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Etude de Kasami

Ce weekend, la Premier League a encore été le théâtre de quelques gestes de grande classe. Il y a eu le but de Wilshere samedi avec Arsenal, à la conclusion de redoublements de passes à faire pâlir les admirateurs du tiki-taka barcelonais. Hier, c’est l’ombre de Van Basten qui a plané sur la pelouse de Selhurst Park. Alors que Fulham est mené 1-0, Pajtim Kasami décide de faire parler la poudre et marque un but qui fait déjà le tour de la toile, de YouTube à Videa.hu.

kasami fulham

« C’était mieux que ce que vous pensez. Il a contrôlé le ballon de la poitrine et l’a envoyé dans la lucarne opposée. Le but de Marco [Van Basten] est bien différent. Vous ne pouvez pas comparer les deux buts mais celui de Kasami est plus beau ». En maniant la contradiction à son paroxysme, l’entraîneur de Fulham, Martin Jol, ne tarit pas d’éloges à l’égard du milieu suisse. On peut comprendre son enthousiasme. Kasami a inscrit hier le genre de buts que l’on voit que trop rarement. Exit les frappes écrasées et les CSC. A la 19ème minute de jeu, le Suisse, sur une passe en profondeur de Sascha Riether, s’emmène le ballon de la poitrine à l’intérieur de la surface puis crucifie le gardien adverse d’une sublime volée qui échoue dans le petit filet opposé. Le tout du coin extérieur droit de la surface de réparation. En l’espace de quelques secondes, le Suisse sort de son anonymat pour sauver son entraîneur d’une éviction qui semblait inéluctable.

Originellement cantonné à un rôle de milieu défensif pouvant même dépanner en défense centrale, Kasami a su étoffer son volume de jeu au fil du temps pour jouer un cran au-dessus sur le terrain. Rompu au championnat britannique, le Suisse semble désormais posséder toutes les qualités d’un joueur polyvalent. Au point d’inscrire ce magnifique but du pied droit, lui le gaucher de formation.

Et pourtant, Kasami a eu une formation pour le moins chaotique. A seulement 21 ans, le Suisse a déjà un pedigree digne des plus grands bourlingueurs. Quel joueur peut se targuer, à seulement 16 ans, d’avoir déjà évolué dans trois équipes comme le Grasshopper, Liverpool et la Lazio ? Joueur ardemment courtisé donc dès son plus jeune âge… Et pour cause, il fait partie de cette génération suisse, vainqueur de la Coupe du Monde U17 2009 en compagnie des Seferović, Xhaka et Rodriguez.

kasami u17

Comment expliquer alors qu’il ait autant voyagé à un si jeu âge ? La faute sans doute à quelques péchés de jeunesse. A la Lazio par exemple où il privilégiait l’école buissonnière aux terrains d’entraînements italiens. Conséquence, le club romain le libère et c’est finalement au Bellinzone, modeste club helvétique, que Kasami fait ses débuts professionnels en janvier 2010. Il n’y restera que six mois : il est aussitôt acheté par Palerme, toujours friand de joueurs jeunes et prometteurs. L’occasion pour lui de se frotter aux joutes européennes en Europa League avec plusieurs titularisations à la clé. Mais là encore, il a la bougeotte. Après seulement un an passé en Sicile et 20 petites apparitions, il est acheté par Fulham en 2011 et garni ainsi le contingent suisse, déjà composé de Senderos et Frei.

Pour sa première saison à Londres, le jeune suisse doit se contenter de quelques entrées en fin de matches. Difficile de se faire une place au milieu des Dempsey, Dembélé ou encore  Murphy. Il est donc prêté en cours de saison suivante à Lucerne pour engranger du temps de jeu. Pari gagnant pour Fulham : l’été dernier, le joueur revient en pleine possession de ses moyens pour enfin jouer les premiers rôles au sein de l’équipe londonienne. Depuis son but victorieux inscrit sur la pelouse de Sunderland lors de la première journée de championnat, Kasami ne quitte plus le onze de départ, avec 7 titularisations en 8 journées. Devenu un pion essentiel, le jeune milieu a même connu les joies de la sélection nationale, lors de la victoire face à la Slovénie le 15 octobre dernier. Qualifiée pour la prochaine Coupe du Monde, la Suisse sera sans aucun doute l’un des épouvantails en juin prochain. Mais le voyage au Brésil se fera sans doute sans lui, tant le milieu de sélection nationale est fourni. En attendant, il se contentera peut-être d’un transfert chez un grand. Certains l’envoient déjà vers la Juventus…

Coupe du Monde 2010 : les qualifiés pour les huitièmes

On connaît les qualifiés pour les huitièmes de finale de la première Coupe du monde de l’histoire sur le continent africain. A mi-parcours, le constat est là : l’édition 2010 restera dans les annales à plus d’un titre. Des évidences, certes ; de grosses surprises, surtout.

