : Sir Alex Ferguson

Premier League : Manchester United, et de 20!

C’est officiel depuis hier soir : Manchester United s’est offert son 20ème titre de champion d’Angleterre en s’imposant face à Aston Villa 3 à 0. Intraitable en championnat, les hommes de Sir Alex Ferguson remportent le titre sans jamais avoir été inquiétés. Retour sur une saison mancunienne en Premier League, presque trop facile.

AFP_130422_310j2_manchester_united_sn635

Les Red Devils sont sacrés pour la 20ème fois de leur longue et belle histoire. Sans aucune contestation possible, sans avoir rencontré de difficultés. Manchester United a, dès le début de la saison, su s’imposer dans les matchs importants et les confrontations avec des adversaires directs : contre Chelsea, Manchester City, Arsenal ou encore Newcastle. Si parfois le jeu des mancuniens a manqué de souffle, les joueurs de Sir Alex Ferguson ont toujours fait preuve d’abnégation sur le terrain et d’une énorme force mentale. Des victoires dans les dernières minutes de jeu, des renversements de situation : dès le mois de décembre, United s’est envolé vers le titre, laissant à ses adversaires la sensation que rien ne pourrait l’arrêter. Seul le Real Madrid a été capable cette saison de mettre à mal les joueurs de talents qui composent l’équipe, dont Van Persie, à qui l’équipe anglaise doit le titre, ni plus ni moins.

587476_l-attaquant-neerlandais-de-manchester-united-robin-van-persie-auteur-d-un-triple-contre-aston-villa-a-old-trafford-le-22-avril-2013-pour-le-20e-titre-de-champion-d-angleterre-des-red-devils

S’il ne fallait retenir qu’un seul joueur, c’est incontestablement le transfuge estival passé d’Arsenal à Manchester United au mercato : Robin Van Persie réalise une première saison exceptionnelle sous les ordres de Ferguson. Il n’était pas un titulaire évident au début de la saison et pourtant, dès les premiers matchs, il s’impose comme un joueur indispensable au 11 de départ. Il joue 34 matchs, inscrit 24 buts, souvent décisifs, comme ce coup-franc qui permet la victoire dans le temps additionnel contre le meilleur ennemi Man City. Le hollandais volant s’est entendu à merveille avec Rooney, en meneur de jeu de talent, et Ryan Giggs, le taulier omniprésent : il s’offre un triplé contre Aston Villa, le match du titre. Tout un symbole. Reste à le surveiller lors de la prochaine journée pour le déplacement à l’Emirates Stadium d’Arsenal, qu’il connaît par cœur pour y avoir passé huit saisons. Robin est parti d’Arsenal pour décrocher un titre et revient avec la couronne de champion. C’est chez les Gunners, autre meilleur ennemi, que Sir Alex Ferguson devrait donc célébrer son 16ème titre (en 34 saisons).

La victoire de Man U, c’est également la victoire d’un entraîneur : un Ecossais, socialiste et syndicaliste, qui s’est assis sur le banc mancunien il y a 34 ans maintenant et qui a traversé toutes ces années, et parfois des tempêtes (comme le rachat du club par les américains Glazer), et qui a remporté entre autres 16 titres de champion d’Angleterre et 2 Ligues des Champions (1999 et 2008). Anobli par la Reine, titulaire des clés de la ville d’Aberdeen, il a également une tribune à son nom dans le stade d’Old Trafford et une statue à son effigie : Sir Alex Ferguson a encore soif de victoires, alors qu’il pourrait simplement couler une retraite tranquille. Certes, l’opposition a été assez moyenne en Premier League : Arsenal a coulé en première partie de saison ainsi que Liverpool, en phase de reconstruction ; Manchester City ne s’est pas montrée capable de confirmer son titre ; seul Chelsea a pu offrir une résistance, mais jusqu’en décembre uniquement. Sir Alex Ferguson a su insuffler la force mentale et la rigueur tactique dont il a le secret pour remporter le titre, en survolant le championnat, et pourrait, si l’équipe remporte les 4 derniers matchs, dépassé le record de points détenus par Chelsea. La seule question qui subsiste aujourd’hui concerne l’avenir de Ferguson sur le banc ou pas l’an prochain ? Wait and see.

Un coréen à Manchester United

Il est chez les Red Devils depuis 2005. Contre toute attente, il s’y est imposé. Park Ji-Sung, joueur emblématique de la sélection nationale, est à Man. Un’ comme un poisson est dans l’eau. De Séoul aux Pays-Bas et de Manchester à l’Afrique du Sud : l’itinéraire d’un petit coréen devenu grand.