L’AMERIQUE CONQUERANTE

La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l'Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc
La joie des joueurs des USA après leur victoire contre l’Algérie. Photo : jasonwhat.flickr.cc

C’est simple : à part le Honduras, toutes les équipes du continent américain engagées seront en huitième. Des favoris (Argentine, Brésil) aux outsiders (Uruguay, Mexique, Paraguay, Chili et Etats-Unis), elles seront toute là. Comme un message pour l’Europe des stars, c’est, outre un savoir technique et tactique maîtrisé, leur collectif solidaire qui les aura amenées là, parfois sur le fil du rasoir et avec difficultés. L’Argentine tient son rang et son jeu est certainement le plus léché et agréable. Le Brésil un peu moins serein que prévu se qualifie sans trop forcer. Au courage pour les autres, le continent américain sera dignement représenté…

L’AFRIQUE A LA RAMASSE

Sur 6 équipes africaines engagées, une seule est parvenue à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le continent attendait beaucoup de ses sélections emmenées par des stars mondiales. Pas de miracle pour la Côte d’Ivoire de Drogba et le Cameroun de Samuel Eto’o. Fin du Mondial. Faible techniquement, le Nigéria a tout bonnement déçu et l’Algérie, inexpérimentée, n’a pas réussi à réitérer les exploits de la qualification. Enfin l’Afrique du Sud, malgré le soutien de son peuple et des vuvuzélas, est la première équipe hôte à ne pas atteindre les huitièmes. Les Bafanas-Bafanas ont tout de même terminé leur Mondial sur une victoire contre la France. Dans un groupe serré, le Ghana se qualifie grâce à une victoire contre la Serbie, un match nul contre l’Australie et une défaite contre l’Allemagne. Les sélections africaines doivent revoir leurs copies.

L’EUROPE A BOUT DE SOUFFLE

14 sélections européennes engagées, 6 qualifiées, dans la difficulté. Fatigue des joueurs, suffisance, système de jeu trop connu et facile à contrer : il y a des raisons. L’Angleterre de Capello se qualifie dans la douleur. La presse anglaise avait pourtant titré au lendemain du tirage au sort « EASY », qualificatif attribué au groupe réunissant l’Algérie, la Slovénie et les Etats-Unis. Confiance, supériorité… L’Allemagne commence en trombe en infligeant un 4-1 indiscutable à l’Australie. Mais contre les Serbes, médiocres, la Nazional Manschaft ne peut même accrocher le match nul. Il faut une courte victoire contre le Ghana pour permettre à l’Allemagne de rejoindre les huitièmes, non sans mal. Le premier match de l’Espagne fit l’effet d’une bombe : la Roja défaite contre la Suisse, par le plus petit des écarts. Un jeu parfois stéréotypé de la sélection que les observateurs voient déjà championne du Monde : passe courte en une touche de balle, qui n’est pas sans rappeler le Barça. Comme un symbole, la Suisse se la joue Inter de Milan, ultra-défensive, ultra-disciplinée, laissant le ballon aux espagnols, attendant le contre. Un coup de tonnerre pour les joueurs ibériques, arrivés sur la pelouse pleins de certitude. Les hommes de Vicente del Bosque se reprennent et se qualifient pour les huitièmes. Rassurés, pour l’instant. Ce fut plus simple pour les Pays-Bas et le Portugal. Les Hollandais assument pour l’instant leur statut de favori, assurés dès le deuxième match de poursuivre la compétition. Dans le groupe de la mort, le Portugal fait jeu égal avec le Brésil, tient en échec la Côte d’Ivoire et lamine, 7-0, la Corée du Nord. La Slovaquie élimine l’Italie. Plus faible techniquement et individuellement, le collectif et la solidarité de cette petite équipe auront eu raison du Champion du monde en titre.
Out donc France, Italie, Serbie, Danemark, Grèce, Slovénie, Suisse. Pour les trois derniers, c’était prévisible. En revanche, les finalistes de la dernière édition auront brillé par leur médiocrité et la France aura éclaboussé le monde d’un ridicule qui restera dans l’histoire de la Coupe du monde, autant sur le terrain qu’en dehors.
France et Italie, les meilleurs ennemis, ne se qualifient pas dans les deux groupes les plus faibles du Mondial. Le séjour en terre africaine n’aura pas duré bien longtemps. C’est décevant également pour la Serbie – qualifiée pour le Mondial sans passer par les barrages – que les observateurs annonçaient plus forte que ce qu’elle a montré. Aurait pu mieux faire.

L’ASIE ETONNE

Match opposant l'Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale. Photo : DundasFootballClub.flickr.cc
Match opposant l’Argentine et la Corée du Sud. La Corée du Sud se qualifie pour les huitièmes de finale.
Photo : DundasFootballClub.flickr.cc

Rigoureuses, disciplinées et solidaires : les équipes asiatiques sont en progrès, incontestablement. Petits gabarits techniques et gros collectifs, elles n’ont pas loupé le rendez-vous africain. 3 sélections engagées, 2 qualifiées. Bon score. La Corée du Sud se qualifie en huitième, dans un groupe loin d’être évident (Argentine, Nigéria, Grèce). Le Japon, considéré comme le plus faible de sa poule au début de la compétition s’octroie une place en huitième, laissant Danemark et Cameroun sur place. Rien que ça. La Corée du Nord rentre au pays, après une grosse défaite contre le Portugal, mais aura eu le mérite d’accrocher les quintuples champions du monde brésiliens. Rien que ça.

LES EQUIPES SURPRISES

Soyons sport et classe – en ces temps tourmentés, ce n’est pas si courant – et saluons la performance de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie. Le football n’y est pas un sport national. Pourtant, pour elles, le Mondial est bon : la Nouvelle-Zélande n’a pas perdu un match et l’Australie s’est même offerte le luxe de battre la Serbie et de faire jeu égal avec le Ghana.

Coupes du Monde : la long story / les années 90

Les Coupes du Monde des années 90 sont pleines de surprises : des équipes inattendues réalisent de beaux parcours à l’image du Cameroun de Roger Milla ou de la Roumanie de Gheorghe Hagi. Après la RFA en 1990 et le Brésil en 1994, la France décroche enfin sa première Coupe du Monde de l’histoire devant son public.

Italie 1990 : L’Allemagne s’offre une revanche et un triplé (8 juin – 8 juillet 1990)

Equipes présentes : Italie, RFA, Espagne, Angleterre, Tchécoslovaquie, la Roumanie, Ecosse, Belgique, Irlande, Yougoslavie, Autriche, Pays-Bas, Union Soviétique, Suède, Etats-Unis, Emirats Arabes Unis, Corée du sud, Egypte, Argentine, Costa Rica, Colombie, Uruguay, Brésil, Cameroun.

Triple championne du Monde, l’Italie n’a pas accueilli le tournoi depuis 1934. L’organisation de la compétition lui est confiée. Le Cameroun participent également au tournoi. Les Lions Indomptables du Cameroun font leur festival et la botte italienne devient leur terrain de jeu : l’équipe africaine rencontre l’Argentine lors du match d’ouverture à Milan. Même réduit à 9, les coéquipiers de Roger Milla, 38 ans, rentré à 10 minutes de la fin du match, remportent la rencontre 2 – 0 créant la surprise. Lors de son deuxième match, le Cameroun bat la Roumanie grâce à 2 buts de Roger Milla, rentré cette fois à la 58ème minute. Si la dernière rencontre de la poule se solde par une défaite sèche contre l’Union Soviétique, le vétéran et son équipe créent la sensation de ce début de Mondial. Les Lions Indomptables se défont de la Colombie mais sont stoppés en quart par l’Angleterre.
L’Argentine met un terme aux espoirs italiens de victoire finale : malgré l’excellente et surprenante Coupe du Monde de l’attaquant Salvatore Toto Schillaci, la Squadra Azzura perd en demi-finale à Naples aux tirs au but. Si le public napolitain a plus encouragé Diego Maradona que la Nazionale, il n’en est pas de même en finale à Rome contre la RFA, où la star de l’équipe de Naples sera conspuée par le public romain.
La finale 1990 est la même que celle de l’édition précédente, l’occasion pour les Allemands de Beckenbauer de prendre une revanche contre l’Argentine. La RFA, première équipe à se hisser en finale de la coupe du monde trois fois de suite, ne rate pas le coche : grâce à un but marqué sur penalty de Andreas Brehme, le RFA remporte la troisième coupe du monde de son histoire.