Papa Park avait peur que fiston soit trop petit. Quelques verres de jus de grenouille plus tard, Ji-Sung est devenu le plus grand joueur coréen de l’histoire à 29 ans. Une rue à son nom à Suwon, sa ville d’origine, une chanson en son honneur au PSV Eindhoven, un surnom flatteur donné par les supporters de Manchester U., une distinction de meilleur homme du match par deux fois à la Coupe du Monde 2010 et un début de saison qui permet au club de Sir Alex de ne pas sombrer. Peu misaient sur Park quand il a posé ses valises en Angleterre. Aujourd’hui, il met tout le monde d’accord : dans le système manchunien, autant que dans sa sélection, il est indispensable.

Park Ji-Sung projette de devenir professeur de sport. En attendant, en 1999, il débute sa carrière de footballeur au Japon, dans le club de Kyoto Sanga FC. Du haut de ses 19 ans, il séduit dés sa première saison et en 2000 rejoint la sélection nationale. Guus Hiddink prend la tête de l’équipe de Corée du Sud afin de préparer le Mondial qui s’y tiendra en 2002, conjointement avec le Japon. Le coach hollandais emmène son équipe en demi-finale contre l’Allemagne : une performance pour un pays d’Asie. Park marque contre le Portugal. A 20 ans. A l’heure de retourner au PSV Eindhoven, Guus Hiddink ramène Ji-Sung dans ses valises. Un début en Europe plutôt réussi : s’il n’est titularisé qu’à 8 reprises lors de sa première saison, il joue en revanche 28 matchs la deuxième, plante 7 buts et réalise surtout quelques performances sur la scène européenne qui font parler de lui. Les supporters qui n’auraient pourtant pas parié sont alors séduits : une chanson lui est dédiée. Milieu de terrain offensif, Park a des qualités essentielles qui constituent les bases de son jeu : l’intelligence, la discipline, la vivacité et l’endurance. Sir Alex Ferguson sent le coup et le fait signer à Manchester United en 2005 pour 4 ans et 6 millions d’euros.

Quand il arrive chez les Red Devils, les supporters et les observateurs sont sceptiques. Park, ce n’est pas Cristiano Ronaldo ni Messi : pas autant de gri-gris, pas autant de dribbles, pas autant de buts. Park, ce n’est pas le football spectacle : c’est simple, juste mais efficace. Les premiers temps ne sont pas évidents pour le coréen. Mais Fergie n’en démord pas et cela finit rapidement par payer : il est aligné pour les matchs de Ligue des champions importants, parce qu’il est capable d’appliquer rigoureusement sur le terrain les ordres du coach. Prendre les espaces, sentir le jeu et savoir précisément où se positionner : c’est le truc de Ji-Sung. En 2006-2007, il revient dans l’équipe à la mi-saison après une longue blessure. Manchester United remporte le championnat et Park est un acteur important du sacre. Milieu de terrain ou attaquant, il convient parfaitement au système du coach en 4-3-3, grâce à sa force de percussion et la justesse dans la dernière passe. Pour ne rien gâcher, il est capable de défendre s’il faut soulager l’équipe grâce à son endurance remarquable, d’où son surnom qui résonne dans les travées d’Old Traford : « Three lung Park » (« Trois poumons »). A Manchester, il se sent bien et progresse : « Je me suis amélioré à pas mal de niveaux en les côtoyant. En jouant avec les meilleurs du monde et sous l’égide du coach, je suis devenu plus mûr physiquement, techniquement et tactiquement également ».

Il a réussi sa Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, même si la Corée du Sud s’est arrêtée en huitième. De retour dans son club, il semble depuis le début de saison avoir passé un nouveau palier. Si Manchester réalise un début de saison assez moyen, le coréen reste confiant. De grands joueurs sont partis ces dernières années : Tevez et Ronaldo en tête. Pour autant, il ne doute pas : « Il est certain qu’ils ont laissé un grand vide, mais je pense que les nouveaux joueurs ont travaillé dur pour le combler. Et je suis persuadé que Manchester United est désormais une équipe plus forte. » Rien que ça. L’écossais Fletcher s’est imposé la saison dernière comme un cadre indispensable. Cette saison, ce pourrait être celle de Park. Hier, il a marqué les 2 buts de son équipe contre Wolverhampton Wanderers. Manchester United, ultra-décevante, peut le remercier. Il a sauvé son club d’une possible défaite et s’est imposé comme un leader, dans le jeu et dans l’état d’esprit. Cette saison pourrait bien être celle du coréen de Manchester qui a désormais le coach et le public manchunien dans sa poche. Rentré dans l’histoire du football coréen, il pourrait rentrer dans celle de Manchester United. A 29 ans, ce n’est pas rien.