Etats-Unis 1994 : Le Brésil 4 étoiles (17 juin – 17 juillet 1994)

Equipes présentes : Brésil, Argentine, Italie, Allemange, Bulgarie, Roumanie, Pays-Bas, Belgique, Espagne, Russie, Suède, Suisse, Norvège, Grèce, République d’Irlande, Cameroun, le Maroc, le Nigéria, l’Arabie Saoudite, Mexique, Colombie, Bolivie et Corée du Sud.

Aux Etats-Unis, il y a le « football »… mais il est « américain ». Pour tenter d’implanter le « soccer » outre-atlantique, la FIFA décide de confier l’organisation de la Coupe du Monde au pays de l’Oncle Sam, avec des nouveautés dans la forme (la victoire à 3 points) et dans le jeu (la passe en retrait interdite au gardien).
La Roumanie de Gheorghe Hagi fait un étonnant parcours qui s’achève en quart de finale contre la Suède de Henrik Larsson. Sur leur chemin, les roumains battent la sélection argentine en huitième de finale. Malgré la forme et la puissance de son attaquant Gabriel Batistuta, l’équipe sud-américaine ne se sort que laborieusement des poules. Maradona, le meneur de jeu de génie, est contrôlé positif dés le premier match. Exclu de la compétition, la sortie du Pibe del Oro par la petite porte n’est pas à la hauteur de l’immensité de son talent. Sans lui, l’Argentine peine et perd.
Les équipes africaines ne sont pas venues aux Etats-Unis pour y faire de la figuration. Mais le Cameroun – et son buteur d’expérience Roger Mila, 42 ans – ne parvient pas à sortir des poules et est même écrasé par la Russie, 6-1. Le Nigéria, lui, termine premier de son groupe mais est stoppé en huitième de finale contre l’Italie, future finaliste. L’équipe d’Arrigo Sacchi se défait de la Bulgarie, de l’Allemagne de Rudi Völler et Jürgen Klinsman, grâce à un Roberto Baggio qui classe parler sa grande classe.
La Squadra Azzura affronte en finale l’ennemi brésilien. Les stars sud-américaines, parmi lesquelles Bebeto, Romario, Rai, ont sorti les Etats-Unis (1-0), les Pays-Bas (péniblement 3-2), puis la Suède (1-0).
La finale se joue à Passadena et s’achève sur un score nul et vierge. La décision se fait aux tirs aux buts. Roberto Baggio manque le dernier et le Brésil remporte son 4ème titre de Champion du Monde.
Cette édition est malheureusement connue pour la tragédie qui endeuille l’équipe colombienne. Un début de tournoi tonitruant et un jeu d’une fluidité remarquable avait donné l’espoir à toute une nation. Malheureusement, le but contre son camp du défenseur Andrès Escobar mis fin au parcours colombien. Quelques jours après son retour au pays, le joueur est assassiné.

France 1998 : Le sacre des Bleus (10 juin – 12 juillet 1998)

Equipes présentes : Brésil, Norvège, Maroc, Ecosse, Italie, Autriche, Cameroun, Chili, France, Danemark, Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Nigéria, Paraguay, Espagne, Bulgarie, Pays-Bas, Mexique, Belgique, Corée du Sud, Allemagne, Yougoslavie, Iran, Etats-Unis, Roumanie, Angleterre, Colombie, Tunisie, Argentine, Croatie, Jamaïque, Japon.

C’est à la France qu’est confiée l’organisation de la Coupe du Monde 1998. Fernand Sastre, à l’origine de la candidature et co-président du comité d’organisation, décède quelque mois avant le début de la compétition.
Des sélections impressionnent : la Norvège, le Danemark et la Croatie. Les Norvégiens parviennent à sortir de leur groupe, après une victoire surprise dans les dernières minutes du match contre le Brésil. Ils sont éliminés en huitième de finale contre l’Italie. Les Danois qui terminent deuxième de leur groupe après la France, se défont facilement du Nigéria en huitième de finale (4-1). Il faut alors tout le talent des brésiliens pour stopper les danois en quart de finale, sur le score de 3-2. La Croatie, pour sa 1ère participation sous ce nom, se hisse jusqu’en demi-finale, avant d’être battue par la France. Son attaquant Davor Suker est le meilleur buteur de la compétition.
Le Pays-Bas sont de retour dans l’élite : Dennis Bergkamp, Edgar Davids et autres Patrick Kluivert terminent 1er de leur groupe, battent la Yougoslavie en huitième et créent la sensation en sortant l’Argentine. Les bataves échouent face au Brésil en demi-finale. L’Angleterre quant à elle compte dans ses rangs des joueurs d’expérience, tels Alan Shearer, et des jeunes de talent comme David Beckham ou Michael Owen auteur du plus beau but du tournoi. Au terme de l’un des plus beaux matchs de la Coupe du Monde, marqué par le carton rouge reçu par Beckham, l’Angleterre est éliminée par l’Argentine aux tirs au but.
Le Brésil, grand favori du tournoi, se hisse en finale en éliminant ses adversaires assez facilement, exception faite des Pays-Bas qui emmènent les sud-américains en prolongation et aux tirs au but. Le Brésil affronte la France qui est parvenue, au terme d’un tournoi sérieux et rigoureux à atteindre la finale. Les Bleus remportent leurs trois matchs dans la phase de poule. En huitième de finale, la délivrance arrive à la 113ème minute grâce au but en or de Laurent Blanc contre le Paraguay. Les co-équipiers de Didier Deschamps doivent s’armer de patience contre l’Italie en quart de finale : les 2 équipes se neutralisent et les tirs aux buts feront la différence. Le tir décisif de Luigi Di Biagio s’écrase sur la transversale de Fabien Barthez et envoie la France en demi-finale. Les croates prennent les choses en main au début de la seconde mi-temps grâce au buteur maison Davor Suker. Lilian Thuram inscrit dans la foulée le but égalisateur, puis enfonce le clou à la 69ème minute.
En finale, l’équipe de France prend l’avantage en 1ère mi-temps grâce à 2 buts de la tête sur corner inscrit par son meneur de jeu Zinedine Zidane. Un 3ème but en contre d’Emmanuel Petit vient sceller la 1ère victoire en coupe du monde remportée par la France. Cette victoire préfigure une grande liesse populaire qui s’empare du pays et les espoirs d’une société unie à l’image de son équipe « black-blanc-beur ».

Coupes du Monde : la long story / les années 60

Garrincha, Eusébio, Charlton… Les deux mondiaux de la décennie 1960 sont éblouis par des joueurs, rentrés depuis dans la légende. Le fougueux Brésil éclabousse le monde entier de son talent et l’Angleterre, inventeur du football, remporte enfin le titre mondial, sur fond de polémique.

Garrincha enflamme le Mondial.

Chili 1962 : La Seleção entre dans la légende (30 mai – 18 juin 1962)

Equipes présentes : Hongrie, Italie, Espagne, RFA, Angleterre, Union Soviétique, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Suisse, Mexique, Brésil, Chili, Argentine, Colombie, Uruguay.

Le groupe le plus relevé du tournoi réunit l’Italie, le Chili, la RFA et la Suisse. Le début de la compétition est marquée par un match d’une violence rare entre l’Italie et le Chili : l’engagement physique des équipes défensives s’éloignent du jeu tourné vers l’attaque des éditions précédentes. Le Chili se qualifie pour la suite de la compétition aux dépens de la Squadra Azzura.
La voisine Argentine ne parvient pas à atteindre pour les quarts de finale, tandis que l’Angleterre poursuit sa route. Mais face au Brésil – sans Pelé, blessé depuis le 1er match – l’équipe anglaise ne peut rien, dominée par les sud-américains et un Garrincha déchaîné. En demi-finale, la Seleção élimine le Chili, pays hôte, malgré un gros soutien populaire, grâce à deux buts, de Garrincha et Vavà. Le 17 juin 1962, en finale, la Tchécoslovaquie ouvre le score mais ne peut rien face aux talents des brésiliens. Malgré une équipe vieillissante (9 des 12 joueurs étaient en Suède), le Brésil remporte la Coupe du Monde pour la deuxième fois de son histoire, tout comme l’Uruguay et l’Italie.


Angleterre 1966 : Victoire et polémiques (11 – 30 juillet 1966)

Equipes présentes : France, Portugal, Angleterre, RFA, Union Soviétique, Italie, Espagne, Bulgarie, Hongrie, Suisse, Mexique, Brésil, Argentine, Uruguay, Chili et la Corée du Nord.

Pour protester contre un processus de qualifications jugé injuste, les pays africains déclarent forfaits pour cette 8ème édition. La nation anglaise, elle, vibre au rythme du football, grâce aux caméras de la BBC décidée à ne pas perdre une miette de la compétition.
Le Portugal est parvenu à se qualifier pour la 1ère fois. La Corée du Nord représente l’Asie et écrit une page de l’histoire des Coupes du Monde. Cette nation, dont la légitimité n’est pas reconnue par l’Angleterre, fait une entrée timide dans le tournoi : défaite contre l’Union Soviétique et match nul contre le Chili. Le 3ème match du tour préliminaire est décisif pour la qualification. Mais il est de taille : il s’agit d’affronter l’Italie, double championne du monde. La discipline et la rigueur de la Corée du Nord ont raison du talent italien (1-0). La Squadra Azzura sort du tournoi par la petite porte. La Corée du Nord suscite l’enthousiasme en Angleterre, même si le parcours s’achève en quart de finale contre le Portugal, certes mal engagé dans le match (mené 3 à 0 après 25 minutes). Eusébio, l’attaquant portugais, fait parler sa classe en marquant un triplé décisif pour la qualification en demie.
L’Angleterre chez elle est intraitable – certains diront même que l’arbitrage fut en la défaveur de ses adversaires – : elle élimine l’Argentine en quart de finale (dans un match qui ne brille pas par son « fair play » et le respect de l’adversaire), met fin au parcours portugais grâce à 2 buts de Bobby Charlton en demi. La finale se joue le 30 juillet à Wembley devant 94 000 spectateurs, contre la RFA, de retour au plus haut niveau. Le match est accroché : 2 partout à la fin du temps réglementaire. A la 100ème minute, la frappe de George Hurst s’écrase sur la barre puis rebondie sur la pelouse. Les arbitres accordent le but, le ballon ayant, selon eux, franchi entièrement la ligne. Les protestations allemandes n’y changent rien et les joueurs de la RFA se portent alors vers l’attaque, s’exposant au contre de l’Angleterre à la 120ème minute qui marque par l’intermédiaire de Hurst. L’Angleterre remporte sa première et unique Coupe du Monde, entachée d’un doute qui perdure encore aujourd’hui…

Coupes du Monde : la long story / les années 50

Après 12 ans d’absence dus à la Seconde Guerre Mondiale, la Coupe du Monde retrouve le continent sud-américain, terre de football. Comme un recommencement, les uruguayens s’emparent du trophée, la RFA s’impose en vainqueur-surprise et le monde entier voit éclore un Brésil de légende.

Varela, Schiaffino et Ghiggia célèbrent la victoire de l\’Uruguay.

Brésil 1950 : le retour gagnant de l’Uruguay (24 juin – 16 juillet 1950)

Equipes présentes : Brésil, Chili, Bolivie, Uruguay, Paraguay, Italie, Angleterre, Suisse, Espagne, Suède, Yougoslavie, Etats-Unis, Mexique.

La Coupe du Monde, de retour après 12 années d’absence, retrouve le continent Sud-américain. Le Brésil, terre de football, espère conquérir le précieux trophée sur ses terres. L’Angleterre accepte enfin de participer, mais elle va subir un revers humiliant, en se faisant battre par les Etats-Unis puis par l’Espagne. L’Inde, invitée par la FIFA et la Fédération Brésilienne décline l’invitation, car il n’est pas possible de jouer pieds-nus.
Le déroulement de la compétition est atypique : 13 équipes réparties en 4 groupes s’affrontent. Les premiers de chaque poule se rencontrent pour un mini-championnat. L’Italie, malmenée par la Suède, ne défendra pas son titre. Aucune finale n’est donc prévue lors de cette édition, mais un match y ressemble entre le Brésil et l’Uruguay. La Seleção et ses magiciens doivent obtenir le match nul contre l’ennemi voisin uruguayen.
Dans le plus grand stade du monde, le Maracanã bâti pour l’occasion, le Brésil laisse échapper un titre qui lui était pourtant promis. Les 174 000 supporters brésiliens présents et la nation toute entière sont dépités. En effet, malgré une équipe brésilienne déchaînée devant un public bouillant, la Céleste remporte le titre suprême. Seconde participation à une Coupe du Monde, second trophée : le football uruguayen connaît son heure de gloire.


Suisse 1954 : Das Wunder von Bern (16 juin – 4 juillet 1954)

Equipes présentes : Uruguay, Mexique, Brésil, Autriche, Belgique, Tchécoslovaquie, Angleterre, France, Hongrie, Italie, Ecosse, Suisse, Turquie, RFA, Yougoslavie, Corée.

Ce rendez-vous du football mondial atteint les sommets… suisses ! Bâle, Berne, Lausanne, Zurich et Genève accueillent les 16 équipes qualifiées pour les phases finales.
La sélection hongroise, surnommée le Onze d’Or, rejoint la finale après un quart dont le fair-play ne reste pas dans les annales de l’histoire du sport. Brésiliens et Hongrois s’y disputent âprement la victoire. Le score tourne à l’avantage des Magyars malgré l’agressivité de la Seleção. Des affrontements ont lieu dans les vestiaires entre joueurs et encadrements. En demi-finale, au terme des prolongations, la Hongrie s’impose contre l’Uruguay pour rejoindre la RFA en finale à Berne (stade de Wankdorf) le 4 juillet 1954. Affaiblie après les années de guerre, l’Allemagne – contre toute attente – tient tête à la sélection hongroise, invaincue depuis 4 ans et à qui rien n’avait résisté… Après 8 minutes de match, le Onze d’Or mène deux buts à rien, mais la ténacité des allemands porte ses fruits et la chance s’en mêle : les magyars frappent sur les poteaux tandis que le gardien Gyula Grosics laisse échapper le ballon dans son but sur la pelouse mouillée. Considéré comme le responsable principal de la finale perdue, il est écarté de la sélection nationale pour deux ans. L’Allemagne inscrit pour le 1ère fois son nom au palmarès d’un Mondial marqué par un record de buts, encore en vigueur aujourd’hui : 140 réalisations en 26 rencontres soit 5,38 buts par matchs.
Le parcours étonnant de la RFA est relaté dans le film Le miracle de Berne (Das Wunder von Bern, 2003), un succès au box-office allemand.

Pelé à la Coupe du Monde 1958

Suède 1958 : les Brésiliens enflamment l’Europe (8 – 29 juin 1958)

Equipes présentes : Mexique, Brésil, Argentine, Paraguay, Suède, France, RFA, Autriche, Yougoslavie, Union Soviétique, Hongrie, Tchécoslovaquie, Angleterre, Pays de Galles, Ecosse, Irlande du Nord.

C’est sur le continent européen qu’est organisé le Mondial, pour la deuxième fois consécutive. La Suède accueille une édition qui restera dans l’Histoire : comme la seule pour laquelle l’Italie ne s’est pas qualifiée, comme celle du record de buts pour un soulier d’or – Just Fontaine, 13 buts – qui tient encore aujourd’hui, comme celle à laquelle ont participé les 4 équipes de la Grande-Bretagne et comme celle enfin remportée par une équipe non-européenne… en Europe !
Le Brésil laisse enfin parler son talent lors d’un Mondial, et celui d’un jeune gamin de 17 ans – un certain Pelé, dont la technique et le toucher de balle éblouissent la planète entière. Les matchs sont en effet pour la première fois retransmis sur les télévisions mondiales.
Cette 6ème édition met à l’honneur l’attaque : Raymond Kopa, Just Fontaine et Roger Piantoni forment un trio prometteur à l’aube de la compétition. Mais les Bleus sont stoppés en demi-finale par un Brésil tranchant : 5-2 pour la Seleçao, dont un triplé de Pelé. Les magiciens d’Amérique du sud rencontre en finale la Suède victorieuse en demi-finale du champion du Monde en titre allemand. Lors du match pour la 3ème place opposant la France à l’Allemagne, Just Fontaine marque 4 buts et la France l’emporte.
Le 29 juin, au terme d’une finale à sens unique, le Brésil s’impose 5-2 face au pays organisateur. Pelé marque 2 buts lors du match, 6 sur l’ensemble de la compétition. Une légende est en marche et le Brésil intouchable.